Jeu de rôle basé sur les règles inventées par J.K. Rowling dans l'univers de Harry Potter.
 
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 Les fleurs bleues

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Seth Cullen
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MessageSujet: Les fleurs bleues   Dim 22 Mar 2009 - 15:38

« Comme chaque matin, quand d’autres s’étirent pour réveiller toutes leurs articulations et leur corps émergeant d’une embolie nocturne, je ne me lève pas. Je suis déjà levé car je ne dors jamais. Je ne m’évertue même plus à faire semblant de bailler, de toute manière, cela fait si longtemps maintenant que je n’ai plus dormi ou baillé que je ne parviens même plus à copier ce son si naturel qui, dans ma bouche, sonne particulièrement faux. Mes camarades de dortoir se sont habitués à me voir debout le premier :

- Comment tu fais, Cullen ? Tu es toujours couché le dernier et levé le premier mais tu n’as jamais l’air fatigué, baillent-ils quand ils me découvrent tranquillement assis sur mon lit déjà fait, ou plutôt, jamais défait, en train de lire un grimoire. J’en bouffe des grimoires. Je lis tout ce qui me passe entre les mains pour habiter les nuits où je ne pars pas chasser. La bibliothécaire est ravie. Elle m’adore. Elle m’adore d’ailleurs un peu trop. Je compte la dénoncer à Rosemont si elle m’appelle encore une fois "chaton". Détournement de sorcier mineur - même si techniquement, je suis mort le jour de l’anniversaire de mes dix-sept ans mais qu’on ne compte pas les deux cent années dans le passé -, ça lui fera le chaudron. Il doit bien exister quelque part une loi qui interdisent aux femmes mures célibataires et sans enfant d’infantiliser de cette façon les jeunes gens en les appelant par des petits noms d’animaux ? »

star


La silhouette longiligne de Seth tourna au coin d’un couloir et disparut dans les méandres des passages secrets qu’il avait eu grand loisir de découvrir ces derniers mois. Celui qu’il emprunta se cachait derrière la statue de Moustache The Butcher. Un gros chanoine de marbre qui portait une moustache qu’on devait faire tourner sur trois-cent-soixante degrés afin de déclencher le mécanisme d’ouverture de la petite porte cachée dans son gros ventre rond. Passant quotidiennement devant la sculpture pour se rendre vers une salle abandonnée où il y trouvait son compte de tranquillité, Seth se doutait que cette hétéroclite représentation religieuse cachait quelque secret. Il découvrit le passage secret après deux heures de tentatives infructueuses qui l’avaient mises dans un tel état de caprice qu’il avait songé lui voler sa moustache pour la mettre sur le visage de la statue Sans Nom du deuxième étage. Sans le vouloir, il avait ainsi fait mouche.

Le passage menait directement à la tour de Godric. Discrètement, Seth sortit du passage secret dont l’issue était cachée par une plante molletonnée de fleurs blanches qui poussait dans les dalles et sans terre. En la traversant pour sortir du passage secret, la fleur laissa ses pétales de plumes duveteuses dans les cheveux blonds et sur la chemise sombre du jeune sorcier vampire. Après un coup de baguette qui ne concerna que les vêtements, Seth se pointa devant le tableau de la Grosse Dame qui roula des yeux :

- Qu’est-ce que tu veux encore, mon garçon ?
- Elle est réveillée ?
- Non... toujours pas.
- Je ne vous crois pas.
- T’ai-je déjà fait écouter ma dernière création ? Une création exceptionnelle. Herm, herm... la la li la la la... je l’ai appelé Cantate pour un Crapaud Amoureux d’une Licorne.


