Jeu de rôle basé sur les règles inventées par J.K. Rowling dans l'univers de Harry Potter.
 
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 Errance

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Eleanor Moon
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MessageSujet: Errance   Errance EmptyLun 15 Oct 2007 - 0:30

Nuit.

Obscurité, silence.

Immobilité. Solitude.

Néant.


Un monde uniforme, aux monotones nuances de gris, tirant infiniment plus vers le noir que le blanc. Les ténèbres environnantes ne faisaient qu'accentuer celles de son cœur, de son âme. Deux choses qu'elle ne possédait pas, disait-on.

Une autre nuit, un autre couloir. Ce soir comme tous les autres soirs, l'ombre de Serpentard arpentait sans bruit aucun les corridors déserts du château endormi. Pas même un fantôme sur son chemin. Pas un professeur, pas un élève ; ni surveillant ni fugueur. Ils étaient nombreux pourtant à fréquemment tenter de contourner la vigilance professorale. Elle, plus que quiconque, se moquait bien d'outrepasser la règle du couvre-feu. Il lui arrivait de croiser la route de quelques échappés, mais pour d'infimes secondes, jamais plus.

Cette distance, même créée dans ce contexte particulier d'une infraction partagée au règlement scolaire, ne la dérangeait pas. Elle y était habituée. Et, cette année plus que jamais, cela la tranquillisait. En quelque sorte. Mais pas tout à fait.

Personne, jamais, ne pourrait remarquer une telle chose en Eleanor Moon, corps privé d'ême et, peut-être, de conscience. Mais le changement était là, infime, subtil. Présent et invisible. Tout autant qu'elle-même. Une once de méfiance, une vague lueur de frayeur. Son regard s'était paré des couleurs de la peur, ses gestes de la saveur du frisson. Sous le masque inébranlable du visage de porcelaine immaculée, la jeune Serpentard semblait, pour la première fois de sa vie, dissimuler autre chose que le vide abyssal qu'on lui prêtait volontier.

Mais qui, pour le savoir ? Qui le voudrait, qui le pourrait ? Personne ; et cela même était parfait. Il ne fallait pas que cela se voie. Que cela se sache. A aucun prix. C'était son secret, son terrible secret., celui qui consumerait le peu d'humanité qu'elle possédait derrière sa carapace.

Entre les murs froids et humides des couloirs cent fois traversés, ses pas se faisaient plus lents, plus hésitants. Comme si elle ignorait où se rendre, comme si elle redoutait la moindre rencontre. Néfaste. Elles le seraient toutes. Ne croiser personne, pour conserver son inavouable secret. Pour s'effacer plus encore du monde, et peut-être disparaître, enfin.

Un crissement, en ce lieu qui regorgeait des grincements de vieille maison. La jeune fille sursauté. Légèrement, indistinctement, comme par un bref hoquet tout juste perceptible. Les muscles, le corps entier tendu, elle tourna lentement la tête en direction du bruit. Craquement de bâtiment ancien ? Quelqu'un ?

Elle redoutait tout ce qu'elle pourrait découvrir, néant comme présence, et sentait son cœur absent battre si fort que la douleur lui en semblait à nulle autre pareille. Se répercutant sans fin dans chaque parcelle de son être. C'était son corps tout entier qui pulsait sous l'appréhension.
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MessageSujet: Re: Errance   Errance EmptyJeu 18 Oct 2007 - 11:04

HRP: désolé je vais être bien plus terre à terre que toi dans mon écriture. J'espère que ça ne te dérangera pas.

Il y a trois fois rien de foutage de tronche quand je quitte la salle commune malgré le troisième avertissement de miss Joketier, notre directrice de maison. Déjà, au premier qu'elle nous lançait, nous avions décidé de nous en moquer, de prendre notre mal en patience, en attendant qu'elle retourne se coucher.

Nous avions attendu dans l'obscurité de nos dortoirs jusqu'à la tentative suivante. A chaque fois, je dis "nous" car au début nous partîmes cinq, et par un prompt renfort de lâcheté, nous nous vîmes seulement un en arrivant à bon port. Le "un" c'est moi.

Lors de la deuxième tentative nous perdîmes deux valeureux Serdaigle de 6ème année. Coincés dans les bras cajoleurs de Morphée. Un traître ce Morphée.
Et le professeur qui n'avait pas été dupe de la docilité avec laquelle nous étions retournés au lit, nous attendait de pied ferme derrière la porte de la salle commune, les bras croisés sur la poitrine et un oeil incrédule au-dessus duquel s'arquait un sourcil glorieux qui nous mit deux claques à chacun. Nous avons juste fait demi tour en lui souriant bêtement. Pas la peine de s'expliquer des heures: pris en flag.

A la dernière tentative, je perdai mon pote de 7ème année qui prétexta qu'il avait trop de responsabilités dans l'école pour se retrouver collé pour une histoire de musique. J'allais pas me mettre à genou pour le prier de m'accompagner.
Après lui et la dernière semonce de notre directrice, le dernier bravache, un 4ème année, me complimenta sur mon entêtement, me tapota deux fois sur l'épaule avant de retourner se coucher.


Super sympa les potes!

Je me suis relevé de mon baldaquin trente minutes plus tard. J'ai pris ma guitare et trois partoches que j'ai cachées sous ma sombre robe de sorcier pour qu'elles ne prennent et ne renvoient pas trop des lueurs de la nuit.
J'ai inspecté la salle commune, vérifié par sortilège interposé qu'aucune formule anticatimini n'allait sonner l'alarme, ouvert mes oreilles grandes comme celles de Dumbo pour avaler le moindre son troublant... du silence partout autour de moi.
J'ai passé la porte et commencé à courir dans les couloirs pour m'éloigner le plus vite possible.


