Jeu de rôle basé sur les règles inventées par J.K. Rowling dans l'univers de Harry Potter.
 
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 Les rives d'un lac

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Liam Cullen
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MessageSujet: Les rives d'un lac   Lun 30 Mar 2009 - 19:24

C’était un dimanche ennuyeux comme les autres. Liam tournait en rond sans trouver à s’occuper. Il n’avait envie de rien, il savait comment se terminaient les journées où il n’avait envie de rien car il se réfugiait toujours dans les mêmes activités... non pas celles-ci, les autres : la photographie par exemple.

Ses parents lui avaient acheté un nouvel appareil de photographie moins encombrant que l’ancien dont le flash rendrait même aveugle notre bonne vieille Trelawney qui n’y voyait déjà pas très clair. Cet appareil avait la faculté de délivrer un instantané de la photo qu’il venait de prendre et il était d’un format discret. L’objectif, bien qu’il soit très petit, permettait de faire de la macro et de la longue focale, ainsi n’avait-il pas besoin d’approcher les sujets qu’il photographiait pour les prendre sur le vif.

La sacoche en bandoulière et une grosse parka sombre pour se protéger de la pluie dominicale, il sortit vers le parc à la recherche d’instants à immortaliser.

En un premier temps, tout y passa, de la chenille en très gros plan qui remontait le long d’un ajonc, au galet oublié sur l’herbe, en passant par le nuage qui avait la forme d’un centaure, et le groupe d’élèves abrité sous un vieux saule en train de fumer de l’herbe à pipe en douce - celle-ci, il la vendrait à ceux qui ne veulent pas se retrouver dans le bureau du directeur. C’est en photographiant ces derniers que l’œil de son appareil fit par hasard la mise au point sur le visage pensif d’une fille qui se trouvait un peu plus loin, au second plan, assise toute seule sur un des bancs qui bordaient le Lac Noir.

Liam redressa la tête pour voir avec ses propres yeux la demoiselle à qui appartenait ce joli profil. De trois quart dos par rapport à lui, elle avait le visage penché et d’où il se trouvait il ne voyait pas ce qu’elle faisait. Peut-être lisait-elle. Quelle drôle d’idée sous la pluie ! Même protégée par le saule, il y avait de meilleurs endroits pour la lecture.

Liam prit plusieurs clichés, son profil, l’une de ses mains abandonnées sur le rebord du banc, il élargit la focale pour la prendre en pied sur fond de Lac, avec comme parasol naturel, la coulée de branches vertes que le printemps avait rapporté avec lui. Les instantanés sortirent et pour ne pas les abîmer, il les engouffra dans sa sacoche, sans les regarder, à l’intérieur d’une petite pochette qui contenait les autres photos de la journée. Il rangea l’appareil dans sa poche de parka, secoua sa tête pour se débarrasser des gouttelettes d’eau qui lui chatouillaient les tempes et se rendre plus présentable, puis il marcha tranquillement vers la fille.

Sans lui demander la permission, considérant que les bancs étaient à tous et qu’il y avait plus désagréable que de s’adresser à lui, il s’assit à côté d’elle. S’il suivait un peu mieux le Quidditch, il saurait son nom. Mais il ne le savait pas et quand bien même l’aurait-il su, il aurait fait semblant de ne pas le connaître pour pouvoir engager la conversation :

- « Salut ! s’exclama-t-il avec sa mine la moins innocente, j’ai pas l’honneur de te connaître... tu es... ? »

...de Gryffndor... Bon...


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Meghan Cameron
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MessageSujet: Re: Les rives d'un lac   Jeu 2 Avr 2009 - 13:28

Là où beaucoup voyaient mélancolie et désespoir, Meghan ne ressentait que sérénité et réconfort. Le ciel d'Ecosse n'avait jamais été avare de nuage.
Silhouette solitaire aux abords du lac, elle écoutait la mélodie de l'eau sur l'eau, fascinée par les gouttes de pluie heurtant la surface du lac. Séisme microscopique suivi d'une acceptation partielle pour arriver à une fusion totale. Qui, après quelques secondes, pouvait encore distinguer qui venait d'où? L'eau n'était plus que symbiose totale, perturbée un instant de plus, par une nouvelle venue. Un instant seulement. Calme à nouveau.

Le silence, complice.
Le silence, brisé, qui la fit sursauter.
Elle eut un léger mouvement d'épaules, comme pour se dégager et laisser place, avant d'arborer son sourire "je ne sais pas ce que tu me veux mais voyons voir".


"Salut."

Le rite humain d'entrée dans la conversation.
Le jeune homme ne savait pas qui elle était et elle ne s'en étonnait même plus. C'était là le lot des discrets et des observateurs et, à tout prendre, elle préférait rester un visage anonyme que devenir le point de ralliement des regards à Poudlard.


"Moi, je sais qui tu es, Liam Cullen."

'Redoublant de septième année à Serpentard. Tu partages ton dortoir avec Shawn.'

Avec Shawn, et Mark, et Joachim, son propre frère.
Une de ses amies le détestait.


"On m'a parlé de toi."

En bien. En mal. En warning mode.
Elle gardait tout ça dans une petit coin de conscience et se réservait le droit de juger par elle-même du spécimen. Un autre sourire égaya ses lèvres au son de toutes les bêtises qu'elle avait bien pu entendre.


"Je m'appelle Meghan."

Et c'était tout.
Elle avait souri, répondu. Son regard ne s'attarda qu'un instant de plus sur son visage à lui avant de repartir dans la contemplation du paysage. Elle, le silence ne l'avait jamais gênée.
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Liam Cullen
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MessageSujet: Re: Les rives d'un lac   Jeu 2 Avr 2009 - 16:54

- « Tu t’appelles Meghan », répéta-t-il le visage illuminé d’un nouveau sourire.

Elle le connaissait, disait-elle. Ca, ça n’était pas bon admit-il. Néanmoins, l’information, loin de le dérouter, le motiva. Quoi de plus beau qu’un challenge ? Et si mademoiselle en valait la peine, il y passerait le temps qu’il faudrait. L’enquête – ou la quête – débutait. A noter dans un coin de la tête : « Trouver la source des ragots et lui passer toute envie de prononcer à nouveau son nom. »

Elle s’abîma dans un silence dont il profita de la qualité pour s’agenouiller dans l’herbe humide. Il fouilla sa sacoche, sortit son appareil et cala le sac sous le banc de pierre pour le protéger de la pluie. A présent qu’il était si près pourquoi se priver de la prendre de face ? - sans vilain jeu de mots.

Clic. Il prit le premier cliché à la va vite avant d’entendre la moindre protestation. Il n’y avait réellement que les images qu’on pouvait voler sans finir à Azkaban. Les clichés et les baisers.

Il regarda l’instantané sortir et il sourit. Il avait eu le temps de prendre le début de son étonnement. La photo se mouvait ensuite en diverses mimiques où la réplique de Meghan plissait les yeux. Elle était très belle. Il devait l’avouer. Sensible à la beauté comme n’importe qui, il n’était pas forcément collectionneur de ces beautés rigides, autrement il n’aurait jamais convoité Lovegood. Il y avait beau et beau. Mais Meghan faisait partie de ces physiques qui ne passaient pas partout. Comment ne l’avait-il jamais vu avant ?

Il lui tendit le cliché :

- « Je peux prendre les suivantes avec ton accord ? En échange, je te promets de ne pas être le pire de ce qu’on a pu te raconter à mon sujet. Je sais me tenir. »

Sourcils hauts, sourire enfantin, gueule de mauvais garçon. Impossible de le croire. Impossible de le croire car il ne voulait pas être cru.

Il se tourna vers le lac, marcha vers la rive et tendit l’appareil devant lui pour photographier son reflet. Loin de Narcisse, il n’aimait pas assez son visage pour plonger dans l’abîme. La beauté, comme beaucoup d’autres choses, n’était qu’un raccourci naturel pour obtenir certaines dispositions. Il en avait conscience, il en faisait les frais en assumant ouvertement ce que la nature lui avait offert.

Il prit la photo qui sortait de son appareil et sans la regarder la mit dans sa poche arrière. Demi-tour vers Meghan :

- « Je ne vois rien de plus exotique et chaleureux à photographier ici aujourd’hui. Dis moi oui. »


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MessageSujet: Re: Les rives d'un lac   Sam 4 Avr 2009 - 15:26

C'était bien la première fois que son prénom suscitait les grandes illuminations. Du coin de l'oeil, elle avait perçu son sourire mais n'avait même pas eu le temps de s'en étonner. Déjà, il lui tendait un cliché qu'elle accepta d'une main tremblante. Elle n'était pas tout à fait sûre d'aimer ça.

Son regard plongea un instant dans celui de son double, tout en prenant bien garde à ne pas détailler son image. Elle n'avait jamais tant aimé ce que le miroir lui renvoyait le matin. Le matin, le midi ou même le soir. Sauf son sourire. C'était peut-être pour cette raison qu'elle souriait beaucoup, quitte à avoir l'air un peu stupide. Ou alors parce que les gens acceptaient plus facilement ceux qui offraient une attitude ouverte. Ou encore, elle avait des zygomatiques surpuissants. Zygomatiques qui refusaient de se mettre en action alors qu'elle lui rendait le bout de papier.


