Jeu de rôle basé sur les règles inventées par J.K. Rowling dans l'univers de Harry Potter.
 
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 Nature morte

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Mélusine McEwan
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MessageSujet: Nature morte   Dim 17 Mai 2009 - 12:31


Léonard Gauthier


- Musée du Louvre -
- Jeudi 14 mai -
- Quelque part dans la matinée -




Jouissif.
Absolument et définitivement jouissif.
Armé de son sourire Colgate et de son magnifique laisser-passer-VIP-étudiant-en-art, Léo jeta son meilleur regard "star en arrivage" au petit groupe brailleur de touristes qui attendait leur ticket. Look bizarre et parler abrupte. Tss tss.

Hop! Passé les cerbères de l'entrée et bienvenue dans le vrai monde. Odeur vieille pierre et huile qui tenait sans doute plus à son imagination qu'à la réalité. Univers rassurant et familier. Elles étaient loin les premières fois et leur frustration. Le temps s'étendait à l'infini et l'exploration avec lui.
Re-hop! Aller à contre-courant du japonais moyen, numérique en pendentif, zapper l'Esclave, Mona Lisa et les autres Venus de Milo et se concentrer sur les petits chefs d'oeuvre oubliés. Une semaine - un artiste. Il avait fait Chardin, Fra Angelico, Poussin... Aujourd'hui qui?

Léonard erra vaguement, sans but. Section peinture française. Chiadé. Vraiment chiadé. Sûr que c'était pas avec un pinceau et trois tubes de peinture qu'on pouvait refaire la même. C'est ce qui leur manquait à tous, cette pointe de génie qui faisait de leur travail une réussite. Alors, on galérait, se battant contre les modes et les courants, à chercher une place dans cette histoire de l'art qui n'existait plus. Ca partait en sucette. A 200%. Déprimant.

Hier, Fragonnard.
Aujourd'hui...
Deux gamines plantées devant une toile. Comme Gargamel devant sa pâté le matin. A se demander ce qu'il allait en faire. Vivant la nuit, dormant le jour, courrant la minette et shooté à la térébentine. Cherchez la ressemblance.
Gargamel, c'était son chat.
Deux gamines devant une toile.
Révision.
Deux ados.
Nuance.
Retour du sourire Colgate.

"Ah, mesdemoiselles... La Mort de Sardanapale... Magnifique chef d'oeuvre de ce vieil Eugène..."

'Delacroix, donc.'



Son regard exercé scruta leur silhouette en un éclair. Lignes de force, point d'ancrage, gravité. Déformation professionnelle...

"Regardez moi ce réseau de correspondance entre Sardanapale lui-même, la femme du premier plan et le cheval... la force des regards. La démence. La tension. La façon dont les couleurs s'interpellent et se répondent. La beauté des corps que la mort va saisir, la..."

Petit discours d'introduction planté avec ferveur et admiration, ponctué de grands gestes et d'un sourire qui ne dépérissait pas.


Dernière édition par Mélusine McEwan le Ven 22 Mai 2009 - 18:21, édité 1 fois
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Gabrielle Stewart
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MessageSujet: Re: Nature morte   Mar 19 Mai 2009 - 22:14

x Musée du Louvre - Un couloir parmi d'autres x
x Jeudi 14 mai 2009 - Matinée x

Comme elle en avait pris l'habitude durant les quelques jours qu'avait déjà duré leur voyage à l'étranger (une première dans l'histoire obstinément britannique de la jeune fille) Gabrielle suivait de près sa préfète, de peur peut-être de la perdre, ou bien de se perdre elle-même. N'ayant connu de toute sa vie que Drogheda, sa ville natale, Dublin, Londres, et Pré-au-Lard, la Serdaigle s'accrochait comme elle le pouvait au moindre élément rassurant qui l'entourait - et qui mieux que la responsable de sa Maison pouvait jouer ce rôle ? Ainsi, sans même se soucier de demander son avis à la principale concernée, Gabrielle avait-elle élu cette dernière "partenaire de France".

