Jeu de rôle basé sur les règles inventées par J.K. Rowling dans l'univers de Harry Potter.
 
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 De Profundis

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Seth Cullen
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Seth Cullen

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MessageSujet: De Profundis   De Profundis EmptyMer 7 Mai 2008 - 0:04

« Je suis plus pâle que je ne l’ai jamais été mais j’ai toujours été si transparent aux yeux des autres qu’il est ironique de dire qu’on ne me voit pas. Personne n’a remarqué. Mais plus que d’habitude, j’ai beaucoup contribué à cet ostracisme. Cours, salle commune. Rien d’autre. Déserteur de l’équipe de Quidditch, j’ai donné ma démission à Elliot sans rien lui expliquer et sans lui laisser le choix.

- Je quitte l’équipe. Echange terminé, j’étais déjà parti quand il a réalisé ce que je venais lui annoncer. Je ne lui ai plus parlé depuis et sa réaction m’était indifférente.

Collé à mes semelles, j’ai toujours Noah qui me sert de deuxième ombre. Je lui ai pourtant dit:


- Tu n’as pas une mère à sauver ? Laisse-moi, je ne la toucherai pas, je ne l’approcherai pas.

Il fait semblant de me croire. Il a raison, si je pouvais, j’en crèverais d’envie.

"La", c’est bien entendu Eden. Je ne l’ai pas revu depuis mon anniversaire. Il est bien que l’évènement soit tombé le jour de mon anniversaire, cela m’évite de le situer dans le temps en disant: "le jour de ma mort." Cela fait moins tragique.

Je la sens... la situe dans l’espace où qu’elle soit dans le château. Si avant je sentais, ce n’est rien en comparaison d’aujourd’hui. Je sens tout, de la moisissure des plantes de la salle commune des Poufsouffle à la sueur des professeurs qui s’ébrouent à nous enseigner. Du parfum enivrant de tous ces humains qui ne sont que masse d’eau et de chair à leurs sentiments remuants qui battent dans leurs tempes et donnent la mesure du pouls.

Et je vois... mais je vois trop. Ma vision a fini par s’ajuster à mes rétines. Mes yeux ne me brûlent plus comme ce soir-là. Je vois au ralenti les grimoires qui tombent par accident et, si je conjuguais cette anomalie avec ma rapidité, je pourrais les rattraper, même en me trouvant à plus de cent mètres au moment de la chute. Je vois les grains secs des peintures qui s’écaillent, le cheveu qui volette, au loin, accroché au vêtement, le détail des fantômes et l’insipidité de leur substance.

Je vois tout. Sauf Eden. Où Noah a raison, c’est que j’aurais de la difficulté à garder mon sang froid (ah-ah-ah) face à elle. Dès que je sens son parfum qui s’intensifie dans les environs, je fuis. Je ne sais pas comment je réagirais.

Il se trouve que je vais bientôt le savoir. »



Seth s’était piégé lui-même en empruntant ce couloir. Il était dans un cul-de-sac et par la pire coïncidence qui soit, Eden - qu’il était en train de fuir comme à son habitude -, s’avançait en sa direction. Il chercha une échappatoire mais tout autour de lui, comme un ironique mausolée, il y avait des murs de pierre. Irrité, il frappa dans l’un d’entre eux. Le mur souffrit plus que son poing qui restait immaculé. Il se replia dans l’ombre d’un renflement mural en attendant qu’elle fasse ce qu’elle avait à faire... mais son odeur... Seth chavirait.

Fébrile, il resta caché dans l’ombre, se bouchant les narines, cessant de ventiler. Ils étaient dans un couloir sans issu, elle ne viendrait pas jusqu’au mur, elle s’arrêterait à la seule salle de classe qui donnait sur cette galerie. Il l’espérait.

Pratiquement collé au mur, s’il eût été pourvu d’un cœur qui bat, celui-ci aurait explosé. Il s’immobilisa et constata avec effroi qu’il n’avait rien à envier aux statues.

Soudain, le mur se mit à bouger. Un passage secret s’ouvrit dans un gros bruissement.

- Bouse ! s’exclama-t-il.

Grillé pour grillé, autant qu’elle sache qu’il était là. Afin de prendre du recul pour examiner l’ouverture dans la cloison, il marcha en arrière, lentement, jusqu’à entrer dans la lumière. Puis, avec la même lenteur, il pivota et regarda Eden. C’était une vision douloureuse et inespérée.

Heureusement, grâce à Noah - qu’il était parvenu à semer un peu plus tôt dans l’après-midi mais qui l’avait obligé la veille au soir à aller chasser après avoir remarqué que ses iris brunissaient - aujourd’hui était un jour où Seth n’avait pas soif.

- Bonjour, Eden.


Ravenclaw
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Dernière édition par Seth Cullen le Dim 11 Mai 2008 - 19:23, édité 1 fois
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Eden Sanders
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MessageSujet: Re: De Profundis   De Profundis EmptyJeu 8 Mai 2008 - 12:23

Irait-elle ou non ?
La grande question à nouveau. Non pas qu’elle réfléchisse trop à la situation, et qu’elle se torture l’esprit avec d’existentiels questionnements aux allures d’inquisition. Non.
Elle avait cessé de réfléchir.
Ses pas la conduisaient où bon leur semblait. Sans y penser, sans le vouloir, corps inerte qui se meut par automatisme plus que par volonté.
Le mode « survie » était enclenché depuis plusieurs jours. Elle mangeait parce qu’il le fallait, dormait (mal) parce que son corps serait tombé d’épuisement, allait en cours par automatisme, se déplaçait dans les couloirs en suivant les autres se retrouvant parfois devant une classe qui n’était pas la sienne.
Elle rendait ses devoirs parce qu’elle ne voulait pas d’ennuis. Pas plus. Mais les devoirs étaient creux, sa présence en cours uniquement physique, et plusieurs professeurs l’avaient déjà avertie qu’un ressaisissement serait plus que préférable.
Autant parler à un mur.
Les paroles glissaient sur elle comme l’eau sur les plumes d’oiseaux.
Elle était tombée du nid et se retrouvée hagarde et hébétée à terre, à faire les gestes du quotidien sans y penser.
Sans penser tout court.
Ses camarades ne s’affolaient pas outre mesure, Eden n’avait jamais été bien bavarde sur sa vie. Elle était moins enjouée, certes mais répondait aux autres d’un sourire un peu flageolant. Ils auraient pu se poser des questions. L’assurance, le sarcasme, les moqueries avaient volés en éclats. Celle qui aimait sa solitude fuyait les endroits vides pour ne pas se retrouver face à elle-même. Elle suivait le groupe et s’abrutissait de leurs paroles afin de combler ses silences.

Aujourd’hui, cependant le couloir était désert. Elle avait suivi un groupe d’élèves qui s’étaient avérés être des septièmes années. Exit la salle de cours pour elle et welcome back le couloir.

Elle n’avait pas envie de faire l’effort de parcourir sa mémoire pour y trouver son emploi du temps. Fouiller dans ses souvenirs supposait d’y croiser l’ombre blonde et pâle de Seth. Trop douloureux.
Plus tard.

Parfois dans la foule descendant aux salles, elle avait l’impression de l’apercevoir. La moindre tête blonde attirait son œil et l’éclairait soudainement. Son cœur battait. Partagé. Envie de le voir. Mais interdit. Liam, Noah, Clarence, Japhet… Ils avaient dit qu’elle ne devait pas le voir.
L’envie de désobéir lui sautait souvent au visage. Quelque soient les risques, elle était consciente que la situation ne devait pas s’enliser. Survivre ce n’était pas elle. Eden c’était autre chose…pas ça…pas comme ça. Mais la raison subsistait et se jeter dans les bras d’un vampire n’était pas une solution.

Vampire.


Ce mot lui arrachait le cœur chaque fois qu’elle y pensait, le lisait, l’entendait. Etait-il encore Seth sous le vampire ?

« Stop ».


Le couloir s’achevait en un cul-de-sac ici. Eden s’arrêta, prête à s’en retourner sur ses pas, qui la conduiraient en salle commune où elle trouverait bien une occupation.
L’exclamation qui suivit le bruissement étrange de l’escamotage du mur la sortit de sa torpeur.
Immédiatement elle attrapa sa baguette. Réflexe.
Bon signe, elle en avait encore.
Il se dévoila ensuite, plus pâle que jamais, translucide, se mouvant avec grâce et souplesse.

Si son cœur avait pu s’exprimer, nul doute que le château entier aurait résonné de son cri. La douleur surtout. Mais pas que ça.

Ce qu’elle s’efforçait d’occulter depuis des jours venait de lui sauter au visage saisissant son cœur au passage sur lequel il tirait, attendant que le lien rompe.
Toutes les images s’invitaient soudain dans son esprit, côtoyant un flot de pensées incontrôlables qu’elle ne parvenait à stopper.

Le virus Cullen.
Défenses abattues.
Echec et mat.


L’anniversaire. Sa promesse de revenir. La panique. L’exigence de Liam. L’attente. La douleur.
Il n’était pas revenu.

Partagée à nouveau, la demoiselle. Son cœur et sa tête envoyaient des signaux contraires à son corps qui après avoir pris les choses en mains si longtemps semblait perdu et inutile.

Se jeter dans ses bras, lui faire dire que c’est fini, que ce n’est pas vrai, que tout ira bien. Qu’il lui promette d’être là toujours, que rien ne va changer, que ce n’était qu’un cauchemar.

Fuir. Tenir sa promesse. Se mettre à l’abri.

Le supplier de la mordre, de faire d’elle ce qu’il est, de la laisser l’accompagner et de ne plus jamais la laisser.

Attendre. Garder son calme.

Elle ferma les yeux un instant et refoula les larmes qui, jugeant que ce n’était pas encore suffisamment la panique à bord, s’invitaient avec insistance.


- Ne t’en vas pas…


Le son de sa voix lui parut lointain, les paroles étaient un condensé de son ressenti. La seule chose qui soit passée à la fois par son esprit et son cœur.


Dernière édition par Eden Sanders le Jeu 15 Mai 2008 - 16:09, édité 2 fois
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Seth Cullen
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MessageSujet: Re: De Profundis   De Profundis EmptyVen 9 Mai 2008 - 11:17

- J'ai oublié de te dire que je t'aimais, répondit Seth. Puis, j'ai pensé que nous étions impossibles. Ensuite, je suis parti... puis revenu. Tout a changé en moi. Sauf une chose...
Il marqua une pause. Elle n'avait rien de théâtrale, seulement la façon dont il allait conclure sa phrase lui était des paroles difficiles à prononcer et il voulait être certain de ne pas les regretter. Son choix était fait, pensait-il.
- ... c'est que je crois toujours que c'est impossible.

Pour ainsi s'adresser à elle, il aurait tout donné afin que la tessiture de sa voix ne soit pas aussi suave et douce. Dire "va-t-en" en le susurrant avec un air aussi calme lui semblait plus cruel que de le lui crier. Il lui sourit froidement parce que ses sourires comme son cœur avaient perdu leur chaleur. Tout en lui n'était plus que glaçon et froideur, sa peau, son teint neigeux, son sang, ses regards qui soufflaient comme une bise hivernale.

Ce premier avertissement ne lui suffisant pas pour qu'il soit certain qu'elle crût sincèrement que tout serait mieux ainsi, Seth approcha d'Eden. Il mangea la douzaine de mètres qui les séparaient en un battement de cil. Quand il arriva devant elle, il provoqua un vent léger qui dispersa sa chevelure au grès des bribes, avant de les laisser retomber pêle-mêle autour de son visage. Il leva sa main vers une mèche mal arrangée, s'approchant plus qu'il n'était nécessaire.

Il voulait qu'elle sente le danger, qu'elle ne prétende jamais qu'elle pourrait supporter ou résister en cas de... problème. De ce qu'il savait, le parfum qu'il diffusait alanguissait quiconque l'abordait, ses yeux vert et liquide argenté perçaient la détermination, son haleine musquée était devenue le baume précédent la morsure. Goûte le poison, pensa-t-il en passant le bout de ses doigts glacés sur la ligne de sa tempe.

Il attendrit son visage et ses gestes gracieux pendant que sa main glissait à présent le long du cou d'Eden. Plus sa caresse descendait, plus il sentait que la jeune fille faiblissait, fermant ses paupières et penchant sa tête de côté. Il avait une zone d'atterrissage labial de grande envergure. Résister au parfum de la jeune fille lui demanda un effort qu'il produisit parce que, dans ce qui n'avait pas changé et qu'il s'était bien gardé de lui dire, il y avait l'amour qu'il lui portait, et non pas seulement son impossibilité d'être vécu.

Quand elle fut largement offerte, aussi rapidement qu'il était survenu, il repartit d'où il était apparu. En face du passage ouvert, où la statue d'une femme le regardait les yeux brillants de reproches. Ce regard, Seth savait qu'il était le seul à le voir. Depuis qu'il était ce qu'il était, il voyait la vie au delà de la magie et des objets. Parfois, cela le rendait fou.

Lorsqu'elle reprit conscience de la situation, Seth tendit son bras sur le côté. Son index et son majeur pouvaient effleurer la statue qui le jugeait. Tout en regardant Eden et en la forçant à suivre sa triste démonstration, il tendit subitement ses deux doigts. La tête de la statue craqua, se détacha de son buste et alla rouler par terre, jusqu'aux pieds de la Gryffondor.

- Je ne te montre pas comme je suis devenu fort, roula-t-il des yeux comme s'il eût pu vraisemblablement se croire en pensant qu'elle en aurait été épatée. Il savait qu'elle comprenait l'objet de tout ce cinéma mais il précisa malgré tout. Je te montre seulement pourquoi c'est d'autant plus impossible.

Tout était si ironique. De sa transparence à sa surpuissance. Avant, il ne pouvait la toucher de peur d'en souffrir. A présent, il ne pouvait le faire, de peur de la briser.

Ayant dit ce qu'il avait à dire, Seth s'apprêta à disparaître pour traverser tout le château et déchaîner sa fureur contre un arbre de la Fôret interdite. Vivre une vie de buveur de sang l'avait rendu plus facilement irascible et impatient. Il traduisait souvent ses exaspérations quotidiennes en un abattage de résineux aussi sordide que phénoménal. Quand il s'était bien dissipé, il coupait le bois en rondins et en bûches qu'il allait empiler devant les pénates pourrissantes d'humidité d'une vieille sorcière qu'il avait un jour surpris à hacher et porter seule des bûches car elle avait oublié les formules.

