Jeu de rôle basé sur les règles inventées par J.K. Rowling dans l'univers de Harry Potter.
 
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 ~†~ Mais si un jour on pouvait s'en aller... ~†~

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Charlotte Leonhart
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Charlotte Leonhart

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MessageSujet: ~†~ Mais si un jour on pouvait s'en aller... ~†~   ~†~ Mais si un jour on pouvait s'en aller... ~†~ EmptyMar 19 Fév 2008 - 2:58



~†~ Son exutoire. Le terrain de Quidditch était son exutoire, à elle. Certains déprimaient et pleuraient pendant une semaine. D'autres ne mangeaient plus. D'autres encore fuyaient tout contact humain ou animal... Les plus forts cachaient leur souffrance derrière des rires. Chacun avait sa manière propre de faire sortir les mauvais sentiments et de ne pas sombrer dans les ténèbres. Un excès d'énergie ou de sentiments qui menaçaient de vous faire perdre l'équilibre. Une nouvelle que vous appreniez qui vous retirait toute envie, si ce n'est celle de hurler. Dans ces moments-là, il n'y avait pas grand chose à faire.... A part déverser ce qui vous hantait comme vous saviez le faire...

En cette froide et grise journée du 6 février 2008, une silhouette s'élevait vers les gradins. Un balai dans une main, une batte dans l'autre, mais partout sauf dans les airs. Gravir les marches une à une jusqu'à ne plus sentir les muscles dans ses jambes... Est-ce que ça existait, une tour qui montait jusqu'au Ciel ? Juste pour qu'elle monte, monte, encore et toujours plus haut. Pour se fatiguer, ne plus penser à rien et finalement s'effondrer sur le coin d'une marche, à bout de force. A tel point que même son corps ne voudrait plus la soutenir.... Ca n'existait pas, une telle tour, pas vrai ? En tout cas, pas ici... Pas dans ce château ni sur ce terrain... Et pour preuve, elle était déjà tout en haut. Plus d'escaliers, juste des gradins devant elle.

Silencieuse, Charlotte s'avança. Un simple débardeur malgré les températures qui ne dépassaient pas la dizaine de degrés. Une petite jupe... Tout cela en noir, évidemment. Les cheveux détachés, lui tombant devant le visage. Cheveux avec lesquels le vent s'amusait. Cheveux à peine peignés qui venaient cacher son visage blafard et humide. Telle un fantôme, elle glissa jusqu'à la rambarde des gradins, qu'elle attrapa après avoir laissé tomber ses affaires sur le sol. Yeux clos, elle resta là-haut, immobile. Est-ce que vous arrivez vous aussi à l'entendre, cette faible musique... ? A peine audible entre les chants du vent... Charlotte, elle, l'entendait...~†~


Mais si un jour
Tu devais t’en aller
Est-ce que tu pourrais bien m’emporter

~†~ Est-ce qu'il pouvait l'emporter avec elle ? Est-ce que la Mort voulait bien la laisser venir avec Lui.... ? Pour le savoir, la jeune brune aurait bien pu sauter... Sauter dans le vide... Par-dessus cette balustrade... Elle aurait rapidement eu les réponses à toutes ses questions... Plus de problèmes, plus de douleurs, plus de peurs, plus d'hésitations, plus de bonheur, plus d'amour... Non, elle ne sauterait pas. Solution de facilité... Pourquoi l'aurait-elle fait ? Il y avait trop de choses qui la retenaient ici bas. Trop de gens... Des personnes auxquelles elle tenait... Si encore elle avait été sûre qu'ils ne souffrent pas à sa disparition... Un brusque coup de vent dégagea son visage des cheveux qui le cachaient. Les yeux rougis, les joues pleines de larmes, lèvres boudeuses et sourcils froncés sous la douleur.... ~†~


De Mary Leonhart à Charlotte a écrit:
Ma chérie,

Je suis désolée de t'envoyer une lettre aussi tardivement après la tienne mais nous avons été très occupés...

Ton père ne va pas très bien, il est très fatigué et il aimerait que tu viennes le voir, dès que ton emploi du temps te le permettra. Le plus vite possible, s'il te plaît.

Il faut que tu saches qu'il est arrivé quelque chose... Quelque chose de grave... Ton grand-père... Ma chérie, ton grand-père Duncan est mort... Et ton père a beaucoup de mal à l'accepter. Je suis désolée de t'apprendre cette nouvelle par lettre, mais tes prochaines vacances ne sont pas avant quelques semaines.

Nous t'embrassons très fort, viens rendre visite à ton père le plus tôt possible. Sa Petite Etoile saura certainement le réconforter...

Papa et maman qui t'aiment...

~†~ Aujourd'hui, la lettre était chiffonée, en boule et presque déchirée, sur le sol des dortoirs des 7e années de Serpentard. Et Charlotte, pour encaisser la nouvelle, n'avait pas trouvé de meilleur moyen que de venir se réfugier sur le terrain pour peut-être parvenir à se défouler... Rien de moins sûr... Elle avait envie de tout sauf de taper dans un cognard... Lentement, elle lâcha la barre de fer de la rambarde et se retourna dos à celle-ci, se laissant doucement glisser sur le sol... Elle replia ses jambes contre elle et posa son front contre ses genoux, entourant ceux-ci de ses bras. Et maintenant, elle avait froid... De violents frissons et plusieurs larmes tandis que de sombres pensées la hantaient... La douleur d'avoir perdu un être cher entraînait la peur d'en perdre d'autres... Sa grand-mère maternel Elizabeth, sa mère Mary, son père Jack, son cousin Eneas, son amour Sacha... Et si la vie décidait de les lui prendre aussi... ? Murmure chantonné d'une petite voix brisée... ~†~

" Si tu devais un soir
Est-ce que tu m’emmènerais
Mais t’envoler sans moi
Est-ce que tu m’emmèneras.... "


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Eden Sanders
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MessageSujet: Re: ~†~ Mais si un jour on pouvait s'en aller... ~†~   ~†~ Mais si un jour on pouvait s'en aller... ~†~ EmptyVen 22 Fév 2008 - 22:06

Froide journée.
En plein hiver tu parles… Pas un temps pour sortir sans bonnet et gants. Eden remonta un peu le col de son manteau contre son cou. Elle n’aimait pas le froid. Elle se maudissait intérieurement d’avoir oublié son écharpe. Depuis 5 ans qu’elle était la, elle avait adopté la petite étoffe de laine aux couleurs de sa maison. Rouge et or. Et en cette journée grise et fraîche, elle avait eu la très bonne idée de la laisser sur son lit. Tout à fait à sa place quoi.
Eden avait horreur de perdre du temps. Plutôt que de faire demi-tour en s’apercevant que le temps ne serait pas clément avec elle, la demoiselle avait préféré braver la tempête. Rebrousser chemin lui aurait fait perdre…allons, dix minutes tout au plus, alors que là, en l’occurrence, elle allait se geler… Une bonne paire d’heures.


Fabuleux Eden, voila ce qui s’appelle avoir la mesure des choses.

Pas bien épaisse, la gamine était assez sensible au froid. Elle aurait volontiers pris les quelques kilos en trop de cette peste de Vicky, mais la nature avait été plus généreuse avec la jeune Gryffy. Elle pouvait dévorer n’importe quoi, elle ne prenait pas un gramme.
Ce qui l’enchantait moins, c’est que du haut de ses quinze ans, elle restait désespérément d’allure garçonnière. Pas bien grande, et maigre. Trop maigre.
Dans sa clémence et son goût pour l’imprévue, la nature avait dôté Eden d’un visage aux proportions proches de la perfection. Elle était exquise. Un petit nez fin et droit, un sourire malicieux, bien que peu présent, et de profonds yeux gris, qui pouvaient vous clouer sur place en un instant.

Etrange qu’un visage aussi angélique ait été attribué à une petite personne au caractère aussi prononcé. Lorsqu’elle était arrivée cinq ans plus tôt face aux choixpeau, elle ne connaissait pas grand-chose à la sorcellerie est n’avait pas fait cas de l’endroit où on l’avait envoyé. Mais plus tard, lorsqu’elle avait appris les caractéristiques des maisons, elle s’était demandé si le choixpeau ne s’était pas trompé sur son compte… Elle était parmi les plus joyeux lurons du château. Les Gryffy, les rouges. Les lions comme on les appelait. Elle se sentait seule. Le monde semblait tourner autour d’elle, sans qu’elle ne se sente vraiment concernée. Et puis après tout, dans les moments où elle se sentait impliqué, on lui répondait que ce n’était pas ses affaires.
Elle avait vite fait de se détacher ici aussi, de tout ce qui pouvait éventuellement lui nuire. Et cela lui convenait. Du moins pour l’instant. On était toujours à temps de changer les choses qui ne plaisent guère. Elle avait le temps.

La demoiselle affectionnait particulièrement les promenades solitaires qui lui permettaient de faire le vide. La salle commune était souvent pleine de rires et de farces et bien qu’Eden adore écouter les nouveautés qu’on pouvait y entendre, elle avait tôt fait de se lasser des commérages et des conversations qui pouvaient devenir fort inintéressantes lorsqu’elles tournaient autour des vernis à ongles et des maquillages dernier cri.
Elle avait souvent besoin d’air.

Son terrain de prédilection ? Ce lui de quidditch. Hors matchs, on avait toutes les tribunes pour être seule. Et un vaste espace pour se sentir unique. Avec un peu de chance on tombait sur un jour où l’une des équipes s’entrainait. Eden en profitait pour les observer. Elle aurait aimé faire partie d’une équipe elle aussi. Mais celle de sa maison avait l’air d’être résolument complète. Peut être un jour se déciderait-elle à y faire sa place.

Ce matin, le terrain semblait désert. Eden monta les marches quatre à quatre. De sa passion pour la bougeotte, elle avait hérité un corps musclé propice au besoin d’escalade et d’acrobaties dont elle était souvent la proie.
Parvenue en haut des gradins, elle posa la main sur la barre de fer. Le contact était froid. Elle jeta un œil par-dessus la balustrade. Sacré chute.