En cette matinée du 14 mai, Gabrielle et Ehlana arpentaient les couloirs peuplés du musée du Louvres, prêtant les yeux à toutes les couleurs qui se présentaient à elles - y compris celles des parkas, sacs à dos et autres vêtements et parapluies, qui attiraient l'attention de Gabrielle comme autant de papillons virevoltants et multicolores. La jeune fille n'y connaissait rien en art ; ni les styles ni les époques, et moins encore les peintres, sculpteurs et autres professions qui lui faisaient ses lettres de noblesses, mais, comme à son habitude, elle voyait toujours au-delà de la technique et du bon vouloir. Elle s'arrêtait parfois pour étudier telle ou telle peinture - sursautant quand, après en avoir observer une trop longtemps, elle perdait de vue un court instant sa bouée de sauvetage humaine - et la contemplait avec une attention, aussi immobile qu'une de ces statues grecques qu'elles avaient croisés aux détours des salles du musée - statues non magiques, bien entendu.

En vérité, la demoiselle avait une faculté particulière, assez rare, lui avait-on dit, pour en être d'autant estimable, de percevoir au fond des œuvres d'art, quelles qu'elles soient, l'intention et les sentiments de l'auteur, au moment où il la réalisait. Certains appelaient cela de l'empathie. Mais pour Gabrielle, c'était simplement de l'observation, pure et simple. Il lui était arrivé, quelques fois, en visite avec les Tale dans un quelconque musée, de verser des larmes inexplicables devant une œuvre considérée comme joyeuse... Ce genre d'incident, moins rare autrefois, avait le don d'irriter ses parents au point qu'ils quittaient l'endroit en se revêtant de l'air le plus digne qu'ils pouvaient, tirant derrière eux la petite qui ne comprenait pas, honteux de cette réaction insensée.

Aujourd'hui tout était différent, bien sûr, et les Tale, par exemple, l'avaient plutôt encouragée dans cet épanchement instinctif qu'ils trouvaient ravissant. Ils lui avaient par ailleurs chaudement recommandé de profiter au mieux de cette visite ; mais Gabrielle ne pleurait pas sur commande, et bien peu de tableaux, à la vérité, pouvaient se targuer de savoir lui tirer une larme, un sourire, ou même autre chose qu'un simple hochement de tête pensif. D'autant que, découragée par les réactions parentales, elle avait depuis longtemps pris le parti de garder ses expressions pour elle - ou de ne pas regarder les œuvres sensibles.

Mais il y avait ce tableau. Sitôt que son œil s'était posé sur la toile colorée, il n'avait pu s'en détacher, et c'était d'un pas incertain qu'elle s'en était approchée, avec l'envie d'au contraire s'en éloigner. Puis elle était restée là, détachée du monde extérieur ; tant et si bien qu'elle avait oublié Ehlana, le Louvre, Paris, et tout le reste. Elle n'eut pas l'ombre d'un sursaut lorsqu'une voix masculine, sortie d'elle ne savait où, s'adressa à elles deux.


-Je ne l'aime pas, déclara-t-elle soudain sans quitter la toile de ses yeux d'absinthe, coupant net le garçon dans sa tirade. Je n'aime pas du tout ce tableau.
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Ehlana Kalten
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MessageSujet: Re: Nature morte   Mer 20 Mai 2009 - 17:10

On finissait toujours par s'habituer à tout. La voix nasillarde d'un prof, les lentilles au déjeuner ou une de ses camarades qui était perdue dès qu'elle vous perdait de vue. C'était pareil pour Ehlana, la présence de Gabrielle à ses côtés, elle l'oublierait presque si Gab ne paniquait pas dès qu'elle s'éloignait trop. D'un mètre environ. Auberge, concert ou le Paris moldu, on ne pouvait plus voir la préfète Serdaigle sans sa camarade. Ce n'était pas très gênant, ça lui évitait comme ça de passer le séjour esseulée, comme une petite chose sans intérêt... et ne lui aurait ainsi pas donner l'occasion de s'épancher comme une malheureuse. Ça faisait du bien.

Et bon, j'aurais pas été aussi seule que ça, en fait...