Mais il dût remettre à plus tard son nouveau passe-temps car, provenant du passage, la Dame Grise apparue et s'adressa aux deux adolescents. Seth se demanda depuis combien de temps elle les observait tapie dans le noir. Son visage se rembrunit et il se tourna vers elle.

- J'ai quelque chose d'important à vous montrer. A tous les deux, précisa-t-elle en levant sa main transparente vers Eden pour lui faire signe d'avancer. Puis, elle regarda de nouveau Seth et sa voix se durcit.
- Ne vous avisez pas de la repousser, jeune homme, ou je répète au directeur ce que je viens de voir.


« Sans savoir pourquoi j'acceptais l'absurde chantage, cinq minutes plus tard, le passage s'était refermé sur Eden, la Dame Grise et moi. Nous marchions à bonne distance les uns des autres.

Le chemin fut difficile. Je ne supportais plus de sentir son odeur près de moi. Cela me mettait au supplice et je craignais mes réactions bien que je n'avais pas soif.

La Dame Grise ne nous parlait plus. Le silence était recueilli. Comme je n'avais plus de baguette - Liam la gardait cachée - et bien que celle-ci ne m'aurait été d'aucune utilité dans le noir, ce fut Eden qui assura la principale source de lumière. La route s'arrêta devant trois portes. La Dame Grise cessa de flotter devant elles et se tourna vers nous. Je me montrai méfiant mais curieux, ignorant Eden tant que c'était possible de le prétendre ; mais elle-même devait s'être rendue compte que j'avais cessé de respirer depuis bientôt quatre minutes.


- Ce passage est méconnu des élèves et des professeurs. Un ancien professeur de Poudlard l'a découvert et s'est pris d'amusement à lui donner des vertus magiques. Derrière ces trois portes se trouvent trois versions du futur de ceux qui les passent. Ces versions ne sont que des hypothèses qui peuvent révéler au sorcier indécis les enjeux des choix qu'il doit faire... à vous entendre discuter tout à l'heure, vous m'avez rappelé ce professeur. Je crois que vous devriez essayer. Cela ne coûte rien de trouver un peu plus vite et en les vivant, les réponses à certaines questions que vous vous posez.

Pour une raison absurde que je ne m'explique toujours pas, nous passâmes la première porte à la découverte de la première hypothèse.

Et si je continuais de fuir Eden ? »


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MessageSujet: Re: De Profundis   De Profundis EmptySam 10 Mai 2008 - 18:38

De l’autre coté, un appartement. Moderne de par l’ameublement, pas très grand, dont les fenêtres donnaient sur le centre de Londres, d’un énième étage. Les murs blancs étaient ornés de quelques photos de paysages, noir et blancs. Pas de cadres, ni de photos personnelles. La décoration était épurée. Rien d’inutile sur les étagères, des livres, beaucoup de livres, mais pas de babioles. Appartement trop bien rangé pour paraître habité.
Eden se retourna dans l’encadrement de la porte.
Seth la suivait.

La marche dans le couloir avait permit à Eden de recouvrer ses esprits. Après avoir taché par tous les moyens d’endormir sa réflexion afin de ne pas penser, il était temps de donner du pied dans la fourmilière et de s’activer.

Il a dit qu’il m’aimait… Que ça avait changé aussi.
Seth Cullen tu me mens …


Face à sa caresse, elle avait peu à peu pris conscience du danger qu’il représentait. Un très beau danger, doré, angélique, dégageant un parfum envoutant. Mais dangereux. Dangereux de séduction et d’appât.
Si le Seth d’avant l’attirait profondément, quand était-il de celui d’aujourd’hui ?
Il avait changé certes. Sa peau, plus pâle encore qu’auparavant, était d’une transparence lunaire, où se reflétaient deux tâches brillantes…les yeux.
Sa voix...indéfinissable, mais elle sonnait à vos oreilles comme le chant des sirènes pour Ulysse.
Un supplice.

Il ne me fera pas de mal…
Mais moi ? De quoi suis-je capable face à lui ?


Il avait dit que c’était impossible. Elle n’y croyait pas. Et s’en voulait de le penser. Comment pouvait-on imaginer l’amour entre un vampire et une gamine ordinaire ?

Encore ce terme, Vampire, qui lui claquait le museau comme on clou le bec aux impertinents.

Il lui avait gelé le cœur en affirmant ne pas y croire. Si la dame grise n’avait pas fait son apparition, elle aurait fait preuve de faiblesse. Depuis cette phrase jetée en l’air, elle retenait ses larmes. Elle voulait le supplier d’y croire, le supplier d’essayer. Mais Dame fierté veille et mue en silence les paroles qui se meurent de ne pouvoir sortir avant d’être interrompues.
Elle l’avait suivi, tentant de reprendre dans ce long couloir, tout ce qu’elle avait tenté d’enterrer ces derniers jours.
Quelque chose en elle s’accrochait à ce mince espoir. Si le fantôme était intervenu, ce n’était pas pour rien. Il y avait là plus loin, quelque chose qui leur indiquerait le chemin.

Trois portes.

Pour l’instant, la première la laissait assez surprise. Elle n’avait pas la moindre idée de l’endroit où ils se trouvaient, et de ce qu’ils étaient censés y voir.

Eden fit rapidement le tour des lieux. Si elle avait du qualifier les lieux elle aurait employé les termes « impersonnel » et « froid ». Rien dans cet appartement ne laissait d’indice sur son habitant. Cela aurait pu être n’importe qui. Une chose cependant attira l’attention de la demoiselle qui slalomait entre le mobilier. Des coupures de journaux, entassées sur une petite table. De la fine couche de papier gris des yeux la fixaient. Ses yeux là, elle les connaissait fort bien pour en avoir découpé la photo du propriétaire sur un mince journal de ce genre quelques années auparavant.

Une clé dans la serrure. Eden lança un regard affolé à Seth. Les verrait-on ?

Déjà une jeune femme entrait, les bras chargés de dossiers, journaux et d’un café. Elle posa son fardeau sur la table ne gardant que le journal et le café et traversa la pièce ignorant les jeunes gens qui s’y trouvaient pour se diriger vers le sofa dans lequel elle se laissa tomber avec grâce. Elle défit son chignon qui laissa dégringoler une cascade de cheveux dorés dardés de mèches caramel et ôta ses chaussures.
Eden ne pouvait détacher son regard de la silhouette familière. Au creux de la nuque, elle avait eu le temps d’apercevoir…

La jeune femme posa brusquement son café et entreprit de parcourir le journal, pendant qu’Eden portait une main à sa propre nuque, sentant le petit motif sur sa peau, un peu plus épaisse à cet endroit là.

Elle jeta un œil à la porte qui s’était refermée. L’étrange couloir avait disparut et un léger sentiment de panique s’employait à vouloir l’envahir. A côté d’elle, une sonnerie stridente. Eden sursauta.
La jeune femme sur le sofa ne leva pas même les yeux quand le répondeur s’enclencha sur une voix grave et un peu voilée.


- Je ne suis pas disponible pour le moment, veuillez laisser un message. Biiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiip

- Eden ? C’est Hurl. J’ai besoin de tes photos demain à la première heure…et heu … tu bosses encore là ? T’es où ? Joignable nulle part…(silence) … tu devrais lever le pied de temps en temps… Bon, ben à demain. –cloc-


Long soupir du côté du canapé.
Eden s’approcha à pas de loup de son double, toujours penchée sur son journal.
Les mèches dorées encadraient un visage qui paraissait beaucoup plus dur que ce qu’il n’était maintenant.
Les yeux gris étaient très légèrement maquillés, les lèvres abordaient l’air d’une femme qui ne sourit pas souvent. Aucune trace de rides d’expression. La jeune femme portait un petit tailleur blanc ajusté, pas de bijoux et avait les traits tirés de quelqu’un qui dormait peu. Elle n’en restait pas moins très belle, mais dégageait une profonde impression de dureté.

Elle tenait fermement son journal, comme si elle s’accrochait à une bouée, et semblait mettre dans chacun de ses gestes une application particulière à paraître sure d’elle.
Brusquement, elle repoussa les minces feuilles de papier recyclé, attrapa son gobelet de café qu’elle jeta au loin avec la rage de plusieurs personnes réunies.

Le café s’écrasa contre la baie vitrée et se répandit sur le sol, au moment où l’Eden du futur se laissait glissé en bas du sofa, secouée par de violents sanglots dépourvus de pleurs.

Pâle au milieu de la tempête, l’Eden du présent se regardait souffrir sans un mot, cherchant la cause de tant de rage. Elle posa ses yeux sur le journal et en parcourut rapidement les gros titres avant de comprendre.




Citation :
Aprés la petite, l'aîné: Liam Cullen exécuté par les chasseurs de têtes.
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Seth Cullen
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MessageSujet: Re: De Profundis   De Profundis EmptyLun 12 Mai 2008 - 16:00

Seth restait debout à côté d’Eden sans offrir aux traits de son visage la lecture des pensées qui défilaient en lui. Il comprenait où ils étaient, chez qui il était... Il avait reconnu la femme qui était entrée malgré la dizaine d’années qu’elle avait en plus. Son visage terne mais toujours aussi joli s’était glacé d’effroi ou de colère en lisant le gros titre. Le Serdaigle s’approcha du journal et y lu la nouvelle.

Il releva lentement la tête vers l’Eden qui l’accompagnait, tout en continuant de marcher derrière le canapé où celle du futur était assise. Il huma l’air. Il pouvait sentir. Il fronça les sourcils, intrigué, et avança doucement sa main dans le cou de la femme. Ses doigts la traversèrent sans la toucher pourtant la jeune femme plaqua sa main dans son cou, comme pour en chasser un moustique puis, elle se frotta les avant bras recouvert d’une chair de poule.

A part un frisson, sa présence ne provoquait rien.

Il s’assit à côté d’elle et regarda son profil, à la recherche d’autres indices qui paramétraient ce monde virtuel. Son poids sur le sofa ne fit pas bouger la femme mais le Serdaigle pouvait s’asseoir.

Il se releva d’un coup, ignorant toujours la Gryffondor du présent, et traversa la pièce en direction de la porte d’entrée où il venait d’entendre des bruits de pas. Pouvait-il ouvrir la porte ? Il essaya mais sa main traversa la poignée. La résonance des pas dans l’escalier s’intensifia, puis quelqu’un frappa grossièrement et entra sans attendre de réponse de la propriétaire.

« C'est alors que je me vois. J’entre dans l’appartement londonien d’Eden. Je n’ai pas changé. Si elle a pris quelques années, moi, je reste le même adolescent. Cette vision me fait horreur. Une nouvelle chose nous séparait elle et moi: le temps qui passe. Je resterai le même.

Peut-être pas exactement le même. Celui qui vient d'entrer... je... Je saigne. Une blessure béante à mon flanc m’oblige à me tenir penché contre la porte à laquelle je me soutiens. Mes yeux sont clairs. Je devine que ce Seth n’a pas soif... mais que fait-il ici ? »


Le Seth qui venait d’entrer finit par tomber, provoquant un très lourd bruit, tel un rocher qui s’abat sur le sol. Son sang se répandait sur le tapis blanc. Un sang foncé et miroitant.

- Eden, dit-il avec effort, je ne savais pas où aller... j’ai transpl...

Le garçon régurgita du sang et se tourna vers la porte qu’il ferma d’un coup de pied. Il se redressa, marcha quelques pas claudiquant vers le canapé en laissant une traînée rouge derrière lui. Quand il arriva face à elle, ses forces le quittèrent totalement et il se laissa choir une seconde fois, s’adossa au sofa en souriant mélancoliquement.

- Ils... ils ont eu Liam... il n'y a plus de Cullen... tous morts... sauf m...

Un silence pesant referma ses mâchoires sur les deux protagonistes, les mordit copieusement au point de faire couler les larmes. Le vampire pleurait.

Quant au Serdaigle témoin de sa chute, il se regardait sans émotion mais les battements du cœur d’Eden lui confièrent qu’il devait se rapprochait d’elle. Il le fit. Il traversa de nouveau le salon et vint se poster à côté d’elle.

- Ce n’est qu’une version du futur, crut-il bon de préciser froidement. Pas de quoi s’alarmer.

La blessure du vampire finit par se refermer et sa respiration se calma mais pas son insoutenable douleur.

Au fond de lui, Seth était bouleversé par ce qu’il voyait se dérouler devant ses yeux. Ce qui le bouleversait le plus était de réaliser qu’après toutes les années où ils avaient sans doute été séparés, Eden restait la seule personne vers laquelle il désirait se tourner en cas de problème. Il ne l’avait pas oublié... il ne l’oublierait jamais.

Seth se retint de prendre la main de sa camarade bien qu'il aurait aimé la rassurer, lui promettre que tout irait bien et certainement pas aussi dramatiquement. Il n'en fit rien, se contentant de suivre la suite de l'intrigante situation.


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MessageSujet: Re: De Profundis   De Profundis EmptyMar 13 Mai 2008 - 23:14

Pas de quoi s’alarmer ? Le futur ?
Tu en veux toi Seth de ce futur ?

Moi pas.


La jeune Eden ne pouvait détacher son regard du Seth du futur. Il était le même. Elle reconnaissait en lui la moindre parcelle de peau, le moindre cheveu, ses yeux, sa bouche, tout. Il avait toujours 17 ans.
Et elle ?
Devenue cette poupée sans vie qui fait les choses par automatisme.

Tout comme tu l’as fait ces derniers jours.


Eden frissonna. Elle aurait voulu que Seth la prenne dans ses bras et la sorte de cet appartement qui l’étouffait. Qu’il la porte sur son dos et qu’ensemble ils partent plus vite que le vent, laissant l’atmosphère de cette pièce ensevelir les deux protagonistes qu’elle espérait ne jamais devenir.
Mais Seth avait dit que c’était impossible. Il n’y croyait plus, ou ne pouvait plus y croire. Les yeux d’Eden allaient d’elle, à lui, à Lui.


A l’entrée du Seth blessé, l’Eden du futur s’était levée, sans un bruit. Son visage à nouveau n’exprimait rien, mais ses yeux gris semblaient s’être éclairés un court instant, de la flamme qu’ils possédaient auparavant.
Lentement elle se dirigeait vers lui, comme par peur de le toucher. Ironie du sort.
Elle n’avait exprimé aucune surprise à le voir entrer et paraissait l’envelopper tout entier d’un regard empreint de douleur, pour lui, pour elle, pour eux.