"O combien d'actions, combien d'exploits célèbres Sont demeurés sans gloire au milieu des ténèbres."

D'instinct, j'ai ralenti au carrefour d'un corridor qui se jetait vers d'autres chemins plus larges.

Et c'est en avançant doucement, que je vois la silhouette élancée d'une élève.
Je m'imagine une solidarité nocturne, une sorte de congrégation improvisée des élèves qui ne dorment pas la nuit et qui se retrouvent comme par hasard d'une maison à l'autre dans les couloirs de l'école.
Deux, c'est mieux qu'un. J'étais parti pour être cinq. Deux, c'est mieux que cinq aussi.
De l'endroit où je suis derrière ce coin de mur, je fais un large signe de la main dans l'obscurité. Un mouvement qui puisse lui indiquer par où regarder.


Pssst! Miss... n'aie pas peur. J'suis élève... lui dis-je en chuchotant sur le souffle, la main toujours tendue vers elle. Tu viens?

Qu'est-ce qu'elles sont nulles les phrases qu'on se dit quand on se croit en danger. Mais quand je les dis, je ne fais pas attention à ça car la seule chose que je voudrais c'est qu'elle traverse le couloir pour me rejoindre.
La situation m'amuse. En tout cas, tant que je n'ai pas vu le visage lugubre de la jeune échappée.


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MessageSujet: Re: Errance   Errance EmptyJeu 18 Oct 2007 - 16:35

[HJ : au contraire, c'est parfait. Je n'attendais pas un érudit de la plume et ton post m'a beaucoup plu]



L'instant. L'attente. Fièvre et appréhension. Le crissement fut bien vite suivi d'autres choses. Mouvement obscur dans l'obscurité, son silencieux dans le silence. Une présence indistincte ; mais indéniable. La douleur s'intensifia. La peur... monta. Elle n'était pas seule. Il y avait quelqu'un. Là. Dans ce couloir sombre. Quelqu'un. Qui pouvait la voir. Elle. Dans le noir.

Elève, professeur ? Quelqu'un d'autre ou... autre chose ?

N'aie pas peur ?

La Serpentard hésita. Légèrement. Un vague tressaillement dans ses gestes. Elle s'arrêta, observa. Aussi attentivement que possible. Les contours se détachaient faiblement dans l'obscurité, révélant une silhouette méconnaissable. Celle d'un élève, dont elle ne parvenait à distinguer le visage.

Elle s'approcha, lentement. Ses pieds semblaient glisser sur le sol pavé, sa robe noire à peine frôler le sol, dans un doux bruissement. Pas un bruit ne s'échappait de son mouvement. Elle n'était qu'ombre, ombre et respiration. Un souffle lent, profond, tout juste garant de la vie qui habitait ce corps indolent ; unique preuve peut-être que ce n'était pas une simple marionnette suspendue au bout d'invisibles fils.

Le rejoindre ? Ne pas le rejoindre ? Son corps semblait avoir décidé pour elle ce que sa raison refusait. Elle avait loué la solitude, elle s'y complaisait, y noyant ce qui effrayait - effraierait - les autres. Y dissimulant sa nature et ses actes. La moindre incursion dans ce domaine de ténèbres piquetées de secrets avait des allures de marche irréfléchie en terre hostile. Une intrusion malséante et douloureuse.

Cet individu, vers lequel ses pas la conduisaient, n'était rien d'autre qu'un soldat inconscient de l'être, survenu volontairement dans un univers dont il ignorait tous les dangers.

Mais c'était cette insouciance qui, irrésistiblement, l'avait attirée.

Comment un être humain pouvait-il l'appeler avec tant de naturel ? Ne pas se tenir à l'écart, ou feindre l'indifférence ? Il l'avait remarquée, lui avait demander d'approcher. Un court instant, une fraction de seconde peut-être, elle eut la fugace sensation d'être une élève comme une autre. Une échappée de la nuit venue trouver le frisson de l'aventure au sein du château endormi. Une jeune fille...

La sensation avait disparu. Là, devant elle, se tenait dans l'ombre la silhouette élancée d'un Serdaigle de Septième année. Son nom ne lui revient pas en mémoire ; elle se souvenait l'avoir vu à la table des Bleus. La lumière était faible, très faible, mais ses yeux argentés brillaient comme deux lunes dans la nuit. Parfois, dans ses accès de mépris, Natacha déclarait qu'Eleanor avait les yeux d'un chat - d'un chat anormal. Elle voyait sensiblement mieux dans le noir qu'un humain. Très peu, mais cela suffisait à attiser l'agacement de sa tante. Petite, elle avait appris à dissimuler ce fait.

Un pas. Un autre encore. Elle s'immobilisa, à un mètre du garçon. Attendit. En silence. S'avancer moins, ce serait montrer une peur qu'elle n'était pas censée connaître. S'avancer plus, c'était lui donner les moyens d'envahir son espace, d'y découvrir peut-être ce qu'elle voulait tant cacher. Alors, debout devant lui, les yeux rivés sur ses lèvres pour ne pas croiser son regard, retenant les frissons qui la parcouraient toute entière, elle attendait.
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MessageSujet: Re: Errance   Errance EmptyJeu 18 Oct 2007 - 19:09

Elle reste drôlement calme, cette fille.
Presque absente, alors que pourtant je la vois, là, devant moi, immobile. Elle ne dit rien mais moi je lui souris. Je ne lui souris pas parce que je ne sais pas quoi faire d'autre, je lui souris parce que je suis un garçon souriant. Rien d'autre.
On va pas s'appesantir des années sur un sourire, bien qu'en y repensant, à l'analyser ce sourire, il aurait valu des années de psychanalyse.

Je me recule un peu contre le mur en serrant contre moi le gros objet en bois dissimulé sous la cape. Ma guitare muette.
Je mate un instant vers le couloir pour voir si le chemin est libre - il l'est - puis je baisse la tête vers la fille marionnette.