"Je..."

Bégaiement le retour. Comme si elle avait vraiment eu besoin de ça.
Il était difficile de résister à son sourire.


"Je suppose que je devrais être flattée..."


Alors, pourquoi cette impression de vide immense où s'engouffrait l'appréhension?

"... mais en vrai, ça me gêne."

Qu'est-ce que ça impliquait? Une séance de pose? Ou des photos prises à la volée au naturel? La deuxième option était toujours moins alarmante. Pas motivante à l'extrême mais il semblait y tenir.
Alors, d'un côté, il y avait cette gêne qui mettrait très certainement son temps à s'en aller. D'un autre, il y avait la curiosité. Elle n'avait jamais vu ce type d'appareil et c'était peut-être un bon médium, innocent et novateur pour faire connaissance. C'était quoi, après tout, trois petites photos?


"C'est d'accord..."

Ou comment donner l'impression de ne pas savoir ce qu'on voulait.
C'était donc d'accord.


'...mais.'

Non, pas de mais. Le mais lui donnait l'illusion d'un chantage et sa demande ne devait être approuvée que parce qu'il en avait envie ou, au moins, que l'idée ne lui déplaisait pas, pas pour obtenir une autre chose qu'il demandait.
Mal à l'aise, Meghan remua vaguement sur son banc avant de souffler:


"Apprends-moi à m'en servir."

Un de ses sourcils salua l'objectif de loin.
Pourquoi?
Pourquoi pas?
Et Liam ferait certainement un très bon modèle pour une première expérience photographique. Elle avait presque l'impression d'entendre Tuppence parler de la façon dont les ombres et les lumières modelaient un visage pour lui donner vie.
Un soupçon d'audace qu'elle fit passer dans un sourire:


"Dis-moi oui."
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MessageSujet: Re: Les rives d'un lac   Sam 4 Avr 2009 - 17:52

- « Oui. »

Il n’y avait pas de réponse moins sobre à donner et il la donnait de bon cœur.

Il s’assit à califourchon sur le banc pour avoir Meghan de profil et commença à prendre quelques photos en prenant soin de détourner son attention par la discussion. Il sentait qu’elle n’était pas à l’aise. Ce n’était pas étonnant à compter qu’il était particulièrement singulier et déroutant de « poser » pour quelqu’un. Dans ce contexte, Liam avait un synonyme à ce mot : « s’offrir. » Autrement dire, s’abandonner. Or, pour s’abandonner, il fallait éprouver une attirance pour l’autre. Pas nécessairement une attirance physique ou morale. Liam pensait plutôt à un mobile qui soit attractif pour soi dans l’acceptation de ce don ; y trouver son compte quel qu’il soit. S’offrir, c’était donner son adhésion, son ticket aller à l’intérieur de l’âme, et partager ce qu’on était.

D’autre part, pour accepter un tel don, il fallait assurément éprouver une certaine confiance dans l’œil de la personne pour laquelle on s’abandonnait ou, du moins, avoir assez de curiosité pour éprouver l’envie de prendre ce risque. Il y avait dans son esprit une autre chose dont le schéma des assentiments et le processus psychologique étaient similaires...

Aaah, le sexe, songeait-il, je le vois en toute chose !

Ainsi leur « oui » mutuel - et le sien qui se voulait très sobre - avaient un caractère autrement plus profond qu’un simple accord de principe, lui-même n’était pas apte à analyser tout cela. Sa réflexion s’arrêtait à « elle accepte donc je ne viole pas sa volonté. »

Se faire photographier (ou se faire peindre) relevait d’une corrélation très étrange et très intime avec son physique, son apparence, et selon comme on se sentait à l’intérieur de ses baskets l’exercice était plus ou moins difficile. Gênant d’être regardé, gênant de ne compter que pour ce qu’on dégageait, gênant d’être sans autre but que de paraître.

Prenant instinctivement en compte tous ces paramètres, Liam parlait à son modèle pour ainsi reléguer au second plan la commune mais non moins curieuse démarche qu’était celle de se laisser prendre en photo. Au début, il parlait par bribes, distribuant des informations classiques, neutres et sans conséquence :

- « Mes parents me l’on offert pour Noël... (clic) j’aurais préféré un voyage en Argentine (clic) mais je ne suis pas très regardant sur les cadeaux... ça reste des cadeaux... (clic)... »

Il ne donnait pas les clichés à Meghan. Il ne voulait pas tout de suite la mettre face à ce qu’elle était en train de lui donner de crainte qu’elle cesse de s’offrir. Il rechargea l’appareil d’une cartouche de vingt autres instantanés et poursuivait de discuter :

- « Prendre une photo, c’est assez simple en soi. L’appareil obéit à des réglages... c’est choisir ces réglages pour mettre en valeur ce qu’on a envie de faire ressortir qui est plus compliqué... (clic)... ce que je veux faire ressortir de toi... »

Il fit une pause pour la regarder. Il la scruta sans indulgence. Son œil bleu la parcourut comme une découpe chirurgicale. Sa bouche, ses yeux, ses cheveux, ses oreilles, son cou, ses bijoux, ses épaules, ses seins, ses mains, ses jambes, de nouveau son visage... (clic)

- « C’est ta beauté. Je voudrais savoir pourquoi tu es belle. (clic) Ce n’est pas ton nez, tes yeux, ton sourire, ta poitrine, ton teint chocolat ou tes mensurations... c’est l’équilibre qui en émane. Et ton expression aussi. (clic) »

Liam se leva et se détourna de Meghan. Il marcha le long de la rive sur quelques mètres en regardant l’horizon que de gros nuages obscurcissaient par-dessus les collines écossaises. Il sortit sa baguette, la dirigea vers son sac qui vola jusqu’à lui. Il le remit en bandoulière :

- « On fait le tour du Lac ? » proposa-t-il d’où il se trouvait, déjà engagé à partir, ce qui ne ressemblait plus à une proposition mais à une invitation très soutenue. Le tout étant accompagné d’un sourire ludique.


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MessageSujet: Re: Les rives d'un lac   Lun 6 Avr 2009 - 17:46

On ne pouvait nier à Liam Cullen qu'il avait une voix agréable. Grave et chaude sur laquelle il était facile de se concentrer plutôt que de penser à ce qu'elle était en train de faire. Ou de laisser faire, ce qui revenait sensiblement à la même chose.
Elle n'aurait pas dû dire "oui" mais elle avait toujours été incapable de refuser quoi que ce soit, d'autant plus quand la demande en question était formulée par un spécimen mâle, aimant à regards. C'était toujours la même chose. on s'oubliait soi-même pour donner aux autres. On se reniait pour récolter quelques miettes d'attention, parce qu'on était des affamés d'amour. Elle, du moins, les autres, peut-être pas.

Meghan avait voulu lui faire plaisir, juste plaisir. Apparemment, c'était plutôt réussi. Sauf qu'elle était prise de l'envie soudaine de devenir toute petite minuscule, de se faire oublier et d'oublier le clic qui ponctuait sa discussion.
Pourtant, elle n'osait pas l'interrompre. Il avait un air.... Ca avait l'air de lui faire plaisir. Vraiment plaisir. Elle pouvait supporter l'inconfort si, au moins, c'était pour une bonne cause. Elle ne se sentait pas de briser son enthousiasme.
Les mots.
Se concentrer sur les mots. Son objectif comme ses yeux, la mettait mal à l'aise. Comme si d'un seul mouvement, il la déshabillait du regard, dévoilant ce qu'elle affectait de cacher. Vulnérabilité. En présence de quelqu'un qui venait tout juste d'arriver dans votre vie, on affectait des barrières. Quand bien même elle aurait voulu les réactiver qu'elle n'avait plus lieu d'être. Trop tard. Elle devait s'y faire. Essayer de se détendre.
Les mots.
Une fois de plus, elle résista à la tentation de serrer les pans de sa veste blanche contre elle, en guise de protection illusoire. Tout allait vite. Trop vite. Comme si le temps s'était soudain accéléré Etre névrosée, ça passait un temps. Le montrer au premier venu, ça passait moins bien.
Les mots.
Elle tenterait de les oublier. En particulier les derniers. Oublier aussi, le sourire timide qui s'était dessiné involontairement. Même quand on n'y croyait pas, il était difficile de résister aux compliments.

Aussi, quand il se leva, fit quelques pas et proposa... autre chose, elle ne put retenir un regard reconnaissant.
Prestement elle se leva, se faisant l'effet d'un petit chien obéissant mais ça n'était rien d'autre qu'un moyen de fuir le théâtre de cet intermède gênant.
Meghan eut un nouveau petit sourire timide, rajustant sa veste et saisissant son sac. Elle eut l'impression que l'empressement dans sa voix était criant. Mais ça n'était sans doute qu'une impression.