La jeune femme s’accroupit aux côtés du vampire, toujours sans un mot et se laissa tomber contre le sofa elle aussi, témoin muet d’une scène de douleur.

Une main fine s’approcha du visage de Seth, elle tremblait. Elle posa ses doigts sur le front du vampire et lui intima dans une douce caresse de fermer les yeux.
Déjà des lèvres venaient embrasser les larmes de Seth semblant les absorber en un baiser pour les renvoyer perler au fond des yeux gris d’Eden.


- Je suis là… murmura-t-elle.


Paroles inutiles. A quoi pouvait-elle bien servir cette pauvre créature à la silhouette frêle et au visage impassible ? Que pourrait-elle faire face à la douleur d’avoir perdu ceux qu’on aime parce que l’on est ce que l’on est ?

La petite Gryffondor regardait sa propre silhouette envelopper de ses bras le corps familier de Seth, qui ressemblait come deux gouttes d’eau à celui qui se tenait à ses cotés. Cela rendait ce futur bien trop proche aux yeux d’Eden, qui le repoussait de tout son corps, de toute son âme. Il la révulsait.
Plantée au milieu d’un appartement qui était le sien et dans lequel elle ne se reconnaissait pas du tout, elle s’écoutait murmurer des mots de réconfort d’une voix qui n’était plus la sienne. Encore plus brisée que ce qu’elle n’était déjà, vide d’émotions si ce n’est la douleur. Ses oreilles se faisaient sourdes, elle ne parvenait plus à saisir ce qu’elle entendait. Quelques bribes seulement.


- ça va aller…


Les deux corps enlacés se balançaient au rythme d’un bercement inculqué par le corps d’Eden à Seth. Douleur muette et insoutenable au regard pour la petite Irlandaise qui se voyait confronté à un futur qui ne lui laissait guère de possibilité à part la souffrance.
Instinctivement, elle se rapprochait de Seth. Celui de son présent. A tâtons, ses doigts cherchaient les siens et finirent par les rencontrer. Elle ne chercha pas son regard de peur d’y rencontrer à nouveau le « va-t-en » qui avait effleuré ses lèvres quelques minutes plus tôt. Sa main était froide au contact de la sienne. Elle aurait voulut que sa propre chaleur se diffuse dans le corps du serdaigle et dessine dans ses veines un autre avenir que celui là.

Sors nous de là.


Dernière édition par Eden Sanders le Jeu 15 Mai 2008 - 23:51, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: De Profundis   De Profundis EmptyMer 14 Mai 2008 - 20:00

HJ: Les spoilers concernent une partie plus mature du message.
Ne pas le lire n'altère pas la compréhension du message.


« J’ai beau me regarder, je ne me crois pas. Je ne me retrouve pas dans cet être gauchi, dévasté et calé dans les bras de la trentenaire. De quoi ai-je l’air ? Un adolescent au teint blafard qui pleure de l’eau sans sel. Que cherche-t-il auprès d’elle ?

Je continue de dire "il" car cela m’incommode de croire qu’il puisse exister une réplique identique à moi et qui ne soit pas vraiment moi. C’est de la possessivité mégalomane, un besoin d’exclusivité sur ses propres manières. L’exigence d’être conforme à l’image qu’on a de soi. Mon "soi" ne devrait pas pleurer dans les bras de celle qu’il aime. Il ne devrait pas être là. Il devrait avoir plus d’honneur. Ce n’est pas de l’amour-propre. L’amour-propre le voici, en grand frondeur, qui vient me rappeler que mon futur est pathétique mais qu’il sera toujours moins pathétique que l’actuel moi-même qui lâche la main d’Eden non pas parce que je le veux mais parce qu’un jour fatal il m’a pris l’idée que je devrais m’éloigner d’elle. Je retire ma main de la sienne. Le geste est lent mais sans concession. »



Eden voulait partir. Le spectacle était trop déprimant. Mais le Serdaigle ne l’entendait pas de cette oreille. Il voulait savoir comment et pourquoi les Cullen avaient été décimés. Il voulait savoir la raison pour laquelle il venait chez Eden quand il aurait pu rester caché n’importe où en attendant de se régénérer.


Spoiler:
 

« Nous écoutions... L’autre Eden finit par parler. Sa voix était douce.

- Je suis vieille, dit-elle amère.
- Non, tu es Eden... lui répondit-il.

Puis, elle lui posa la question qui me brûlait les lèvres.


- Que s’est-il passé depuis treize années ? Raconte-moi...


Mon double mit un certain avant de formuler une réponse. Nos six oreilles attendaient et écoutaient attentivement.


Spoiler:
 

- J’aurais dû écouter Noah.
- Noah ?
- C’est... tu te rappelles de Caleb Sutham ? Il s’appelle aussi Noah. Une longue histoire.
- D’accord...
- Quand j’ai disparu après avoir quitté Poudlard à la fin de ma sixième année...
- Oui, ça aussi je me souviens,
l’interrompit-elle. Il reprit sans relever.
- Ma mère en est tombée malade. Ephraïm et Liam m’ont recherché des années. Ils voulaient me mettre la main dessus avant les chasseurs de vampires. Je suis revenu de moi-même quand Japhet m’a écrit pour me raconter la situation. J’ai mordu ma mère pour qu’elle ne disparaisse pas... et Ephraïm pour qu’ils restent ensemble. Malheureusement, le soir de leur transformation mes parents ont eu du mal à supporter la soif... ils ont... Je n’ai rien pu faire. Ils ont... mordu... Liam d’abord, puis Japhet. J'étais horrifié. Pour les sauver - si je peux appeler ça sauver - je devais terminer le travail. Nous avons été obligés de quitter Carlisle. Nous avons voyagé jusqu’à Juneau, en Alaska. Sur le chemin, ce ne fut qu’un bain de sang...
- Oui, les journaux en ont parlé.
- J’ai mis cinq années à les adapter. Tout le monde est parvenu à résister au sang humain sauf Liam. Il était incontrôlable.
- Qu’as-tu fait depuis ?
- J’ai fui. Nous avons été traqué par tout ce qui était sorcier, moldu ou créature magique. Ca s’est calmé après la première guerre. Tout le monde ne s'intéressait plus qu'à Antarès. Ils avaient oublié les Cullen. Nous sommes alors revenus en Angleterre car les Etats-Unis étaient ravagées.
- Seth... Qu’est-il réellement arrivé à Japhet ?
- J’étais là, en Angleterre. Je n'ai pas résisté... Je voulais venir te voir... je ne t’avais pas vu depuis sept ans. Alors, parfois, je venais sans que tu saches, tu dormais... je te regardai. Un jour Jah m’a suivi pour découvrir où je me rendais mais elle le devinait très bien. Pour me précéder et m'en empêcher, elle a transplané. En Angleterre, nous étions pistés. Nous ne pouvions pas utiliser la magie sans être repérés par le ministère... des Aurors accompagnés des créatures magiques apparues suite au vol du calice nous sont tombées dessus alors que nous nous disputions devant chez toi... après trois heures de batailles à travers Londres, ils l’ont eu. C’était un des nôtres, un vampire. Pour Liam, c...
- Ne me dis plus rien... je ne veux pas plus savoir...


Une pensée modifia soudain le visage d’Eden:

- Seth ! Tu es venu en transplanant !
- Je venais juste te dire au revoir...
sourit-il avant de disparaître. »



Incrédule, Seth commençait à comprendre la raison pour laquelle son double s'était rendu ici. Celui du futur comptait-il vraiment accomplir un acte suicidaire ? Pourquoi avoir utilisé la magie si elle pouvait le faire repérer ? Une suite de craquements reconnaissables explosa devant l’immeuble. Des sorciers transplanaient et seraient bientôt devant l’appartement d’Eden. Le Seth de cette époque avait disparu un instant mais celui du présent put suivre ses gestes. Il se recouvrait et récupéra sa robe avant de se saisir de la baguette d’Eden pour la lui remettre.

- Passe quelque chose de sombre... vas dans ta chambre ! lui intima-t-il en braquant la porte d’entrée de sa propre baguette. Les pas arrivaient, bruyant. Il y eut une explosion. La porte d’entrée s’enflamma et tomba contre le mur du couloir. Une dizaine de sorciers et de vampires collabos entèrent dans le salon.


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MessageSujet: Re: De Profundis   De Profundis EmptyJeu 15 Mai 2008 - 22:59

L’Eden adulte se précipita dans la chambre, pendant qu’à côté, le tohu bohu annonçait la venue des chasseurs de tête.
La petite Gryffondor, elle, se remettait à peine de tout ce à quoi elle avait assisté. Les murmures de Seth n’avaient camouflé que les sons, son épaule avait occulté les images uniquement. Son imagination, quant à elle, n’avait pas connu de bride.

Dans un fracas assourdissant la porte explosa. Le souffle la projeta à travers la pièce, mais ni l’Eden ni le Seth de cette époque ne furent atteint. Tout semblait leur passer à travers.

Quelques éclairs de lumière fusèrent de tous côtés, un Auror tomba sous le grief de Seth, qui évitait avec une vitesse et une agilité épatante chacun des sorts émis par les baguettes des chasseurs.
Eden ne lâchait plus Seth d’une semelle, terrifiée.

Et s’il assistait aujourd’hui à sa propre mort ?


L’Eden du futur, quant à elle, venait de ressortir de la chambre, vêtue d’un ensemble noir qui lui donnait l’allure d’une panthère. Tête baissée, elle fonça dans le combat, jetant des sorts à tout va, comptant sur Seth pour les éviter d’un geste leste.
La plupart des sortilèges étaient informulés si bien que le combat se déroulait dans le plus grand silence parolier, au rythme des objets se brisant au sol.

Un éclair bleu frappa Eden en plein épaule. Elle fut projetée dans un cri contre la baie vitrée qui se constella de minuscules brisures.
Seth s’enquit de la santé de la jeune femme d’un regard inquiet auquel elle répondit d’un léger hochement de tête. Ça irait.
Minuscule, infime instant d’inattention exploité par un des Aurors, qui arrosa le jeune homme d’une slave de sorts, dont l’un l’atteint en pleine poitrine et le jeta à terre, immobile, stupéfixé.

Un cri de rage retentit du côté de l’Eden adulte pendant que la gamine, elle, tournait vers Seth un regard déterminé, baguette en main, paraissant vouloir laver l’affront, se venger. Réflexes Ô combien inutiles puisqu’aucun d’eux ne pouvait interagir avec le futur.

S’en suivit un fulgurant échange de sorts, un Auror de plus tomba. Eden se démenait contre bien trop d’Aurors entraînés. La chute ne tarderait plus, même elle devait en avoir conscience.

Notre mort à tous les deux alors…


Aussi étrange que cela puisse paraître le fait de mourir ensemble apaisa Eden. Au moins, elle n’aurait pas la lâcheté de l’abandonner dans cette aventure après avoir juré qu’elle était là.


- Arrêtez !

Cette voix…
grave, un peu rauque…


Les regards se tournèrent vers la porte. Tous. Un homme d’une cinquantaine d’année se tenait dans l’encadrement. Il désarma la jeune femme d’un petit mouvement du poignet, presque avec douceur. Il portait un costume habillé sous une longue redingote noire, et intima aux Aurors de baisser leurs baguettes. Tous semblaient lui obéir. Il traversa la pièce sous le regard douloureux des deux Edens. Il vint se planter devant la jeune femme en noir, un étrange sourire aux lèvres.
Tandis que la plus âgée des deux semblait en proie à une puissante lutte intérieure, la plus jeune sentait le froid envahir ses veines. Elle sentait le souffle de Seth contre sa tempe, à son côté. Elle était consciente de tous les petits détails anodins. Son cœur, ses battements irréguliers, ses ongles qui s’enfonçaient bien trop fort dans la paume de sa main, le frôlement froid de Seth qui n’était plus loin, la respiration de tous les hommes de la pièce.
Tout.

Je savais qu’il avait mes yeux…ou plutôt que j’avais les siens. Les photos le montraient déjà. Ce qui m’étonne le plus c’est son menton. Comme moi il est fier et veut paraître sur de lui. Il avance en pays conquis et déjà je sens qu’il m’impressionne.
Il a cette assurance qu’ont les gens importants, ce regard qui vous efface d’un battement de cil.
Voilà 15 ans que j’attends de le connaître et déjà je voudrais fuir pour ne pas avoir à affronter mes yeux.
Mes pas pourtant s’avancent vers lui sans que je contrôle quoi que ce soit.
J’ai envie de crier, de lui dire que je suis là, que je l’attendais que je lui en veux, mais que j’ai besoin de savoir.
Avec haine, je me surprends à avoir envie qu’il soit fier de ce que son absence a fait de moi.
Mon regard détaille cet homme de haut en bas, j’essaie de retrouver les points communs avec les photographies et un peu avec moi. Il est beaucoup plus impressionnant en vrai.
Les larmes que je retiens avec orgueil depuis 15 ans lancent l’assaut et prennent mes yeux en otages. Aucune ne veut couler parce que le chemin n’est pas tracé. Je les lui réserve depuis longtemps et quand elles arrivent il ne peut les voir.
Je vais devoir attendre.
Les yeux de mon moi-adulte suivent le même parcours, je ne les vois pas je les sens. Un instant j’ai l’impression qu’elle et moi ne faisons qu’un. Vivre la même chose à plus de dix ans d’intervalle et se sentir capable d’affirmer ce qu’elle pense.
Mes yeux se posent sur la baguette qu’il tient de sa main puissante et je me mords la lèvre. Elle me crève les yeux depuis son entrée et je saisis tout juste ce qu’elle signifie.
Toutes les théories que j’ai pu élaborer dans mon enfance s’écroulent comme un château de cartes dans lequel j’aurai moi-même balancé mon pied. Plus rien ne va parce qu’il sait.
Mon père est sorcier.


- Tu croyais donc pouvoir m’ignorer encore longtemps ? Que fais-tu de mes avertissements ? Jeta-t-il à la figure de la jeune femme qui le toisait avec calme et indifférence.

Elle lui rendit son sourire sarcastique et répondit dans un souffle.


- Tu m’as bien ignoré 19 ans durant, on n’est pas tout à fait quittes.

Je ne sais pas comment elle fait pour sourire encore. Le temps apporte surement son lot de force à ceux qui le traverse. Je ne suis pas prête et dans ma gorge ce sont ses mots à elle qui restent coincés. Elle n’est décidément pas moi et pourtant je la comprends.