La Grosse Dame ignora Seth qui essaya, pendant ses premières vocalises, de la dissuader de chanter. Il ne voulait pas se faire remarquer :

- Je veux bien l’écouter une prochaine fois mais là je voudrais la voir !
- Non, elle dort, t’ai-je dit !
- Je sais qu’elle ne dort pas ! On avait rendez-vous ici et maintenant... et je la sens.
- Tu... tu la sens ? Qu’est-ce que tu es ? Une sorte de chien superhéros ?
- Comment connaissez-vous les superhéros ?
- Tss, ces enfants en parlent toute la journée. J’ai bien dû me renseigner ! Ils ont presque remplacé nos plus dignes sorciers... quelle honte ! Si je tenais ce Bagman et ce Wolofryn !


Seth imagina momentanément un superhéros habillé d’un sac poubelle et d'un collant rose ou Wolfverine vêtue d'un boubou et parlant le wolof puis il revint à lui :

- Allez me chercher Eden...
- Non.
- Pourquoi ?!
- Je ne t’aime pas beaucoup, mon garçon. Tu es étrange. Et je ne veux pas que cette enfant te fréquente.
- Alors, là, ma grosse, ce n’est pas votre problème...
- GROSSE ?!!!! IL M’A APPELLE GROSSE !!!!!


Et le portrait se mit à pleurer. Pour Seth qui ne voulait pas se faire remarquer, ce fut raté. Le bon côté de la chose fut qu’Eden - et la moitié des Gryffondor présents dans la salle commune à ce moment - sortirent pour voir ce qu’il se passait. Ni une ni deux, Seth prit Eden par la main et l’entraîna vers les escaliers :

- Cullen ? Qu’est-ce que tu lui as fait ?! criait un des Rouge de septième année.
- Hé ! T’as plein de plumes dans les cheveux ! Qu’est-ce que tu as fait cette nuit ! fit, grivois, un second.

Seth grommela quelque chose qui ressemblait à "fégafdepatraînertoutseulanuitoasinontuvafinirenchairavampire" mais il s’échappa du couloir.

Arrivés dans le hall, le Serdaigle se retourna et prit Eden par les joues pour l’embrasser. Un baiser du matin. Un peu long mais très agréable. Se détachant de ses lèvres, il respira goulument son odeur matinale. Pain chaud, vanille, rose et... chocolat. Ils s’étaient vus la veille mais...

- Tu m’as manqué.

C’est à cet instant qu’il le remarqua :

- Sanders, tu... tu es en chemise de nuit...

star


Allongés sur le dos, dans l'herbe sous les rayons des dernières lueurs de la journée. Un dimanche beau et ensoleillé qui annonçait le printemps. Une météo d'une douceur étonnante pour ce mois d'avril.

A côté d'eux le Clocher trônait sur son monticule de vieilles pierres au milieu d'un champ de fleurs bleues qui étaient apparues du jour au lendemain... mais Eden devait se douter que leur poussée soudaine avait quelque chose à voir avec l'ennui mortel qui accompagnait les nuits de Seth. Le Serdaigle avait beaucoup avancé dans la restauration de la vieille église. Il trouva ironique que ce fût une maison de Dieu qui accueillit ses amours immortelles. Lui, l'ange renégat, qui passe son temps à restaurer la maison de celui qui le niait.

Il devait encore déboucher la cheminée, car les nuits écossaises restaient fraîches, et trouver quelques chose pour meubler le tout et ça serait bientôt fini.

Eden était toujours en chemise de nuit mais elle portait maintenant la cape de Seth autour d'elle. Il entrecroisa ses doigts avec les siens. La pleine lune commençait à se dessiner. Une des rares fois où le soleil et la lune se rencontraient. C'était l'enjeu de la soirée. Pleine lune.

- Sanders, tu veux danser pour fêter la pleine lune ? demanda-t-il tout bas sans se redresser.




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Eden Sanders
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MessageSujet: Re: Les fleurs bleues   Dim 22 Mar 2009 - 17:51

On passe beaucoup de temps à vouloir paraître.
Paraître digne, paraître joyeux, paraître beau, paraître soi ou quelqu’un d’autre.
Paraître, avoir l’air, sembler.
On s’attache trop peu à qui l’on est vraiment.