'Il va finir par partir en courant.'

Et elle n'arrivait pas à déterminer si elle le regretterait ou s'en sentirait soulagée.


"Avec plaisir."

Voilà qui était plus normal.
Maintenant... Maintenant, le faire parler, technique habituelle pour éviter de parler d'elle. Et en profiter pour observer. L'observer. On avait beau dire ce qu'on voudrait, la connaissance ne venait que de l'observation. Et aussi bavards que les mots puissent être... Les mots pouvaient mentir. Pas le langage du corps.

Elle ne reviendrait pas sur le sujet "beauté. Pas seulement parce qu'il était gênant au possible et certainement pas par fausse modestie, mais simplement parce qu'elle espérait qu'ainsi, Liam passerait à quelque chose de plus intéressant à son goût. Lui, plutôt qu'elle. Voilà un deal qui lui plaisait.


"Pourquoi... l'Argentine?"
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Liam Cullen
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MessageSujet: Re: Les rives d'un lac   Lun 6 Avr 2009 - 20:43

- « Parce que c’est loin, vaste et qu’on n’y parle pas notre langue. »

La réponse était impulsive et offerte du tac au tac. Non pas parce qu’il s’agissait là d’une réponse irréfléchie, mensongère ou de parade, non plus que ce fussent toutes les raisons qui lui avaient fait mentionner l’Argentine ni encore qu’il souhaitât se débarrasser de la réponse mais parce les réponses que faisaient Liam aux questions qu’on lui posait étaient d’abord jetées brutalement - au sens primitif du terme - et sans concession avant qu’il se ravise et décide ou pas d’argumenter et de préciser ses pensées.

Il laissa telle quelle la réponse. Comme souvent. Il ne s’ouvrait qu’avec parcimonie ou parce que les situations étaient poussées à un extrême pour lesquelles son esprit ne savait pas administrer la réaction la plus adéquate pour protéger ce qu’il était vraiment. Le Serpentard ne savait qui il était et il s’avérait qu’il fût le dernier à s’y intéresser. Soi n’était qu’un détail qui mouvait le corps, or le corps était tout ce qu’il y avait de plus tangible dans un être. Le reste était variable, problématique, prise de tête et impalpable.

Seth, à contrario, pouvait passer des heures à méditer sur la raison d’êtres des choses, sur les relations de cause à effet entre ces choses, sur l’existence, les conditions de la vie et de l’esprit... La pensée était une denrée inépuisable dont il pouvait se nourrir à satiété dans la moindre seconde que Merlin déroulait devant ses pieds. Il philosophait sur tout et désirait comprendre et savoir comme une nécessité, à l’instar du sang qui lui permettait de rester en vie... « en vie »... quelle bêtise que les expressions communes ne puissent pas toujours s’appliquer au genre vampirique.

Les deux élèves marchèrent le long de la rive, contournant les rochers qui hésitaient entre tomber dans l’eau et rester suspendus au parterre rocailleux. La vie aquatique du Lac Noir les suivait dans leur promenade. L’eau était trop trouble pour qu’on puisse déterminer ce qui était en train de les espionner. Des poissons, des créatures magiques, des strangulots ? Liam gardait l’appareil de photo à portée et guettait les petits clapotis dans l’espoir de pouvoir immortaliser une de ces sales bêtes. Photo qu’il vendrait au Club des Amis des Animaux Magiques pour trois gallions, venait-il d'estimer. Avec trois gallions il pouvait inviter une fille à boire quelque chose dans un pub.

La recherche de belles images l’avait détourné de son intérêt du moment : Meghan. S’en rendant compte, il releva le nez vers elle. Il n’arrivait pas à estimer le temps qu’il avait passé perdu dans ses pensées... il avait pensé à l’Argentine, à Seth et sa curiosité, aux créatures du Lac, au Club des tarés des animaux magiques... à inviter une fille au pub.

Tiens ? Il avait une question.

- « C’est quoi ton problème ? » demanda-t-il comme il aurait demandé l’heure.

Les questions qu’il posait et la façon dont il les posait étaient pareilles aux réponses qu’il donnait : d’une matière brute, façonnable à posteriori. Meghan aimait lire dans le comportement plutôt que dans les mots ? Elle devait alors être en présence avec un amas vivant de contradictions. Quand il s’intéressait, il regardait ailleurs. Quand il s’en fichait, il regardait dans les yeux. Quand il pensait à une chose importante, celle-ci était immédiatement renversée par la pensée la plus ingrate qui suivait et son corps ne montrait de cette activité presque immature qu’un visage angélique dont on aurait eu grand peine à imaginer qu’il était en train d’imaginer le pire de Meghan. Une passion. Imaginer le pire des gens, surtout quand ils étaient adorables.


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MessageSujet: Re: Les rives d'un lac   Mar 7 Avr 2009 - 16:48

La pluie continuait d'emperler le paysage et la réponse de Liam avait le bon goût d'être concise. Le rapport entre les deux? Il n'y en avait pas. Juste deux pensées qui parcouraient tête-bêche la tête de Meghan.
Le jeune homme s'abîma ensuite dans un silence qui n'était pas exactement pour lui déplaire. Quoi qu'en pense beaucoup, le silence était quelque chose d'infiniment plus facile à gérer que l'univers des paroles. Il suffisait d'être sans réfléchir aux mots que l'on voulait dire, leurs implications diverses, leurs sens variés, la façon dont ils seraient reçus,... Dans un silence, il n'y avait pas besoin de se montrer intéressante, drôle ou spirituelle, juste être observatrice et attentive.

Sauf que... il y avait toujours un sauf.
Un quelque chose d'embarassant quand on partageait ce silence avec quelqu'un qu'on ne connaissait pas. On se mettait à songer à tout ce vide qui n'espérait peut-être que d'être comblé. Escomptait-il qu'elle fasse la conversation? Attendait-il quelque chose qu'elle ignorait?
Trouver. Trouver. Quelque chose à dire, à faire.
Elle ne pouvait pas se mettre à parler de la pluie et du beau temps, quand bien même son adoration pour la première donnerait au sujet des connotations moins banales. L'Argentine? Elle n'y connaissait rien. la photographie? Poser quelques questions précises et pointues pour montrer qu'elle s'y intéressait et qu'elle avait écouté son court laïus? Elle n'osait pas. Trop grande était la peur de débiter des bêtises. Peut-être n'aurait-elle pas dû rayer le sujet "beauté" de la liste... Mais non, trop embarrassant.

Il se montrait résolument peu bavard et pourtant, Meghan ne réussissait à profiter du silence qu'il lui offrait. Cela faisait longtemps que cela ne lui était pas arrivé.
Pourquoi cette réticence à parler de lui? Il n'avait pourtant l'air ni timide ni effarouché. Et, si elle avait réussi à faire parler Sothis Chambers himself, elle devrait bien parvenir à lui arracher quelques mots? Ou alors, elle se montrait présomptueuse. Ou alors...
Ca ne la faisait pas avancer d'un iota vers les paroles qu'elle pourrait prononcer.

Il brisa sa gêne en quelques mots pour la ramener à elle aussitôt.
Qu'est-ce qu'elle devait comprendre par cette question? Qu'il la trouvait anormale et inadaptée? Qu'il s'était rendu compte que quelque chose clochait et c'était sa façon à lui de tenter de mettre le doigt dessus? C'était une manière diplomatique de lui dire qu'elle le gavait et de lui demander de s'abstenir de le suivre, il pouvait continuer sa promenade tout seul, merci pour lui, la compagnie et les photos?


"Je-euh."

Ou encore... elle avait vraiment un problème, visuellement parlant. Son nez s'était détraqué et avait filé sur le côté droit de son visage? Ses cheveux étaient devenus serpents pour lui offrir le spectacle d'une Méduse moderne? Ou c'était une façon délicate de lui dire qu'elle avait le nez qui coulait?
Pas le moment de se lancer dans une vérification, quand bien même la surface du lac noir ne serait pas sans cesse troublée par la pluie incessante. Alors, son regard se porta sur le paysage dont elle avait abandonné la contemplation pour suivre le fil de ses pensées.

Son problème?
C'était typiquement le mot qui, chez elle, ne prenait pas de singulier. Le choix était vaste. Il suffisait de fermer les yeux et de pioche au hasard. Quelque chose en rapport plus ou moins direct avec la situation présente. De préférence.


"Je..."

Ne pas prendre ça comme une accusation.
Et, peut-être, peut-être bien que dans un siècle ou deux, elle réussirait à aligner plus de deux bégaiements consécutifs.
On inspirait, on expirait et on y allait, avant de passer pour une demeurée finie:


"Je... non, on va éviter de commencer par je. Tu... tu me mets mal à l'aise. Tu me fais douter et je..."

Fort judicieusement, son regard s'envola vers la silhouette sombre du château.