Son visage était dirigé vers celui du père, mais ses yeux cherchaient à atteindre Seth de leur vision, puis leurs deux baguettes, au sol, hors de portée.
Contrairement à elle, lui n’était pas nerveux. Il lança un bref rire, dépourvu d’amusement, quelque chose de dur. Un nouveau point commun.


- Tu es stupide Eden. Et ne fais pas ça, tu serais folle pour couronner le tout. Je sais tout de toi. Poursuivit-il. Je t’ai vu rencontrer ce vampire, le fréquenter, t’en amouracher et te mettre dans de sales draps. Si je n’ai rien pu faire avant, aujourd’hui je viens te sortir de ce bourbier parce que j’en ai le pouvoir.


Il pointait sa baguette sur le menton de la jeune femme, dont le coin des lèvres tressaillit un instant. Son regard se fit dur lorsqu’elle plongea ses yeux gris dans ceux de son père.
La ressemblance était frappante.

Par Merlin, dîtes moi que ces quinze derniers jours ne sont qu’un cauchemar. Que je vais me réveiller bientôt et rejoindre Seth dans le parc, sous l’arbre où il me dira que tout va bien et ce moquera de ma peur.
S’il vous plait….


- Tu es venu pour pouvoir dire « j’ai capturé Seth Cullen ». Au cas où tu n’aies pas remarqué nous ne portons pas le même nom. N’ai pas peur des éclaboussures.


La remarque cinglante de la jeune femme effaça toute trace de sourire sur le visage de l’homme. Il claqua des doigts à l’attention des hommes qui se tenaient derrière lui. Ils se dirigeaient vers Seth.
Il quitta sa fille des yeux un instant pour vérifier l’exécution de ses ordres.

Là encore la faille fut exploitée.

D’un mouvement leste de la main, Eden se saisit de la baguette de son père avant de lui propulser un coup de coude au visage qui lui brisa le nez sous l’effet du choc dans un bruit qui fit sursauter la minuscule Gryffondor.


- Bombarda Maxima !


Les Aurors autour de Seth furent projetés dans la pièce, dans un nuage de débris qui furent jadis la cloison et le plafond de l’appartement. La plupart d’entre eux tombèrent au sol, inconscients, blessés, certains ne bougeraient plus jamais. Seth avait reçu de nombreux débris du plafond, mais déjà, les blessures se refermaient.
Eden se retourna vers son père qu’elle stupéfixa à son tour.

Elle se précipita vers Seth, tenant en joue les Aurors qui se remettaient de l’explosion et cherchaient leurs baguettes au milieu des décombres.
Elle délivra le vampire de son sort.
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MessageSujet: Re: De Profundis   De Profundis EmptyDim 18 Mai 2008 - 14:11

« Je n'ai pas idée de l’identité de l’homme qui est entré dans la pièce mais, à voir les visages des deux Eden, un soupçon siffle à mes oreilles que ça doit être lui, le père. Cette même voix sifflante et railleuse m’avertit que ce qu’il va se passer à partir de maintenant est le point de levier de cette situation. Quelque chose va se passer. Quelque chose doit se passer.

Eden, la femme, immobilise son père et délivre ma réplique de son ensorcellement. Il se réveille et ne met guère de temps à se redresser sur ses deux jambes. Sans même prendre appui sur le sol ou plier les genoux. Son corps se rétablit à la verticale comme tiré par des fils invisibles, suspendus depuis le plafond, comme aidé par une bourrasque d'air que le plancher aurait soufflé pour le redresser. Je peux faire ça moi ?

Les Aurors tenus en joue froncent et grommellent en regardant leur chef de meute debout et statufié. Tout devient calme. Les volutes de plâtre et les particules de poussière flottent dans la pièce. Chacun semble réfléchir au prochain geste qu’il va accomplir. Il faut être le plus rapide. Il faut être sans merci car le vampire sera sans merci. Il ne faut pas risquer sa vie. Il faut rentrer ce soir pour embrasser sa femme et ses enfants. Il ne faut pas saigner devant lui. Oh ! Non ! Il ne faut pas le tenter ! Ceux dont les plaies dégoulinent un sombre liquide rouge reculent imperceptiblement de la ligne de front. Ils doutent. Ils ont peur.

Seth le sent comme je le sens. Son visage est calme comme je suis calme. Nos deux respirations sont identiques, se superposent et rythment de concert la crainte qui s’élève doucement des Aurors. Sauf que ma respiration à moi, ils ne l'entendent pas.

Quelque chose brise le silence. Tout le monde sursaute. Un craquement.

Je... enfin, Seth... il est propulsé contre le mur avec violence. Quelque chose l’a frappé. Son emprunte reste dans la cloison et il retombe sur le sol dans un fracas assourdissant. Les Aurors profitent de la diversion pour armer de nouveau leur baguette. L’un délivre le père d’Eden, un autre s’avance vers elle et s’apprête à la menacer d’un nouveau maléfice, un dernier, à coup de sortilèges sectumsempra, s’acharne sur Seth qui se relève sanguinolent et disparaît un instant pour réapparaître quelques secondes plus tard derrière lui, les deux mains posées sur son crâne. D’un mouvement vif et sans appel, Seth lui brise froidement la nuque.

Je ferme les yeux. Je suis effaré. Que fais-je ? Pourquoi ? Etait-ce nécessaire de le tuer ? Que fais-je ? Bon sang ! Que fais-je ?

Ses blessures se referment presque aussitôt alors que le corps de l’Auror tombe sur le sol. Sans interlude, il accourt derrière l’Auror qui menace Eden et pose ses deux mains sur la tête du sorcier comme il vient de le faire pour l’autre mais, cette fois, il ne fait rien. Une baguette tombe sur le sol. L'Auror tremble de peur.

Je me vois offrir un regard menaçant au père d’Eden. Mon double de cette époque lacère de ses pupilles claires les deux Aurors restant... il jauge la Chose qui a provoqué la diversion. La Chose est un autre vampire qui se tient paisiblement et le visage ému de délectation à l’écart de la bataille. Ce vampire a lui aussi les iris clairs. Un jaune améthyste. Il regarde la scène et ne semble être ni pour un camp ni pour l’autre. Il est son propre maître. La seule chose qui l’intéresse ? La récompense de plusieurs centaines de Gallions accordée à celui qui ramènera la tête du dernier Cullen. Cela se lit son visage.

- Je lui brise la nuque si vous avancez d’un pas de plus. Laissez-nous partir. Reculez. Tous ! dit l'autre Seth.

Les regards convergent vers le père d’Eden. Le mien se pose sur la jeune Eden et je me sens désolé pour les actes que mon autre accomplit. »



Une latence vint de nouveau calmer l’atmosphère suffocante de l’appartement détruit. L’homme regardait sa fille avec impassibilité.

De tous ceux qui se trouvaient dans la pièce, visibles ou cachés par l’enchantement d’un passage secret de Poudlard, seuls les trois vampires pouvaient sentir ce qu’il se passait. Le flux sanguin qui ralentit, l’érosion de la rétine fendue par une moiteur lacrymale à peine naissante, la sueur âcre en train de sourdre lentement des pores de la peau, les palpitations désordonnées qui s’apaisent et le changement de température corporel imperceptible... C’était la tristesse, le désespoir, le remords, l’impuissance.

Les traits de l’homme restaient tendus et illisibles pour l’œil mais le nez ne se trompait pas. Le père d’Eden était triste.

Il y eut un des vampires que la situation n’arrangeait pas et qui ne souhaitait pas être témoin de larmoyantes révélations qui risquaient de le faire passer à côté de sa récompense. Lui aussi pressentait que l’homme allait faiblir car il semblait avoir quelque chose à dire à sa fille avant qu’elle s’en aille.

Personne n’eut le temps de parler. Le vampire aux yeux jaunes se retrouva en un rien de temps à côté du père, puis à côté des deux autres Aurors. Après trois respirations haletantes et trois craquements osseux, il réapparût derrière la jeune femme. Tous deux agenouillés sur le sol, il lui tenait le visage comme Seth le faisait pour le dernier représentant du ministère encore en vie. En effet, trois lourds bruits remuèrent l’atmosphère poussiéreuse. Trois corps sans vie tombèrent sur le sol. Les yeux gris du père d’Eden étaient ouverts sur le plafond, une larme coulait sur sa joue et c’était le seul aveu qu’il avait pu faire avant de mourir.

- Nous sommes donc à égalité, dit l'assassin d’une voix charmante et peu scrupuleuse. L’Auror que tu tiens a-t-il plus de valeur que la jeune femme que je tiens ?

Un silence morbide. L’Auror que Seth tenait tremblait de tout son être, il pleurnichait qu’on le laissât partir, qu’il avait une famille, qu’il ne dirait rien mais que, par pitié, on lui laisse la vie sauve. Seth ouvrit ses bras lentement, l’Auror galopa vers la porte sans chercher à récupérer la baguette qu’il avait laissé tomber à ses pieds quand il avait été assailli par l’adolescent trentenaire. Il laissa Eden au milieu des deux vampires.

L’autre vampire imita Seth et délivra à son tour Eden. Seth lui sourit. Un sourire rayonnant. Un sourire d’adieu.

Tout à coup, alors que le vampire aux yeux jaunes se jetait sur Seth qui ne bougea pas face à l’attaque prévisible, une porte s’ouvrit à côté des deux jeunes Poudlariens.


« Je ne veux pas qu’elle voit ma tête tomber. Je ne veux pas me voir mourir. Alors, je la saisis de force dans mes bras et file à toute vitesse en direction de la porte qui vient d’apparaître. Nous la passons quand le son mate d’un objet lourd qui n’est pas sans rappeler celui de la tête de la statue du couloir que j’ai décapitée, résonne en tombant sur le sol tandis qu’un cri féminin retentit dans les décombres de l’appartement.

La porte se ferma derrière nous. Je m’arrêtai et la déposai sur le sol.

Tel était le futur si je fuyais Eden ? Au lieu d’être dégoûté, je fus plus motivé que jamais à savoir ce que les deux autres portes nous réservaient. Un infime espoir me fit naïvement croire qu’il ne pouvait rien y avoir de pire de cette version du futur. Et, plus que tout, que ma décision de fuir Eden n’était pas une solution qui nous préserverait des mauvais heurs.

- Ca va ? m’enquis-je d’une voix tendre sachant que ça ne pouvait pas aller. Je réprimai l’envie de la prendre dans mes bras et attendis qu’elle se remît des odieuses visions. »


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MessageSujet: Re: De Profundis   De Profundis EmptyLun 19 Mai 2008 - 21:07

Ce cri c’est le mien, et je crie avec elle. Sauf que de ma bouche, il ne sort aucun son.
Mes cordes vocales se contractent mais rien ne passe. Pas même l’air.
Inerte sans vie, le corps du père que je verrai mourir par ma faute.
Le son de ses os craquants entre les mains de ce Vampire.
Le bruit sourd du corps qui tombe avant d’avoir pu faire quoi que ce soit pour se prévenir.
Le bruit mat d’une tête qui tombe et roule au sol.
J’ai encore à l’esprit le sourire que Seth m’a accordé, une dernière fois.
Je vois sa tête rouler à mes pieds comme si j’y étais encore.
Sourire figée une dernière fois sur le visage pâle.
Les yeux trop bleus, trop brillants, trop vivants qui ne voient plus.
Il est mort.

Et pourtant ce sont ses bras qui me soutiennent quand j’essaie de reprendre ma respiration.
L’air ne passe pas et fait un drôle de bruit à vouloir forcer le barrage.
Le son est revenu, ce n’est pas un cri.
Ça fait mal.
Je ne sais pas pleurer. Pas comme les autres. Pas de larmes qui roulent en soulignant le creux de mes joues.
C’est plutôt un râle, ça écorche et ça brûle.

A peine m’a-t-il posé sur le sol que l’air revient.
Je ne pleurerai pas. Plus jamais en tout cas.

Il me pose une question que je n’entends pas. J’ai l’impression d’avoir laissé la moitié de moi dans cet appartement de malheur. Mes oreilles, ma voix et mon cœur aussi.

Je ferme les yeux et secoue la tête. Quoi qu’il ait demandé je ne veux pas. Quoi qu’il me propose c’est non.

Pas tout de suite Seth. Attends, laisse-moi reprendre mon souffle. Laisse-moi accepter. Laisse-moi comprendre que ça peut exister, laisse-moi réaliser que ce n’est pas encore arrivé.
Il est venu sachant qu’il allait mourir.

Le son qui revient c’est le battement de mon cœur. Il cogne fort, comme pendant un match de quidditch. Sauf que d’habitude, je trouve ça agréable. Je ne sais pas combien de temps je reste là à fixer mes pieds. Une seconde ? Une minute ? Une heure ?
Aucune idée. Je sens Seth à mes côtés mais mon corps ne répond à rien. J’ai juste froid. Très froid.
J’ai besoin de temps et l’étouffante impression de ne pas en avoir.

Tu te lève et tu te secoue.

Ce sont mes jambes qui ne bougent pas. Mon esprit revient peu à peu. Je réalise, je comprends. Je ne sais pas ce qu’on a fait pour en arriver là, mais ça n’arrivera jamais.

Il reste deux portes.

Aucune envie de voir ce qu’il y a derrière et pourtant je sais déjà que je vais y aller. Ce n’est même plus la curiosité, pas la force, c’est la peur qui me porte. J’ai besoin de savoir ce qu’il y a derrière parce que j’en ai peur. J’ai toujours été fascinée par les choses qui m’effrayaient. Je m’en approche le plus possible, souvent pour tester mes propres limites.
J’ai envie de me convaincre que le pire est passé pourtant j’ai le pressentiment que ce n’est qu’une introduction à la suite, plus noire encore.
Mes ongles s’enfoncent rageusement dans la paume de mes mains. Si je continue je vais me faire saigner. Je l’ai déjà fait.
Je lève mes yeux vers Seth.
Je ne peux pas lui faire ça.

Alors que je desserre l’étreinte je reprends conscience du reste. Le sol est froid. Plus froid que moi, c’est bon signe. Je fais un petit signe de tête à Seth. Il me regarde d’un air inquiet, je dois vraiment avoir une sale tête pour qu’il me regarde comme ça.
J’essaie de sourire.
De grandes chances que ça ne ressemble à rien.

Un part de moi voudrais me blottir dans ses bras et mourir là assise dans ce couloir comme ça on en parlerait plus…
Mais une petite phrase résonne dans ma tête comme une petite rengaine.


« Tu es privée de vanille … »


C’est vraiment con parfois. Je me relève.