En ce dimanche, dans une chemise de nuit qu’elle n’aurait probablement pas choisie si on lui avait dit qu’elle devrait passer la journée avec, les cheveux ébouriffés une fois de plus, elle n’avait jamais autant eu l’impression d’Etre.
D’être elle. Seulement elle, mais elle tout entière.

Le clocher n’avait jamais été aussi beau que dans les pâles rayons d’un dernier soleil qui avait parsemé la journée d’une douceur estivale.
Les fleurs bleues s’agitaient sous la brise légère qui se levait avec le crépuscule de la nuit. L’une d’elle lui caressait la joue, presque rassurante.
Il avait fallut négocier dix bonnes minutes pour qu’elle consente à s’allonger dans les fleurs, se refusant à les « casser ».


- Sanders, tu te prends pour quoi ? Même un lapin ferait plus de dégâts que toi en s’arrêtant dessus.
- … Mais…
- Viens.

Elles étaient en effet plus résistantes que ne laissait penser leur apparence fragile.

- C’est quoi comme fleurs?
- Des fleurs bleues.
- … bon.

Fleur bleue alors.

star


- Sanders, tu veux danser pour fêter la pleine lune ?

Un frisson lui parcouru l’échine.
Doublement.

S’adresser à elle sur ce ton là était toujours un crime. Il n’avait pas conscience de ce qu’il provoquait chez elle.
Elle ferma les yeux un instant.

Certains mots n’avaient plus la même signification quand on aimait un vampire-loup garou. Des mots tels que soif, mordre, pleine lune, éternité, prenaient une tout autre dimension.

« Fêter la pleine lune » faisait partie d’un vocabulaire qui attira son attention.


- Danser ?
- Oui, ça consiste à mouvoir son corps en cadence selon les règles de la danse. A moins que tu n’aies peur d’abimer les fleurs…

Elle lui jeta un œil mi-agacé mi-amusé.

- Non, danser ça me va.

Elle roula sur le côté pour se coller à lui et nicha son visage au creux du cou du Serdaigle, inspirant son odeur comme on prend de l’air.
Sa main s’éleva vers le visage de Seth, tandis que ses doigts exploraient ses traits, descendaient dans son cou et s’enivraient de la douceur de sa peau. Bien vite les lèvres de la rouge et or cherchèrent les siennes et esquissèrent un sourire quand elles les rencontrèrent.


- Je te laisse mener la danse, ça va de soi. Je ne connais pas d"ode à la lune.
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Seth Cullen
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MessageSujet: Re: Les fleurs bleues   Dim 22 Mar 2009 - 18:34

- Je mène, concéda-t-il dans un murmure cependant que les lèvres et les doigts d’Eden partaient en chevauchée fantastique tout au long de sa mâchoire, de son cou et de lui.

- On ne danse pas allongés, essaya-t-il de se la repousser doucement. Il devait toujours la repousser quand il sentait qu’il perdait pied. Pour elle et pour lui, ça lui paraissait plus avisé bien que très frustrant. La peur d’un fatal geste le poursuivait tout le temps. D’une suite de mouvements à la cadence aussi vive que stable, il les remit debout tous les deux. L’une des baguettes jouait déjà un air. Dans cette suite de gestes, Seth s’était débrouillé pour qu’ils ne fussent pas séparés.

Il garda Eden dans ses bras, Eden dans son cou, Eden sur sa bouche mais la reposa sur le sol ferme. Il l’aidait à la laisser atteindre ses buts en se recourbant un peu plus sur elle, le dos bombé pour coller sa joue contre la sienne pendant que ses mains, l’une sur le bas de son dos et l’autre dans la sienne, la guidait sur des pas rythmés et qu’il trouvait joyeux et doux.

Au bout d'un moment :

- Eden, tu as déjà songé à...