Maintenant, elle était supposée développer. Qu'elle ne comprenait pas pourquoi, elle qui, souvent, s'entendait bien avec les garçons. Qu'elle cherchait à saisi ce qu'il voulait mais que, sans cesse, ce quelque chose lui échappait. Que sa manière de commencer ses discours était déroutante. Qu'elle ne regrettait pas vraiment d'avoir dit oui mais qu'elle aurait aimé savoir le pourquoi elle, soudain. Que...


"Je ne sais pas trop comment réagir par rapport à ... tout ça. Les compliments, les..."

Sa voix, déjà fluette, se fit diffuse pour se perdre dans le vent.
Meghan grimaça, sourit penaude, d'un sourire qui voulait dire "pardon".
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MessageSujet: Re: Les rives d'un lac   Mar 7 Avr 2009 - 19:19

- « Faut pas douter. C’était juste une question. Tout le monde a un problème. Je voulais savoir quel était le tien. Visiblement, ton problème du moment, c’est moi... »

Liam parlait sans porter d’accusation ou de jugement. Il ne jugeait pas. Il ne pensait pas. Il n’avait pas d’opinion sur ce qu’il venait d’entendre ou de dire. Tout ce qu’il disait n’était que des manières de composer avec le présent. De simples constatations.

Ses cheveux étaient maintenant trempés. Il laissa sans y toucher les gouttières blondes de sa tignasse pleurer leur eau sur son visage. A travers ces petites gouttières, son regard continuait d’observer Meghan sans lui octroyer de répit. Il venait de réaliser qu’il connaissait déjà son problème. Si elle en avait plusieurs, alors c’était céans l’un d’entre eux qui lui brillait sous le nez depuis le début. Il finit par bouger. Un pas vers elle. Il se pencha vers son visage pour la dévisager deux fois plus fort.

- « Ce n’était pas des compliments, c’était des constatations. Si tu avais été vilaine, je me serais fait une joie de te le dire aussi et j’aurais pris une photo, pareillement, pour faire une blague à ma sœur » éclata-t-il de rire en se redressant. Il aurait pu faire marcher Japhet pendant des jours avec la photo d’un laidron « regarde, soeurette, j’ai vu Clarence batifoler avec une Goule, alors ? Maintenant, je peux lui casser la tête à ton Clarence ? »

Le Serpentard reprit la marche, mais avant de tourner les talons, il prit la main de Meghan dans la sienne, lui sourit comme les anges savent le faire et de sa voix la plus candide, il précisa :

- « On fait un jeu. Tu me lâcheras la main quand je t’aurais convaincu... »

Il entretint le mystère quelques secondes et précisa encore :

- « Convaincu que la beauté n’est pas un handicape, que ton physique est un chouette atout qu’il ne faut pas ignorer... et que tu ne dois pas te sentir mal à l’aise avec moi parce que je dis beaucoup de bêtises. J’ai un truc contre ça d’ailleurs. Dès que tu te sens mal à l’aise, dis-toi « mais, par le caleçon de Merlin, que ce type est troll ! » tu auras toujours la satisfaction d’avoir au moins une certitude à mon sujet. Je t’emmène prendre des clichés à la Huchette, c’est un peu plus loin de l’autre côté du lac. Si tu as mal aux pieds ou je ne sais quel truc de fille, dis-le moi. Tout ceci est un package, à prendre ou à laisser. »


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MessageSujet: Re: Les rives d'un lac   Mer 8 Avr 2009 - 21:17

Meghan se força, se força vraiment à ne pas ciller, à ne pas détourner le regard, une étincelle de panique s'allumant vaguement au fond de ses yeux. Un miroir de l'âme. Qu'est-ce qu'on voyait vraiment dans les siens? Il ne lâcha du leste qu'après qu'elle eut décidé que fuir le contact visuel n'était qu'une manière de se protéger, sans voir eu le temps de la mettre en pratique. Drôle de façon de montrer qu'il ne fallait pas douter.
Elle ne réussit pas mieux à sourire devant son insouciance, bien que, quelque part, ses paroles auraient dû la rassurer sur sa sincérité. Mais Meghan étant Meghan, elle se mit plutôt à penser à le jeune fille qu'elle n'était pas et qui se serait pris, sans rien avoir demandé, un "tu es vilaine" agrémenté d'un beau sourire à lui briser le cœur.

En parlant de beau sourire...
La chaleur de sa main dans la sienne lui fit oublier mieux que tout le reste leurs antécédents. Ça, c'était simple. Ça, c'était plus facile à appréhender que tous ces mots qu'elle ne savait pas vraiment comment classer. Ça, c'était simple comme bonjour. Juste une main dans une autre.
Le jeu aussi était simple. C'est ce qui lui rendit son sourire, sans même avoir besoin d'y réfléchir.
Il lui fallut moins que le temps des explications pour être partante.


"Ça me plaît. C'est d'accord."

Avoir confiance, être à l'aise, elle ne demandait que ça. Le reste... c'était très secondaire. Elle doutait d'être un jour capable de penser un " mais, par le caleçon de Merlin, que ce type est troll ! ". Remplacer "ce type est" par "je suis", à la rigueur...

'La Huchette, c'est quoi?'

Le nom aurait dû lui être familier. Elle n'osa poser la question de peur de paraître trop peu dégourdie. Les élèves du château avaient pour habitude de s'aventurer... partout où elle n'allait pas. Un endroit pittorseque peut-être? Pour prendre des photos. Ou à l'abri de la pluie...

'J'aimerais réussir à capturer la pluie.'

Quant à se plaindre... ça n'était pas son truc. Juste sourire doucement et:


"Comment tu fais?"

Un silence.
Sa question était loin d'être claire.


"Comment tu fais? Tu respires la confiance et..."

L'envie comme sous-entendu.

'J'aimerais tellement être comme toi.'
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MessageSujet: Re: Les rives d'un lac   Jeu 9 Avr 2009 - 19:54

- « Je ne sais pas quoi te répondre. Je suis comme ça, c’est tout. Je suppose que les gens sont, comme pour tout, séparés en deux grandes catégories selon les aspects de leur caractère. Il y a les lâches et les courageux, les timides et les extravertis, les tendres et les brusques, les radins et les généreux... de même qu’il existe les bons et les mauvais, les romantiques et les machos, les hommes et les femmes, les enfoirés et les gens bien. On appartient toujours plus à une catégorie que l’autre et ça doit équilibrer le monde. Peut-être que j’ai la confiance parce quelque part il existe mon antagoniste, toi par exemple, qui l’est un peu moins. On n’est que des pourcentages équilibrés sur les tableaux boursiers de la Vie. Je ne vais pas te raconter mon enfance pour t’apporter une autre réponse. »

Tout en parlant, Liam s’amusait à ramasser des cailloux qu’il trouvait assez plats pour tenter de faire des ricochets sur la surface du lac. Il s’était dit que s’il dépassait les sept bonds (son premier score), il expliquerait à Meghan, avec plus d’investissement, la raison pour laquelle, selon lui, il y avait des gens moins confiants que d’autres. Cependant, il ne savait pas s’il avait envie de dévoiler cette facette de lui : celle qui pense et s’interroge. A croire que si en la discipline il y avait deux catégories, celle des gens qui sont fait pour réfléchir et celle des gens qui sont fait pour se laisser agir sans passer par la case réflexion, il appartiendrait à la seconde. Encore que... il lui fallait jouer ses confidences à pile ou face. Existait-il une troisième catégorie ultra secrète des gens portant tellement peu d’importance à l’un comme à l’autre qu’ils préfèrent encore s’en remettre au hasard ?

Huit bonds ! Bouse.

Il frotta sa main contre son pantalon imprégné d’eau qui ne ferait guère long feu. Ses yeux roulèrent, il se moquait de lui. Maintenant, il se demandait s’il allait être fair-play, même quand l’unique joueur était lui-même. Il jeta un rapide coup d’œil à Meghan. Il venait de lui dire qu’il n’allait pas lui raconter sa vie pour soutenir sa réponse. Allait-il se contredire au bout d’une seconde ?

- « Quoique si tu y tiens, plutôt que te raconter ma vie, je peux te démontrer ma vie... et la tienne. »

Non, il n'allait pas se contredire.