- C’est bon, on y va.
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MessageSujet: Re: De Profundis   De Profundis EmptyMer 21 Mai 2008 - 19:40

La pièce était plongée dans l’obscurité. A travers le rideau tiré, un filet de lumière blanche venait fendre silencieusement l’unicité des ténèbres pour illuminer de son faisceau deux adolescents allongés l’un sur l’autre dans un canapé étriqué.

Ils étaient tout habillés de noir et allongés têtes bêches. Leurs jambes étaient entrelacées, leur tête reposait chacune sur l’un et l’autre des accoudoirs et l’un de leurs bras, abandonnés délicatement sur le bord du canapé, entrecroisait leurs longs doigts fins et pâles aux ongles étrangement parfaits. Immobiles, ils ne se parlaient pas mais se regardaient sans jamais baisser les yeux. Il avait les yeux d’un vert transparent, presque turquoise. Elle avait les yeux d’un gris léger, presque blanc.

Leurs visages et leur position figée auraient pu soit les faire passer pour morts, soit les faire passer pour d’impeccables statues de marbre vêtues d’habits de deuil. Ils étaient morts et vivants à la fois. Ils étaient tous les deux de ceux qu’on appelle des vampires.

En entrant dans ce lieu avec lequel ni l’un ni l’autre ne se sentait familier, Seth et Eden se reconnurent néanmoins tout de suite en se voyant prélassés dans ce canapé qui constituait l’unique meuble de la pièce. Ils n’avaient pas changé. Peut-être, Eden. Un peu. Elle paraissait plus hâve que d’habitude. Le rose de ses joues avait disparu. Ses cheveux étaient parfaitement coiffés, soyeux et brillants où le faisceau lumineux voulait bien l’éclairer. Elle avait un visage doux aux traits plus saillants que d’ordinaire. Elle devait avoir une ou deux années de plus que celle qui venait d'entrer dans la salle à côté de Seth qui restait inchangé quelle que soit l'époque qu'ils visitaient.

Le couple allongé ne bougeait toujours pas, il continuait de ne rien faire d’autre que se regarder. Au bout d’une quinzaine de minutes, ne pouvant plus attendre que leurs doubles se meuvent, Seth soupira d’impatience et, comme il l’avait fait dans l’hypothèse précédente, il testa les vertus de cette nouvelle époque. Il essaya d’ouvrir les rideaux mais sa main passa au travers. Il se parla à Lui-même mais sa réplique ne le voyait pas. Il alla respirer dans le cou d’Eden et - si ce fut possible - il se glaça subitement d’effroi:

- Tu ne sens plus... tu ne sens plus... cette odeur... ta peau. Tu as changé, tu es comme moi ! s'exclama Seth abruti par sa découverte.

Il retourna près de la cinquième année pour humer la quintessence de son parfum, se rassurer que celle qui l’accompagnait n’était pas prête de perdre ce qui lui plaisait le plus chez elle. Il respira. Elle était bien « entière » et il en fut ravi mais ne le montra pas. Au lieu de ça, il s’assit par terre, en face de leurs doubles interminablement immobiles.

Soudain, son autre lui-même se mit à bouger. Enfin, il se passait quelque chose ! Seth se redressait de son accoudoir et désemmêlait ses jambes de celles d’Eden. Les mouvements coordonnés de l’un et de l’autre paraissaient avoir été calculés par un chorégraphe et en un rien de temps Seth fut accroupi à côté d’Eden. Il posa sa joue contre la main qu’elle avait laissée sur le bord du canapé.

- Nous ne pouvons plus rester là, Eden... Quelqu’un va finir par nous trouver.

Eden tourna mollement son visage sur le côté pour regarder à travers le rideau, puis elle ramena son regard sur les cheveux blonds de Seth qui était toujours recourbé sur sa main.

- Il fait grand soleil. On ne peut pas sortir, lui répliqua-t-elle doucement.

Seth soupira et se releva. Il alla à la fenêtre et ouvrit violemment les rideaux. Un écoulement de lumière aveuglante s’introduisit dans la salle. Eden disparut aussitôt derrière la porte qu’elle venait d’ouvrir pour se cacher derrière son plateau de bois. A l’ombre. Elle pencha légèrement la tête sur le côté pour voir ce que faisait son compagnon. Il se tenait debout, à contre jour de la lumière. Le soleil rayonnait sur sa peau blanche et réverbérait les rayons du soleil. La pièce prit plusieurs degrés d’un coup ce qui, curieusement, provoqua le frissonnement de la craintive vampiresse.

- Ferme ces rideaux ! Moi, je n’y arrive pas ! Le soleil me brûle !
- En deux ans, tu n’as jamais essayé plus de trois minutes !
récria Seth du tac au tac.
- Je ne veux pas mourir deux fois ! éluda-t-elle.
- Mais tu ne vas pas mourir ! Si nous nous dépêchons, nous pouvons atteindre Carslisle en deux jours. Il ne nous reste que très peu de kilomètres ! On chassera cette nuit, sur le chemin, pour reprendre des forces... et nous repartirons à l’aube.
- Non, Seth, je ne peux pas... Alors laisse-moi ici, va prévenir tes parents qu'« ils » arrivent et reviens me chercher après.
- Non, je ne te laisse pas toute seule. Si Liam ou ton père te retrouve...


Seth referma les rideaux sans terminer sa phrase. Un long silence s’établit. Eden sortit de sa cachette et referma la porte. Elle disparut et réapparut dans les bras de Seth qu’elle entoura des siens si livides.

- Par contre, je n’ai pas peur de Liam, confessa-t-elle avec affection.
Il ne répondit rien, aussi reprit-elle en attendrissant sa voix:
- Je suis désolée que tu aies été obligé de finir ces gens à Pré-au-Lard, désolée pour nos baguettes, désolée d’avoir fait de nous des fugitifs. Cela ne se reproduira plus. Maintenant que je sais chasser, il n’y aura plus d’accident et je suis à même de me défendre contre ton frère s’il le faut. Ce n’est pas ce chasseur de vampire qui va me couper la tête. Il pourra bien essayer de se venger de moi par tous les moyens, ça ne me fait pas peur. Quant à mon père...

Cette fois, ce fut elle qui ne termina pas sa phrase.
Seth referma ses bras autour d’elle sans renchérir, comme s'il avait compris la fin éludée de la remarque.

- Non... c’est moi qui suis désolé pour ce que je t’ai fait... je n’aurais jamais dû céder, je n’aurais jamais dû te transformer... Je t’aime, tu sais, Eden... et je ne voulais pas tout ça.


« Je ne le lui avais jamais dit en trois mots. L’entendre de ma bouche... ne pas le lui dire moi-même... qu’elle l’entende elle aussi... Tout va dans le désordre ici... tout va bien trop vite... et nous n’avons plus de secrets.

Je m’appliquai à jouer le détaché en fixant les deux protagonistes de mon regard absent pour qu’Eden ne puisse pas déchiffrer l’agitation qui m’ébranla. Dénoncé par moi-même, je me sentais aussi déconcerté que si l’on m’avait annoncé que pour sauver le monde je devais serrer dans mes bras, les unes après les autres, toutes les personnes de Poudlard. »


édité et corrigé beaucoup lol


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MessageSujet: Re: De Profundis   De Profundis EmptyDim 25 Mai 2008 - 11:39

Les jambes d’Eden tremblaient encore un peu lorsqu’elle franchit la deuxième porte. La première avait été une épreuve à laquelle elle ne s’attendait pas. La fragilité dont elle faisait preuve ces derniers temps et qui n’avait pour autre cause que l’adonis au visage d’albâtre lui faisant face, la rendait plus sensible aux différentes situations.
Elle s’appliquait à nouveau à reprendre le contrôle de sa vie et de chacune des parties de son corps. Serrant les poings à en rendre la jointure de ses mains blanches, elle respira profondément et se calmait peu à peu.

De l’émotion que provoqua la vision d’une Eden aussi pâle que la lune et aux yeux voilés de blanc, elle n’en laissa rien paraître. Elle s’était contentée de détailler la jeune femme, à peine plus âgée qu’elle, qui dégageait la même beauté que Seth. Froide, d’un autre monde, terriblement envoutante.
Sa voix lui fit plisser les yeux un instant. Douce, caressante, prenant les intonations de celle de Seth. Une voix suave à laquelle vous aviez envie d’obéir coute que coute, même si elle vous ordonnait de vous jeter d’une haute fenêtre.

Eden écouta le dialogue des jeunes gens sans bouger. Avec application.
A l’intérieur elle bouillonnait mais n’en laissait rien paraître.
Il fallait que chaque détail soit enregistré. On lui donnait l’occasion de connaître l’avenir, il fallait en maîtrisé chaque serrure pour être capable de faire jouer les bonnes clés le moment venu.

Aussi étrange que cela puisse paraître, cette vision là lui fut moins désagréable que la première.
Seth avait faiblit. Il l’avait mordu. Mais il était ensemble.

Lorsqu’il s’approcha d’elle, elle le détailla une fois de plus. Il était toujours le même. Il serait toujours le même. A travers les portes, la seule chose qui ne changeait pas, c’était lui. Il aurait toujours dix-sept ans.
Elle remarqua son trouble à la découverte de la perte de son odeur. Et détourna son regard pour qu’il ne vît pas ses yeux briller.

Alors que l’autre Seth prononçait l’aveu de ce qu’il ressentait pour elle, Eden jeta un œil à son camarade dont l’air plus détaché qu’à l’ordinaire trahissait sa gêne. La gamine s’autorisa un léger sourire.


Tu mens bien Cullen. Mais tu risques d’avoir plus de mal désormais.


Il l’aimait. Ça n’avait pas changé contrairement à ce qu’il essayait de lui faire croire. Il aurait beaucoup de mal à la chasser à présent. Une fois encore il essayait de la protéger. Mais l’avenir venait de leur jeter aux yeux l’inefficacité de certaines mesures.
Quittant des yeux son Seth à regret, Eden lui épargna la gêne d’avoir était son propre traître et reporta son attention sur les deux autres.

Eden murmurait à l’oreille de Seth, cajolant le visage d’Apollon de ses longs doigts pâles.


C’était la seule façon Seth. Tu le sais.


Elle posa un instant ses lèvres sur la tempe qu’Eden devinait glacée et ferma les yeux, se remémorant probablement le jour où Seth avait enfin céder à ses supplications de la rendre comme lui.

Maintenant nous sommes ensemble à jamais et c’est tout ce qui compte. susurra-t-elle.


Égoïste.


Je ne me le pardonnerai pas Eden, je n’avais pas le droit de te mettre dans cette situation.


Elle rit à sa remarque. Le rire était comme la voix. Suave. Il n’avait plus ses accents de douleur et les brisures qui le caractérisaient jadis.

A trop passer ton temps avec moi tu finis par me ressembler Seth Cullen. Tu deviens égocentrique. Tu ne m’as pas mise dans cette situation. J’y suis allée toute seule, il suffit d’une question posée à l’infirmerie. Railla-t-elle gentiment.


Eden détourna la tête lorsque la vampiresse posa ses lèvres sur celle de Seth. Le baiser paraissait enflammé, elle avait presque envie d’ajouter désespéré sans savoir pourquoi. Elle se détournait de cette vision qui au contraire de la repousser, l’attirait irrémédiablement. Ses deux êtres étaient trop beaux, trop parfaits, trop dangereux. Une force l’attirait vers eux dans un élan d’envie et de séduction. Elle ne comprenait que trop bien les supplications d’Eden face à la tentation d’être mordu par Seth.

Ses yeux se posèrent sur une vision tout aussi séduisante. Son Cullen. Celui là même qui quelques minutes (années) plus tôt l’avait repoussé dans le couloir, avait nié ce qu’il ressentait quand ce n’était pas vrai. Blond, beau, troublé, troublant. Les yeux gris s’emplirent d’une tendresse qu’elle ne réservait qu’à lui.

Il devrait trouver autre chose pour la repousser.
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MessageSujet: Re: De Profundis   De Profundis EmptyDim 1 Juin 2008 - 13:00

« - Qu’est-ce que je peux baratiner, dis-je cinglant et narquois pour contredire mon double et blesser l’Eden qui peut m’entendre.

Je ne peux pas la laisser croire qu’il y a de l’espoir. Je ne me résous pas à cette version du futur où celle que j’aime devient un monstre. Quel est problème à vouloir mourir un jour ? Depuis que je suis ce que je suis, plus rien, même mes principes, n’est pareil.

Tout a de l’importance quand on sait qu’un jour cela s’arrêtera. Tout est cher et nous coûte. On a de quoi se battre et émoustiller le quotidien. Une heure est une bataille que l’on perd face au temps, plus fort que nous et insatiable de mouvements. Pourtant, on veut se battre encore et l’heure suivante est arrivée, perdue elle aussi, mais tellement chère à vivre qu’on veut recommencer, encore et encore car un jour, cette folle course s’arrêtera. Il faut en profiter. Et ces batailles que l’on perd ont tellement d’importance. Tout vaut la peine quand on n’a pas le temps… tout est si estimable.

Que fais-je à présent que je suis éternel ? Je gaspille mon temps qui soudainement s’est ralenti. Je peux faire en trois semaines ce qu’avant j’aurais dû clore en trois heures. Je pourrais travailler les dix prochaines années à apprendre le piano et passer aux yeux des autres pour un génie mélomane de dix-sept ans. Je pourrais repasser mes ASPIC six fois dans six pays différents et m’améliorer essais après essais.

J’ai du temps à perdre dans mes pensées et dans mes journées. Le temps ? Je suis maintenant plus fort que lui, il ne me fait plus rien ; il glisse sur ma peau marmoréenne sans la plisser. Il est une brise qui ne m’ébranle pas. Je suis son chaos, son plus gros échec dans tout ce qu’il doit faire évoluer et trépasser. Il n’a pas le choix. Il doit m’ignorer et se détourner de moi comme Dieu s’est détourné de moi. Et lui, pour moi, il ne m’est qu’une lourde indifférence. A peine une goutte d’eau qui rafraîchie mes rêves d’autrefois. Je me fous de lui comme d’antan il se fichait de moi. Je reste le marbre. Il devient élastique et métamorphosable à souhait. Je le méprise comme il dure, je le méprise comme il est court… pourtant, il a cette vertu de donner de l’importance à tout ce qui est, un jour, voué à disparaître. Alors, je suis insignifiant mais Eden est précieuse. Soumise au temps, je l’aime aussi bien qu’éternelle. A cent ans, elle ne sera jamais moins qu’Eden.