Tu sembles complètement out, lui dis-je tout bas en constatant son masque neutre. Vous voyez les masques des comédies italiennes au théâtre? Les blancs qui font peur? Elle a ce visage, cette fille. Elle fait froid dans le dos derrière la pâleur de ses traits. Mais on va dire qu'à moi, il me faut un peu plus qu'une cinquième année tristounette pour m'empêcher d'aller pousser la chansonnette au clair de lune.

Je me vois mal entamer un échange: "qu'est-ce que tu fais, moi je sèche le dodo et toi?" "Bah pareil." "Cool." "On s'en va?" "Ouais." "Cool."
Je vais lui économiser des explications, je vais m'économiser des justifications inutiles.


Tu m'accompagnes vers la salle de musique? C'est une invitation. Ca sonne tout comme, alors que je ne sais même pas ce qu'elle fait là ni ce qu'elle veut. De toute manière, elle peut toujours dire non... je pense que c'est une grande fille, hein.

Je cherche pas à savoir comment elle s'appelle.
Je cherche pas à connaître la raison qui l'a fait errer le soir. Il y a des choses qu'on finit par deviner ou par apprendre juste en attendant un peu.

Et quelque chose me dit que cette fille a besoin de moi. Je sais pas pourquoi, je saurais jamais expliquer. C'est une vibration à peine audible dans le souffle qu'elle expire, c'est sa pupille grise qui imite la lune, c'est les trois notes de musique d'un hululement, c'est un soldat sans armée qui ne sait pas pour quelle bataille il doit aller combattre... mais qui y va.


... parce que t'as l'air d'avoir besoin de musique, toi. T'es palôte.


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MessageSujet: Re: Errance   Errance EmptySam 20 Oct 2007 - 13:30

Un sourire. Il lui avait adressé un sourire. Franc, direct. Le genre de sourire qu'elle voyait parfois s'estomper sur son passage. Le sourire de celui qui ne sait faire que cela. Sourire.

Mais la philosophie du sourire lui était étrangère, et ne lui inspirait en cet instant qu'une unique question : pourquoi ? Comme un enfant qui constamment cherche à tout comprendre, elle n'avait jamais que cette question en tête. Pourquoi ?

Il se renfonça légèrement dans l'obscurité. Comprenant peut-être enfin l'erreur qu'il venait de commettre ; regrettant soudain son excès de familiarité pour cele qui n'était, après tout, qu'un fantôme de chair et de sang.

Non. Il n'en était rien. Loin de reculer face à l'adversaire, le soldat lançait une nouvelle salve à l'assaut de la barricade de fer.


¤ Out ? ¤ répéta-t-elle, d'une voix que l'on aurait pu qualifier de perplexe.

On lui avait attribué nombre d'adjectifs, plus dévalorisants, plus méprisants les uns que les autres, au cours de sa scolarité. Mais ce terme, jamais encore elle ne l'avait entendu. Il devait être dépréciatif - il ne pouvait que l'être - mais le ton employé démentait toute méchanceté. Curieux mélange.

Plus loin encore. Plus audacieux. Plus inconscient. Là où nombreux auraient été les déserteurs, il déclenchait de lui-même la première phase du conflit. Engageait la première bataille. Courage, folie ? Les deux, peut-être ? Ou curiosité ? Tout à la fois, et rien de tout cela, sans doute. Il n'y avait rien. Dans ses paroles, sa voix. Dans ses gestes.

Rien de menaçant.

Elle n'oubliait pas ses peurs. Elle n'oubliait pas sa méfiance. L'inconnu n'endormait qu'une surface depuis longtemps apalanie sous le vent. Ne se doutant aucunement du démon qu'elle dissimulait, qui attendait son heure, patiemment.

Il avait tout son temps.

Il y avait là, dans ce couloir obscur, l'esquisse d'un tableau fantastique, horrifique. L'ébauche d'un conte de fées dont la fin recelait les prémisses possibles d'une tragédie. L'innocence face à la bête aux traits d'ange. A la pâleur enviée par la lune elle-même.

Mais, derrière tout cela, Eleanor pressentait autre chose. Peu habituée aux égards, aux attentions, au simple intérêt, elle ne pouvait comprendre les intentions du jeune homme. Mais peut-être est-ce cela qui la décida. Fit jaillir de ses lèvres la voix douce, éthérée.


¤ Je te suis. ¤
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MessageSujet: Re: Errance   Errance EmptySam 20 Oct 2007 - 14:48

Elle me suit? Ok, elle me suit.
Nous nous mettons en route, j'essaye de caler mes pas sur les siens pour ne pas la forcer à faire de trop grandes enjambées. Est-ce que les filles savent que les garçons font souvent ce genre de choses sans le leur dire? Non, elles ne savent pas sinon elles arrêteraient de nous reprocher les choses moins subtiles comme notre paresse, notre manque d'enthousiasme à aller voir Love Actually au cinéma, la tronche qu'on fait quand elle nous balancent des choses qui ont l'air vachement importantes pour elles mais que nous, on comprend pas.

On fait des tas de choses pour se caler sur leurs pas, leurs tourments, leurs faiblesses, leurs maladresses, leur égoïsme. Et on dit rien, on laisse faire parce qu'on n'est pas dupe qu'elles se servent parfois un peu de nous. Mais quelles qu'elles soient, ces filles, du moment qu'on sait que ça les apaise, alors on le fait quand même.

C'est un peu moi dans ce couloir en ce moment.
La fille reste passive mais dans le fond, je sais que ça mouline sec dans sa caboche. Elle me laisse mener notre barque sur les rives nocturnes du Poudlard By Night. Peut-être que si nous nous faisons pincer, elle pensera que c'est de ma faute. Je ne la contredirai pas, je continuerai à faire comme à présent: lui sourire sans lui dire ce qui me fait sourire.
Tout me fait sourire, même s'il n'y a rien de comique.