Eden rejeta ses cheveux en arrière et offrit son visage au vent frais. Elle inspira une profonde bouffée d’air et longea la balustrade, se guidant de sa main droite pour avancer. Contre toute attente après les dernières nouvelles reçues pendant les vacances, elle se sentait plutôt bien ce matin. Pas un bruit ne venait troubler la solitude de la jeune Gryffy. Elle avançait, petite silhouette solitaire dans le froid, gamine insignifiante au milieu des tribunes. Si elle avait réellement cherché à analyser ses actes, elle aurait réalisé rapidement que dans toutes ses promenades solitaires, elle n’attendait peut être qu’une seule chose… Croiser quelqu’un ?
Eden avait cependant rapidement laissé tomber l’idée de réfléchir à ses propres actes. Porter un jugement sur ceux des autres était bien plus distrayant.

Elle l’aperçu juste à temps. A quelques doigts (de pieds) de lui marcher dessus. Prostrée, secouée de violents frissons, une jeune fille était ramassée sur le sol, en pleurs.

La bouche ouverte sous l’effet de la surprise, Eden s’apprêtait à balbutier des excuses avant de réaliser que l’état dans lequel était plongée l’autre ne lui permettrait pas de les entendre.


Dernière édition par Eden Sanders le Lun 5 Mai 2008 - 22:17, édité 1 fois
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Charlotte Leonhart
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MessageSujet: Re: ~†~ Mais si un jour on pouvait s'en aller... ~†~   ~†~ Mais si un jour on pouvait s'en aller... ~†~ EmptyVen 29 Fév 2008 - 20:33

~†~ Toujours la même chose... Ici, à Poudlard, c'était toujours pareil. Vous souhaitiez un peu de solitude ? De tranquillité ? Pauvre petite âme en peine qui ne réclamait qu'un peu d'intimité... Ne savez-vous donc pas encore qu'ici, à Poudlard, c'est chose impossible ? Et cela l'était encore moins si vous désiriez vraiment être seul. Plus l'on fuyait les gens, la compagnie, plus ils venaient se coller à vous. C'était comme s'ils ne voulaient pas vous lâcher, qu'ils venaient vous chercher même. Ils devaient tous avoir un radar à personne souhaitant s'isoler. Ils avaient un radar et tournaient, pour que ce ne soit pas toujours les mêmes personnes qui importunent les pauvres malheureux qui ne demandaient rien d'autre qu'un coin paisible. Même ça, c'était trop demandé. Qu'importe le lieu, qu'importe le moment... Un cachot en fin d'après-midi. Une salle vide en début de journée. La volière le midi. Une tour la nuit. Le terrain de Quidditch en pleine journée...

Impossible. Impossible de se retrouver seul plus de dix minutes dans cette maudite école. Pas quand vous aviez des larmes plein les yeux et une boule envahissante dans la gorge.... Et, encore aujourd'hui, Charlotte ne pourrait pas profiter de ses pleurs... C'était trop de demander, de pouvoir laisser s'extérioriser sa peine sans être dérangée ? Laisser ses yeux pleurer toutes les larmes accumulées dans son corps. Avant de le laisser se recharger et de devoir, une autre fois, réitérer la chose.... Cela semblait être trop difficile, d'être seul, effectivement... Car une fois de plus, "on" venait la déranger... Ce fameux "on" étant bien évidemment différent d'une personne qui l'aurait déjà vu dans cet état. Et Merlin savait qu'elles étaient peu nombreuses...

La jeune brune n'était pas de ce genre de personnes. Elle n'aimait pas aller raconter à tous ceux qu'elle croiserait ses malheurs et leur piquer leurs épaules le temps de pleurer un bon coup. Elle détestait se plaindre auprès des autres, ceux qu'elle ne connaissait pas. Leur montrer qu'elle était triste ? Pourquoi faire ? Ils devaient bien s'en moquer... En tout cas, elle, n'éprouvait aucune pitié lorsqu'elle voyait quelqu'un dans la détresse. Même un ou une pitchoune ne parvenait pas à lui arracher un regard de plus de trois secondes... Chacun avait ses problèmes, il n'était pas nécessaire de supporter en plus ceux des autres... Non, Charlotte ne voyait aucune raison d'aller gémir auprès des inconnus. Et à vrai dire, même auprès de ses proches, elle avait beaucoup de mal à se confier. Une sorte de blocage... Parler de ses sentiments lui était particulièrement difficile. Qu'ils soient heureux ou le contraire. Elle avait du mal à expliquer ce qu'elle ressentait, à trouver les mots pour cela. Et il fallait vraiment la pousser pour la faire avouer...

Le problème, ce devait être cela. Elle n'extériorisait pas assez. Elle encaissait, encaissait, encaissait... Encaissait jusqu'à ne plus pouvoir. Et c'était à ce moment là que le drame arrivait... Elle craquait, littéralement. Son château fort se fissurait et elle explosait, balançant tout ce qu'elle avait sur le coeur ou presque. C'était souvent violent. Dans les mots comme dans les gestes. Mais plus dans les mots que dans les gestes. Après la tempête... Le calme. Elle reconstruisait ses remparts, sa façade impassible et se remettait à encaisser, encaisser... C'était toujours la même chose... Mais si elle sombrait, ce n'était jamais pour rien. Il y avait toujours une raison, un élément déclencheur. Aujourd'hui, c'était la mort de son grand-père paternel. Malgré l'éloignement de sa famille qu'elle s'était imposé l'an passé, il n'en restait pas moins que Charlotte aimait son entourage. Plus que tout. Ils étaient les privilégiés qui pouvaient la voir comme elle était réellement : sensible et attentionnée. Les autres... n'avaient droit d'elle qu'une image insensible et moqueuse.

Quoiqu'il en soit, ce n'était pas aujourd'hui qu'elle pourrait rester en retrait... Pas un bruit, pas l'habituel murmure réconfortant, pas une main sur son épaule qu'elle se serait empressée de repousser, pas une présence à ses côtés, juste... des pieds. Des pieds dans son champ de vision, sous ses bras, juste devant elle. Elle ne bougea pas tout de suite... Restant immobile pendant quelques secondes à observer cette paire de chaussures. Elle ne savait pas à qui elles appartenaient mais certainement pas à quelqu'un qu'elle connaissait... A moins qu'elles n'aient été achetées récemment. Mais passons... Après un long moment, la jeune Serpentard se décida à relever son visage vers l'intrus(e). Les joues encore ruisselantes de larmes, mais les yeux loin d'être vides. Une petite lueur sauvage s'était allumée dans ceux-ci. Une Gryffondor. Eden Sanders. Cinquième année. Charlotte ne voulait voir personne, pas même son cousin qui était pourtant très doué pour la consoler lorsqu'ils étaient plus jeunes. Un murmure, à peine audible dans le vent... ~†~


" Tu t'es perdue, Sanders... ? "
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MessageSujet: Re: ~†~ Mais si un jour on pouvait s'en aller... ~†~   ~†~ Mais si un jour on pouvait s'en aller... ~†~ EmptySam 1 Mar 2008 - 8:57

….Le radar venait de sonner l’alerte rouge.

Attention, serpentard agressif.

Et elle restait la, pieds et bras ballants, incapable de faire un mouvement. Hésitante.
Certes elle comprenait que dans un tel état on n’ait pas envie de faire la conversation. Mais la petite était orgueilleuse et l’agressivité du ton de la Serpy ne lui avait pas échappé. Elle aurait pu faire demi-tour et la laisser pleurer en paix.

Elle aurait pu.
Mais maintenant qu’on s’était adressé à elle sur ce ton là, cela devenait plus difficile. Capituler avait toujours été difficile pour la demoiselle. S’avouer vaincue, faible. Impossible. Si elle n’avait rien dit, peut être…

Eden baissa les yeux sur le visage de la verte. Tiens, il lui disait quelque chose ! Charlotte Leonhart… En pleurs ? Epatant ! Elle était réputée pour être plutôt costaud que pleurnicharde. Cela devait être important.

Une brève analyse de la situation lui laissa entrevoir bien peu de possibilités.
La première étant de riposter violemment et de s’engager dans un incessant bien qu’intéressant rapport de force entre langues acérées…
La seconde, jouer les petits agneaux et tenter une approche conciliante…dangereuse sachant que l’issue serait certainement une réplique des plus cinglantes à son égard.
Restait la troisième solution.

Elle avait un avantage sur beaucoup d’autres. Ce qu’elle voyait dans les yeux de Leonhart, elle le connaissait bien. Ce sentiment insoutenable de craquer en présence de quelqu’un. Eden était de cette trempe. Le genre de fille qui se refusait tout droit de laisser entrevoir le soupçon d’une faille chez elle.
Elle se cachait derrière cette façade de fille insensible et intouchable. Alors qu’au fond, elle bouillonnait d’émotions.
Et là, face à elle, elle reconnaissait une partenaire de cette trempe là.
Le visage encore baigné de larmes, Charlotte Leonhart levait vers elle des yeux sauvages, éclairés d’une flamme et d’un avertissement familier aux oreilles d’Eden : Je ne suis pas faible.

Eden enfonça ses mains dans ses poches et jeta un œil en direction du terrain…
Etant dotée de peu de marge de manœuvre, elle avait opté pour la solution intermédiaire. Pas d’agression ni grands sourires. Du brut de pommes, du sarcastique, de la défense, en un mot, de l’Eden tout craché.


- J’allais justement te demander mon chemin …


Le ton était ironique, certes, mais non agressif. Une façon de dire qu’elle n’était pas là pour se battre mais n’acceptait aucunement qu’on lui marche sur les pieds.
Les dits pieds, qu’elle ôta enfin de la vue de la Serpentard. (Puisqu’on en parle.)
Eden fit quelques pas en avant, d’une démarche souple et s’accouda à la rambarde, parcourant le terrain des yeux.
Alors que quelques mèches de sa chevelure châtain et brillante voletaient autour de son visage, ses yeux gris se posèrent à nouveau sur la jeune femme.

Quelque chose en elle la poussait à rester. Trêve de sottises ! Comme si elle pouvait y faire quelque chose !
Beaucoup de personnes craquaient un jour ou l’autre. Eden avait appris à ne pas s’en mêler, trop d’ennuis pour rien. Parce que finalement, ce n’était pas leur rendre service aux gens… Dans la vie, on ne pouvait compter que sur soi. Habituer les autres à être là c’était les trahir un jour. Leur bâtir un mur d’illusions sachant pertinemment qu’on viendrait un jour nous même l’attaquer au marteau piqueur.
Pourtant ses pas l’avaient conduite ici, ce matin. Exactement ici.