« On dirait un collégien. J'ai du mal à trouver mes mots... Mais sur ce point-là, je ne suis qu'un collégien. »

- Non, laisse tomber.
- Songé à quoi ?
demanda-t-elle intéressée, en ignorant la seconde partie de la phrase comme à chaque fois qu’il disait "laisse tomber." Quelque chose dans cette phrase était en dehors de l’entendement d’Eden qui ne devait pas y concevoir le sens commun que le reste du monde avait prêté à cette expression idiomatique. Autant qu’il ne dise rien.

« Heureusement que je ne peux plus rougir. J'aurais été framboise. »

- Au fait qu’on ne peut pas... doit pas ? Je veux dire... tous les deux... enfin... je ne sais pas comment le dire ! finit-il par s’agacer. Son agacement ne lui retira pas le sourire moqueur qu’il avait au sujet de lui-même. On avait beau être craint par quatre-vingt dix pourcent de la faune que prononcer ces trois inéluctables mots n’étaient pas plus facile : faire l’amour.

« Ce fut elle qui rougit pour deux. »

- Si. Parfois je me dis qu'on peut. Puisque... d'une certaine manière, on l'a déjà fait. Enfin, on le fera...peut-être... Tu m'as comprise.

Il avait compris. Il songea à nouveau aux trois portes de la Dame Grise. Ils ne l’avaient pas fait. Pas eux. "Les résultats de leurs choix dans le futur" l’avaient fait. Mais eux, jamais. Et, par ce qu’en disait le futur, ils feraient bien mieux d’éviter. Seth qui avait abandonné le guidage de la danse un court instant relança le pied et continua de danser avec un réel plaisir.

« La simple idée qu’on le puisse et qu’elle ne paraisse pas réticente à l’idée me donnait la moitié du plaisir que je n’aurais jamais entier. L’autre moitié resterait en songe et m’était d’avis que je devais commencer à m’habituer à l’idée et à l’accepter. »

Seth n'avait rien à dire de plus à ce sujet qui ne les replonge dans les mêmes rougeurs. Mais la question lui trottait dans la tête bien qu'il trouvât l'aventure dangereuse. En parler avec Amys, le vampire qui l'avait un jour transformé et qu'il avait de nouveau rencontré dans le futur grâce à Noah, lui avait paru plus aisé.


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MessageSujet: Re: Les fleurs bleues   Mar 24 Mar 2009 - 21:48

Est-ce que tu me trouves jolie Seth?

Parcourant ses veines, galopant sous l’épiderme, emplissant chaque parcelle de son corps, son cœur, son ventre, ravageant la raison comme la peur et les doutes, inoculé presque une année auparavant, le virus Cullen poursuivait sa course dans les méandres de son corps.
Et ses pas de suivre ceux de Seth. Et son cœur de battre la chamade pour chacun des battements qu’il n’a plus, ses joues de rosir à chaque regard qu’il porte sur elle, ses pensées de s’égarer aux endroits précis qu’elle cherche à éviter.

Son genou frôle celui de son partenaire à maintes reprises provoquant l’inévitable affluence de sang dans son visage suivit aussitôt d’un coup de sang plus rageur.
Captivée par les jeux de lumière sur sa peau mordorée, elle s’égare, rate un pas, lui marche dessus, se confond en excuses, s’en veut de s’excuser et finit par bougonner.


- Cullen, comment tu veux que j’arrive à danser…

Bien plus un reproche qu’une question.

- Un pied devant l'autre, Eden... accroche-toi juste à moi et suis mes pas, sourit-il dans son oreille.

Parce qu’il ne sait visiblement pas tout ce qu’il provoque en elle. Un sourire un murmure et suivre ses pas devient la plus douce torture.


- Très bien.