Voilà trois couloirs qui passent et des tableaux qui s'insurgent faiblement en murmurant que, décidément, les mômes de cette école savent pas rester dans leurs pieux.
Ils disent pas "pieux", les tableaux, ils disent "dortoirs". Moi, je dis "pieux" car je parle mal. Je suis irlandais. Je dis pas que les irlandais parlent mal. Les irlandais parlent bien mieux que les gars de la banlieue de Londres... il faut s'accrocher pour comprendre un londonien de West London, mais je suis un gars du Nord de Londres avec un accent irlandais très prononcé et un langage souvent fleuri voire campagnard. A vrai dire, je m'en fiche pas mal, du moment qu'on me comprend.
Alors les tableaux ne disent pas "pieux", ils disent "dortoirs" et moi, je leur murmure d'aller voir au Louvre si j'y suis. Ils comprennent pas la blague. Ca nous empêche pas de poursuivre et d'arriver devant l'entrée de la salle de musique.

J'ouvre la porte, je passe la tête pour voir si c'est sans danger, sans fantôme et parfaitement inoccupé. Je constate que c'est exactement ça: sans danger, sans fantôme et parfaitement inoccupé. Alors, je me recule un brin, je la laisse passer devant en lui disant:


C'est sans danger, sans fantôme et parfaitement inoccupé.

On entre.

Sans trop m'en occuper, je m'en vais dans un coin de la pièce pour délivrer ma pauvre guitare qui fait la même tête que la fille de la lune.
Elle étouffe vite ma guitare si je la laisse pas respirer.
Je la pose sur une grande table de la salle de musique pendant que je vais allumer une unique bougie.


Tiens, regarde comme c'est joli cette pièce à peine éclairé... que je lui dis tranquillement avant de me tourner vers elle ... et tu as soudain l'air moins blême.

Peut-être qu'elle va être vexée... il faudrait pas, c'est pas méchant ce que je dis, et puis avec le ton que j'emploie, elle pourrait jamais penser que c'est méchant.

Approche... lui dis-je sans manière, assied-toi.

J'ai tiré une chaise pour elle mais si elle veut rester debout, elle restera debout.

♠ Tiens, je ne lui ai toujours pas demandé son prénom. ♠

Je le ferai plus tard, quand ça me manquera.

Chantonne-moi un air, n'importe lequel, qui te plaît, qui est inventé ou connu... n'importe.


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MessageSujet: Re: Errance   Errance EmptyDim 21 Oct 2007 - 20:32

Elle suivit. En silence. De son pas aérien, silencieux, elle avançait dans le sillon invisible tracé par le jeune homme. Elle s'étonna, un court instant, de la facilité avec laquelle il restait à sa hauteur, quand tous, toujours, marchaient si vite qu'elle ne pouvait que les suivre des yeux. Il faisait un effort, elle le sentait. Pour s'adapter à son rythme, pour accepter sa présence, l'entraîner dans son sillage. Il était... différent. Très différent de tout ce qu'elle avait toujours connu. Quelque part...

Elle entendait les tableaux siffler, murmurer sur leur passage. Elle comprenait leurs dures paroles ; derrière les remontrances face à des élèves dérogeant au règlement, elle percevait les inhabituelles critiques que les personnages avaient jusque-là gardés dans le secret de leur peinture. Le mépris qu'elle leur inspirait. Ils lui dévoilaient enfin leur propre vérité - si peu différente de celle des autres, des Humains.

Mais lui, devant elle, ne semblait pas s'en émouvoir. Tout juste s'il leur répondit quelque chose dont elle ne comprit pas le sens. Les tableaux grognèrent, puis se turent. Eleanor baissa la tête, légèrement, se rapprocha de lui, sensiblement.

Ils traversèrent quelques couloirs encore, avant d'arriver à destination. L'élève ouvbrit la porte, vérifia attentivement l'intérieur, tout juste éclairé par sa baguette. Se retourna, sourit encore, émit quelques paroles qui se voulaient rassurantes. Sans doute l'auraient-elles été, face à une autre personne ; Eleanor se contenta d'écouter, sans réagir. Elle n'avait aucun besoin d'être rassurée.

Elle pénétra dans la pièce, songeant à ses paroles. Sans fantôme ? Mot après mot, geste après geste, il prouvait qu'il n'avait auncune idée de l'identité de sa partenaire de fuite nocturne. Son naturel avait quelque chose de désarmant, même pour l'insondable poupée argentée. Quelque part...

Il alluma une bougie, une seule. S'émerveilla de la beauté de la pièce ainsi plongée dans la pénombre, et de la pâleur moins prononcée de son teint. A ces mots, elle porta une main diaphane à sa joue, l'effleurant comme si le changement pouvait se sentir au toucher. Sa peau n'avait pourtant pas changé. Toujours si lisse, si froide... comme de la porcelaine. Etait-elle... plus jolie, ainsi ? La voyait-il... autrement ? Il semblait voir en elle autre chose ; quelque chose que lui seul semblait à même de remarquer.

Il tira une chaise, l'invita à s'y asseoir. Elle sembla hésiter, une infime seconde, s'approcha lentement de la chaise. Mais fit demi-tour, préférant se fondre dans l'obscurité d'un coin de la salle que la bougie peinait à atteindre. Fuir la lumière, pour fuir la réalité, peut-être. Elle s'était laissée entraîner dans un événement dont elle ne contrôlerait aucun aspect. Qui pourrait même causer sa perte... Mais elle n'avait pas envie de partir. Elle voulait rester, elle voulait voir. Voir ce qui allait se produire.