Aucune envie de demander ce qui n’allait pas… Elle était sûre à deux cent pour cent de se faire copieusement rabrouer. Ça ne la regardait pas. Point.

D’un autre côté lorsqu’un roc s’effondre c’est qu’il y a eu une explosion. Elle avait en face d’elle l’une des filles de Poudlard qu’on disait des plus insensibles.
Ça, c’est ce qu’on disait.
… Certes, elle le paraissait.


*Mais toi Eden, tu es vraiment ce que tu as choisit de montrer aux autres ?*

Elle restait là à la détailler… Ses yeux se posèrent un instant sur la batte au sol… La demoiselle esquissa un sourire en coin. Cette batte, elle avait de fortes chances de la prendre dans le nez selon ce qu’elle disait. A force de détailler la Verte, elle réalisa que cette dernière était en débardeur. Eden haussa un sourcil sous l’effet de la surprise. La c’était clair, elle allait choper la mort. Sentant que le contact entre son nez et la batte se ferait plus que probable si elle daignait proposer son manteau, elle écarta rapidement l’hypothèse même de le faire.
De toute façon elle avait déjà froid avec, elle se serait montrée difficile à convaincre de faire sans.
Elle haussa les épaules et dit d’un ton neutre :


- T’as pas un pull dans tes affaires là ? Tu vas choper la crève…
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Charlotte Leonhart
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MessageSujet: Re: ~†~ Mais si un jour on pouvait s'en aller... ~†~   ~†~ Mais si un jour on pouvait s'en aller... ~†~ EmptyDim 2 Mar 2008 - 15:26

~†~ Immobile, toujours assise par terre, Charlotte fixait la jeune fille face à elle. Elle l'avait déjà croisée quelques fois dans les couloirs, sans pour autant jamais lui adresser la parole. Ou peut-être une fois ou deux, mais guère beaucoup plus. Il fallait avouer que Charlotte était loin d'être bavarde ni ne brillait pour sa sociabilité. Elle n'aimait pas "les autres". Elle ne leur portait d'ailleurs aucun intérêt ni la moindre attention. Elle croisait un inconnu dans le couloir ? Et alors ? Il n'avait même pas le droit à un regard d'elle. Charlotte se moquait des autres, de leur vie. Pour qu'elle s'intéresse à eux, il aurait fallu qu'ils parviennent à attirer son attention, chose plutôt difficile à réaliser. Mais elle se moquait plus encore de ce qu'ils pouvaient penser d'elle. Elle passait pour une mystérieuse méchante ? Elle s'en fichait, le tout étant de garder une certaine image, pour s'amuser, maintenant que c'était fait. Sinon... Il n'y avait que le regard de ses proches qui l'importait. Pour le reste, cela lui passait à des années lumières au-dessus du chapeau...

Aujourd'hui, le dérangement qui s'imposait à elle s'appelait Eden Sanders. Une Gryffondor plus jeune qu'elle qui avait une petite réputation de langue bien pendue. Comme à peu près tous les Gryffondor... Personne n'était sans savoir qu'ils étaient grands, beaux, courageux et qu'ils n'avaient peur de rien, pas même des vilains Serpentard. Evidemment que non, quelle idée... Si un Rouge avait l'occasion d'échanger une joute verbale avec un Vert, nul doute qu'il fonçait tête baissée. Enfin... Si cette fille avait cette réputation au sein même de sa maison, c'était probablement parce qu'elle était un niveau au-dessus dans l'inconscience et la naïveté. Charlotte n'avait jamais eu l'occasion de se mesurer à elle mais il était quasiment certain qu'elle l'aurait joyeusement remise à sa place après trois phrases... Langue pendue ou non. N'est pas Serpentard qui veut...

La cinquième année avait l'air plutôt petite et fluette. Autrement dit, elle n'était pas vraiment un danger pour la jeune brune. Premièrement parce qu'elle était batteuse, et deuxièmement parce qu'elle faisait certainement une tête et demie de plus qu'elle. Même si la taille ne voulait pas forcément dire grand chose. Si toutefois il y avait quelque chose d'atypique chez cette fille, c'était sa voix. Plutôt que d'avoir une voix haute perchée et douce qui aurait collé à son apparence, celle-ci était beaucoup plus rauque et un peu cassée. Chose plutôt étrange de la nature dont on ne décide pas... Voix rauque qui se voulait presque ironique. Presque. Il en fallait plus que cela à Charlotte. Elle allait lui demander son chemin ? La Serpentard eut à peine le début d'un rictus. Finalement, la petite blonde - oui, comparativement à Charlotte, elle était blonde sans mauvais jeu de mots - se retira finalement de son champ de vision.

Sans un mot, la jeune anglaise reposa un regard vide sur le sol sur lequel elle était assise. Elle aurait de loin préféré rester seule... Mais apparemment la Gryffy ne semblait pas décidée à partir. Et ce n'était pas Charlotte qui s'en irait la première, et puis quoi encore ?! Elle était là depuis plus longtemps après tout. Et puis le terrain de Quidditch était son exutoire, à elle. Si l'autre ne voulait pas aller promener ses pieds ailleurs, la Préfète saurait bien lui en donner l'envie... Elle était très douée dans ce domaine. Faire fuir les autres, les harceler jusqu'à ce qu'ils ne tiennent plus et déguerpissent... Un passe-temps très divertissant... Lentement, elle leva une main tremblotante à son visage et s'essuya délicatement les joues, pour effacer ses traces de faiblesse. Même s'il restait tout de même quelques petites traînées noir dues au maquillage ayant coulé. Tant pis... L'opération terminée, elle entendit à nouveau la voix d'Eden s'élever dans le silence du vent, pour lui demander si elle n'avait pas un pull... ~†~


" Qu'est-ce que ça peut te faire ?
Même si je n'en avais pas et que je tombais malade, en quoi ça pourrait t'intéresser ?
Oh... A moins que tu aies peur que je n'ai plus de voix pour t'indiquer ta route... "


~†~ Petite sourire mauvais tandis qu'elle relevait un regard sarcastique vers la jeune fille. Manier les mots pour les retourner contre l'autre... Tellement subtil et provoquant... Elle adorait cela. A son tour, elle daigna se lever. Et effectivement, elle faisait plus d'une tête que la Rouge. Elle épousseta lentement sa petite jupe noire, faisant s'envoler les quelques grains de poussière qui s'y étaient déposés. Elle se baissa à nouveau pour attraper sa batte et son balai et les disposa sur un siège vide non loin. Il était vrai qu'elle n'avait pas très chaud ainsi vêtue... Juste un débardeur. Au mieux, le lendemain, elle serait bonne pour un rhume. Mais ce n'était pas très important en comparaison avec la nouvelle qu'elle avait apprise aujourd'hui... Une rafale de vent un peu plus violente lui colla la chair de poule. La rose rouge tatouée sous son épaule droite avait ainsi de drôles de petits reflets, des dizaines de petites collines de peau... Un léger frisson la parcourut avant qu'elle ne se décide à se retourner vers la cinquième année, l'observant de son regard clair et perçant... ~†~

" Qu'est-ce que tu es venue faire sur le terrain, Sanders ? "
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MessageSujet: Re: ~†~ Mais si un jour on pouvait s'en aller... ~†~   ~†~ Mais si un jour on pouvait s'en aller... ~†~ EmptyDim 2 Mar 2008 - 17:10

Eden observa la verte se lever. Par les poils de moustache de Merlin, encore une asperge. Dieu dans son infinie bonté semblait avoir accordé une bonne tête de plus à tous ses camarades.
Eden sourit. Grande confiance en elle ou inconscience, elle n’en faisait pas vraiment cas. Toujours est-il qu’elle ne craignait pas les attaques verbales. Certes, la verte l’aurait envoyé au tapis d’un simple soufflet de la main. Avec ou sans élan, elle ne faisait pas le poids contre la batteuse des Serpy.
Mais les mots, c’était son domaine. Ils virevoltaient dans son esprit et s’échapper de sa bouche avec une totale maîtrise de leur sens et représentait un parfait terrain de jeu pour la demoiselle. Depuis qu’elle était gamine elle déboulonnait les gens avec trois mots. Sur ce terrain là, personne ne lui faisait peur. Même ceux de sa maison évitaient de la provoquer. Tant mieux, pas besoin de gaspiller de salive. Les mots pouvaient être plus blessants que n’importe quel coup. Eden en était consciente et remerciait le ciel de lui avoir accordé une langue.

Une fois de plus ce serait son seul recours. Voila qu’aujourd’hui encore, on essayait de la piquer avec ses propres armes. Il fallait avouer que Charlotte était douée. Disons qu’au moins, elle était plus subtile que la plupart des autres qui se contentaient d’envoyer de grossières insultes à la tête des gens. Bien trop grossier et maladroit, ce genre de combat n’intéressaient même pas la petite.
Non, Charlotte se débrouillait de subtilité et d’ironie cassante qu’un avocat célèbre qui démonterait sa victime point par point. Presque avec le sourire.

Eden ne la lâchait pas des yeux, le visage impassible, un semblant de sourire aux lèvres. Plus aucune trace de larmes dans les yeux de la verte.

*Si tu n’avais plus de voix ma grande j’en connais plus d’un qui serait ravis…*

Alors que Charlotte la transperçait de son regard clair et sarcastique, Eden lui renvoyait un regard neutre et gris. L’ironie avait disparut de son regard. A quoi bon se fatiguer à mettre dans un regard ce que l’autre percevrait dans ses paroles. Eden se sentait amusée. Il lui semblait voir dans les yeux de la verte une petite lueur confiante. Certes elle ne payait pas de mine fasse à la beauté brune et impressionnante. Mais sa confiance en elle dépassait les apparences. Charlotte lui décrocha un sourire mauvais, Eden répondit par un regard blasé.
Tout les Serpentard recevaient-ils un manuel du parfait petit serpy à leur entrée à Poudlard ?
Elle n’avait que faire de cette opposition des maisons. La plupart des verts qu’elle croisait l’envoyer promener. Elle répondait aussi sec. De la même façon qu’elle aurait fait pour un serdy, un Pouffsouffle, ou bien même un gryffy.
Les caractères sont trop complexes pour qu’on les enferme dans les caractéristiques stéréotypées de quatre maisons.
En revanche, la plupart des Serpentards qu’elle rencontrait se sentaient enclins à agresser la moindre parcelle de rouge et or à cent mètres dans un couloir. Etrange comme beaucoup de gens qui se veulent originaux finissent par entrer dans le moule.