Suis-je idéaliste en pensant que quel que soit son âge, près d’elle ou loin d’elle, je l’aimerais de la même façon ? Près d’elle, je la tue. Là voici vampiresse sans odeur humaine, destinée à s’ennuyer pour l’éternité avec moi. Quel cadeau croit-elle que je lui fais si je cède à ce caprice ? Je serais… j’ai été tellement égoïste d’accepter. Elle aura beau traiter d’égocentrique ce Seth peu vertueux, moi, je ne cèderai jamais… je ne ferai jamais d’elle un monstre, même si l’idée de la perdre un jour, pour toujours, me scandalise et me fait mépriser Dieu bien plus encore que le Temps. »



Profondément recueilli dans ses pensées, Seth regardait distraitement le couple s’embrasser. On aurait dit que leurs corps étaient au désespoir. Dans l’air, il tressautait des atomes d’inquiétude. Ils s’embrassaient comme si cela était la dernière fois qu’ils le faisaient. Seth fut un instant subjugué par la passion qui les emportait. Il n’avait encore jamais embrassé Eden de cette façon et ne point la regarder, l’aidait beaucoup à ne pas se laisser tenter. Pour enfoncer le couteau dans la plaie, il ferra une seconde critique tout en se relevant.

- Elle est tellement influençable… fit-il frondeur, en insistant sur le « elle » qui parlait aussi bien des deux Eden. Il n’y a pas de vampires dans les contes des fées. Bon, on peut s’en aller ? demanda-t-il en regardant le plafond comme si, commandée au Destin, la porte de sortie allait apparaître.

Effectivement, une porte s’ouvrit en grand fracas. C’était celle de cette petite pièce. Les deux vampires avaient été plus réactifs que Seth et ils avaient disparu derrière l’unique cachette. Le canapé. Liam, âgé d’une vingtaine d’années venait d’entrer accompagné d’un homme massif et velu dont l’odeur ne pouvait pas tromper : il était un loup-garou. Cet homme était moins vêtu que Liam qui portait des vêtements moldus lesquels consistaient en une sorte de combinaison marron et gris foncé et un col roulé malgré la chaleur. Il transpirait. Ce fut le seul détail qui renseignait les deux visiteurs de Poudlard sur la chaleur réelle qui régnait dans la pièce et au dehors. Le loup-garou non transformé avait un bandage autour du bras.

Liam tenait dans sa main gauche sa baguette et dans la droite une arbalète où était enclenchée une flèche d’argent au bout de laquelle un liquide rouge gouttait.

« Par l’odorat, je reconnus l’odeur que je pensais avoir oubliée. La flèche était imbibée du sang toxique du loup-garou. En l’occurrence, de celui qui était entré dans la pièce avec mon frère. Les deux hommes entrèrent sans hésitation dans la pièce.

- Imotrap, commença Liam d’une voix faussement indifférente en s’adressant à son complice tout en pointant son arbalète sur le canapé, crois-tu que cette chambre comporte quelques anomalies ?
- Je dirais deux anomalies qui fleurent particulièrement mauvais…
répondit en ricanant de délectation l’autre homme qui se jeta d'un coup derrière le canapé.

A l’allure où se déroulèrent les évènements qui suivirent, Eden comme Liam ne pouvaient certainement rien voir de concret. Les deux vampires délogés s’en prirent à l’homme de façon sanglante pour se défendre de ses crocs. Mon double se transforma en loup-garou et fit barrage entre Imotrap et Eden, laquelle, supposai-je, restait sensible aux morsures de ce dangereux ennemi.

De son arbalète, Liam tachait de suivre les mouvements des trois combattants. Il y eut un grognement, puis le cri qu’un animal que l’on blesse. Ma réplique avait dans sa gueule le bras bandé du complice de Liam. Elle le recracha un peu plus loin, laissant gésir sur le sol Imotrap, exsangue et démembré, qui continuait de pousser des petits grognements de douleur. Eden se tenait derrière eux et regardait satisfaite la fin de la bataille quand une flèche siffla dans l’air.

Seth reprit prestement son apparence et se retourna à toute vitesse vers sa petite amie qui restait debout, figée, ses grands yeux gris cendre ouverts dans le vide. Sur son sein, une tige argentée était plantée au milieu d’une tache sombre et visqueuse qui suintait jusqu'à son ventre. Liam abaissa son arbalète lentement. Il ne souriait pas. Il ne paraissait pas satisfait. Il avait accompli son devoir : tuer le vampire recherché pour le massacre de Pré-au-Lard et accessoirement se venger de celle qui avait fait de son frère un fugitif. Il regarda son petit frère prendre Eden dans ses bras pour aller la déposer sur le canapé.

Je regardai tétanisé Eden trembloter et verdir à vue d’œil.
Pourquoi Liam a-t-il fait cela ? Pourquoi ! »



Ignorant la présence du chasseur de tête, le couple de vampires était recroquevillé calmement dans le canapé qui les avait reçus si beaux auparavant. Seth tenait amoureusement le visage livide d’Eden tout près du sien. Elle lui souriait. Ils ne se parlaient pas et se regardaient continuellement dans les yeux. Sous ses mains froides, le vampire sentait presque le venin du loup-garou se répandre dans les artères et les veines de celle qu’il aimait. Il n’y avait rien à faire, ils le savaient l’un et l’autre.

Après un long moment de silence, d’une voix faible, Eden entonna :

- J’aurais essayé de sortir sous le soleil, tu sais… il me manquait mais j’avais si peur de tout.
- Chut,
murmurait gentiment Seth en embrassant ses lèvres et ses joues, ne parle pas… je sais, je sais tout ça… C'est pas grave, c'est pas grave. Moi, je serais resté avec toi.
- Et aussi, un jour, j’aurais voulu qu’on prétende avoir un bébé… ça n’aurait pas été tout de suite… mais un jour… même pour de faux.
- Eden… calme-toi…
- Seth, je crois que j’ai peur…


Seth prit sa tête dans ses bras, écoutant les dernières respirations de la jeune fille contre son oreille. Quand il n’y eut plus un son qui émana d’elle, il attrapa lentement la flèche d’argent puis tira franchement pour la déloger de sa poitrine. Seth se retourna vers son frère et, dans sa fureur, il la lui lança. Il ne voulait pas tuer Liam. Il voulait le blesser. Il le méprisait plus que tout à cet instant. Plus que Dieu Lui-même. La flèche se planta dans la cuisse droite de son grand frère qui tomba sur le sol en geignant :

- Je devais le faire !
hurla Liam, je le devais, Seth ! Va-t-en, maintenant. Tire-toi avant que son père n’arrive, il était juste derrière nous sur la route…

Seth se retourna vers Eden qu’il essaya de prendre dans ses bras mais Liam l’en empêcha :

- Tu ne peux pas, Seth… tu dois la laisser ici.
- C’est pour ta récompense, espèce de traître ?
récria le vampire d’un ton railleur.
- Non, imbécile, pour sa famille. Son père…
- C’était « morte » ou « vive » dans ton contrat ?
- Morte… mais son père la voulait vive,
avoua Liam en affrontant le regard de Seth.

Seth disparut avant qu’un geste malheureux ne lui donne envie de prendre la vie de son propre frère.


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MessageSujet: Re: De Profundis   De Profundis EmptyLun 2 Juin 2008 - 21:53

- Et ben voila, chacun son tour. Grogna-t-elle.


Sans en avoir pleinement conscience ses yeux guettaient l’expression des Seth. Si le plus « âgé » (disons qu’il avait dix-sept ans depuis plus longtemps que l’autre) avait l’air dévaster au point de ne plus se contrôler, le plus « jeune » se contentait de la fixer, aussi immobile qu’une statue.
Il a toujours envie de s’éloigner.
Qu’est ce que j’ai pu faire dans le futur pour qu’il m’aime plus ?


Tu es stupide Eden.

Se regarder mourir procurait d’étranges sensations. Eden avait grimacé de douleur en même temps que son double, retenu un hoquet à chacun de ses tressaillements, et aussi futile et déplacé que cela lui parut elle s’était trouvé très belle dans ce rôle tragique. En vampire elle gagnait 200%. Ses traits avaient pris une majesté qu’elle ne se soupçonnait pas. Bien que plus émacié son visage gagnait en grâce et séduction.

Tentée ?

Bouse, Eden, comment tu peux t'admirer alors que tu viens de mourir ???


Un air de culpabilité masqué aussitôt par la peur en prenant conscience qu’il s’agissait là de son futur pris possession du visage d’Eden. Liam, again. Il semblait être au cœur de l’action, la flèche du destin si elle pouvait se permettre. Lui qui lui interdisait de revoir Seth, lui qui la détestait pour tenir à Seth, lui qui gâchait les beaux moments et finalement lui qui la tuait. La boucle était bouclée de cette façon.

- Seth ? murmura-t-elle. J’ai pas envie de voir ça, est-ce qu’on peut s’en aller ?

Liam, la mort, son père.
Encore.
Parce qu’il allait venir elle le sentait.

La remarque lui arracha un drôle de sourire. Mi-grimace mi-amusé. Quelques instants auparavant c’est lui qui avait formulé cette requête. Parce que visiblement, se voir l’embrasser avec autant de passion le mettait mal à l’aise.
Est-ce que ça le dégoutait ?


- Je n’ai rien dit, je suppose qu’on ne peut pas bien sur… trop facile. Ajouta-t-elle à voix basse. J’espère que la dame grise a une bonne raison de nous montrer tout ça, autre que le but de me faire faire des cauchemars des années durant. J’en ai marre des cauchemars.


Eden soupira, voyant que Seth ne pipait mot et s’avança dans la pièce vers son propre corps aussi immobile et rigide qu’un rocher. A côté d’elle, Liam tremblait de fureur et de douleur. La flèche dans sa cuisse était profondément enfoncée, comme si c’était un arc qui l’avait projeté. Un arc nommé Seth. Eden jeta un œil à Liam et pour la première fois depuis qu’elle le connaissait, ressentit de la compassion pour lui. Il était vraiment prêt à tout pour sauver son frère. Même tuer.

Dehors des bruits de pas, plusieurs hommes. Il arrivait, comme promis. Lorsque dans l’encadrement de la porte ce fut sa silhouette qui se dessina, elle ne fut pas surprise. Rien ne trahissait son ressenti. Rigide, l’expression aussi froide que le corps qui reposait un peu plus loin, elle contemplait celui qui était mort sous ses yeux quelques minutes auparavant. Schuyler Harris. Ce héros.
Ses traits étaient déformés par la rage lorsqu’il entra dans la pièce. Furieux d’arriver trop tard visiblement. Il n’eu pas un regard pour Liam et se précipita vers le corps de sa fille. Un hurlement de souffrance monta de sa poitrine pour se répandre dans la pièce. Eden compris en cet instant qu’elle avait fait fausse route. Ce n’était pas la rage qui déformait ses traits, mais la douleur.
Il la tenait dans les bras d’une façon qui rappelait étrangement celle de Seth sans qu’elle arrive à dire pourquoi. Il inculquait à son corps un léger balancement tout en murmurant des paroles qu’elle ne pouvait entendre et qu’il débitait à une vitesse exacerbée.
Ce ne fut que lorsqu’il posa ses lèvres sur son front en repoussant ses cheveux avec délicatesse qu’elle comprit en quoi ses gestes lui remémoraient ceux de Seth. Ils étaient empreints d’amour.

Elle tremblait à nouveau, serrant les mâchoires pour lutter contre l’envie de se précipiter dans les bras de Seth où rien ne semblait l’atteindre.


Il ne veut pas de toi.

Tu sais que c’est faux.


Elle secoua la tête impuissante, et jeta un regard inquiet à Seth. Elle donnerait n’importe quoi pour être dans sa tête à cet instant. N’importe quoi.

Alors que son père était toujours penché sur son corps, un de ses hommes s’approcha de lui et posa une main sur son épaule.


- Je ne vous paie pas pour compatir Tate ! Occupez-vous plutôt de lui ! Siffla-t-il en désignant Liam de ses yeux injectés de sang.


L’homme recula précipitamment, pendant que ses deux comparses qu’Eden n’avait pas encore remarqués tinrent Liam en joue de leurs longues baguettes sombres.

Qui était-il pour avoir tant de poids et d’influence ? Et qui étaient les autres ?

Prudemment, Eden les imita. Sans un regard pour Seth elle se rapprocha de lui, se contentant de le frôler de son épaule. Ce geste la rassurait, bien que le contact du corps de Seth soit aussi froid que le marbre.


Je crois que j’ai peur moi aussi.
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Seth Cullen
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MessageSujet: Re: De Profundis   De Profundis EmptyLun 2 Juin 2008 - 22:34

« Dans ma tête. Elle meurt. Je l’aime comme un malade. Je le sais car je la vois mourir devant moi et c’est un univers qui s’effondre. Ce ne sont que des suites d’hypothèses angoissées mais elle meurt et je meurs en même temps qu’elle une troisième fois.

Dites-moi comment je pourrais lui faire ça ? Une vie morbide dans le corps d’un vampire. Un enfant, dit-elle ? C’est une chose qu’elle n’aurait jamais si je la transformais un jour. Ô Eden, vieillie ! Croîs, grandis, aime-moi mais ne meure jamais pour une folie !
Dites-moi comment je pourrais un jour avoir tant de douleur dans mon être qu’une flèche pût atteindre coup sur coup et mon Amour et mon Frère ?
Dites-moi quelle souffrance égale celles-ci ? Combien de misères séparent ceux qui s’aiment et proviennent de deux opposées galaxies ?

Chaque solution me fait perdre les êtres que j’aime. Quand les Cullen sont saufs, Eden devient étoile. Quand Eden vit, je perds ma famille. Est-ce un juste milieu d’entre toutes ces douleurs démentes que la troisième porte nous dévoilera ? Quelles leçons infectes dois-je dégager du choix de la tuer moi-même ou de me faire couper la tête ?

Et Liam... Liam, mon frère. Que puis-je inventer pour te sauver de tous tes délits ? Sanglant ou vengeur, tu sembles si lié à mon futur et à mes capitulations, qu’il me semble que n’être plus jamais ton frère te sauverait plus que mon amour. Je fais des choix qui précipitent chacun vers sa perte. Life sucks. Death might not be worse.