Sa voix ne tarda pas à se faire entendre de nouveau dans la semi-obscurité. En une demande singulière. Perplexe, Eleanor pencha la tête sur le côté. Un peu. Un geste tout juste perceptible. Une chanson ? Elle n'en connaissait pas. N'avait à dire vrai jamais chanté de sa vie. N'y avait jamais songé. Elle ne savait si elle devait essayer, ou refuser d'un silence. Ce garçon l'intriguait plus qu'elle ne l'aurait cru possible. Quelque part...

Il était comme un souffle nouveau dans une vie monotone, faite d'errances et de silences.

Elle sentait qu'elle ne pouvait rien lui refuser. A lui. En cette étrange soirée. Alors, presque malgré elle, sa voix délicate, irréelle, s'éleva dans la nuit tel un souffle divin, une lyre angélique. De simples notes de musique. Dans l'immobilité feutrée de la salle de musique.
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MessageSujet: Re: Errance   Errance EmptyLun 22 Oct 2007 - 0:19

Il y a un peu de silence après ma demande.
Je m'en fais pas, je laisse faire. La fille et moi avons un rythme très différent et je m'applique comme je peux à l'assimiler sans pour autant trahir le mien. C'est comme ça que ça fonctionne le monde, non? On fait puis on écoute les répercussions de nos actes jetés dans l'infini. Des fois, l'écho nous répond, des fois pas. Et après? Après, on s'adapte, on répond à nouveau, on échange des milliers d'informations invisibles, et c'est ainsi de suite jusqu'à l'infini ou jusqu'à en avoir marre de faire cet effort. Je veux dire, faire cet effort d'écouter et de se montrer disponible à tout ce qui peut se passer.
Moi j'aime trop les gens pour arrêter de faire l'effort de les comprendre.

Faut qu'elle intègre ma demande, faut qu'elle oublie que chanter n'est pas quelque chose de naturel. C'est un don, un cadeau... je le lui ai demandé, je lui ai demandé ce cadeau parce que pour moi, c'est ce dont elle a besoin, cette fille.


♠ De donner. ♠

Parce qu'on croit toujours que c'est de recevoir qui fait plaisir. Bah, moi je pense que c'est faux. Ca fait plaisir d'avoir la possibilité de donner. Donner un cadeau, donner de l'attention, donner un sourire... donner sa voix... donner du crédit à quelqu'un...

Je sais bien que c'est prétentieux ce que j'en pense et que c'est pas grand-chose finalement.
Mais c'est comme ça que je le vois. La fille de la lune, elle a pas dû beaucoup donner... et quand on donne pas, on reçoit peu.

Je pense mais je pense en faisant des choses, quand même. C'est juste que je peux pas écrire que je pense et écrire que je fais, tout en même temps! Là, par exemple, je pensais tout en retournant vers ma gratte sur laquelle j'ai pris le temps de passer ma main, comme une caresse. Il faut qu'elle me donne du bon son, alors je la choie.

Je me suis assis sur la chaise esseulée, j'ai maté la fille vite fait parce qu'elle est retournée dans le noir après un moment d'hésitation, ça m'a arraché un très léger sourire qu'elle a pas pu voir.
J'ai posé ma guitare sur ma cuisse, en me penchant doucement au-dessus d'elle, j'ai accordé la demoiselle de bois pour qu'elle me crache pas n'importe quoi... et là, y'a un truc qui se passe.

La fille de la lune chante.

La voix vient pleuvoir ses décibels légers au milieu de cette pièce dépouillée.
Je suis comme dans un cube à l'acoustique idéale. Elle grise le silence, lui enroule sa mélodie autour du cou et le broie avec grâce comme une croche inutile à la fin d'une portée, elle l'écarte avec une facilité démentielle mais le séduit en lui faisant encore de la place dans quelques soupirs...

Je savais qu'elle me donnerait quelque chose de céleste.
Je savais et en même temps je m'y attendais pas.... pas à ce point, en fait.

Il y a un bref instant... il ne se passe plus rien, des choses restent suspendues, je crois qu'il faut que j'arrête de scotcher. Je me bouge.

Maintenant, c'est à mon tour d'être à la hauteur. J'effleure les cordes, une première fois.
Un accord fluide pour soutenir sa voix qui revient, des notes qui vont enlacer sa mélodie d'argent qui s'infiltre dans tout ce qu'elle trouve sur son chemin. Deuxième accord et les suivants, c'est comme nos pas: on s'ajuste, on s'écoute et l'improvisation s'élance dans l'inconnu pour devenir un lied languide et harmonieux. Du coup, une chanson naît sans qu'on s'en rende vraiment compte. Ca a l'air facile, je la laisse faire, quand elle le sent, quand je le sens, elle ajoute sa voix et je mouline des sonorités plus soulignées et plus rythmées mais en parfaite harmonie avec la voix. Elle cède au vide des syllabes qui construisent les strophes chimériques d'une musique qui se fait d'elle-même.




Spoiler:
 

Et j'aime bien ce moment qu'on vit là.
Ils ont bien fait les copains de pas venir.



HRP: ♠ Terra Naomi: "Say it's possible", le clip aussi est très sympa: http://www.terra-naomi.fr/video/video.htm


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MessageSujet: Re: Errance   Errance EmptyMar 23 Oct 2007 - 22:11

Sa voix s'élevait dans le silence, solitaire, perceptible. Ici, nul refuge sonore ne viendrait couvrir ce son si doux de son bruit incessant. Ici, le fracas de la vie n'avait aucune prise sur les notes qui s'écoulaient, s'envolaient, dans la grâce de fines gouttelettes de pluie. Il n'y avait rien pour la dissimuler. Pour la première fois, peut-être, depuis sa venue au monde, sa voix se dévoilait, seule, entière, sans artifice. Dans toute sa beauté.