Elle aurait pu rester avec James pour le plaisir d'être avec lui, ou coller Duncan pour le plaisir de l'ennuyer en toute impunité (un grand comme lui devait surement déjà avoir visité Paris. Et dans le pire des cas, ils auraient passé le temps à se disputer, c'était bien aussi), ou mini-Serdy-Chou par exemple, parce qu'il était trop mignon. Mais Gab, ça lui allait aussi.

Le Louvre. Là, ça dépassait les compétences d'Ehlana. Elle n'y connaissait rien non plus en art, moldu ou sorcier même. Elle savait déjà que côté moldu, ça ne bougeait pas, elle n'était donc pas trop dépaysée. Mais couleur, forme, sens caché... herm silent Elle avait déambulé en compagnie de Gabrielle par pur esprit de curiosité, penchant la tête tantôt d'un côté, tantôt de l'autre, essayant vainement de trouver pour quelle raison ces œuvres étaient tellement vénérées, voire pire, par leur propriétaire, qu'ils soient particulier ou musée comme le Louvre. Pourquoi aussi elles coûtaient des sommes d'argent astronomiques. Ou pourquoi on ne pouvait pas s'en approcher, devant rester à une distance de sécurité. On lui mettait une copie qu'Ehlana ne verrait même pas la différence pourtant.

Ça n'arrêtait en tout cas pas les français. Plantée devant le même tableau depuis un moment (quelques minutes, à tout casser), Ehlana ne l'avait pas vu venir, aussi fut-elle surprise par le flot de paroles... incompréhensibles ! Il parlait en plus trop vite et en utilisant des mots surement trop techniques (ou pas dans son dico, possible) pour son pauvre français à elle. Elle savait dire bonjour et au revoir dans la langue de Molière, c'était déjà pas mal de son point de vue.

Mais la Préfète ouvrit de grands yeux quand Gabrielle répondit, l'air d'avoir tout compris. Ehlana, stupéfaite, tira un instant sur sa manche pour attirer l'attention de sa camarade.


- Gab... Tu parles français ?

Ehlana regarda tour à tour Gabrielle, puis le français inconnu, se décidant finalement à parler au second. Parce que son filet de voix précédent ne lui était pas destiné et qu'après tout, elles étaient en France et qui disait France disait français, disait bonne raison de discuter avec certain. Les voyages et les rencontres forment la jeunesse !

- Bonjour, le salua-t-elle dans son français approximatif et avec un accent à couper au couteau. Elle hésita... Anglaises... ... et abandonna l'idée d'étaler son incompétence en langue étrangère.

Elle avait oublié la barrière de la langue vis à vis des voyages à l'étranger. Rester qu'à espérer que lui parle anglais, pour son confort.
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Mélusine McEwan
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MessageSujet: Re: Nature morte   Ven 22 Mai 2009 - 19:35

'Ben mon pote... Qu'est-ce que tu dois pas entendre...'

A tu et à toi avec les grands maîtres, bien sûr. Le vieil Eugène devait se retourner dans sa tombe. On coupait l'un de ses fervent admirateur en pleine diatribe... "Je ne l'aime pas"... Tss tss.
Mais.. Eugène était pourtant français.
Ce qui n'était visiblement pas le cas de Mesdemoiselles Mauvais Goût et Monolingue. Anglaises. Ceci expliquait peut-être cela. Les fautes de goûts, en tout cas.

Il en fallait néanmoins plus pour démonter le brave gars qu'il était. Il força son sourire jusqu'à ce qu'il soit de taille à rivaliser avec le Golden Gate. voilà qui devrait mieux leur parler. Le zygomatique en action avait valeur de langage universel. Yoy! Un pont entre les cultures. Golden Gate, pont entre les cultures...

'Je suis génial.'

Yoy! Sauf qu'elles n'étaient pas encore au courant, nos deux petites Britonnes. Mais un plus un avait toujours fait deux. Un regard d'excuse au tableau l'aida à remiser son orgueil de français bafoué au placard de sa cage thoracique. Il faudrait qu'il place un "Delacroix" francisé à outrance dans la conversation. Quand même... Tout le monde aimait la France et ses Français, symboles du style, de l'élégance et du raffinement.