Les yeux d’Eden se posèrent sur l’épaule de Charlotte. Une rose rouge. Eden inclina la tête pour mieux la voir. La verte était agressive, certes, mais avait bon gout. Le tatouage était excellemment réalisé. Fin, délicat. La rose était parfaite et allait bien à sa propriétaire. Sur l’épaule s’était joli aussi… Eden passa la main sur sa nuque. Le sien n’était pas visible.

Elle lâcha la balustrade qu’elle tenait toujours d’une main distraite, et appuya son dos contre la barre de métal.


- Si jamais tu n’as plus de voix, je compte sur toi pour me mimer le chemin. Avec autant de mètres de jambes et de bras tu ferais bien ça n’est ce pas ? Je disais ça pour toi. Tu en fais ce que tu en veux.


Eden détourna la tête un instant pour regarder passer un oiseau à tire d’ailes. Elle revint ensuite à la Préfète des verts. Ses yeux gris profonds et brillants se plantèrent dans ceux clairs et mystérieux de Charlotte. Elle la jaugea du regard un instant. La verte avait la chair de poule. Elle allait chopper la mort par fierté cette grande orgueilleuse. Eden se retint de sourire. C’était un comportement qu’elle aurait très bien pu avoir. Mais elle ne l’admettrait pas. Pas à voix haute du moins…

- Quant à ce que je viens faire sur le terrain je ne vois pas en quoi ça t’intéresse. Pourquoi tu poses des questions si tu te fiches des réponses ?
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Charlotte Leonhart
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MessageSujet: Re: ~†~ Mais si un jour on pouvait s'en aller... ~†~   ~†~ Mais si un jour on pouvait s'en aller... ~†~ EmptyDim 9 Mar 2008 - 20:10

~†~ Non, Charlotte n'était pas le stéréotype même de la parfaite petite Serpentard. Certes elle avait beaucoup de traits de caractère compatibles puisqu'elle avait été envoyée dans cette maison. Ce n'était certainement pas pour rien... Elle n'avait pas non plus reçu de petit manuel à son arrivée dans cette maison et à vrai dire, il ne lui aurait à l'époque pas servi à grand chose... Elle avait, pendant cinq ans, été tout sauf une Serpentard, se rapprochant plus d'une Serdaigle que de quelqu'un d'ambitieux. C'était à peine si elle osait regarder les autres dans les yeux, rougissant chaque fois qu'on lui adressait la parole et se trouvant toujours dans son monde, à observer et parfois dessiner. Timide et secrète en somme. Secrète, elle l'était toujours. Timide, plus vraiment. C'était à présent de la méfiance et une protection pour elle. Ne pas laisser les autres s'approcher de trop près car alors, ils auraient pu la faire souffrir. Son esprit ne consentait à faire entrer une personne dans son entourage que bien après son cœur, lorsqu'elle était sûr qu'elle pouvait lui faire confiance. Voilà, en réalité, pourquoi Charlotte avait si peu d'amis. Parce qu'elle n'accordait sa confiance que très rarement...

Cependant, elle n'était plus aujourd'hui cette Serdaigle mal répartie et était bien une Serpentard. A cause de sa première déception amoureuse d'un été qui l'avait fait brusquement changé de caractère. Cela ne faisait donc qu'un peu plus d'un an qu'elle s'adonnait à cette guerre entre Gryffondor et Serpentard. Auparavant, elle n'avait jamais de problèmes, puisque s'excusant encore et toujours. Aujourd'hui... C'était un peu plus compliqué. Elle aimait particulièrement se disputer avec les Gryffondor, non pas parce qu'ils étaient Rouges, mais bien parce qu'eux aussi, adoraient cela. Cependant, elle enverrait promener un Jaune, un Bleue ou même un Vert comme n'importe quel Rouge. Charlotte ne s'attardait pas vraiment sur les maisons. Elle ne jugeait pas les gens sur un blason coloré sur un vêtement. D'ailleurs, elle ne jugeait pas les gens tout court, trop bien élevée pour cela. Elle préférait se faire une idée de la personne après avoir échangé quelques mots... Ce n'était certes pas beaucoup mais souvent suffisant pour entrevoir les principaux traits de caractère.

Ainsi donc, aussi étonnant que cela puisse paraître, elle ne s'acharnait pas spécialement contre les Gryffondor. Enfin si. Mais c'était parce qu'ils étaient ceux qui la cherchait le plus. Comme McEwan, ou encore Belrin. Si Mélusine ne s'était pas montrée aussi détestable et, pire encore, si elle n'avait pas témoigné contre Sacha lors de son procès au Magenmagot, jamais Charlotte ne se serait acharnée sur elle comme elle prenait plaisir à le faire. Si Althéa n'avait pas osé faire un strip-tease pour Sacha tout en obligeant le couple à assister à cette mascarade en les suspendant en haut de la Grande Salle, jamais Charlotte ne lui aurait collé son poing dans la figure. Et encore, heureusement que la jeune brune n'était pas au courant que la petite rousse tournait autour de son cousin, sinon la dîte rousse pouvait faire sa prière... Ce qu'il se passait, en quelques mots, c'était que Charlotte n'aimait pas qu'on lui tienne tête. Alors, évidemment, elle était obligée de se montrer plus violente et dans ses mots, et dans ses gestes. Elle ne pensait bien souvent pas ce qu'elle disait et y allait à tâtons pour trouver les points faibles, juste pour garder une longueur d'avance. La seule personne pour qui elle ressentait une haine profonde n'était plus Edelweiss qui l'avait fait chanté pendant de longs mois, mais bien Redgrave, qui lui avait retiré le privilège d'être la première à avoir un enfant de celui qu'elle aimait. Cette garce, qu'elle crève...

Frisson. Un long frisson la parcourut et descendit de son échine jusqu'à ses reins, la faisant se redresser et se raidir quelque peu. Bouse, pourquoi n'avait-elle pas pris un gilet... Et pourquoi avait-elle laissé sa baguette sur son lit, à côté de son chat noir qui dormait paisiblement lorsqu'elle avait été cherché son balai et sa batte ? Peut-être... Peut-être parce qu'elle n'avait qu'une envie, se retrouver seule, isolée, pour se vider de sa tristesse... Pourtant, elle s'était promise de toujours avoir sa baguette sur elle. Et ce depuis qu'Orphens avait eu la bonne idée d'échanger son corps avec une stupide petite première année de Serdaigle... C'était raté... Encore aujourd'hui, elle l'avait oubliée. Impossible alors de faire venir jusqu'à elle un vêtement plus chaud. Et hors de question qu'elle demande sa baguette à Sanders. Et puis quoi encore ?! Surtout pas en voyant comme celle-ci la prenait de haut... Hum... Il fallait qu'elle recadre cela un peu.... ~†~


" C'est étrange comme, chaque fois qu'une personne n'a plus d'arguments, celle-ci s'en prend au physique...
Ce n'est tout de même pas de ma faute si tu es née petite, ce qui n'est pas un défaut en soi...
Mais c'est toujours la même chose, cela en devient lassant... Personnellement, je trouve cela très lâche et... Pitoyable. "


~†~ Vague haussement d'épaules. Plus elle parlait, moins il y avait d'ironie dans sa voix. Ce n'était que la stricte vérité. S'en prendre au physique était tellement facile... Elle considérait cela comme l'arme des faibles qui n'avaient pas plus de répartie qu'un Scroutt à Pétard. C'était même ennuyeux de se jouter avec une personne qui n'utilisait que cette manière d'attaquer. Heureusement, la jolie blonde n'en était pas encore à ce point-là... Disons simplement qu'elle n'avait plus d'arguments. Ce qui était somme toute logique, Charlotte restant une maîtresse incontestée des mots et de l'ironie... Le Mowana Hum... Passons... Nouveau frisson. Elle lança un vague regard vers le terrain de Quidditch et mit quelques secondes avant de répondre à la remarque d'Eden sur sa question. Si elle se fichait de la réponse...? Hum... Non non non... Décidément, cette jeune fille ne la connaissait pas du tout... ~†~

" D'où tiens-tu que je me fiche de la réponse ?
Je ne pose que rarement une question dont je ne veux pas savoir la réponse. Sauf lorsque c'est ironique, évidemment...
Ce qui n'était pas le cas. J'estime être en droit de savoir pourquoi tu es venue sur le terrain et, par la même occasion, pourquoi tu es venue me déranger... "


~†~ Sur quoi la jeune anglaise se détourna littéralement de la Gryffondor. Allez, soyons fous, les paris sont ouverts ! Moi je mise sur le "Mais le terrain n'est pas à toi, j'ai tout autant le droit d'y venir que toi", ou quelque chose dans le genre... Qui dit mieux ? Charlotte s'attendait à cette réponse. Réponse typique que n'importe qui aurait donné. Mais pour le moment, tout autre chose l'intéressait... Le ciel. Elle avait les yeux levé vers le ciel. Il était d'un gris profond... Presque noir... Il allait bientôt pleuvoir... Rectification. Il pleuvait. Quelques gouttes vinrent atterir sur le visage pâle de la Serpentard, levé vers le ciel. Décidément... Même lui avait décidé de se mettre contre elle. Comme pour lui dire "Bien fait pour toi, tu n'avais qu'à te couvrir." d'une manière moqueuse. Elle serait probablement malade le lendemain mais... Tant pis.... Une violente envie de frapper dans un cognard la prit. Aussi se baissa-t-elle pour prendre son balai, ainsi que sa batte, et s'avança-t-elle vers la rambarde. Son exutoire... ~†~
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MessageSujet: Re: ~†~ Mais si un jour on pouvait s'en aller... ~†~   ~†~ Mais si un jour on pouvait s'en aller... ~†~ EmptyLun 10 Mar 2008 - 21:33

S’en prendre au physique…
Eden prit une pause légèrement soucieuse…et lourdement ironique. Elle n’avait pas l’impression de s’en être pris au physique de la verte. Peut être avait-elle été vexée par la remarque sur la longueur de ses jambes. Etonnant, avec d’aussi longues jambes Eden aurait tenté de séduire le président en personne ! Enfin, si elle prenait ça mal, c’était son problème. Certes, elle n’avait pas tenté de lui faire un compliment non plus. Elle n’était pas la pour ça, d’autres s’en chargeaient certainement.
Etant donné qu’Eden était assez fière et peu soucieuse de passer la pommade, elle ne releva pas la remarque. Elle n’avait pas envie de se justifier, et de toute façon, pourrait prouver aisément qu’elle n’était pas à cours d’arguments.