Il biaisait, quand bien même cela fût-il face à lui-même.
Il s’arrêta de nouveau et ne put empêcher un sourire qui précédait la prétendue démonstration. Alors Liam saisit la deuxième main de Mehgan et la tira vers lui par surprise, gardant les deux paires de bras le longs de leurs corps, mais réduisant de beaucoup la distance qui les séparaient. Suffisamment pour qu’une goutte tombe de ses cheveux jusqu’au front de la Gryffondor :

- « Je peux rester comme ça jusqu’à la tombée de nuit, prétendit-il d’un air mutin et charmeur, la confiance, poursuivit-il sans bouger mais en baissant le niveau de la voix puisque les sons avaient beaucoup moins de centimètres à parcourir, c’est la clé des chaînes qui t’empêchent de faire ce que tu veux. Ca débloque tout, ça rend tout possible parce que la peur qui nous a enchaîné ne peux plus nous entraver. Je pourrais avoir peur de faire ce que je fais maintenant. Beaucoup de mecs ne le feraient pas, et ça ne serait pas par envie ou par bienséance. Mais je n’ai pas peur... parce que je me dis que si tu voulais reculer, tu le ferais, que si tu voulais me frapper, tu le ferais, que si tu allais le répéter à l’école entière, ça ne me toucherait pas car je ne me sentirais pas moins moi, parce qu’aussi, côtoyant ma confiance, mon orgueil me dit que je ne perds strictement rien à essayer... »

Puis rieur et insouciant comme s’il ce fut agi d’un jeu, sans bouger non plus et reprenant son air taquin :

- « Tu te mets sur la pointe des pieds, je me baisse ou tu recules ? »


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MessageSujet: Re: Les rives d'un lac   Ven 10 Avr 2009 - 15:06

La vie serait une loterie, alors?
On gagne, on perd. Il aurait juste fallu piocher le bon numéro?
Ça expliquerait les inégalités.
    -Bon, vous. Lâcheté. Introversion. Égocentrisme. Romantisme. Superstitieuse, hypocondriaque et stressée? Hum! Oui! Allons-y. Oh, et vous serez une femme.
    Mais..
    - Ouais. On va vous faire pas trop moche pour compenser. Suivant, s'il-vous-plaît. Le Bureau des Réclamations a été incendié il y a deux ou trois siècles. Adressez-vous au Service Après-Vente. Vous le trouverez...quelque part.

Il fallait faire avec. Pas de recette magique pour changer en un clin d'œil? C'était dommage mais il aurait fallu s'y attendre.

Lui avait aussi hérité d'une adresse au ricochet. Elle d'une envie dévorante d'en savoir autant... et du sourire facile.
Sa vie... et la sienne.
Une chorégraphie rapide dont Meghan trouva seulement à penser qu'elle ferait une belle photo si seulement elle savait y faire. La petite flamme qui s'était mise à lui chauffer le ventre sans réussir à atteindre son cœur n'était de toute façon pas photosensible, alors...

Elle essaya de se fixer sur les mots, plutôt que sur leur créatrice qui flottait à quelques centimètres d'elle. Plus facile à dire qu'à faire. La jeune fille réussit à placer un sourire approbateur à ce qu'elle espérait être le bon moment, sans réellement réussir à donner le change. Au temps pour elle. Il y était question de clef, la clef de la liberté qu'il fallait trouver, quelque part, là.
Lui?
Il était charismatique et insouciant, et elle sentait son souffle sur sa peau qui ne parvenait pas à la sécher de la pluie. Ses lèvres frémirent un sourire oscillant, comme si elle hésitait encore à comprendre.

Un choix, deux choix, trois choix.


'Si je recule, je lui avoue que j'ai peur, je lui montre que je suis lâche.
Si je le laisse faire, je donne l'impression de ne pas avoir de volonté.
Si je...'


La pointe de pieds.
Ses lèvres effleurèrent les siennes, humides et douces, hésitèrent et allèrent se poser sur sa joue droite. Elles y restèrent une fraction de seconde trop longue avant de se détacher et de recouvrer l'espace qu'elles avaient annihilé.
Meghan s'excusa:


"Je n'ai pas lâché ta main."

Il aurait été plus facile d'accepter que de refuser.
Son regard fuyait le sien, scrutant la surface du lac comme si elle avait soudain été d'un intérêt immense.


"Tu es beau, Liam. Tu le sais très bien."

'Pas seulement parce que tu prends ton propre reflet en photo.'

"Beau comme un Dieu païen."

Ses yeux verts revinrent dans leur alignement normal, c'est-à-dire, dirigés droit vers les siens. Sa voix se fit plus faible.

"Mais j'aime quelqu'un d'autre."

Les mots sonnaient plus comme une revendication que comme une excuse.
Son regard se voila un instant. Elle eut une moue piteuse.


"Je... suis désolée.
Et je comprendrait très bien que tu ne veuilles plus m'amener à la Huchette."


'Et m'apprendre la photo.'

Elle comprendrait. Ça n'empêchait pas le pincement d'appréhension du côté du plexus.
Pendant tout ce temps, elle n'avait pas cherché à se dégager.
Faible.
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Liam Cullen
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MessageSujet: Re: Les rives d'un lac   Ven 10 Avr 2009 - 17:40

Malgré lui, Liam écarquilla les yeux. Un regard perplexe anima sa pupille éclaircie.

Et alors ? songea-t-il, après avoir intégré l’information, cela changeait-il la nature du baiser qu’il venait de recevoir, des mains qu’il tenait dans les siennes ou des paroles qu’il proférerait désormais ? Ce baiser devait-il en être moins appréciable ? La valeur d’une caresse et le plaisir simple qu’elle procurait chutait-elle en proportion du sentiment qu’on éprouvait ? Pas selon Liam qui avait opéré depuis maintenant environ toute sa vie une large césure entre les plaisirs du corps, ceux du cœur et de l’esprit. Avec le temps, il en était parvenu à déterminer que la moindre étincelle de désir ou d’attirance dans l’un de ces trois domaines pouvait embraser l’âme d’un foyer aussi ardent que si chacun fut combiné aux autres. Là-dessus encore, Seth n’était pas d’accord et Japhet se réservait.

Seth ne concevait pas qu’on puisse apprécier à sa juste valeur une fille qu’on n’aimait pas d’amour ou qu’on sous-estimait spirituellement. Alors, demandait-il, comment faire l’amour sans amour ? Il ne resterait dans l’expression que le mot « faire », c’était à dire, « produire », or, l’amour n’était pas quelque chose qui était ductile comme une production. Evidemment pour Liam cela était une idée très romantique, « fleur bleue » et parfaitement incompatible avec la réalité des sens. Nous étions soumis à nos penchants et l’impatient humain n’avait pas le temps d’attendre qu’on rencontrât un être conciliant les trois vertus : « Evidemment, toi, tu as l’éternité, puceau crétin ! Ton avis ne compte pas. »

Japhet quant à elle - et cela déplût fortement à Liam de constater que sa petite sœur avait la maturité de réfléchir au sujet au point de partager certains points de l’avis de son frère le plus âgé -, pensait que la combinaison esprit-cœur-corps était l’idéal à atteindre mais qu’entre temps il ne servait à rien d’ignorer le plaisir que procurait la séduction ou le flirt avec un garçon qui nous plaisait bien, l’attrait spirituel qu’avaient les personnes de beauté inférieure, ou le plaisir primitif de s’envoyer en l’air avec l’inconnu du train. Après une grasse querelle qui dura trois jours et cela au sujet de la vie sexuelle de Japhet qui inquiétait de plus en plus Liam, ce dernier la remercia néanmoins de tempérer les extrêmes que représentaient les opinions de ses deux frères. Il renouvela pour la huitième fois depuis le début de l’été l’offre d’aller sobrement casser la gueule de Clarence. Jah le remercia pour l’intention mais elle refusa.

Aimer était l’entrave de Meghan. Au-delà de cela, que concevait-elle des possibilités de la vie ?

Liam ne lui dirait pas : « Et alors, tu aimes quelqu’un d’autre ? Moi aussi... »
Parce que personne ne devait savoir jamais qu’il aimait. Et surtout pas l’intéressée.

Malgré l’amour qu’il éprouvait, il se trouvait apte à pêcher tout ce que la vie mettait de bon dans l’océan de ses envies. Aimer n’était pas une entrave. Et que savait-on de l’amour à 18 ans quand des poètes et des philosophes ne l’avaient toujours pas résolu après 5000 ans de pensée ? Merlin ! Pas grand chose ! Le concept restait un mystère, ce qui lui donnait très certainement son charme. Mystère point trop charmant pour le blond Serpentard qui s’en serait bien défait comme on se défait d’une cravate trop serrée.

Par delà tous ces mystères, il en était un dernier qui lui arracha un sourire encore plus perplexe, et s’il ne se décidait pas bientôt à parler, il passerait pour le troll du village.... ceci était moins grave.

Quelle relation fait-elle entre l’exonération d’un investissement plus poussé que lui conféraient le statut d’amoureuse, l’excuse qui la précède et la balade vers la Huchette ? Quel est le rapport ? s’intrigua-t-il naïvement.

- « Je comprends » finit-il par dire.

Il n’y comprenait rien du tout.

Les filles font des liens avec des choses qui pour nous autres, garçons, n’en ont aucun entre eux.

Démonstration.

Meghan : « Je suis amoureuse de quelqu’un », sous entendu « Liam tu peux toujours te toucher pour que je divise mon cœur. » Dieu merci, il n’en avait pas la moindre envie. Les filles amoureuses causent plus de soucis qu’elles ne donnent de bon temps... à parier que s’il lui demandait des renseignement sur ce qu’elle vivait avec son cher amoureux, il n’en ressortirait que douleur, frustration et tristesse... de même que pour tout le monde dans cette école. A part ses parents, Liam ne connaissait pas d’amour heureux. Donc... Meghan pense : amoureuse = déjà engagée - possibilité de se désengager + Liam x hormones = pas de Huchette. Par quel incroyable opération la femme arrivait-elle à formuler : amoureuse = pas de Huchette ?