"Mesdemoiselles, bienvenue en France! Ouelcome in Frentz! Aïe âme Léonard Gauthier, tou, euh... serve you."*

Maxi-max sourire.
Son anglais peinait à revenir. C'était sans doute pas un mal qu'il fasse un saut Erasmus chez Elizabeth l'an prochain.
L'accent? Quel accent? Oh, ça? Ca, c'était pour le folklore. Les touristes avec un e raffolaient de l'accent français. Il ne fallait les priver d'un peu de plaisir. Pas avec son anglais qui commençait à revenir.

L'audace. C'était ce qu'"on" leur enseignait à longueur de journée. Dans le monde actuel, on arrivait à rien sans une pointe d'audace. Et mettre le paquet, c'était encore mieux. "On" leur apprenait aussi à savoir se vendre. Il avait une envie de faire connaissance? Il était temps de mettre ses maigres années d'enseignement en pratique. Bagou, sourire et bonne humeur au service de sa majesté Curiosité.

"Ouell. I suppoze vat you're ire jeust for ze plaizeur. So, pehapse aïe cane help you. I have a lot of fri taïme and aïe fink the taïme has come to create linkse ouiss pipole from over countrise. Aïe will be very appi if aïe can dou somefingue for you. Let me maïke you discoveur the Louvre. Plize."

Les mots coulaient tout seul, conscienceusement écorchés.
Il y avait dans son regard, une flamme qui ne trompait personne. De l'intérêt, en plus de la curiosité. Et une réelle envie de lier connaissance. Il fallait en profiter quand le monde venait à vous. Voyager au travers des autres... Yoy!

"And you will explaïne mi whaï you don't laïke vis picture. Aïe mine no arm, djeust a litteul bit of curioziti, you no..."

Le tout accompagné de sa gestuelle habituelle, qui faisait craindre aux visiteurs du périmètre immédiat une rencontre inopportune entre ses bras et une quelconque partie de leur anatomie. Il savait pertinemment qu'il avait l'air d'un gamin émerveillé et ne faisait rien pour s'en cacher. Ni pour le cacher.

- Louk at vis oine. Ouondeurfoul!

Sans plus de cérémonie, il avait attiré avec lui les deux jeunes filles pour lui offrir le tour du propriétaire, s'extasiant tour à tour sur l'une ou l'autre des toiles.


Spoiler:
 
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Gabrielle Stewart
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MessageSujet: Re: Nature morte   Mar 26 Mai 2009 - 7:08

Si la jeune demoiselle avait coupé l'admirateur français dans son éloge, ce n'était pas qu'elle ne partageait pas le même avis, bien que ce fut effectivement le cas, ni même qu'elle n'accordât aucun intérêt à ses paroles, quoique ce fut une intéressante probabilité, mais bel et bien parce qu'elle n'entendait pas la langue si poétique de notre très aimé Molière, et moins encore celle moins prosaïque et plus passionnée peut-être de l'inconnu monologuiste - la barrière linguistique pouvait se montrer fort cruelle, parfois.

-Non, pas un mot, répondit Gabrielle d'une petite voix fluette à la question de sa préfète, sans pour autant détacher son regard de la toile.

Nul n'aurait su dire si elle avait à cet instant repris conscience de son entourage ou si, comme il le semblait au regard extérieur, observateur et objectif, elle n'avait fait que donner réplique inconsciente à une voix venue du néant.

Tout doucement, elle pencha la tête sur le côté, affichant une mine plus pensive encore, si la chose était possible. Non, elle ne l'aimait pas, ce tableau. C'était son droit le plus strict, bien entendu, mais cela ne semblait pas convenir au jeune monsieur français qui, un accent terrible sur les lèvres, la priait de lui fournir quelque explication à cette aversion instinctive. Elle aurait pu ne pas répondre, peut-être, ou bien ne pas entendre, encore. Ne pas comprendre, aussi. Mais, polie, elle s'était plongée dans un examen intérieur afin de déterminer, avec des mots précis, mais ses mots à elle, ce qui, dans ce tableau, lui tirait cette étonnante réaction.