De bonne guerre alors. Ses mains s’agrippèrent au cou du serdaigle, cramponnée au moindre mouvement de son corps, soignant les intenables frôlements par un contact des plus rapprochés.
A quelques centimètres de son souffle, se nourrissant de la douce odeur exhalée par son haleine elle le suit. Il se redresse légèrement.


- Tu n'as jamais peur de moi ? De ce que je pourrais te faire sans le vouloir ?

Les lèvres de la Rouge esquissèrent un rapide sourire, un peu lointain. C’est aussi sans le vouloir qu’il l’a fait la dernière fois. La seule chose qui lui fasse encore peur est qu’il parte à nouveau. Mais elle ne le dira pas. Trop de blessures sont encore enfouies depuis ces derniers mois. Il ne sert à rien de les rouvrir avant cicatrisation totale.
Alors oui, elle a peur. Mais pas de lui. De son absence.
Le souvenir d’un soir au bord de l’eau lui revint en mémoire recouvrant celui d’une nuit de bal d’un peu de douceur. Des frelons et le premier éclat de sa particularité. Oui elle avait eu peur. Et maintenant ?


- Tu ne me ferais pas de mal.

Sauf si tu partais.

Ses yeux se détournèrent rapidement pour effacer les derniers relents de nostalgie saupoudrée d’une crainte qu’elle ne veut pas lui montrer. Lui imposer serait cruel.

- En le voulant non, jamais... mais ce qui me retient c'est ce que je ne commande pas.

Il y a bien une solution…

Elle pressa légèrement ses lèvres sur son torse froid, inspirant profondément pour reprendre contenance, ou perdre pied totalement, avant de murmurer d’un air amusé.

- Et qui commande alors ?
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Seth Cullen
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MessageSujet: Re: Les fleurs bleues   Dim 5 Avr 2009 - 22:53

- Ca ne sera pas toi en tout cas, autrement nous en perdrions tous les deux la tête.

« C’est ce parfum. Celui que je sens en ce moment même qui me rend dingue. Il déborde d’elle comme une liqueur d’un verre trop rempli et il me consume de l’intérieur, m’enivre, me fait perdre toute résistance. Elle émane ce parfum quand... quand elle désire, je crois.

La musique s’arrête. J’aimerais attendre avant de me reculer mais je ne peux pas rester plus longtemps dans ses bras. Elle me rend fébrile. La douleur de la faim que je n’avais pas jusque là se ravive et, sous mes gencives, je sens mes crocs essayer de me déchirer la chair.

- Désolé, lui dis-je disparu aussitôt sur le petit balcon d’une des fenêtres de l’église. Je me vois aller bien loin quand j’ai peur de la blesser. Eden, dis-je toujours perché mais riant de bon coeur, tu ne peux pas me faire ça ! Aie la décence de camoufler tes hormones ! Tu es une fille, bon sang ! »

La dernière note de musique s’éteignit complètement. Seth s’assit sur le rebord de la fenêtre qui n’avait pas de carreau et laissa ses jambes dans le vide. Du haut de son trône en ruine, il regardait Eden, seule, en chemise de nuit au milieu des fleures bleues. L’image lui arracha un sourire doux :

- Hey ! Crevette, tu sais que je t’aime ? Tu me rends dingue. Je suis obligé de me rapprocher de Dieu pour me préserver... pourtant, comme je le déteste celui-là pour ce qu’il m’a fait...


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Dernière édition par Seth Cullen le Mar 7 Avr 2009 - 21:41, édité 1 fois
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Eden Sanders
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MessageSujet: Re: Les fleurs bleues   Mar 7 Avr 2009 - 20:47

Eden masqua une moue contrariée d’avoir été abandonnée sur la piste de danse aux éclairs bleus, pour lui préférer un rictus ironique.

- En général, les filles et leurs hormones n’apprécient guère qu’on les plante au cours d’une danse. Même quand c’est au milieu d’un champ de fleurs.