Heu...? Sais pas...

Liam pense : amoureuse = amoureuse, Huchette = Huchette, baiser = baiser, Meghan = Meghan... Chaque chose est ce qu’elle est sans autre attribution que d’être ce qu’elle était pour ce qu’elle valait. Point.

- « Heu... Meghan de Gryffondor, se hasarda-t-il toujours aussi perplexe, je suis Liam Cullen, j’avais sincèrement envie que tu m’embrasses de ton propre chef... pas de t’épouser. Tu pourrais être mariée, ça n’aurait rien changé à ce que je désirais. Je ne t’ai demandé et je ne te demanderai jamais aucun engagement car j’en suis tout bonnement incapable. Je prends le moment comme il vient et il m’est venu le goût de toi. En quoi cela change-t-il le projet d’aller à la Huchette ? »

Sa question était on ne pouvait plus sincère. Il se le demandait avec la crédulité des nouveaux nés qui découvrent un objet pour la première fois.

Puis une idée fleurie à la lumière de son regard vert. Sans lui laisser le temps de répondre, il s’engagea dans une nouvelle réflexion qu’il lui partagea spontanément :

- « Est-ce que tu sais que tu es Meghan de l’instant T ? Peut-être penses-tu que tu es la Meghan selon tes parents, selon ton amoureux, selon Liam, selon le code pénal ou selon ce que ceux-ci ou ceux-là veulent de toi... Tu es dingue alors ! Tu es Meghan ! Juste Meghan ! Et tout à l’heure en me quittant, tu seras une autre Meghan... et demain matin en te levant, tu seras autre, encore, sempiternellement. Tu n’appartiens qu’à toi-même. C’est la seule confiance que tu devrais avoir. Celle d’être Meghan amoureuse, Meghan ennuyée, Meghan sur la bouche de Liam, Meghan dans le cœur de ton amoureux, Meghan l’élève, Meghan la souriante, Meghan l’indécise, Meghan la discrète ou Meghan à la Huchette... Meghan quoi. »

Il pensait avoir suffisamment cité son prénom pour qu’elle se reconnaisse. Il serra son emprise sur ses deux mains et, pour cette fois, c’est lui qui se pencha. Il rendit ce qu’elle venait de lui donner, à pression égale, à parcours égal. Lèvres, joue.

- « Et j’aime t’embrasser, Seulement Meghan. »


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MessageSujet: Re: Les rives d'un lac   Dim 12 Avr 2009 - 12:50

Il fallut à Meghan un moment certain pour retrouver l'usage de la parole.
Le temps nécessaire pour ignorer le sang qui pulsait dans ses veines et essayer de démêler le fil qui avait fait de son "non" un "oui". Les mauvaises habitudes étaient sans nul doute les premières responsables. Elle n'avait jamais su refuser quoi que ce soit, pour la simple et bonne raison que, si quelqu'un lui adressait une requête, il s'agissait le plus souvent de satisfaire à une envie personnelle qui apportait un peu de bonheur. Et un sourire en récompense, généralement. Pour la bonne raison, aussi, que pour être aimée un peu, il fallait savoir faire plaisir aux autres.
Mais là n'était pas la question.

Un "beau comme un Dieu païen" qui n'avait eu que pour seule vertu d'être une excuse d'avoir presque cédé. Une façon de lui dire que lui n'avait rien à se reprocher.
Une main qu'elle n'avait pas lâché par manque de conviction.
Un baiser papillon parti mourir sur sa joue avant d'avoir vécu.

Il fallait mettre toutes les belles choses qu'il lui avait dites d'un côté et ce qu'elle avait à dire de l'autre. Mise en quarantaine. Pas de laisser les premières contaminer les secondes. Tout cela allait se révéler assez difficile comme ça. Elle se souviendrait suffisamment bien, plus tard, quand elle serait seule, comment elle avait réussi à tout gâcher. Elle aurait tout le loisir de s'en vouloir, de repasser à l'infini ses yeux brillants qui deviendraient accusateurs, sa chaleur qui se ferait froide, etc.

Il aurait été tellement simple pourtant, de rapprocher leurs deux souffles pour s'échanger un peu de vie, de s'emparer de ses lèvres pour s'y perdre un moment et découvrir le goût du fruit défendu, de détacher une de ses mains pour la glisser, douce, dans ses cheveux humides, de rapprocher encore un peu son corps pour échapper à la pluie qui se faisait glaçante.
Mais elle résista.
Et si sa main quitta la sienne, ce fut pour venir poser deux doigts sur ses lèvres.


"Je t'en prie."

Sa voix était comme rouillée par le prélude de ses larmes. Un chuchotis couvrant à peine le rythme inlassable de la pluie:

"S'il-te-plaît. Ne dis pas ça."

Forcer sa mémoire à chasser les paroles de Liam à grands coups de volonté.

"Non, tu ne comprends pas. Tu..."

Arrêter d'avoir le regard lâche et se contenter d'un air plein de remords.

"La raison, c'est qu'il me manque. Il me manque trop.
Parce que, pour peu que je ferme les yeux, ta bouche deviendra la sienne, tes mains deviendront les siennes, tes caresses, tes baisers, le moindre de tes mots...
J'ai... une imagination très fertile."


Et pas assez de volonté pour le réfreiner.

"On a tous besoin de tendresse et je.."

Dix mois sans lui, c'était long. Elle avait essayé d'avoir deux amants pour les perdre tous les deux en même temps. Elle avait joué et elle avait perdu. Pas question de recommencer.
Mais on avait beau se mettre en diète sentimentale, essayer de se sevrer... Ça n'était jamais vraiment concluant.


"Tu as peut-être du pire, Liam Cullen. Mais tu as aussi du meilleur. Je refuse de faire ça à ton meilleur. Ce serait abject et... Et je veux pas être ce genre de fille."

Ce fut peut-être le seul instant où un soupçon de fierté réussit à franchir le barrage de ses lèvres.
Meghan déposa un baiser sur son autre joue, l'air piteux, avant de reculer d'un pas pour affronter sa rancune.


"Là, tu peux me dire, "va te faire voir, Meghan"."

Sous-entendu: "j'avais raison" même si elle aurait préféré avoir tort.

'Adieu Huchette.'

C'était une obsession.
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MessageSujet: Re: Les rives d'un lac   Dim 12 Avr 2009 - 17:50

Liam la regardait comme si elle souffrait d'une maladie rare et sans remède :

- « Heu... Meghan ? Pourquoi toute ton attitude me laisse à penser que tu crois me faire du mal ? Je ne saisis pas ou, si c'est le cas, je te trouve bien vaniteuse. Et dis-moi enfin quel est le foutu rapport entre la fidélité que tu dois à ton chéri et une balade à la Huchette ? Tu ne veux pas venir ? Si c’est ça, il faut juste le dire, pas la peine d’enliser mes neurones pour si peu ! »

Liam enfonça ses deux mains dans son caban sans quitter la Gryffondor. Il était devant un mystérieux spécimen féminin. Pour rien au monde aurait-il aimé être dans sa tête en ce moment même. Pour une raison ou une autre, cette jeune fille là aimait compliquer les choses simples en leur prêtant plus de signification que ce qu’elles avaient réellement. Sa cervelle devait être en train croupir sous des tonnes de déchets mystiques qui opacifiaient sa compréhension de la situation.

Au lieu de s’en effrayer, le Serpentard considéra que, puisqu’elle ne comprenait rien par la parole, il allait une nouvelle fois lui montrer par l’action. A priori, elle parlait un vénusien abscons et lui un franc martien que la vénusienne n’était pas non plus apte à déchiffrer.

- « Ah ! s’esclaffa-t-il, écoute, je pense que plus tu vas me parler, plus tu vas m’embrouiller et vice versa. Donc, on va observer une bonne demi-heure de silence durant laquelle je vais m’efforcer de concevoir que votre sexe n’est pas aussi farfelu qu’il veut bien le laisser croire. Tu restes ici, tu pars, tu me suis, tu fais comme tu veux. Moi, je vais à la Huchette et tu y es la bienvenue. N’oublie pas que tu as un appareil de photo à manipuler. »

Toujours souriant et incrédule, un brin moqueur tant la situation l’avait soudain dépassé, Liam se remit en marche, observant déjà la nature humide et les secrets qu’elle voudrait bien le laisser capturer.


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MessageSujet: Re: Les rives d'un lac   Mer 15 Avr 2009 - 14:17

Vaniteuse et susceptible, le cas échéant.

Euh bon, quelque part, ça devait vouloir dire qu'il ne lui en voulait pas... trop. Parfait, le monde était beau. Etc.
Un extrait lacrymal incongru balayé par la pluie.

Il faisait froid. Il faisait gris.