-Il me fait peur, dit-elle enfin, tout en posant le bout de son doigt sur son menton, la mine irrésistiblement rêveuse. J'y vois des ténèbres barbouillées de sang, d'où les démons sortent pour tuer la lumière. J'y sens beaucoup de colère et de violence, et de la douleur aussi, beaucoup, de la douleur et de la peur. Et j'entends crier ; ah mais personne ne crie, mais je les entends, les femmes, et le cheval aussi, ils crient sans s'arrêter, mais lui, mais lui, il s'en fiche...

Elle eut un frisson et s'écarta d'un pas, avant d'en détourner le visage. Son hypnotisant regard d'absinthe se posa sur le jeune homme, plus rieur qu'on ne s'y serait attendu après ses paroles décousues, empruntes de malaise ; ses prunelles s'arrondirent et, comme surprise, elle laissa glisser un "Oh !" léger, avant d'étirer ses lèvres en un sourire ravissant de candeur.

-Il y avait quelqu'un, murmura-t-elle, l'air ravi. Bonjour, ajouta-t-elle en esquissant une petite révérence enfantine, semblant vouloir relever d'inexistantes jupes par-dessus son jean abondamment troué. Mon nom est Gabrielle Stewart, enchantée.

Elle se redressa et sourit au jeune homme, avant qu'une jeune femme tout entière vêtue de noir, jusqu'au contour de ses yeux sombres noirci par elle ne savait quel artifice, n'attire son attention volatile en passant derrière le français. Gabrielle la suivit un instant du regard, fascinée.

-Charmant, murmura-t-elle, avant de chercher avidement, la jeune femme perdue de vue, d'autres singularités moldues, bigrement différentes de celles dont elle avait pris l'habitude, de passage à Dublin ou depuis son arrivée en terre étrangère.
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Ehlana Kalten
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MessageSujet: Re: Nature morte   Lun 15 Juin 2009 - 15:05

Pour Ehlana, quelque fois, c'était très difficile de suivre la pensée de Gabrielle. On ne faisait pas pire que sa camarade dans le genre paroles décousues sans queue ni tête. Pire que Luna qui, si elle racontait souvent n'importe quoi, provoquait une réaction. Avec Gab, la préfète restait sans voix. Son regard alla du tableau à la Serdaigle, pour en revenir au tableau jusqu'à l'étudiant français, qui, volubile, parlait, parlait, parlait encore. Et en anglais, pour les pauvres hères qu'elles étaient, incapables d'aligner deux mots de français à la suite et qui, pire, avaient un sens.

Finalement, son regard retourna au tableau, tête légérement penché de côté, tentant vainement -une nouvelle fois si il en fallait une nouvelle- de trouver quelque chose à dire de pas trop stupide concernant le tableau qui avait tiré autant d'explication de ses deux compagnons.


- Moi, je ne vois rien, expliqua-t-elle en toute bonne foi. Sauf que c'est un peu un grand n'importe quoi et qu'il ferait mieux de garder leur cheval à l'écurie et de s'habiller.

Cela fait, Ehlana prit le partit de se concentrer maintenant sur le dénommé Léonard. Il parlait mieux anglais que elle sa langue à lui, Merlin avait entendu ses prières qu'il sache communiquer avec elles quand elles en étaient incapables. La perche du destin était tendue, lui apportant sur un plateau une occasion inespérée de ne plus avoir à rester qu'avec ceux de Poudlard.

- Ehlana Kalten, se présenta-t-elle à son tour, retenant par le bras Gabrielle qui était attirée par elle ne savait quoi. Nous sommes en voyage linguistique, avec notre école.

Et dans son dos, Ehlana croisait les doigts pour qu'il ne lui demande pas quelle école, à quel endroit, ou toute autre ineptie de ce genre. Dans ce genre de situtation, elle n'avait pas pensé à demander quel mensonge les élèves de Poudlard devaient répondre, pour le cas où, comme maintenant, ils rencontraient des français et se liaient 'd'amitié' avec eux.

Gardant toujours un oeil sur Gabrielle qui gardait le nez au vent, Ehlana suivit le roman que Léonard leur offrait, bien qu'un peu plus réservée que son ainé. Elle venait à peine de le rencontrer et la Serdaigle avait encore un peu de mal à être totalement à l'aise en sa compagnie.