Et même quand c’est pour lui préférer un dieu.
Un dieu cruel sans lequel tu ne te serais pas retrouvé à l’infirmerie avec moi ce jour-là…


Honteuse de son égoïsme, elle détourna rapidement les yeux.
Elle s’assit donc à ses pieds, parmi les « bleuets» et leva les yeux pour le contempler, sur son perchoir. La lune argentée, ronde comme la pupille d’un immense œil aussi bienveillant qu’il pouvait être cerbère, entourait le visage du serdaigle d’un halo pâle d’où émanait une douce lueur. Eden hésitait encore. Qui faisait briller l’autre ?
Elle inclina la tête pour mieux le contempler, jamais lassée du spectacle qu’il offrait. Une brise légère et parfumée agita les fleurs et les cheveux d’Eden. Elle s’enveloppa dans la cape de Seth, couvrant ses pieds de l’étoffe sombre.
Elle n’avait pas relevé sa remarque concernant les commandes, ne doutant pas un instant qu’elle les perdrait tous deux si on la laissait faire. Plus elle se forçait à occulter certaines choses, plus elle y pensait, en bonne rengaine obsédante. Quel avenir pour deux êtres tels qu’eux ?


- Je t’aime aussi. Murmura-t-elle.

Qu’importe qu’elle le murmure ou le crie, il entendait au moindre raté de son cœur de crevette.
Ses yeux parcoururent les vieilles pierres, les enveloppant presqu’amoureusement. Naissait avec ce lieu un sentiment tout à fait particulier qu’elle n’avait encore jamais expérimenté pour un objet. La jalousie. Jalouse que ce lieu puisse être exploré par d’autre. Et fière aussi. Très fière qu’un jour, il puisse servir à d’autres, comme lieu de rendez-vous, comme havre de paix, coupé du monde et de sa réalité pas toujours aussi propre que ce qu’on l’aurait espéré.
A l’endroit où se tenait Seth elle Ange imagina des vitres et sourit. Où poserait-elle ses valises en Juillet ? Et avec qui ?

Elle dégagea brusquement une mèche de cheveux qui lui chatouillait la joue, en un geste vif, contrastant avec la bouffée d’émotion qui l’avait envahie.


- Seth ?

Elle marqua une pause, se mordant la lèvre inférieure, un peu hésitante quant à la nature du terrain sur lequel elle s’engageait d’un pas bourru.

- Je crois que j’ai envie de voyager.
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MessageSujet: Re: Les fleurs bleues   Dim 12 Avr 2009 - 19:16

- Je t’emmène où tu veux, dit-il spontanément avec des accents cérémonieux depuis son perchoir. Il lui semblait que désormais rien ne lui était complètement impossible. La fatuité dont il enrobait sa réponse ne répondait qu’à son envie de lui faire plaisir. Loin de lui était le besoin de démontrer ce qu’il pouvait faire. Surtout pas à elle qu’il mettait sur un pied d’Estal.

L’été dernier, il avait été absent. Cette fois, il comptait bien se racheter mais surtout profiter. Il avait déjà écrit à Oda à ce sujet. Il lui avait demandé quels étaient les plans pour les vacances. Sa mère lui avait répondu le lendemain même que cela dépendait de beaucoup de choses, comme par exemple le nombre d’invités et de déserteurs qu’ils auraient à Carlisle. Elle ne l’écrivit pas mais Seth savait ce qu’elle sous-entendait par là... Oda aussi avait été très affectée par sa longue disparition. En outre, elle espérait certainement avoir toute la famille pour une semaine au moins. Et Eden. Elle précisa ensuite qu’Ephraïm et Jacob projetaient d’organiser un périple vers les Carpates pour rencontrer Sir Orcam, un vampire qui vivait reclus dans les montagnes roumaines. L’homme, expliquait-elle, avait accepté de recevoir les humains sous la condition qu’ils amenassent leur « Etrangeté. » L’étrangeté en question n’avait pas l’air d’avoir le choix et il représentait la condition sine qua non de cette rencontre. Seth avait donné son accord. De toute manière, il était hors de question de laisser son père et son grand-père seuls face à un vampire. L’entrevue compléterait peut-être ce qu’il avait appris d’Amys.