Enfin, quoi. Il ne l'avait pas entretenu d'Arithmancie pendant la petite demi-heure précédente. Ou alors, si? Ou alors si et elle fantasmait au grand jour? Meghan avait toujours eu tendance à extrapoler les petits riens du quotidien de manière à ce que ses espoirs se brisent encore plus rapidement que la plupart des rêves. On ne parlai pas exactement d'espoirs, dans le cas présent, mais le résultat était sensiblement le même.
Lui n'avait fait que s'ennuyer et avait voulu passer un moment agréable et... bref, elle connaissait la suite. Tout gâcher en y immisçant des frustrations personnelles complètement hors de propos. Ça devenait inquiétant de se fourvoyer autant.

Alors ça n'était pas vraiment le moment de se vexer d'un sourire.

La Huchette était toujours au programme. Étrange. Tant qu'à partir dans un rêve éveillé, autant en accepter tous les aléas. Surtout quand les aléas étaient plaisants.

En avant toute et en silence. Les yeux sur ses chaussures et les pensées qui défilaient comme les grains d'instant d'un sablier géant.


Cinq minutes.
Farfelu... C'était un peu misogyne, là, sur les bords, non?
..... Sept minutes.
..... Fidélité? A Shawn? Fidélité à rien.
........... Dix minutes.
........... Bienvenue.
............... Onze minutes.
............... Apprendre la photo. Et si elle ne savait pas?


Le vent qui soufflait. La pluie qui tombait.
Et son regard en coin qui papillonait dans sa direction. Observation.
Liam Cullen devait être du genre Carpe Diem.


'Il a de la chance.'

Mais pas question de répéter.
Laisser la vie de son côté et...

Douze minutes.

Laisser la vie tempêter et lui sourire d'un air narquois.
La question prenait racine, comme à chaque fois. Chaque rencontre la ramenait à la surface, une manière comme une autre d'apprendre à connaître les gens. Une interrogation personnelle qui devenait enquête perpétuelle.


"Qu'est-ce qu'il ferait s'il ne lui restait qu'une heure à vivre?"

Une question que ses lèvres garderaient scellée.
Trop tard, bien sûr. Le murmure était sorti à son insu. Ce qu'il y avait d'agréable, avec les murmures, songea-t-elle, c'était qu'ils étaient suffisamment bas pour être ignorés quand on refusait de les entendre. Un aller-retour rapide de son regard vers le jeune homme plus tard, vaguement confuse, Meghan sortit sa grenouille de son sac, et lui offrit la pluie.
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Liam Cullen
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MessageSujet: Re: Les rives d'un lac   Sam 2 Mai 2009 - 13:35

Liam tenait l’appareil dirigé au-dessus de lui. Il faisait la mise au point sur une branche qu’un groupe de scarabées rouges avait prise d’assaut. Ils marchaient les uns derrière les autres comme l’auraient fait des fourmis et se dirigeait vers la crevasse que le temps avaient creusée dans un endroit du tronc. Il régla l’appareil pour faire de la macro. Il obtint deux ou trois clichés réussi de ces étranges bestioles qu’il regardait tout en marchant. Il se demandait si, ceux-là, il ne les refilerait pas à Seth. Si son frère était hermétique à tout ce qui était cadeau, sa seule faiblesse était les animaux de tous genres ou les créatures fantastiques.

Un frisson parcourut Liam. Les insectes étaient les seuls créatures dont il était phobique. Il les appréciait de loin. De près, il était du genre à danser la tarentelle sur place si un cloporte lui monter sur la jambe.

Cela faisait près de dix minutes qu’il ne s’était plus soucié de la jeune fille. Le Serpentard aimait à ne penser qu’une chose à la fois. Les unes derrières les autres ses pensées s’acheminent dans son cerveau comme autant de scarabées qui vont faire leur nid dans le creux solide d’un arbre. Le chapitre invertébré dégoûtant allait prendre fin. Il le sentait. Il se sentait épié. Une question ou une remarque allait tomber.

Sans qu’elle puisse déterminer que ce sourire lui était intérieurement adressé, Liam rayonna soudain tandis qu’il contemplait ses photos. On pouvait croire que les photos le faisaient sourire mais ce n’était pas le cas. C’était Meghan. Il avait dû viser trop large avec ses trente minutes.

Les regards de Meghan ne le dérangeaient pas. Il faisait ce qu’il avait envie de faire et laissait les coups d’oeil pleuvoir sur lui en même temps que la pluie. Qu’en avait-il à faire ? Se sentir gratifié ? Non. Il n’aimait ni ne détestait être regardé. On avait des yeux et ils étaient pour voir. Cherchait-il à savoir dans un rude monologue intérieur ce que Meghan pouvait être en train de penser ? Non plus. On sait déjà que Liam ne se souciait que très peu de ce que les autres pouvaient penser et imaginer à son sujet. En outre, il avait eu un vague aperçu du système de raisonnement de la Gryffondor et, passé l’amusement et la perplexité, il ne lui en restait rien. Oui, Liam était Carpe Diem : ce qui est passé est passé, ce qui est à venir est inconnu, seul le moment présent compte. Etre nouveau et inattendu à chaque minute.

La question finit par tomber. Il eut du mal à l’entendre, croyant d'abord qu'elle bredouillait pour elle-même. Quand l'information fit son chemin, il baissa l’appareil et se tourna vers elle avec un air hésitant :

- « Moi ? Une heure à vivre ? »

Spontanément, il éclata de rire et rangea l’appareil pour marcher de plus belle. Il disparut par une trouée de branchages qui dégoulinaient de verdure. Son buste réapparut quelques secondes plus tard pour faire signe à la Gryffondor de passer. Il prit soin d’écarter les longs bras émeraude des cyprès pour qu’elle puisse se frayer un chemin. Quand elle fut passée il lâcha le tout et lui désigna le haut d’un gros arbre qui ressemblait à un séquoia. Liam n’en connaissait pas le nom mais la création de dame nature valait le coup d’œil.

Une trentaine de mètres de haut, un tronc plat, large et lisse. Les premières branches étaient à un mètre cinquante du sol. Longues et pratiquement parallèles à la terre, elles s’étendaient sur presque sept mètres d’envergure tout autour de l’étrange tronc. Après quatre étages de branches, quelqu’un y avait construit une cabane. Qui ? Liam ne savait pas. Toutefois cela devait dater car lorsqu’il l’avait découvert la première fois, complètement par hasard, elle était très délabrée. Il avait restauré les fondations afin que la petite hutte puisse supporter de nouveau le poids d’un homme. La cabane était construite sur plusieurs niveaux de branches et faisait tout le tour du tronc. Arrondie en forme de goutte, elle ressemblait à un essaim de guêpe parfaitement intégré à l’arbre :

- « S’il me restait une heure à partir de maintenant, je te ferais un chantage émotionnel pas possible pour te voir nue, rit Liam en commençant à grimper. Accroupi sur la première branche, il tendit sa main à Meghan pour l’aider à monter. D’un air plus sérieux, il reprit : mais si en général il ne me restait qu’une heure à vivre, j’irai déclarer ma flamme à la fille que j’aime. Juste pour la faire bien chier. »

Ils montèrent encore un peu et arrivèrent au premier pallié de la cabane. Liam s'assit sur le sol, les jambes dans le vide et tendit son appareil à Meghan :

- « Essaye. »

Il ne retourna pas la question. Il laissait à Meghan la liberté de se la poser toute seule.


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Meghan Cameron
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MessageSujet: Re: Les rives d'un lac   Sam 9 Mai 2009 - 12:18

Meghan se découvrait la veine comique. A l'insu de son plein gré.
Essayant de démêler, qui, entre son attitude et sa question, avait été de ce niveau de drôlerie pour provoquer un tel rire, la jeune fille le suivit au milieu des arbres, souriant doucement à son geste.

Arrivés au pied de l'arbre, c'est tout le ciel qui leur tendait les bras. Et, entre les cimes et la terre-même, une sorte de havre qui ne détonait pas. Une main tendue. Et un effort notable pour ne pas ciller à ses paroles. Juste un peu de sourire qui s'étale doucement en essayant de faire la part des choses.
Oublier aussi, combien le blanc se salit à se frotter contre un arbre. Mais l'occasion valait bien la peine de renoncer à l'immaculé. Ca ne serait jamais qu'un peu de terre et d'eau.

Et noter quelque part, le mot "galant". A éviter le pire, il n'offrait que du mieux. Ou elle n'avait absolument rien compris. Peut-être. Aussi. Il n'y avait rien de pire à dire à une fille qu'on l'aimait. Finir sa vie par un aveu... l'idée était belle. Et, quelque part, c'était quelque chose en elle qui se détendait à l'idée qu'il en aimait une autre. De l'art de se sentir moins seule. Et parce que, tout simplement, ça le rendait plus humain, plus cernable, plus palpable. Comme tout le monde, il avait sa faiblesse.

Ils s'étaient à peine élevés, mais, déjà, c'était le monde qui changeait un peu de perspective. Là encore, elle hésita à s'asseoir. Juste un instant. Puis envoya valser le "tu ne peux pas faire ça parce que tu es une fille". Si elle en avait envie....