Mais dans tous les cas, cette journée promettait.
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Mélusine McEwan
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MessageSujet: Re: Nature morte   Ven 19 Juin 2009 - 18:32

Le vieux St Ex avait raison. Un peu de temps et de bonne volonté suffisait à faire fondre les résistances et à apprivoiser doucement les demoiselles les plus farouches. Léonard s'y était appliqué, à grands coups de gouaillerie et de bonne humeur ("Le roux de tes cheveux ferait sortir le Titien de sa tombe."), de curiosité ("Ahhhhhhhhhhhhhhhhh! Les voyages! Qu'est-ce que vous avez vu? Qu'est-ce que vous avez aimé?"), de fausse indignation ("Vous n'allez même pas voir les Nymphéa? God!") et de vraies propositions ("Sérieusement, on pourrait passer un moment ensemble, je vous montrerai..."), le tout avec un accent à couper au couteau. Il s'accrochait dur comme fer à son stéréotype du français international: charmeur, hâbleur, égocentrique, habitant dans la plus belle et la plus romantique des villes du monde. Il avait essayé, une fois ou deux, de détromper les petites chinoises. Oui, Paris était pollué. Non, tous les français n'étaient pas charmants et riches et sapés comme Jean-Paul Gauthier en mieux. Elles ne l'avaient pas cru. Il avait abandonné. Dur dur d'être un cliché vivant. Et c'était pas le moment de désillusionner les touristes. Il nuançait juste son stéréotype avec de petites touches de vraie personnalité et au final, on était plus si loin du vrai Léonard Gauthier. Un type un peu grandiloquent, affamé de rencontres et le sourire hypertrophié.

La matinée était passée, l'heure du déjeuner était venue et ils étaient toujours ensemble. Il commençait à les apprécier les petites British. un peu effacées, peut-être mais toute pleines de bonne humeur. Gabrielle l'avait épaté par la justesse de son ressenti tandis qu'Ehlana semblait dotée de cet humour pince-sans-rire typiquement britannique.

Retour au Louvre pour une visite absolument informelle. Il savait combien les néophytes pouvaient se fermer rapidement à l'art. Alors, il lançait l'air de rien, une ou deux anecdotes pour rendre humains ces génies du pinceau. Et puis, les questions. Leur naïveté était carrément incroyable! C'était limite si elles avaient entendu parler de la Tour Eiffel. Et lui d'arguer que ce qui était une vieille tour de fer nimbée de pollution avait été un beau scandale au siècle précédent.
Et l'après-midi avançait comme un costard-cravate derrière son métro du matin. L'heure du thé avait sonné et tous les petits anglais, bien élevés, s'étaient retrouvés pour goûter. C'en était presque drôle. Le Français typique avait bon dos.
Ils étaient alors au pied de la Grande Roue et c'était péché que de rester là à la regarder tourner les yeux comme des ronds de flans.

- Allez, je vous amène faire un tour de Paris, mesmzelles.

En français dans le texte. Elles n'avaient rien compris mais avaient sourit quand il avait exhibé quelques euros sous le nez du vendeur.
Il leur offrait le monde.
D'en haut, ils pouvaient presque se prendre pour des Dieux. Et Léo aurait été près à parier qu'elles en étaient ravies.
C'était bien dans ses affaires, ça.

Il se sentait bien.

Mais pas au point de se taper Cyrano le soir même et surtout pas les 13 euros tarif réduit qui allaient de paire. Et puis, il avait des potes à voir. Et une journée à se faire raconter. A tous les coups, Merteuil avait encore râlé parce qu'il n'avait que trois pèlerins à son cours. L'artiste est par nature autodidacte. Le jour où les profs capteraient ça...
Petit intermède sympa avec Matthieu et Jérémie, à vous faire oublier l'heure qui tourne.

Galoper un peu était un exercice comme un autre. Après ses deux Big Mac... Manger-bouger.com. Un dernier sprint...
Un peu plus, et il ratait la sortie. Sourire aux lèvres, il s'appuya bien en vue contre le mur qui faisait face à la Comédie et attendit.
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