Oui, elle était petite, et elle le vivait bien. Avoir de longues jambes galbées ne lui aurait pas déplu, c’est sur. Mais sa petite taille avait des avantages qu’elle n’échangerait pour rien au monde.

Une liste ?

Trop long.

Une chose était claire, elle n’était pas lâche, et encore moins pitoyable. Enfin, qu’on la trouve pitoyable, ça pouvait arriver avec un interlocuteur pas très fin. Mais lâche, il était clair que non. D’un haussement d’épaule, Eden ne se donna pas la peine de se justifier pour ça non plus. Elle n’en voyait pas l’utilité. Visiblement la verte lui était hostile. Tant pis, elle ne ferait pas d’efforts non plus.

Eden n’était pas farouche, et pas franchement agressive. Bien que certains jours on devine aisément que la nuit avait été mauvaise. Elle savait qu’elle n’employait pas toujours la bonne façon pour aborder les gens, et là en l’occurrence, elle avait fait un faux pas. Elle pouvait voir Charlotte frissonner à vue d’œil, mais celle-ci ne bronchait pas. Elle n’avait visiblement aucun vêtement qui puisse la réchauffer un peu. Elle aurait pu en faire venir un… Soit elle ne savait pas le faire, soit elle n’avait pas sa baguette. En tout cas, elle préférait visiblement se transformer en glaçon vivant que d’admettre devant Eden qu’elle avait froid.

Charlotte ne se fichait donc pas de savoir ce qu’elle faisait ici. Non pas qu’elle s’intéresse à Eden, pauvre petit scarabée. Non, c’était plutôt pour savoir la raison qui lui avait fait envahir son territoire. Apparemment, le terrain de Quidditch c’était l’endroit où Charlotte venait se réfugier, elle aussi. Sauf qu’elles ne s’étaient jamais croisées auparavant.

Bon alors qu’était elle venue faire déjà ?
Eden avait envie de répondre que cela ne la regardait pas une nouvelle fois, ou bien qu’elle l’avait suivit… Bref, elle avait une furieuse envie de provoquer la verte qui visiblement, était sur les nerfs. Mais elle ne s’abaisserait pas à répondre immédiatement à ses provocations. Elle savait se contrôler. Du moins, elle pensait que ça devait être possible. Et puis la verte était triste. Pas cool d’attaquer un adversaire qui n’était pas au mieux de sa forme. Elle se contenterait de repousser les attaques. On verrait plus tard pour un combat de mot. Eventuellement.

Eden reprit un visage impassible et observa la serpentard se détourner d’elle. C’est ce qu’on pouvait appeler « se détourner avec classe ». Jeter des paroles au visage des gens et ne pas attendre leur réponse. Enfin.
Eden ouvrit la bouche pour répondre et s’interrompit aussitôt. Une goutte fraîche s’écrasa sur son petit nez fin. La rouge et or secoua la tête dans un petit froncement de sourcil et essuya rapidement l’intrépide gouttelette qui se dirigeait vers ses lèvres. Elle leva ses yeux gris vers le ciel et constata qu’elles n’allaient pas tarder à se faire tremper. L’averse qui s’apprêtait à leur tomber dessus était digne d’une ambiance Hitchcockienne.

Et ben super, il ne manquait plus que ça.


- Je pensais que tu te fichais de la réponse parce que je n’imaginais pas que cela puisse t’intéresser de savoir où je trainais mes baskets et dans quel but. En revanche, concernant l’invasion de ton territoire, je ne savais pas vraiment que je te trouverai ici. Ça fait un moment que je viens par là quand…


Eden avait faillit ajouter « quand ça ne va pas » mais se rappela soudain que clamer ses faiblesses face aux autres étaient le meilleur moyen pour se faire démolir le portrait en quelques agitations de baguettes.

- Quand j’ai besoin de réfléchir.


Wow Eden, subtilité ! Là c’est clair qu’elle ne ferait pas le rapprochement. Queue de citrouille va, ça t’arrive de tenir ta langue ?

Eden leva les yeux au ciel. Les gouttes continuaient de dégouliner sur son visage, dans son cou, trempaient ses cheveux. Mais elle ne bronchait pas. Une douche chaude en rentrant, et hop ce serait reparti pour un tour. Puis finalement une pluie froide ça remettait les idées en place et c’était justement ce dont elle avait besoin.
Elle secoua la tête. Et continua de détailler Charlotte, qui, batte en main, s’avançait vers la rambarde.


- Enfin, je ne comptais pas du tout tomber sur toi et encore moins venir te casser les citrouilles mais je pensais que tu ne t’étais pas aperçue que t’allais chopper la mort. Visiblement je me suis planté, je vais donc te laisser tranquillement récupérer la crève de ta vie.


Eden avait un sacré débit. Mais elle restait calme. Après tout elle s’en contre fichait de l’état de santé de Charlotte. Elle ne la prenait pas en pitié. Loin de là. Charlotte n’avait pas encore atteint le stade nécessaire de haine qu’il fallait à Eden pour prendre quelqu’un en pitié. Là c’était uniquement… de l’indifférence apparente. Bien qu’en la voyant comme ça prostrée et en pleurs elle eu repensée à cette matinée d’automne, quelques années auparavant, où elle aussi était venu passer sa peine et sa douleur dans ses tribunes.
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Charlotte Leonhart
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MessageSujet: Re: ~†~ Mais si un jour on pouvait s'en aller... ~†~   ~†~ Mais si un jour on pouvait s'en aller... ~†~ EmptyDim 23 Mar 2008 - 17:07

" Je te remercie mais je ne t'ai pas attendue pour me rendre compte que j'avais froid... "

~†~ Damned ! Mais que faisait-elle ?! Par Merlin, elle était en train d'avouer qu'elle était une humaine qui pouvait avoir froid !! ... Et alors ? Oui, elle avait froid. Et non, elle n'avait pas honte de le dire lorsqu'elle ne portait qu'un débardeur et qu'il ne faisait pas plus de dix degrés... Et qu'il pleuvait. Et qu'il y avait du vent. Oui, elle avait froid. Oui, elle savait utiliser un Accio. Encore heureux, elle était tout de même en septième année... Imaginez si elle ne maîtrisait pas cela ? Elle pouvait se faire cracmol... Ahem. Bref, nous disions ? Ah oui. Elle savait utiliser ce sort. Mais non, elle n'avait pas sa baguette. C'était des choses qui arrivaient... Même si elle évitait le plus souvent possible de ne pas l'avoir sur elle. Une sorcière sans baguette c'était comme.... comme... comme une Mimoune sans son Sacha. La baguette était autant indispensable à la sorcière que le Sacha était vital à la Mimoune... ~†~

" Qui sait... Peut-être même que je suis sortie si peu vêtue parce que inconsciemment, j'avais envie d'être malade... "

~†~ Stop. Elle s'était arrêtée devant la rambarde, le balai dans une main, la batte dans l'autre. Visage baissé sur le centre du terrain, laissant le vent s'amuser avec ses cheveux sombres et les gouttes de pluie s'insinuer à travers ses vêtements... Cela lui était arrivé comme ça. D'un seul coup. Elle n'avait soudain plus envie de frapper dans quoi que ce soit. Plus envie de se battre, plus envie de se chamailler... Plus envie de rien... Elle était fatiguée. Fatiguée de devoir toujours se montrer forte et de repousser inlassablement les autres pour se protéger. Et puis elle avait froid. Elle voulut juste... Elle ne savait même pas. Lunatique. Oh ça oui, elle l'était... Changer d'humeur du tout au tout pour une simple petite remarque... Remarque à laquelle, bien souvent, les autres ne voyaient aucune importance... Changer d'avis au dernier moment pour un petit rien... Et c'était exactement ce qu'il venait de se passer... Elle ne savait pas pourquoi elle n'avait plus envie d'aller frapper dans un cognard, mais elle n'en avait plus envie. Elle ne savait pourquoi elle n'avait plus envie de voler, mais elle n'en avait plus envie. Elle ne savait pas pourquoi elle se sentait soudain lasse, mais elle l'était... ~†~

" Etre malade m'empêchera peut-être de penser... Qu'en dis-tu ? "

~†~ Question rhétorique. Elle n'attendait pas forcément de réponse. Question peut-être posée plus pour elle-même ? Elle ne s'était même pas tournée vers Eden, toujours de face au terrain. Peut-être.... Peut-être que son inconscient l'avait poussée à venir sur le terrain, juste en débardeur, pour qu'elle attrape une quelconque maladie. Même un rhume... Cela suffirait à lui faire penser à autre chose qu'à la mort de son grand-père et à la peur de perdre ses proches, non... ? Peut-être.... Ou peut-être pas... Juste une toute petite maladie... Pour ne plus songer à rien... C'était possible... ? Si au moins elle était sûre que cela fonctionne... Mais même pas... Finalement, après une ou deux secondes de silence, la jeune brune se décida à tourner lentement son regard vers la blondinette. Visage froid et impassible, comme toujours. Mais la lueur de défi qui brillait jusqu'ici dans ses yeux s'était éteinte. Plus de flamme sauvage, plus de sarcasme, plus d'ironie... Juste... Le vide. ~†~

" J'avais moi aussi besoin de réfléchir... "

~†~ Besoin de réfléchir... Tu parles... Juste besoin d'être seule pour pleurer un bon coup, oui. Mais c'était là sa manière de faire comprendre à la Gryffondor qu'elle avait bien compris son sous-entendu. Alors, comme ça... Elle aussi venait sur le terrain quand ça n'allait pas ? Eh bien... Il fallait croire que les deux demoiselles avaient plus en commun qu'il n'y paraissait. Même si, assurément, Charlotte ne l'admettrait jamais. Ou en tout cas pas en l'état actuel des choses. Ses instruments de Quidditch glissèrent de ses mains pour venir atterrir sur le sol. Vraiment plus envie de voler... La jeune anglaise vint appuyer ses avant-bras sur le métal froid de la balustrade, légèrement penchée en avant. Si Eden voulait rester, elle restait. Si elle voulait partir... Eh bien elle partait. Il pleuvait de plus en plus fort mais... Il n'y avait pas grand chose qui, pour le moment, parvenait à importer à la jeune femme... Pauvre Gryffondor qui allait sûrement ne rien comprendre à la Serpentard... Peut-être même penserait-elle qu'elle était folle... Mais était-ce seulement faux... ? ~†~
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MessageSujet: Re: ~†~ Mais si un jour on pouvait s'en aller... ~†~   ~†~ Mais si un jour on pouvait s'en aller... ~†~ EmptyJeu 27 Mar 2008 - 19:36

Provoquer la maladie…

Avec des yeux et un visage pareil, damned, c’était de la pure folie ! Le suicide social. La verte avait des yeux à faire pâlir Venus. Provoquer la maladie c’était accepter que ces yeux là se gonflent, que le nez délicat se mette à rougir et couler, et que la voix passe en version canardesque.