Mais, quand il lui tendit son appareil photo, alors que c'était le souhait qu'elle avait émis un peu plus tôt, c'est avec un semblant de panique qu'elle le réceptionna. Elle avait l'air idiote, maintenant, avec cela entre les mains, sans savoir comment s'en servir, hormis ce qu'elle avait pu observer de lui pendant qu'il capturait les alentours. Poser son oeil ici. Appuyer là.
Facile à penser.
Son regard oscilla à la recherche de quelque chose à photographier, incapable de se décider sur quoi que ce soit. Le ciel et ses ombres dansantes troublées par la pluie. Les arbres qui les entouraient comme un cocon. Le sol qui dégorgeait d'eau et se chargeait de brouillard. Liam lui-même qui se prêtait sans doute le mieux à une première tentative tant elle était sûre qu'il impressionnerait favorablement la pellicule.
Elle allait s'en tenir au paysage. Le paysage garderait pour lui ses pensées et ses remarques.
Consciente que l'objectif de l'appareil photo réduisait sensiblement son champ visuel, Meghan y colla un oeil prudent et curieux, essayant d'analyser ce qui se passait dans le cadrage. Sous ses yeux, cette brume discrète qui obligeait ) imaginer ce qu'il était interdit de voir, percée par instant par la pluie pour se reformer plus opaque.


"Moi... J'ouvrirais grand les bras au ciel et je crierais de toutes mes forces."

Une manière comme une autre de s'abstraire de dix sept longues années à vivre tout bas. A ne pas oser. Se taire. Non. Pardon. Excusez-moi. Je ne fais que passer. Oubliez-moi. Oubliez-moi. Un ultime cri qui défoulerait. Sans aucune conséquence puisqu'elle ne serait plus là pour être jugée. Le bonheur simple d'agir sans penser, sans analyser. Egoïstement.

"Et... et je lui dirais que je l'aime. Pas sûre que ça lui plaise beaucoup."

Elle grimaça avant de reporter son attention sur sa vision. Incapable de faire deux choses en même temps.

"Et si c'était maintenant... Je me débrouillerais pour que tu me prennes contre toi et je mouillerais ta chemise. Parce que, en vrai... si je savais que c'était me dernière heure, je la passerais à pleurer. Ca n'a rien de très glorieux."

Clic.
En plein sur le brouillard.
Elle n'avait pas touché aux réglages. Ne savait pas.
Il y avait fort à parier que la photo était ratée.


"Tu sais, je crois que tu n'aurais pas besoin d'insister longtemps."

L'association de son visage, de son assurance et d'un peu de persuasion.... voilà qui devait se révéler efficace.
L'instantané sortit et elle le lui tendit sans y jeter un regard:


"Tu obtiens souvent ce que tu veux, non?"

Silence.
Mue par une impulsion, elle se pencha rapidement vers lui, les effleurant les lèvres et clic!
Un flou magnifique nimbait le cliché de son visage sur lequel elle s'attarda. Seuls brûlaient ses yeux au beau milieu de cette impression furtive.
Elle n'aurait pas dû. Évidemment.
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MessageSujet: Re: Les rives d'un lac   Sam 8 Aoû 2009 - 13:28

Une heure à vivre… crier ? Pourquoi ne crie-t-elle pas maintenant ? Tout donne envie de crier dans ce monde. De ses injustices à ses beautés, la vie n’est qu’une longue dépression.

Au début, Liam pensait qu’au moment de la mort, l’Homme n’était submergé que de ses regrets et de ses turpitudes. Pourtant Seth lui avait certifié qu’en mourant il ne restait que le bon : « Au moment de mourir, tu ne te dis pas qu’il te reste une crasse à faire à untel, que tu voudrais voir souffrir unetelle, qu’un casse à Gringott résoudrait ta peur et ta peine, que tu aurais dû plus travailler à Poudlard ou mieux apprendre la magie. Tu ne penses qu’à l’amour. Celui de tes parents, de tes frères, sœurs, amis… tu penses à l’amour que tu n’as pas eu le temps de raconter à la hauteur de ce que tu voulais quand tu étais en vie. S’il te reste un coup de fil à passer avant de te crasher, tu le passes à une personne que tu aimes, pas à ton pire ennemi. A la fin, il ne reste que l’amour… alors tu auras beau faire semblant que tout cela n’a pas son importance pendant que tu es sur Terre et bien en vie… à la fin, nous sommes tous égaux et nous n’avons qu’une seule pensée… »

La réflexion naquit et mourut sans arriver à son terme car Meghan venait de l’arracher à ses pensées par un baiser qui suivait des révélations qu’il n’était pas certain d’avoir comprises dans le sens qu’elle leur avait initialement alloué.

Il fut plus surpris par le cliché que par le baiser. Il ne dit d’abord rien et s’équipa d’un regard impassible et d’un sourire léger et flegmatique.

Avant de l’embrasser, elle lui avait demandé s’il obtenait souvent ce qu’il voulait. Sans répondre, sans y réfléchir encore, il prit l’instantané qui venait de sortir. Tout en lui était flou sauf son regard. Il avait gardé l’expression hébétée de se faire surprendre par l’objectif et, dans un coin d’une de ses pupilles claires, la brillance mutine qui marquait la fin de sa réflexion au sujet des aveux qui naissaient naturellement à la fin d’une vie.

- « On verra bien, sourit-il énigmatique pour répondre. Mais puisque je travaille toujours sérieusement à obtenir ce que je veux, je ne vois pas de raisons pour lesquelles je ne les obtiendrais pas… »

...à part la volonté des autres à ne pas les céder.

- « Je ne prends jamais ce qu’on ne veut pas me donner, même si ce n’est pas faute d’avoir essayé. Et, crois-moi, je ne dégage aucun orgueil particulier lorsque je les ai obtenue. C’est juste un plaisir de plus et je ne demande rien qui ne se partage au moins à deux. »

Sa dernière phrase était dite sur un ton tiraillé entre la sincérité et l’audace qu’une telle réplique insufflait naturellement. Liam se demanda sommairement si ce qu’il venait de dire ne faisait pas de lui un « collectionneur ». Est-ce que cela était bien ou mal ? Il n’était pas sûr de vouloir y songer ou de s’intéresser à la réponse.

Il prit l’appareil des mains de Meghan et le posa dans sa besace. Etait-ce le signe qu’en ce qui le concernait, l’épisode photographique était terminé ? (ou que Meghan était une terrible photographe !) Qui sait ?

- « Meghan… tu n’aimes pas que je prennes ce que je veux sans te demander. Alors donne-moi ce que tu veux et je te le rendrai. »


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MessageSujet: Re: Les rives d'un lac   Lun 31 Aoû 2009 - 12:51

Ce qu'elle voulait.
Le léger sourire qui s'était dessiné aux paroles du jeune homme céda sa place à un sérieux retrouvé.
Ce qu'elle voulait.
L'essence du problème se trouvait résumé dans ces quelques mots.
Ce qu'elle voulait.
Tout.
Rien.
Trop et pas assez.
Il y avait tant de choses à désirer. Presque autant à regretter.

En premier lieu, Meghan aurait aimé récupérer son cliché, aussi raté et pitoyable soit-il. Il y avait quelque chose dans cette image qui lui plaisait et ce quelque chose, elle aurait voulu le conserver. Elle ne demanda rien. Évidement.

Vouloir.
Quand on était Meghan, il fallait aborder la question autrement. Contourner le problème.
Donner. Pas vouloir.
Vouloir, c'était demander.
Donner, c'était juste offrir. Cela n'impliquait qu'elle et elle seule. Encore fallait-il savoir se décider. Le temps de se perdre dans les nuances entre prendre et recevoir, la nuit serait tombée depuis longtemps et le moindre soupçon de chance avec elle. Donner. Vouloir. Prendre. Recevoir. Principes actifs. Principes passifs. Féminins et masculins.


'Tu réfléchis trop.'

Réfléchir, c'était se donner les moyens de prendre conscience d'une erreur avant de la faire.

- Tu réfléchis trop. Tu observes au lieu de vivre.

Qui lui avait dit cela?

- Tu pourrais mourir demain.

Logan.
Bien sûr.
Qui d'autre?
Quelques mots en souvenir comme une incitation.
Qu'avait-elle à perdre? Rien qu'elle n'ait déjà perdu.


"Je n'y arriverai pas."

S'il n'avait jamais vu une Gryffondor pleutre que le moindre pas en avant paralysait, c'était le moment ou jamais d'observer un spécimen unique en son genre.

Maintenant, procéder par étapes. Si tout le monde y arrivait, pourquoi pas elle, n'est-ce pas?
Doucement, prendre la main qu'il lui avait refusé.
Ce qu'elle voulait en premier? Un peu de chaleur. Informulable.
Ensuite, essayer de soutenir son regard.
Ce qu'elle voulait en deuxième? Un peu de compréhension. Inexplicable.
Enfin, s'approcher jusqu'à l'effleurer, dans une vague imitation de son passé récent.
Ce qu'elle voulait en troisième? Un peu de d'affection. Inavouable.

Un peu d'oubli.
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