Eden, embrasse-moi. Je n’en peux plus et je voudrais disparaître. Et si je ne le peux pas, je veux me contenter de courir avec toi dans les fourrées et transpirer au soleil, rassasier mes oreilles de tes rires, ne rien sentir d’autre dans ton cou qu’un vague parfum d’été, manger des glaces dégoulinantes sans me sentir écoeuré, te toucher sans avoir peur de t’écraser, t’aimer sans me laisser distraire par les éventualités. Eden, embrasse-moi et dis-moi, promets-moi que c’est possible. Explique-moi que je suis éphémère et qu’avec toi, un jour, je m’en irais. Dans longtemps, peut-être. Mais pas comme ça, pas dans ces tragédies.


Eden est près de moi. Elle s’est approchée, m’ôtant tout intérêt pour l’issue de cette comédie. Je me tourne vers elle. Je voudrais le lui dire. Je n'y arrive pas.

- Eden, lui dis-je tout bas.

Ma phrase ne se termine pas tout de suite, elle reste sur ma langue. Je voulais prononcer son prénom pour la coller à mes lèvres d’une façon ou d’une autre.

- Eden, reprends-je plus doux, viens... j'ai besoin de toi.

J’ouvre un bras et la laisse s’y glisser.

Plus loin, à coté de la fenêtre, la Porte lumineuse menant dans le couloir de Poudlard s’ouvre enfin. Elle nous libère pour nous diriger vers la troisième épreuve.

Moralement, je voudrais être moins que rien. De la matière transparente d’un songe et m’enfoncer par le cerveau d’Eden et m’y loger pour n’en jamais sortir. Physiquement, là, tout de suite, j’ai besoin d’un mur à défoncer. »


Eden et Seth passèrent la dernière porte.

La dernière réplique qu'ils entendirent des protagonistes de cet odieux futur fut celle de Tate. Toujours compatissant, il relevait Liam après lui avoir ôté la flèche. Son murmure parvint aux deux voyageurs derrières lesquels la Porte étrange se referma:

- Aller, mon vieux... vous aurez votre récompense mais Sir Harris ne risque pas de vous laisser tranquille.


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MessageSujet: Re: De Profundis   De Profundis EmptyMar 3 Juin 2008 - 22:54

Il venait de passer les derniers jours à lui faire comprendre qu’il ne voulait plus d’elle, et voila qu’en cinq mots, c’était la douche écossaise.

J’ai besoin de toi.


Les sentiments lui sautaient à la gorge à tour de rôle. Un peu de tout. L’amour qu’elle lui portait, la colère, l’incompréhension, la culpabilité, la fierté aussi.
Quand il ouvrit son bras, celui qui l’emporta sur les autres la conduisit immédiatement contre le torse froid de Seth. Elle s’y réfugia, nichant son visage au creux du cou du jeune homme, ignorant lequel des deux avait le plus besoin de l’autre, désirant que le temps s’arrête pour tout les deux.

Pour se calmer elle tentait de calquer sa respiration sur celle de Seth. Il paraissait toujours si calme, malgré l’ébranlement que laissait percevoir sa voix et les mots prononcés.
Elle inspirait son odeur à grande bouffées, partagée entre le manque qu’avait créé son absence de ces derniers jours et la peur de faire ce geste pour la dernière fois.

Après ce jour plus rien ne serait comme avant.

Son père - Liam - Sa mort - son père - la mort - Liam.
Cycle infernal de protagonistes qui trainaient leurs propres lots de fantômes.
Son père, instrument de curiosité, de haine, de vengeance et de souffrance... qui était-il?

Aprés ce jour, ils sauraient, ils seraient conscients de ce à quoi ils allaient être confrontés.
L’idée que les choses puissent aller mieux par la suite ne lui effleura pas l’esprit. Au contraire.

Eden ferma les yeux, mit sa fierté de côté et tâcha de se convaincre elle-même dans ce rôle.


- ça va aller Seth. On va trouver une solution pour que ça ne se passe pas comme ça… non plus…


Ce qui sous-entendait que la troisième solution devait être la bonne.
Eden essaya d’envisager pire encore, histoire de se préparer mais chassa bien vite ces pensées de son esprit. Il y a toujours pire.

Elle leva le visage vers Seth et contempla ses traits. Les yeux clairs, si pâles, si tristes, si Lui. La peau marmoréenne, ses boucles blondes, le tracé délicat de ses sourcils. Elle aurait voulu rester la à le contempler à tout jamais, échapper à ses destins en restant blottie dans ses bras et ne plus penser qu’à eux.
Parce que malgré tout, elle avait envie d’y croire.


- Seth… commença-t-elle… Je serai toujours là, quoi qu’il arrive… j’espère que tu le sais.


Elle aurait aussi voulu ajouter autre chose. Mais les mots moururent sur ses lèvres. Peut être parce que pour une fois, c’est lui qui semble le plus fragile des deux.

Un peu plus loin dans le couloir s’ouvrait la troisième porte de leur destin. Eden observa la raie de lumière qui filtrait à travers l’ouverture.


Je dépose une bombe dans ce couloir si cette porte ne nous laisse pas entrevoir l’éventualité d’un « nous » qui passe au travers du carnage général… c’est juré.


Eden tenta quelques pas vers la porte, essayant d’entraîner Seth qu’elle se refusait à lâcher, avec elle. Il était bien trop lourd pour que le poids plume ne le déplace ne serait-ce que d’un centimètre. Impuissante, elle se tourna à nouveau vers ce visage qui lui manquait à chaque instant où elle ne pouvait le contempler et dans un élan de culot, se hissa sur la pointe des pieds pour lui voler un baiser.
Qu’il l’a repousse s’il n’en voulait pas… elle, ne voulait pas imaginer la suite sans lui.
Elle appuya ses lèvres contre la bouche froide du Serdaigle et attendit que tombe la sentence…
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MessageSujet: Re: De Profundis   De Profundis EmptyJeu 5 Juin 2008 - 23:12

« Elle entre dans mes bras, sa joue calée dans mon cou. Coeur percé qui ne bat plus, j'ai contre elle la sensation erronée de ses pulsations. Mais ce ne sont pas celles de mon coeur. Ce sont les battements de celui d'Eden qui font vibrer ma cage thoracique. Il faudra que je m'y habitue. Son coeur bat pour deux.

J'ai peur de ma révélation comme d'une armée de pieux d'argent. Je crains tout ce qu'il adviendra mais ma bouche a parlé plus vite que mon esprit. J'ai besoin d'elle. Elle ne peut pas mourir. Pour de faux ou pour de vrai, je ne supporte pas cette image. »



Lorsque Seth sortit de sa rêverie, Eden s'était détachée de lui et la troisième porte venait de s'ouvrir. Il se rendit compte qu'elle essayait de le faire avancer mais son poids de granit était inébranlable. Il sourit tristement et entreprit de faire un pas quand il fut stoppé par la plus douce des sensations. Sur la peau de ses lèvres s'abattit avec tendresse celles d'Eden. Elle l'embrassa et tout le corps de Seth tressauta de stupeur. C'était leur premier baiser depuis qu'il était vampire. Depuis qu'il ressentait toute chose multipliée par mille.

Les parfums d'Eden l'enlacèrent et commencèrent à accaparer tout son être. Son odorat par trop stimulé lui donna le détail de chaque atome du souffle, de la douce haleine et de la peau de la jeune fille. Ce baiser était plaisir et souffrance. Malgré lui, il sentit ses deux crocs s'allonger et il craignit un instant de la blesser (Le Enki). Il fondait, se liquéfiait, sous la damnation de cette bouche.

- Eden, je... essaya-t-il d'articuler. Il en voulait encore et plus. Il la voulait tellement mais il fallait que cela cesse il perdait le contrôle: il voulait la mordre.

Il la mordit. Légèrement mais à sang.
Terrorisé par son geste. Il la repoussa doucement et s'arracha d'elle avec autant de déception que de difficulté. Il détourna la tête de son visage et se pinça le nez pour ne pas regarder ou sentir le sang de la petite coupure qu'il venait de causer.

- Eden... répéta-t-il. C'est très dur...

Il n'acheva pas la phrase mais l'on devinait qu'en suspension ce qui n'était pas dit et qui était si dur résidait dans le manque de résistance que Seth éprouvait lorsqu'il était à seulement un soupir d'Eden.

Il ne fut pas désolé mais lui adressa un regard de tendresse. Il attendit qu'elle éponge la coupure pour la regarder de nouveau.

Comme pour compenser le manque, il lui prit la main et l'emmena vers la porte qu'il poussa doucement...


« Qu'est-ce que c'était ? Cette sensation...?
Plus difficile à soutenir que la Soif. Une torture et un plaisir. Elle a réveillé ce qui me fait le plus peur chez moi... »


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Dernière édition par Seth Cullen le Dim 8 Juin 2008 - 19:58, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: De Profundis   De Profundis EmptyDim 8 Juin 2008 - 19:54

Lorsqu’elle sentit ses dents contre sa peau, froides lames à l’attrait aussi puissant que la frayeur qu’elles engendraient, Eden tressaillit.

Avait-il décidé que ce futur était le bon ?

Alors qu’il se retirait elle lu la douleur mêlée à la tendresse au fond des ses yeux clairs. Il lui avait rendu son baiser, il semblait même souffrir de ne pouvoir le prolonger.
Prenant conscience du risque encouru elle passa rapidement ses doigts sur la fine coupure provoquée par les dents blanches et constata qu’un peu de sang en perlait. Elle aspira rapidement la larme écarlate qui luisait sur sa lèvre pendant que Seth se détournait d’elle.


C’est dur…

Je sais…


Elle aussi commençait à se demander si « impossible » n’était pas le mot qui qualifiait le mieux leur relation. Qu’il la morde ou qu’il la laisse seule tout ne finissait qu’en un immense bain de sang. La dernière porte représentait un espoir auquel elle avait désespérément envie de s’accrocher. Pourtant, son esprit lui intimait de calmer le jeu. A trop se cramponner à un espoir on s’effondre si celui-ci ne s’avère pas à la hauteur.

Un haussement d’épaule plus tard Eden se laissait entrainer par la main de Seth vers la troisième porte.


Seth ? Tu crois vraiment que c’est comme ça la vie ? Je veux dire … que tout est écrit ?


Les yeux gris scrutait le pâle visage en quête d’une réponse qu’il ne voudrait peut être pas formuler.

-Non... je n'aimerais pas le croire. Certes, il y a des chemins sinueux mais ils changent selon les choix qu'on fait. Ceci ne représente que trois d'entre eux alors qu'à chaque jour il faut prendre une multitude de décisions. La fatalité m'emmerde.


Voila qui avait le mérite d’être clair.

La réponse arracha un sourire à Eden. C’est sur cette multitude de décisions qu’il faudrait s’appuyer. Il devait bien y avoir un moyen pour éviter tout cela.


J’emmerde la fatalité …murmura-t-elle.


Ils franchirent la dernière porte qui s’ouvrit sur un nouveau décor : Une bibliothèque aux immenses rayonnages tapissés de livres.
Au centre de la pièce se trouvaient de longues tables de bois vernis, peuplées par des lampes vertes. Ces dernières dégageaient une douce lumière, confort particuliers pour les lecteurs assidus qui ne s’abîmeraient point les yeux sur les écritures minuscules des divers ouvrages. La salle se noyait dans le murmure de ceux qui la fréquentaient. Lieu sacré que personne n’ose profaner la bibliothèque accueillait une population majoritairement étudiante. Filles et garçons de tout âge, cachés derrière une pile de livres, ensevelies sous des rouleaux de parchemins, remuant baguettes et ongles pour emprunter les ouvrages désirés.


Ce sont tous des sorciers ? Regarde moi ça ? Je ne savais pas qu’il existait une telle bibliothèque ! Elle est immense !!!


Eden lâcha la main de Seth et fit quelques pas dans la bibliothèque, les yeux brillants. Elle vouait un amour particulier aux livres qui avaient bien souvent été le refuge à sa solitude. Les livres vous transportent, vous font rêver, vous guident, vous enseignent…. Ils sont les compagnons de bien des maux.
Un peu plus loin sur la gauche, une silhouette familière attira son attention. Elle devait avoir une vingtaine d’années désormais. Un rapide coup d’œil lui confirma que dans ce futur, Seth ne l’avait pas mordu. Elle était bien moins belle, bien moins impressionnante, bien plus … fragile.
Elle avait l’air serein, penchée sur un ouvrage sous une cascade de boucles dorées, ses yeux gris parcourant à une vitesse vertigineuse les fines lignes manuscrites qui recouvraient la page.
Accroché à sa veste blanche à nouveau, un badge indiquait son nom : Cullen.

Soudain, elle soupira et s’empara brusquement d’un parchemin sur lequel elle fit rapidement un croquis en quelques coups de plume.

Eden se rapprochait pour essayer de lire par-dessus son épaule, mais la vue lui fut cachée par une longue silhouette blonde qui semblait s’être glissée entre elles à une vitesse affolante.


Encore à vos études, Sanders... pardon... Cullen. Murmura-t-il aux creux de son oreille.


Elle sursauta.

Oh…. Tu sais que tu ne devrais pas faire ça ! Marmonna-t-elle un peu bougon.


Ses yeux enveloppèrent le jeune garçon d’un regard tendre. Une fois de plus, lui n’avait pas changé d’un iota. Il avait 17 ans à nouveau, 17 ans pour l’éternité.
Après l’avoir couvert de tendresse elle se radoucit et désigna son parchemin.


Oui, encore sur mes études Seth Cullen… Ce que tu apprends si vite j’ai du mal à le retenir. Soupira-t-elle. N’est pas ancien Serdaigle qui veut…

Il posa une main dans son cou et Eden se vit frissonner en même temps que son double. Elle imaginait aisément le contact froid et si attirant du jeune homme. Lorsqu’il s’approcha de son oreille, elle vit la jeune femme fermer les yeux, comme pour profiter encore mieux du son de sa voix, ou du parfum qu’il dégageait.

Tu ne préfèrerais-pas que je te fasse réviser à la maison ? lui Susurra-t-il.

Elle rougit, et à contre cœur, se retourna vers lui, attrapant sa main dans la sienne.

Il faut vraiment que je sache ça pour demain Seth.
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Seth Cullen
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MessageSujet: Re: De Profundis   De Profundis EmptyMar 24 Juin 2008 - 23:51

- ''vraiment'', ça ne veut rien dire dans notre cas. Et pourquoi tu insistes tant avec toutes ces études inutiles ? se renfrogna Seth en se glissant sur la chaise à côté d'Eden.