Un son parasite perturba son chant. Sa voix se brisa telle une vague sur le roc, tandis qu'elle observait le jeune homme, penché sur son instrument. Nouvel accord. Lentement, le regard fixé sur ces doigts qui créaient avec habileté d'utres sonorités, elle reprit un semblant de mélodie, dans un murmure pareil au vent faisant bruisser les feuilles des arbres.

Une tentative. Une approche, hésitante. Quelques accords, quelques notes, pour apprivoiser l'autre, appréhender sa musique. Avec douceur, avec harmonie, les sons se trouvaient, dansaient un instant, fusionnaient dans un éclat mélodieux. Les vibrations naissaient de la gorge et des cordes, formant d'indomptables filaments invisibles qui jouaient en s'éloignant. L'air s'emplissait des échos multicolores de notes cristallines et profondes. Musicalité d'une complicité inattendue, mais parfaite pourtant.

Sensation étrange, tandis que sa voix montait, encore, encore... Un éternel murmure qui, pour quelques minutes, enflait telle une tempête sur la mer, plus, toujours plus. Prouver son existence, peut-être, la réalité de cette force insoupçonnée, d'une voix trop souvent retenue, derrière une brume de silence. Elle se laissait entraîner en une pluie de notes, égrennant les milles frissons qui se propageaient dans son corps. Vibrations déroutantes qui la faisaient frémir tout entière.

Les paroles vinrent d'elles-mêmes, enfants d'un instinct dont elle ignorait l'origine. Les mots se suivirent, se lièrent, cherchèrent leur écho dans la voix accordée de l'instrument de bois. Y trouvèrent leur pendant, s'y accrochèrent, et se perdirent ensemble dans le ressac hasardeux de deux mémoires étrangères.


¤ I see the lights are turning
And I look outside the stars are burning
Through this changing time
¤


Cette entente, cette paix, avaient un goût d'interdit. Un fruit défendu auquel elle aurait touché par mégarde... et dont elle refuserait de s'éloigner. Le mal était fait. La communion, même éphémère, était née. Péché, erreur, méprise ? Elle n'existait plus que dans cette musique. Oubliait le reste. Peur, doute, remords. Culpabilité. Tout disparaissait, emporté dans cette marée nouvelle, dévastatrice, tourbillon coloré de do et de si, passant par de timides la et de farouches sol. Quelques mots pour une perfcetion. Un met exquis offert aux sens.

¤ And truth is such a funny thing
With all these people
Keep on telling me
They know what's best
And what to be frightened of
And all the rest are wrong
They know nothing about us
¤


Le rythme s'intensifiait. Trop, trop vite... Mais la voix suivait, toujours, avide d'équilibre, d'harmonie. Elle perdait ses propres epères, créant dans ce délicieux chaos d'éphémères remplaçants, le temps d'une nuit. Ne pas briser l'entente, rester en accord. Trouver les mots, les offrir au temps, et à celui qui, seul, les écoutait, les percevait. Les recevait. Leur donnait cette nouvelle saveur. Les comprenait-elle, ces mots ? Comprenait-elle l'étonnante confession qu'elle livrait à l'inconnu ? Cela n'importait plus.

¤ This could be something beautiful
Combine our love into something wonderful
But times are tough I know
And the pull of what we can't give up takes hold
¤


Elle laissa enfin sa voix mourir, après d'impossibles modulations, passant sans effort du murmure à l'éclat, du grave à l'aigu. Le silence étouffa son dernier souffle, simplement, en douceur. Elle l'écouta, avec attention. Jamais encore il ne lui avait paru si beau. Sans bruit pour s'en faire contraste, le silence n'était rien. Sans lumière pour aveugler le regard, l'obscurité perdait tout son sens. Elle prit conscience de ses paupières closes, les rouvrit. Le regarda, lui, l'élève inconnu.

Ils avaient vécu la même musique. La même passion, le temps d'une chanson.

Pour seul remerciement, elle lui adressa une élégante et légère révérence.





[HJ : après réflexion, c'était très bien trouvé. Et j'apprécie beaucoup cette chanson]
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MessageSujet: Re: Errance   Errance EmptyJeu 25 Oct 2007 - 22:54

Ce n'est que lorsque le silence est complètement atteint que j'ose bouger.
J'ai la chair de poule et c'est agréable.

Quand je relève ma tête vers elle, je me dis qu'elle a disparu, qu'il ne reste plus que le souvenir du vibrato de sa voix dans la pièce. Elle est toujours dans le schwartz.
Pour l'instant, je dis rien parce que j'ai déjà beaucoup dit et fait des choses qui pouvaient aller à l'encontre de ce qu'elle désirait vraiment. Mais je l'oblige pas, je dis et fais des choses et si elle ne dit et ne fait rien alors... alors... alors rien. Donnant-donnant. On reçoit ce qu'on a donné et il faut beaucoup donner pour recevoir un peu dans ce brave monde.

Elle vient de me donner sa voix, un peu, beaucoup, sans s'en rendre compte peut-être.
Pourtant elle reste dans les ténèbres que la bougie n'a pas voulu choyer. J'aurais aimé qu'elle en sorte et qu'elle accepte d'être débusqué par le peu de clarté de la flamme.

Donner un morceau de voix, des sentiments, de la poésie, une chanson, une émotion, un peu de soi ou quelque chose qui ne se quantifie pas, c'est bien plus la flippe que de donner son visage. Mais je vais pas lui dire: "sors du noir. Je veux te voir" Je pourrais mais je vais pas le faire parce que...