Fallait vraiment être désespérée pour avoir de telles pensées.

Alors que Charlotte se retournait vers elle, Eden se sentit envahie par une immense mélancolie qui ne venait pas de son propre cœur, mais plutôt de celui de la verte en personne. Ses yeux n’avaient rien à voir avec les yeux de Leonhart telle qu’on la supposait. Eden l’avait toujours imaginé froide, distante, calculatrice. Certes elle était loin d’être chaleureuse en ces temps et lieux… Mais tout simplement différent de ce qu’elle imaginait.

Duelle.

Etait-elle ce qu’on disait ? Ce qu’elle acceptait de laisser paraître était-il ce qu’elle était réellement ?
C’était si facile finalement de paraître totalement différent de sa nature.

Eden la fixa jusqu’à ce qu’elle retourne à la balustrade. Lui rendant son visage de marbre, impassible, qui retenait la moindre parcelle d’émotion. Derrière les yeux, le vide. L’absence de flamme, l’absence de haine, de tristesse ou quoi que ce soit d’autre.

Un peu intriguée par le personnage, Eden n’arrivait pas à passer son chemin.

S’apitoyer sur le sort des autres ne faisait pas partie des attributions qu’elle s’accordait. Pas plus que s’apitoyer sur son propre sort.
Etre touchée par le sort des autres ? C’était assez rare. Il fallait qu’elle soit suffisamment mal en point pour ne pas parvenir à ériger la haute palissade de protection qui filtrait les émotions et sentiments qu’elle pouvait ressentir à l’égard des autres.

Etait ce le cas de cet instant là ?

Eden haussa les épaules. Sans savoir pourquoi, elle ne parvenait pas à détacher son regard de Charlotte, quand elle savait qu’à cet instant même, la verte avait surement envie d’être seule.

Ou pas…

Après tout, il arrive bien souvent que l’on refuse d’admettre qu’une personne venant troubler sa solitude peut être bienvenue.
Combien de fois répond-on que tout va bien, inutile d’en parler, et ressent-on un sacré pincement au cœur si la personne qui se trouve face à nous nous croit, et n’insiste pas pour savoir ce qui cloche ?
Combien de fois affirme-t-on que tout va bien, en priant pour que notre interlocuteur remarque l’étincelle de douleur qui se consume au fond de nos yeux ?
Combien de fois espère-t-on que la personne à qui on dit « laisse-moi » se retournera une dernière fois pour voir les larmes couler sur nos joues, et se hâtera de faire demi-tour ?
Combien d’instants ratés, de pincements au cœur, de regrets, de douleurs solitaires, quand la moindre insistance peut changer le cours des choses ?

Eden haussa les épaules et secoua la tête en dénégation.
Dénégation de quoi ? De soi ? Du temps qui n’en finissait pas de cracher ses torrents d’eau sur elles ?

Eden sentait les goutes glacées ruisseler sur son visage. L’eau insistante s’engouffrait dans sa bouche, lui brouillait la vue, et collait ses cheveux à son front.
Génial.

Elle se rapprocha de Charlotte et s’accouda à son tour sur la balustrade, plongeant son regard dans le vide du terrain. Il était étrange que ce lieu l’apaise à ce point. Après tout ce n’était qu’un stade, désert la plupart du temps, ou virulent et bondé en cas de matchs. Rien de particulier. Pourtant c’est ici qu’elle se sentait le mieux.

Elle comprenait tout à fait Charlotte.

C’est surement ça qui la décida. Ce point commun. Pas vraiment encline à proposer son aide à la moindre larme, la petite se surprit elle-même à sortir sa baguette et la faire tourner entre ses doigts sous le nez de la verte.


- Tu ne veux pas qu’on lance un sort d’attraction pour te faire venir un pull, une veste ou un imper… ?


Une Gryffy sans attaches qui proposait son aide à une verte sans scrupules. Quoi qu’en fait, elle n’en savait rien si l’autre avait des scrupules ou pas. Mais bon, on pouvait se permettre d’affirmer que la neige n’était pas loin. Vu la température de toute façon, ce n’était pas prendre de gros risques.
Sentant le risible de la situation, Eden s’empressa d’ajouter.


- Je ne voudrais pas avoir à supporter ton visage déformé par le rhume, rouge, irrité, tes reniflements incessant d’enrhumée grave et tout le bazar qui va avec la crève.

*Super Eden, vraiment élégant, classe, un Troll n’aurait pas fait mieux.*


Elle soupira à nouveau et ferma les yeux un instant. On pouvait parfois baisser le bouclier tout en le gardant à portée de main. C’était pas comme se mettre en poil dans la Grande Salle lors du banquet de fin d’année…fallait pas pousser.


- Puis de toute façon quand quelque chose nous met dans un tel état je pense que ça nous poursuit même dans la maladie. Et encore y a même des chances que tu es plus le temps de penser en étant clouée au lit.


Elle ne savait pas vraiment si elle parlait pour elle ou pour la verte. En tout cas elle restait persuadée d’une chose. Les pensées nous hantent jusqu’à ce qu’on les accepte. Parfois, il ne servait à rien de lutter. Pas contre un moulin à vent.

Eden tourna la tête vers Charlotte, sa baguette toujours en main.
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Charlotte Leonhart
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MessageSujet: Re: ~†~ Mais si un jour on pouvait s'en aller... ~†~   ~†~ Mais si un jour on pouvait s'en aller... ~†~ EmptyLun 7 Avr 2008 - 0:54

" Bouse.... Ce serait pas malin quand je cherche tout l'inverse... Rolling Eyes "

~†~ Vague haussement d'épaules accompagné d'un léger rire. Rire qui n'avait rien de joyeux, rien de gai, qui respirait tout sauf le bonheur... Un rire que l'on pourrait presque qualifier de désespéré. Presque. Car il l'était, oui, mais elle y mettait tout de même une certaine retenue. Elle venait déjà de baisser les barrières qui gardaient sa forteresse intérieure et en empêchaient l'accès. Elle n'allait pas non plus laisser la porte ouverte au cœur du château... Il y avait tout de même certaines limites. Bien sûr des personnes étaient déjà parvenues à la toucher et avaient libre accès à toutes les salles. Mais ces personnes étaient tellement rares... La jeune brune était loin d'être facile à approcher. Trop peu sociale pour cela. Déjà, elle évitait les coins trop fréquentés du château. Les sorties de cours étaient son cauchemar, et elle subissait tant bien que mal les repas à la Grande Salle. Elle préférait, et de loin, traîner dans les couloirs déserts, errer dans les cachots ou venir s'aérer sur le terrain. Rien de folichon et pourtant, il lui arrivait souvent des choses étranges. Je n'en ferai pas la liste ici, mais croyez-moi.

Quoiqu'il en soit, son rire n'avait rien de "franc" et on pouvait même y déceler une certaine tristesse en cherchant bien. En cherchant très bien. Elle l'avait évidemment cachée sous un air blasé. Pas bien difficile à faire... Elle était une parfaite menteuse et, en plus de cela, une actrice plutôt douée. Enfin, c'était ce qu'Eric Marvendall lui avait dit. Il était réalisateur de Cinémagik et c'était sous sa direction que Charlotte avait pour la première fois joué dans un film, cet été. Cinémagik qui avait eu son petit succès parce qu'elle était la petite amie de celui qui avait fait la une de tous les magasines. Le procès de Sacha avait remué le monde sorcier... Il avait même été élu garçon le plus sexy d'Azkaban par plusieurs journaux... Tous des idiots... Enfin, c'était fini à présent, il en était sorti et le soufflet redescendait peu à peu... Doucement...

Eden avait probablement raison. Tomber malade n'était pas la solution... On l'obligerait à se soigner, à prendre des potions peu ragoûtantes, peut-être même qu'elle devrait rester au chaud sous des draps. Et si elle restait allongée, sûre qu'elle ne ferait que penser entre deux sommes... Tout ce qu'elle ne voulait pas... La supporter ? Supporter son visage, ses reniflements et tout le reste ? Oh, elle n'aurait probablement pas à le faire, mais d'autres oui... Ene, qui la charrierait doucement de ne pas s'être couverte en sortant. Et, si elle le voyait, Sacha. Ils ne se voyaient déjà pas souvent, si en plus elle était malade... Sûr qu'il n'apprécierait pas beaucoup. Déjà qu'il lui conseillait de ne pas trop manger parce que, je cite "je ne veux pas un jour
me marier avec une fille aussi sexy que Goyle"... C'est bête mais quand elle avait lu ce petit mot à côté de son oreiller, cela l'avait beaucoup touchée... Je pense que les raisons sont assez claires et que je n'ai pas besoin de plus les expliquer... En tout cas, elle hocha doucement la tête, et releva son visage plus qu'humide vers la Gryffondor. ~†~


" Pourquoi pas... Ma cape, peut-être, ça pourrait être une bonne idée. "

~†~ Elle passa une main sur son visage pour y effacer quelques gouttes d'eau. Même si c'était un peu inutile vu ce que le ciel déversait sur elles... Cheveux trempés et collants, peau scintillante et mouillée, maquillage noirâtre et plus encore coulé... La cinquième année fit venir sa cape d'un sortilège. Quelques secondes passèrent et le vêtement s'arrêta finalement devant elles. La Serpentard s'en saisit et le revêtit. Forcément, il faisait tout de suite moins froid... Un léger " Merci... " s'échappa de ses lèvres. Si elle avait cherché à ne pas être seule ? A attirer l'attention d'Eden pour que celle-ci parvienne à déceler la tristesse et à insister ? Oui et non... Elle voulait être seule, c'était certain. Le moindre élève qui s'approcherait, elle le repousserait. C'était d'ailleurs ce qu'elle avait fait avec la jeune fille. Sauf qu'elle n'y avait pas été assez fort. Plus la force... Mais, si dès le départ, cela avait été un de ses proches qui l'avait interpellée, elle n'aurait même pas essayé de le chasser.