Il s'accouda à la table et d'un mouvement de la baguette il s'amusa à faire tourner les pages d'un des nombreux manuels ouverts devant Eden. Il fut un temps où c'était Eden qui venait troubler Seth pendant qu'il essayait de réviser.

- C'est du n'importe quoi sorcier, jugea-t-il en arrivant à la fin du manuel, dis-moi qui ça intéresse de savoir trier les polythermes magiques par catégorie ascendante de leur nombre d'atomes étendus ?

Il referma le livre à la main et rangea sa baguette, bien décidé à saborder les projets d'Eden :

- Les Extensibles sont les sortilèges à effets contigus immédiats, commença-t-il à réciter de tête avec détachement. Par exemple, les maléfices physiologiques ou morphologiques tels que Longue-Langue ou Medusa. Ils modifient des molécules atomiques étendues optima, stables et sécables. Les Limitatifs sont les sortilèges à effets discontinus ou alternatifs... comme les maléfices zoomagiques style Crache-Limaces ou Chauve-Souris etc... Atomologie: optima, instable et sécable. Et les sortilèges Psychomotiques sont les maléfices moto-stimulateurs à la façon de Taratenllegra, Lashlabask... Molécules atteignant les minima. Instables. Insécables. Ca y est ! C'est fait ! Tu sais tout ! Yaouh ! On s'en va. J'ai envie d'être avec toi.

Le tout fut ponctué d'un grand sourire mi-satisfait, mi-coquin.


Seth, le spectateur, était catastrophé par ce qu'il voyait et entendait. Qu'est-ce que c'était que cet hurluberlu qui prétendait qu'Eden n'avait pas besoin de travailler ? Il toisa d'ailleurs la jeune femme pour être certain qu'elle ne cèderait pas un démonstration aussi prétentieuse qui avait pour unique but d'aller se la couler douce chez eux. « Chez eux... » c'était aussi un détail qui n'était pas tombé dans l'oreille d'un sourd, de même que le badge d'Eden où étincelait le patronyme Cullen ou la petit boutade de son double quand il s'était penché pour l'embrasser. « Mariés... » il se demandait si cela n'était pas plus embarrassant que de s'entendre confier devant Eden des sentiments que sa pudeur lui avaient jusqu'ici intimé de refouler.

Le Serdaigle en profita pour expirer avec incrédulité de l'air de dire à son Eden: ''ne m'écoute pas - quelle que soit l'époque -, tu sais comme je peux être troll des fois.''

- Seth, dit Eden en posant sa main sur sa cuisse, se penchant vers lui, je ne peux pas rester à m'ennuyer à la maison pendant que tu t'éclates en cours.
- C'est bien la première fois que je t'entends dire que les cours sont éclatant...
- Pas de cynisme.
- Oh... à quoi ça sert tout ça ? On a l'argent de l'année dernière, on a une maison... d'accord pour venir à l'université mais pourquoi travailler avec autant d'acharnement ?
- Parce que... je veux un travail, je veux me débrouiller toute seule et si un jour il se passait quelque chose...
- ...alors,
la coupa-t-il moqueur, au moins, tu saurais trier les molécules et atomes magiques. Super cool.
- Pourquoi es-tu d'aussi mauvais poil aujourd'hui ? taquina-t-elle
- Peut-être parce que demain je vais passer mes ASPIC pour la troisième fois et que ça commence à m'ennuyer.

Eden lui montra de la compassion mais ne céda pas :

- Il faut vraiment que j'apprenne ça, Seth, insista-t-elle, ne te présente pas aux ASPIC ! Tu ne l'as jamais faite encore celle-là !

Seth n'avait pas l'air enthousiaste.

- Et à la rentrée, tu comptes intégrer quelle classe ? continua-t-elle enjouée. Tu pourrais essayer la cinquième année à l'école moldue d'Ontario. Ça non plus, tu ne l'as pas encore fait: une année ou deux de scolarité moldue.
- Tu... Tu penses qu'on va rester dans l'Ontario l'année prochaine ? Je croyais que tu voulais aller aux États-Unis ! s'exclama Seth en se tournant brusquement vers Eden. Visiblement, cela appartenait à une discussion qu'ils devaient déjà avoir eu plusieurs fois... et puis, non.. non, ça fait deux ans que nous sommes ici, il faut encore bouger... je n'ai pas envie qu'on nous retrouve. Et ça m'énerve de devoir faire passer ma femme pour ma sœur dans le voisinage... à chaque fois qu'on reste trop longtemps, les gens finissent par se poser des questions...

La remarque fit rire Eden qui passa sa main sur le front de Seth pour en effacer les plis que sa grimace venait de causer :

- Tu te souviens de la tête du druide qui nous a marié ! J'ai failli avaler mon bouquet à force de me cacher avec pour ne pas lui rire au nez. Pas facile de lui faire avaler que j'avais seulement 18 ans !
- Toi, forcément, tu trouves ça hyper drôle,
railla-t-il.
Eden changea instantanément d'expression.
- Cullen, tu m'as menti.
Seth s'offusqua et fronça les sourcils:
- Ca ne va pas ? Jamais ! Je ne t'ai jamais menti.
- Si ! Un jour tu m'as dit qu'à 20 ans ou à 100 ans tu m'aimerais pareil.
- Et alors ? Je n'ai pas menti. C'est moi que j'aime moins.


Silence. Seth avait un visage très sérieux. Eden l'interrogeait silencieusement et impassiblement des yeux. Puis, soudain, en même temps, ils éclatèrent de rire ce qui provoqua le mécontentement des autres étudiants très concentrés :
- D'accord, une fois de plus, tu as gagné, Sac à Puce. Tu vas me faire réviser à la maison. Mais t'as pas le droit d'utiliser des armes comme le chantage émotionnel ou la pitié ! C'est pas juste.
- C'est pas juste mais ça marche à tous les coups, dit-il en l'embrassant furtivement avant de s'empresser de rassembler les affaires d'Eden de crainte qu'elle ne change d'avis.


« Je confectionne un visage déconcerté mais c'est pour mieux cacher mon amusement et mon soulagement. Il y a quelque chose que j'aime dans ce tableau. Certes, "ils" ont l'air d'être encore en fuite pour une raison ou une autre mais ils sont heureux. Et je voudrais être heureux.

Toutefois, à nous voir comme ça, essayant de naviguer entre les problèmes qu'impliquent la vie avec un vampire, je me demande quel choix est à l'origine de notre style de vie. Quelqu'un de nos proches est-il mort ou en danger de mort ? Je m'attends tellement à tout.
Et que fuient-ils pour avoir ainsi besoin de changer d'endroit d'année en année ? D'où provient l'argent dont mon double parlait et qui les fait vivre aisément ? Je m'attends au pire en espérant le meilleur mais pour le moment cette version du futur me plaît.


Nous les suivons à travers la bibliothèque qui émerveille Eden. Ils descendent le somptueux escaliers d'une école à l'apparence bien moins ancienne que celui de Poudlard. Sur le chemin, quelques étudiants les saluent par leurs prénoms et dévisagent Seth. Il provoque une hantise ou une certaine inquiétude. Je ne m'alarme pas sur cette mise en quarantaine, je devrais même commencer à m'y habituer.

Seul un visage jovial viendra le saluer en lui sautant dessus :



- Seth !!! s'exclama Japhet jolie et apparemment du même âge qu'Eden, je n'ai pas pu résister malgré ta mise en garde. Rassure-toi, nous n'avons pas été traqués. Devine avec qui je suis venue ?

Par la porte qui donnait sur la rue au dehors, Liam entra à son tour. Un air souriant mais circonspect sur le visage. Il vint à notre rencontre et je fus sur le point de tomber dans les pommes quand je le vis embrasser chaleureusement Eden après que Japhet lui ait elle-même sauté dessus. »


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MessageSujet: Re: De Profundis   De Profundis EmptyDim 6 Juil 2008 - 11:02

Une fois de plus la boucle était bouclée.
Eux deux, Liam…
Eden se retourna brusquement, parcourant la bibliothèque des yeux à la recherche du protagoniste suivant qui faisait partie de la spirale infernale.
L’ironie semblait les poursuivre dans toute sa splendeur. Après avoir rêvé de croiser cet homme des années durant, voila qu’aujourd’hui il paraissait la pourchasser à travers les lieux et les temps.
Nulle trace de lui, cependant.
Soulagée, Eden reporta son attention sur les autres protagonistes. Jusqu’ici la scène lui plaisait assez. Ils étaient ensemble, paraissaient heureux, bien qu’elle sente Seth plus fragile que d’ordinaire. L’étrange impression qu’elle n’apprécierait plus autant les lieux dans quelques minutes s’insinua profondément en elle. Dommage, la bibliothèque lui avait beaucoup plus avec ses immenses rayonnages d’ouvrages en cuir. Un regard sur Liam confirma cette impression. Pourquoi Japhet l’avait-elle emmené ?
Et d’ailleurs, que faisait-elle ici ?
De quelle mise en garde parlait-elle ?
La contrariété s’était fait sentir à l’apparition du joli visage de Japhet. Non pas qu’elle n’aime pas la jeune sœur de Seth, au contraire. Mais les deux autres portes lui avaient montré à quel point les personnages de leur Histoire parvenaient à souffrir. Elle aurait voulu épargner ça à Japh. Elle n’était pour rien dans tout ça.
Lui, toujours aussi grand, beau et blond, criant d’insolence se jetait sur son double pour l’embrasser. Elle se raidit.
L’autre Eden se laissa faire, le regard un peu plus froid que celui qu’elle réservait au cadet des Cullen. Elle se méfiait, mais n’en laissa rien paraître.


- Vous n’auriez pas du venir. Lança-t-elle d’une voix qu’elle s’appliquait à rendre neutre.

Sous les intonations de sa propre voix voilée, Eden distingua une once de panique. Les yeux d’Eden Cullen cherchait à capter le regard de Seth afin d’échanger un commentaire muet sur la situation.

La gryffondor laissa échapper un bruyant soupir avant de se retourner vers son Seth.


- Et là, la porte s’ouvre avec fracas, le ministère débarque et on meurt tous fusillé… sauf toi. Ajouta-t-elle plus tendrement.J’aimerai qu’on ait le scénario à l’avance, je sais pas pourquoi je sens arriver une catastrophe. Pas toi ?

Seth lui intima gentiment de se taire, tout à la scène qui se déroulait sous leurs yeux. Japhet jacassait à propos du mariage auquel elle aurait aimé assister, tempéré par les regards de son aîné qui lui conseillait d’être plus discrète. Liam quant à lui affichait de grand sourire en direction d’Eden, et jetait parfois de rapides coups d’œil nerveux en direction de sa montre. Dans la bibliothèque, quelques regards fusaient en leur direction. Il faut dire que l’atmosphère studieuse avait été quelque peu ébranlée. Les affaires d’Eden expédiées au fond du sac par un Seth trop pressé ne leur donnaient plus l’apparence d’étudiants au travail, ils étaient désormais tout quatre debout, et il régnait un mélange de confrontation, chaleur et amour dans l’atmosphère. Eden ne s’était pas départi de sa méfiance vis-à-vis de Liam, qui lui se montrait toujours nerveux. Japhet bavardait gaiement avec Seth sous les regards courroucés de la bibliothécaire qui brandissait avec fougue son écriteau « Quiet please ».
Les époux Cullen communiquaient toujours silencieusement, le regard gris se perdant dans le vert d’eau du visage marmoréen, et l’Eden de Poudlard nota que Seth lui-même n’était pas tranquille.

Une sonnerie stridente arracha un soupire d’exaspération à la bibliothécaire (pourquoi ont-elles toutes cette mine revêche ?) qui se permit de lâcher un « S’il vous plait Messieurs Dames ! » acide.
Liam plongea rapidement la main dans sa veste pour en sortir un petit appareil moldu qu’il consulta.


- c’est surement là que ça se gâte, grommela Eden version Gryffy d’une voix boudeuse. En tout cas, la prochaine fois que je m’ennuie en faisant les devoirs, j’espère que tu te rappelleras de ce jour où tu m’as empêché de travailler sérieusement, ajouta-t-elle, moqueuse.

Liam replaça le petit appareil dans sa poche en vitesse. Son assurance avait volé en éclat, il affichait maintenant une mine douloureuse.

- Il faut qu’on y aille. Pressa-t-il.
- Vous partez déjà ? Demanda Eden, une once de suspicion dans la voix.


Liam se tourna vers Japhet, absorbée par la contemplation de ses pieds, si silencieuse soudain que l’atmosphère en fut chargée de lourdeur. Il jeta ensuite un œil à son frère, qui, figé tel une statue de dieu antique l’interrogeait lui-même du regard.

- Qu’est ce qu’il se passe Liam ? murmura-t-il.
- Vous venez avec nous. Maintenant.

Plus qu’un ordre si c’était possible.
Le visage de Japhet semblait supplier les boucles blondes. Elle ne dirait rien. Un regard d’excuse envers Seth, puis se fut tout. Elle se dirigea vers la sortie.
Eden eu un mouvement de recul mais Liam s’empara de son bras, sa grande main refermée sur le frêle poignet de la jeune femme.
En un éclair, Seth s’interposa, les yeux plantés dans ceux de son frère, mélange de défi et de douleur, clamant « Ne m’oblige pas à faire ça. »

La bibliothécaire s’était levée de son siège, une main sur le téléphone. Leur petite conversation ne passait pas inaperçu.

- On va éviter le scandale en plein lieu public… lança Japhet d’une voix bien plus aigue qu’à l’ordinaire
- Fais-moi confiance Seth, pressa Liam.

Les deux frères se toisèrent un instant du regard. Eden ouvrit la bouche puis se ravisa. Elle dégagea son bras de l’emprise de Liam qui ne quittait pas son frère des yeux. De toute sa hauteur, l’aîné des Cullen dominait son cadet qui bien que plus petit dégageai une impression de puissance qui n’échappait à personne. Leurs visages étaient fermés, en cet instant la ressemblance était plus que frappante. (Mordante si j’osais.)
Comme d’un commun accord ils inclinèrent brièvement la tête avant de se détendre, Seth avait fait son choix.
- Allons-y.
- Mais… Seth ! On ne va pas... commença Eden
- Ne complique pas les choses…S’il te plait. Murmura-t-il.

Les deux Eden se tournèrent vers le vampire. Chacune le sien, bien que le regard fut le même. L’angoisse, saupoudrée de tendresse, parsemé de crainte, sur un fond de confiance.

- J’ai confiance en toi Seth, mais pas en lui.

Il lui tendit la main. Elle la prit.



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