♠ ... parce que toutes ces choses qu'on accepte de faire et qu'on leur dit pas. ♠

En plus, c'est pas exactement ce que je dirais au sens propre du terme si j'avais vraiment à lui dire un truc. Au fin fond de cette phrase, on entendrait plutôt résonner: "sors du noir... dis-moi, qui tu es?" Je pourrais aussi, j'en serais bien capable mais je ne le dirai pas.
En échange voilà ce que je lui envoie en souriant tout bas quand je me lève en posant ma guitare.


T'es une drôle de bonne femme, toi.

C'était une réplique à deux gallions, mais attends, attends, c'est pas finis, je peux faire pire:

Tu peux me dire pourquoi tu chantes plus facilement que tu parles?

Je suis debout, loin mais face à elle, et j'ai posé ma gratte donc j'ai plus d'excuse à tripoter pour me soustraire à son attention. C'est un petit duel clair de lune et je voudrais bien savoir combien de temps elle va tenir avant de s'enfoncer encore plus dans le noir ou d'en sortir.
Parce que je me fais le concours avec moi-même que tant qu'elle ne sort pas du noir, mes yeux sortiront pas des siens et, malgré la faible lumière, on peut pas passer à côté de ses deux billes grisâtres, alors j'imagine qu'elle voit, elle aussi très bien, mon regard aise qui lui murmure "sors du noir... dis-moi qui tu es."


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MessageSujet: Re: Errance   Errance EmptyJeu 8 Nov 2007 - 21:02

Silence. Les sourdes vibrations de sa voix à présent éteinte agitaient encore faiblement l'air, preuve résiduelle de l'impensable. Elle avait chanté. Poussé sa voix sur des sentiers dont elle avait jusqu'alors ignoré l'existence. Laissé son inconscient parler pour elle, dévoiler des secrets dont elle-même n'avait pas conscience. Qu'elle venait de se découvrir.

Il posa son instrument, se leva. Riva ses prunelles aux siennes. Dans une lutte immobile qu'il comptait bien remporter. Contre un adversaire dont il ne mesurait pas, ne pouvait mesurer le potentiel. Eleanor pouvait gagner cette bataille. Elle pouvait, tout aussi bien, la perdre. Il ne s'agissait plus de volonté. Pas ce soir. Pas depuis...

Elle chantait plus aisément, plus sincèrement qu'elle ne parlait. Ses mots, dans cette mélodie, avaient dépassé sa pensée. Dépassé même ce qu'elle savait d'elle. Et, pourtant, elle savait que tout cela, tout ce qui lui avait échappé, de cette voix étrangement harmonieuse... tout était vrai. Sincère. Et infiniment éloigné de tout ce qu'elle était à même d'imaginer. C'était... très différent de tout ce qu'elle avait pu croire.

Ses paroles, si pleines de sens, n'étaient destinées qu'à une seule et unique personne - et, pire encore, elle avait conscience de son identité. Une personne qui jamais n'accepterait cette chanson pour ce qu'elle était ; une Vérité. Une personne qui jamais ne devaient les entendre ; ces Mots.


¤ Oublie... ¤ murmura-t-elle ; et sa voix se fit écho du silence. ¤ Oublie tout ceci, ces mots, ce chant... Oublie que tu as croisé la route de l'Ombre d'Argent, que sa voix t'est parvenue... ¤

Son regard ne ploya ni ne vacilla face à lui. Résolu, il s'accrochait au sien, redoublant d'intensité, à chaque seconde. Mais, toujours, exempt de la moindre émotion. Implacable, mais vide. Son visage se para d'une pâle lueur, tandis qu'elle émergeait de l'obscurité, lentement. Une image cristalline évoluant dans l'air feutré d'un temps entravé dans sa course.

¤ Tout cela ne t'était en rien destiné... ¤

Une légère agressivité, pour tromper l'ennemi. Pour dissimuler une vérité.

Le soldat solitaire venait de remporter une victoire inattendue, indiscernable, sur un adversaire invincible, une tour imprenable. Une reine blanche sur un jeu dépeuplé. Mais la partie n'en était qu'à ses débuts, un pauvre balbutiement qui n'avait été que prélude au véritable combat. Où la moindre erreur ne saurait être tolérée.

Où la lune, secrète, se devait de protéger ses mystères de la lumière crue des révélations.
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MessageSujet: Re: Errance   Errance EmptyVen 9 Nov 2007 - 14:45

Ah ouais. Cocasse... pas destiné à moi.

Je me tourne vers la gauche puis vers la droite en semblant chercher quelqu'un ou quelque chose, sous les tables, au plafond, par la fenêtre aussi, puis, je reviens vers elle en me grattant la tête d'un geste caricatural.

Bah c'est marrant, ouais, parce que j'aurais cru que j'étais la seule personne dans cette pièce hormis toi... Ou alors la personne à laquelle ceci était destiné est loin mais a de très grandes oreilles. Il ou elle doit être particulièrement moche avec de si grandes oreilles. Je connais personne à Poudlard avec de si grandes oreilles... je l'aurais remarqué quand même.

Je débite ces trolleries avec un naturel déconcertant, c'est juste que je suis un poil vexe qu'elle fasse sa princesse après un tel acte candide.
Comment les filles ont parfois le don de tout gâcher ce qui est joli.
Je sais pas comment elle font, elles ont un secret pour tout exploser d'une réplique.

Je hausse les épaules avec indifférence et me tourne. Qu'elle le remporte son duel visuel, je joue pas aux jeux quand le mensonge est de mise. Je suis honnête en toute circonstance. La vérité est plus indomptable que la duplicité.

Je marche vers ma guitare, la passe autour de mon cou, la recouvre de ma cape et me tourne vers la fille.


Moi, c'est Elliot O'Malley... j'ai des petites oreilles capables de t'écouter chanter sans lancer des plans sur la comète ou sans jouer des mystères. Je suis ravi de t'avoir croisé... j'espère que tes mélodies ne seront pas toutes accidentelles.