Enfin... Maintenant qu'elles étaient là, ce n'était peut-être pas la peine de continuer à rester immobiles sous la pluie battante, à s'offrir à la première maladie qui passerait... Pas vrai ? Sa cape noire bien resserrée autour d'elle pour qu'elle se réchauffe un peu, la jeune Anglaise se pencha pour ramasser son balai et sa batte et fit signe à Eden de la suivre. Elle revint sur ses pas et descendit les marches qui menaient vers les hauteurs des gradins. Au moins étaient-elles à l'abri de la pluie à présent... Mais ce n'était pas sur les escaliers au sec qu'elle voulait aller. Elle continua de descendre encore un peu et puis finalement, elle avança dans une sorte de mini-tunnel ou appelez cela comme vous voudrez, qui les mena jusqu'au vestiaire réservé aux joueurs. Elle poussa la porte et s'y engouffra. Douce chaleur... Elle alla poser son balai et sa batte sur un banc, avant d'y prendre place à son tour. Cheveux légèrement secoués, même s'ils restaient toujours autant trempés. Elle aurait vraiment dû prendre sa baguette... Elle croisa les bras et releva ses yeux clairs vers la jeune blonde. ~†~


" Alors... Depuis quand tu viens ici quand... tu as besoin de réfléchir ? "
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Eden Sanders
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MessageSujet: Re: ~†~ Mais si un jour on pouvait s'en aller... ~†~   ~†~ Mais si un jour on pouvait s'en aller... ~†~ EmptyMer 23 Avr 2008 - 22:24

Elles avaient l’air fines, toutes deux trempées comme des soupes, le mascara au niveau des maxillaires, les cheveux collés sur le front et les vêtements pégués au corps.
Classe.
Pas d’autres mots.
Eden secoua un peu la tête pour dégager son visage. Elle passa un rapide revers de manche sur ses joues et contempla les dégâts. Le maquillage par temps de pluie ?
A éviter vraiment… Surtout quand on avait la délicatesse d’un troupeau d’hippogriffes sauvages. Si au moins elle avait pris un mouchoir, elle aurait eu l’air un peu plus élégant. Tant pis.

Vague haussement d’épaule.

La petite irlandaise s’adossa à un casier et laissa tomber son manteau à terre. De toute façon il était trempé. Et puis l’atmosphère du vestiaire était plus chaude que l’extérieur. Réprimant un frisson, la demoiselle fixa son attention sur Charlotte. Les yeux clairs de la verte rencontrèrent les yeux gris.
Elle aurait du s’y attendre à cette question. Quand on lâchait un morceau il fallait s’attendre à ce que la part entière du gâteau suive.
Depuis quand venait-elle ici ?
Depuis sa première année. Depuis l’un des premiers jours. Quand elle avait paniqué en voyant à quel point être élevée par des moldus pouvait creuser un fossé important et à l’allure insurmontable. Les premiers jours ? Un mélange d’excitation, d’émerveillement, de hâte et de peur. Elle était arrivée, diamant à l’état brut, ignorant la plupart des us et coutumes sorciers. Ne connaissant rien à l’histoire du monde magique, aux épreuves traversées par ses semblables et aux pourquoi des comment. Tout à apprendre. Mais l’angoisse des premiers jours avaient vite était balayé par la force d’Eden. Son ambition, sa soif d’apprendre et son besoin de réussir avaient triomphé. Elle avait mis les bouchées doubles. Lu, appris, écouté, posé des questions ravalant fierté et gêne. Elle voulait tout savoir.
Mais le terrain était devenu dés le début son refuge. Ici elle pouvait être seule et laisser la petite faille de ses remparts prendre un peu le soleil sans craindre une attaque de masse.

Le coup le plus dur ? Quand elle avait réalisé qu’effectivement, il vivait, existait en parallèle à elle. Conscient de ce à côté de quoi il passait, ignorant délibérément son existence et se moquant de savoir ce qu’elle était devenue. Elle avait assisté à sa montée, sa réussite, résistant à l’envie de tout balayer par pur vengeance, uniquement retenu par la peur d’une justification, d’une explication à cette absence, et surtout, effrayé par la possibilité d’une excuse valable. Un rejet à nouveau, et elle aurait délibérément plongé dans le lac, une citrouille garnie de pierres attachée aux pieds.

Le terrain finalement, avait été terre d’accueil et ne l’avait jamais trahi. Avait-elle aujourd’hui démoli le refuge de Charlotte, balayant d’un coup de pied la sécurité qu’il représentait, en s’immisçant, telle une intruse dans la vie de la verte ?

Eden détourna les yeux vers le mur du fond. Il était plein de petits mots écrits par les élèves. Etrange. Un point commun avec les moldus. Les êtres humains semblent ne pas pouvoir résister à l’appel d’un mur vierge. Tombant dans le besoin d’écrire ce qu’ils ressentent ou pensent.
Des petits cœurs côtoyant les insultes. Des mots vengeurs à destination de professeur. Des poèmes parfois. Certains avaient de toute évidence un talent pour la prose, d’autres pour les rimes, et certains pour la décoration de mur de vestiaires.

*Et toi Eden, qu’écrirais-tu ?*


Charlotte attendait toujours sa réponse. A dire vrai, Eden ne savait réellement par quel bout la prendre. Ce qu’elle avait envie de dire dépassait et bien de loin, ce que sa raison lui accordait à révéler. Ne pas s’exposer. Et encore moins à un serpentard hostile au rouge. Pourtant l’accord de Charlotte pour faire parvenir sa cape avait été comme l’abaissement du masque. La trêve. La hausse du drapeau blanc. Le temps mort. Pas d’agressivité. Une immense tristesse et un regard qui signifiait une chose. Plus de force la Charlotte. Plus elle-même. Détruite ? Par quoi ? Qui ?
Mille questions se bousculaient dans l’esprit d’Eden. Elle finirait par les poser. Elle était comme ça. C’était donnant-donnant. Charlotte devait s’en douter.


- Depuis le début à vrai dire. Ma première année. Pour n’importe quoi, tout ce qui me touche. J’aime venir ici parce que la plupart du temps le terrain est désert. On peut épancher ce qu’on refoule devant les autres. J’aime bien la compagnie des gens, mais il y a vraiment des moments où on n’a pas assez de force pour porter son propre masque. Sauf que l’enlever devant les autres, c’est hors de question.


Eden marqua une pause et dévisagea Charlotte. Même trempée elle gardait une certaine prestance. Avec ses cheveux mouillés, son maquillage en vrac et ses fringues bonnes à essorées elle restait digne. Eden esquissa un pâle sourire. Elle, elle devait renvoyer une drôle d’image…

- Le problème c’est que certaines peines ne passent pas quand on ouvre les vannes. On a beau évacuer, si le poison est à la source, ça ne change rien.


*Tu devrais l’écrire sur le mur celle là ma grande… *


- Tu sais, parfois c’est plus facile de dire ce qui ne va pas à quelqu’un qui ne nous connaît pas et qu’on ne fréquente pas. C’est l’inconnu du train. Pas de jugement, pas de suite. Mais on se sent mieux d’avoir formulé la douleur.


Et c’est elle qui prononçait ces mots là ? Possédée ? Raisonnable enfin ? Par Merlin, il était clair que la pluie avait une forte influence sur le comportement des jeunes sorcières. Un peu interloquée par ses propres mots, Eden se laissa choir aux côtés de sa veste, respirant à plein poumon l’ambiance du vestiaire. Un jour elle viendrait se changer ici avant un match. Ce n’était plus qu’une question de temps. Elle jouerait au quidditch. La gamine rejeta sa tête en arrière et l’appuya contre le casier.

- Et toi, pourquoi tu étais là aujourd’hui ?

Retour de manivelle. Il fallait s’y attendre…
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Charlotte Leonhart
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MessageSujet: Re: ~†~ Mais si un jour on pouvait s'en aller... ~†~   ~†~ Mais si un jour on pouvait s'en aller... ~†~ EmptySam 3 Mai 2008 - 23:24

~†~ La chaleur qui régnait à l'intérieur de cette petite pièce confinée contrastait fortement avec le vent qui se déchaînait à l'extérieur et la pluie qui assaillait le château. Si elles n'avaient pas été aussi trempées et aussi peu présentables, il aurait même été impossible de deviner qu'une petite tempête sévissait à quelques mètres de ces murs rassurants. Vu la chaleur, il aurait même été plus logique de penser que le soleil inondait le terrain de sa clarté. Enfin... Nous ne sommes pas là pour faire un bulletin météorologique. Il faisait gris, il faisait froid, il pleuvait et il faisait du vent, dehors. Et pas dedans. Cependant, la jeune brune ne retira pas la cape où elle s'était nichée seulement quelques minutes plus tôt. Même si la température était plutôt douce dans les vestiaires, il n'en restait pas moins qu'elle était en débardeur et qu'elle avait passé de longues minutes sous la pluie glaciale. Alors, si elle voulait vraiment éviter d'être malade - ce qui allait être difficile -, autant garder une couche de vêtement supplémentaire.