Je passe à côté d'elle en lui souriant, révérence appuyée pour la jeune fille, marche tranquille et lente vers la porte que j'ouvre en surveillant que, derrière celle-ci, la voie est toujours libre. Elle l'est alors je me tourne une dernière fois vers la fille de Serpentard:

N'oublie pas d'éteindre la bougie... bonne nuit?

J'attends qu'elle réagisse ou réponde avant de passer le pas de la porte, mon but n'est pas de faire une grande sortie théâtrale mais de la laisser tranquille en la quittant avec panache.

♠ Donnant-donnant. ♠


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MessageSujet: Re: Errance   Errance EmptyMer 14 Nov 2007 - 18:56

Flot de paroles, cascade de ressentiment. Derrière la couleur des mots, la lame du sens, dont la pointe effilée frôlait sa consience, sans parvenir à en percer l'épaisse muraille. Une fissure, peut-être ? Si fine qu'elle restait invisible au regard, mais présente, pourtant. Eleanor percevait, confusément, les raisons de cette subite attaque. Sans les comprendre.

La réaction, imprévisible, la laissa infiniment perplexe. Ni acquiescement docile, ni frayeur, aussi légère fut-elle. Ni protestation ni éclat de voix. Rien qu'une rancœur déversée comme un poison. Il cherchait à l'atteindre, ne trouvait qu'à se rire de celle pour qui cette chanson s'était créée. D'Allanah. Une infime parcelle de son âme, quelque part au cœur de ses ténèbres, s'insurgea à cette idée. S'évanouit aussitôt.

Il se détourna, abandonnant Eleanor à un brusque vide, où elle ne combattait plus que le néant. La réalité de sa propre existence. Il n'y avait plus ni victoire ni défaite, ne restait que la lutte absurde d'une lune solitaire. Le champ de bataille, le plateau noir et blanc, se vidait de toute substance. De l'unique pulsasion de vie dont il s'était doté ce soir.

Mélodies accidentelles...


† Il n'y en aura aucune autre †

Frôlement, sourire, révérence. Et il fut prêt à passer la porte. Ultime recommandation... Une main sur la poignée, un pied déjà au-dehors, il semblait prêt à mettre une point final derrière une parenthèse ornée de notes argentées. Un dernier coup de maître pour renvoyer la reine adverse dans les tréfonds d'une défaite insoupçonnée. Pourtant, là encore, il paraissait attendre quelque chose, un dernier cadeau de l'ombre à la voix enchanteresse.

D'un pas lent, aérien, Eleanor se dirigea vers la table où brillait encore l'unique bougie. Faible, vacillante. Ses pâles mains retinrent délicatement ses longs cheveux d'argent, tandis qu'elle se penchait pour offrir un souffle salvateur à la petite goutte de feu qui s'agitait devant elle, agonisante, pourtant vibrante. Léger soupir, et l'obscurité tomba sur la pièce. Douce, totale. Le temps pour les yeux de s'habituer à la pénombre, que seule perçait la faible lueur provenant du couloir.

Le rideau était tombé. La pièce, peut-être, prenait fin ici.
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MessageSujet: Re: Errance   Errance EmptyDim 18 Nov 2007 - 11:14

Le silence veut sans doute dire bonne nuit. Elle éteint la bougie, j’ouvre un peu plus grand la porte pour la laisser passer.

Il n’y avait pas de défaite insoupçonnée car il n’y a même pas eu de combat.
Il y avait eu les préparatifs d’une bataille qui n’est jamais arrivée. J’avais aveuglément accepté d’être un soldat luttant pour une cause dont je ne connaissais pas le ressort. Les préparatifs étaient terminés depuis longtemps, j’attendais le cœur de la tourmente, découvrir, me battre, aller de l’avant, comme un besoin de m’assujettir et de courber l’échine devant les mystères d’une reine de glace... mais à trop refouler d’informations, à être plus mystérieuse que captivante, on finit par perdre ses soldats, le rang est désordonné, on quitte son poste.


C’était l’histoire de la guerre qui n’avait pas eu lieu, fais-je en murmurant sans me rendre compte que je parle.

La chanson, je la garde dans mon esprit et dans mes oreilles car je suis, pour l’instant et jusqu’à preuve du contraire, le seul être humain à l’avoir entendu. C’est ce que je voulais dire quand je faisais le troll en cherchant d’autres auditeurs qui n’existaient pas. Quand je dis qu’elle m’était destinée, je parle pour mes oreilles pas pour mon cœur. J’espère qu’elle ne pense pas autre chose, car tout le monde ne se sent pas le centre du monde et tout le monde ne verdit pas d’espoir comme un Serpentard à la recherche de la gloire.

Je vais souvent le dire parce que c’est souvent le cas: je suis un mec simple, moi. Je me prends pas trop la tête, faut pas me prêter des attitudes ou essayer de m’analyser la profondeur de l’esprit parce que mon esprit flotte à la surface du lisible. Je suis un des rares qui est ce qu’il montre. Pas de trafic de cœur, pas de trafic de volonté ou d’intention. Honnêteté, je suis. Intégrité et douceur sont les pupilles vairons de mon âme, car ça repose d’être juste ce que j'ai envie d’être.

Je referme la porte et nous marchons un peu côte à côte jusqu’à ce que nos routes se séparent.
Malgré le dernier quart d’heure où j’ai pas trop aimé les allures qu’elle a prises alors que je la trouvais tout simplement magique et surprenante jusque là - mais c’est une chose qui m’empêchera pas de dormir - je suis très content d’avoir fait cette rencontre, j’espère la revoir en d’autres circonstances et à la lumière du jour.

Quand j’arrive dans mon dortoir sur la pointe des pieds, je me dis:


♠ Bouse de dragon! J’ai oublié de lui demander son nom... ♠

Je le ferai la prochaine fois.


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