A présent, bien emmitouflée dans sa cape qu'elle resserrait autour d'elle, la jeune anglaise observait la Gryffondor silencieusement, attendant qu'elle réponde à sa question. Elle avait lâché, alors qu'elles étaient encore sous le ciel noirâtre, qu'elle aimait à venir ici quand elle avait besoin de réfléchir. Sauf qu'elle avait hésité avant de terminer sa phrase. Ce qui signifiait, pour Charlotte, que ce n'était pas vraiment l'exacte réalité. Que réfléchir était une euphémisme, un mot qui en cachait un autre. La Serpentard entendait par là "souffrir". Venir sur le terrain quand elle souffrait. C'était exactement ce qu'elle faisait... Aussi avait-elle pensé qu'Eden, en n'appelant pas les choses par ce qu'elles étaient, l'avait prise avec des pincettes. Elle avait plutôt bien fait. Car, lasse ou non, Charlotte n'aurait certainement pas répondue à quelqu'un lui demandait pourquoi elle était venue pleurer sur le terrain de Quidditch. Au contraire, cela l'aurait braquée un peu plus encore.

La jeune Préfète était ainsi. Plus on tentait de l'approcher, moins elle était accessible. Mystérieuse. Un peu comme un fantôme... C'était au moment où l'on était tout proche, où l'on croyait l'attraper, qu'elle disparaissait en un souffle moqueur. Pas si facile que cela à saisir... Ce fut sur cette pensée plutôt amusante, mais tellement vraie, qu'Eden se décida à reprendre la parole et à lui répondre. Elle avait, pendant de longues minutes, observé la pièce de manière curieuse. Peut-être était-ce la première fois qu'elle pénétrait dans les vestiaires. Chose somme toute logique puisqu'ils étaient réservés aux joueurs. Or la jeune fille face à elle ne faisait pas partie de l'équipe de Quidditch de sa maison. Pas encore, du moins... Bref, elle se mit finalement à parler, afin de répondre à la question que la Verte lui avait posée.

Elle venait ici depuis sa première année lorsque quelque chose la touchait. Etrange que leurs chemins ne se soient croisés qu'aujourd'hui. Elle aimait venir ici parce que c'était vide. Ce n'était pas Charlotte qui dirait le contraire. Le masque était parfois trop lourd et impossible de le retirer devant les autres. Léger plissement des yeux de la septième année, à peine visible. Décidément, elles se ressemblaient vraiment plus qu'il n'y paraissait. Hormis le fait que lorsque la jeune Serpentard venait ici, ce n'était pas pour "réfléchir". Mais, bien au contraire, pour ne plus avoir à penser. Elle encaissait, encaissait, emmagasinait les reproches, douleurs, remarques... Tout ce que vous voulez. Mais elle encaissait tout ce qui pouvait lui faire mal, sans le montrer, jusqu'au jour où elle craquait. Seulement alors, elle s'emparait de sa batte et de son balai et venait sur l'immense terrain vide, afin de faire sortir tout ce qui l'avait rongée. Les expulser hors d'elle de même qu'elle envoyait bouler les cognards. Sûr que tout là-haut, dans les airs, il n'y avait jamais personne pour venir la déranger. Et elle était trop éloignée pour que l'on puisse voir son visage. L'endroit parfait, son exutoire...

D'ailleurs, si la cinquième année n'était pas arriver si peu de temps après qu'elle ait grimpé, c'était là-bas que la jeune femme aurait terminé : dans les airs, à poursuivre avec acharnement un cognard pour lequel elle n'aurait eu aucune pitié... Silence dans la pièce, et Charlotte se disait que maintenant, tout de suite, elle n'avait envie de frapper dans rien du tout. Eden brisa ce silence en parlant de poison. Puis quelque chose avec un train mais, les parents de Charlotte n'étant pas moldus, elle ne comprit pas la subtilité. Elle saisit juste le principal : la Gryffondor lui proposait de se confier à elle, puisqu'elle ne la reverrait probablement pas tous les jours. Elle confirma même son intuition en lui demandant ce qu'elle était venue faire ici aujourd'hui. Léger soupir avant de détourner légèrement le regard, le visage plus sombre et fermé.

Non, Charlotte ne se dévoilerait pas si facilement. Même si elle était fatiguée de se battre. Il n'était pas dans ses habitudes de se confier. Inconnus ou non. Elle préférait tout garder pour elle. De l'égoïsme ? Non. Juste qu'elle n'avait pas envie d'ennuyer les gens avec ses problèmes. Premièrement parce que cela ne les regardait pas, et ensuite parce qu'elle n'avait pas été élevée ainsi. Il n'était pas dans ses habitudes de se plaindre, et il fallait presque la pousser à bout pour qu'elle daigne se confier. Révéler ses sentiments. Sacha en avait fait les frais... Lorsqu'il était sorti d'Azkaban. Elle était restée silencieuse pendant longtemps, avant qu'il ne commence à la titiller pour qu'ils puissent enfin discuter. Discuter de ce que Redgrave et son bambin allaient changer dans leur vie. Sujet qui mettait particulièrement la jeune brune hors d'elle... Eden avait raison sur une chose au moins : On a beau évacuer, si le poison est à la source, ça ne change rien. Redgrave, Noah, ou peut-être les deux étaient un poison dévastateur qui faisait, chaque jour, devenir plus sombre le coeur de la jeune anglaise et l'envenimait d'une haine grandissante... ~†~


" Pour faire simple, disons que j'ai perdu une personne qui m'était chère... "

~†~ Et... ? Et rien d'autre. Donnant-donnant ? Non, pas chez elle. Elle n'avait jamais dit qu'elle révélerait quoi que ce soit à la jeune blonde. Rien promis non plus. Si Eden avait parlé, c'était parce qu'elle avait bien voulu le faire. Charlotte ne l'y avait pas obligée, ni même poussée. Elle, par contre, n'avait envie de rien dire. Il fallait croire que la chaleur de la pièce avait réussi à faire se reconstruire les protections de la forteresse qui avaient été affaiblies par le vent et la pluie... Son visage avait repris son impassibilité habituelle. Elle jugea alors qu'il était temps de rentrer. Elle se leva, gardant la cape sur elle, et observa Eden encore quelques secondes avec ce regard triste qu'elle n'avait pas réussi à cacher. " Je te serai reconnaissante de ne pas crier sur tous les toits ce que tu as vu aujourd'hui. Même si, au fond... Je m'en moque. Encore merci, pour ma cape... " furent ses derniers mots. Faible sourire presque invisible avant de sortir des vestiaires sans se retourner. Elle descendrait quelques marches puis, lorsqu'elle serait sûre d'être seule, elle sortirait un parchemin de sa poche. Elle le lirait, un doux sourire sur les lèvres, avant de le plier en quatre, de le saupoudrer de Graines de Krystale, puis de le poser contre son coeur en murmurant " Sachanichon ", surnom qui aurait pour effet de la faire sourire. Une seconde plus tard, un "plop" se ferait entendre et elle irait directement se câliner dans les bras du seul être qu'elle avait réellement envie de voir. Nouveau "plop" puis ils se retrouveraient dans leur pièce. C'était ce qu'il lui fallait. Son cadeau de Noël. Deux jours rien qu'avec lui à ne pas penser, à dire des bêtises et à.... Chut, laissons les tranquilles... ~†~
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MessageSujet: Re: ~†~ Mais si un jour on pouvait s'en aller... ~†~   ~†~ Mais si un jour on pouvait s'en aller... ~†~ EmptyLun 5 Mai 2008 - 19:23

Charlotte se taisait, Eden sentait bien qu’elle ne dirait rien.
Elle aurait certainement fait de même.
Il y est des silences qui pèsent plus lourd que les larmes.
Des silences qui crient plus fort que les mots.
Des silences qui dérangent et que pourtant, on comprend et on accepte.

La peine et la douleur s’expriment à leur façon. Parfois déchirante et incontrôlable, parfois muette et destructrice.
La douleur de Charlotte était sourde, et semblait venir de loin. Telle une onde qui partait du plus profond de son âme et tentait en vain de ne pas s’échapper de l’enveloppe de la jeune femme. Quelque chose la rongeait à la racine et semblait vouloir sa peau.

Eden ne pouvait détacher ses yeux de la jeune femme qui lui faisait face.
Contenue, épuisée, elle possédait malgré tout la volonté de fer qu’on ceux qui n’acceptent l’aide des autres. Même lorsque se battre est devenu impossible, ils puisent dans des réserves improbables qui leur permettent d’avancer sans vous. De vous laisser là, pantois, votre main tendue en vain. Ils repartent avec leur fierté et leur douleur.
Mais vous avoir montré qu’ils peuvent la porter sans vous parait leur avoir redonné la force de déplacer leur fardeau un peu plus loin. Jusqu’où ? Nul ne le sait. Jusqu’à ne plus souffrir…c’est sur… D’une façon ou d’une autre.

Si Charlotte s’était étendue sur le sujet, les deux jeunes femmes se seraient peut être reconnues.

Perdre ceux qu’on aime vous marque à jamais. Tatouage au fer rouge à même le cœur. Si les pensées s’éloigne la douleur elle, ne cesse jamais. Elle se terre au fond même de votre âme, guettant le moment où vous serez le plus vulnérable pour surgir à nouveau et vous frapper encore. Parfois insurmontable, parfois porteuse d’une force qui vous guide, elle ne laisse personne identique à ce qu’il était auparavant.

Animée de cette force intérieure qu’on les gens qui souffrent et qui semblent en prendre l’habitude, Charlotte ne s’étendit pas sur le sujet. Avec la dignité qui accompagne souvent la souffrance et que chacun admire, ses dernières paroles furent vouées à préserver sa fierté.

Orgueil, fierté, dignité, force…

Tant de mot qui font obstacles à bien des rencontres et bien des confidences.

Si Charlotte avait parlé, elles auraient certainement réalisé et accepté leur ressemblance. Mais Charlotte ne prononça rien de plus qu’un aveu sur la perte d’un proche, cher, et d’une mise en garde sur les éventuelles fuites que pourrait laisser courir la Gryffondor.

Et puis elle à sourit… faiblement…imperceptiblement…mais elle l’a fait.

Eden ne répondit pas. Pas besoin. Elle ne dirait rien bien sur. Que pourrait-elle dire ?

Ce jour là, j’ai vu pleurer Charlotte Leonhart ?


Elle ne dira rien. Eden vient de réaliser que la souffrance n’est pas sienne.
Pas toujours.
Les autres aussi souffrent et lui ressemblent.



FIN
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