Hormis ce voyage vers les Carpates, les semaines restantes seraient tout entièrement dédiées à satisfaire Eden.

- Je vais d’abord voir mes parents... il y aura toute la famille, on va fêter l’anniversaire de mon père. Il va avoir quarante ans. Oda t'a invité, je pense qu'elle aimerait bien nous voir tous rassemblés au moins une fois dans sa vie.

Une moue assez sombre échappa à Seth. S’il comptait la réalité de ce qu’il avait vécu, il était devenu plus vieux que son père... il avait exactement quatre fois l’âge d’Ephraïm.
Il se recomposa immédiatement un visage jovial pour ne pas ternir l’instant par ses regrets et sauta de son perchoir pour rejoindre Eden. Dix minutes. C’était tout ce qu’il avait tenu loin d’elle. Comment avait-il pu demeurer trois mois sans la voir quand dix minutes l’oppressaient ?

Il l’entoura de ses bras et en un soupir, Eden était sur son dos. Il la maintint solidement et sauta une nouvelle fois vers la fenêtre de l’église. Il n’y eut aucun son, aucun à-coup, aucune bousculade. Tout se déroula dans un silence et une fluidité hors norme. Ainsi, elle se retrouva assise sur ses genoux, découvrant la vue qu’il avait depuis son perchoir. Loin devant eux, le soleil orange se couchait. Il aurait été dommage que l’humaine rate le spectacle.

- Je te tiens, la rassura-t-il en l’embrassant. Alors, dis-moi, que veux-tu faire pour ces vacances ? J’aimerais que tu me demandes tout ce que tu veux sans te soucier du prix, des possibilités ou de la sagesse... fais comme tu fais si bien : sois folle.


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MessageSujet: Re: Les fleurs bleues   Lun 13 Avr 2009 - 19:02

Elle ne put empêcher son nez de se froncer à la mention du « tous réunis ». Oda tenait-elle vraiment à ce que le gâteau de son mari serve d’arme de guerre entre son aînée et l’une des invités ? Liam ne digérerait jamais qu’elle s’invite à nouveau pour les vacances. Et puis… Ils devaient avoir remarqué l’absence de la photo depuis son dernier passage. Que diraient-ils ?
Sa moue contrariée s’accentua lorsqu’elle réalisa que toute la famille, c’était aussi Victoria.


- Je... commença-t-elle avant d’être saisie et déposée sur la fenêtre.

C’est de la censure douce !

Elle lui offrit un sourire sarcastique en réponse à ses phrases rassurantes. Elle n’avait pas peur de tomber. Il ne la lâcherait pas. Elle détourna à regret ses yeux du visage du Serdaigle pour les diriger vers un spectacle tout aussi lumineux. Les dégradés de lumière s’intensifiaient plus on se rapprochait de l’horizon, du rouge au rose en passant par des couleurs dont elle ignorait le nom. Lentement, le crépuscule gagnait du terrain, passage entre le jour et la nuit ou tout est possible.

- [clor=green]Tu te rends compte que quelque part il y a des gens qui contemplent le lever de ce même soleil en ce moment même ? [/color]Chuchota-t-elle.

Elle devina son sourire amusé dans l’obscurité et se mordit la lèvre de la naïveté de ses observations.
Sans lui laisser le temps de se moquer, le petit génie de l’astrophysique entreprit de s’atteler à la tâche dans laquelle elle excellait : être folle.


- Ok, Cullen. Note bien parce que j’ai pas mal d’idées.

Sans quitter des yeux le lieu où l’horizon avalait les dernières lueurs du jour, elle débita à une vitesse impressionnante une série d’activités qui lui trottaient dans la tête.


- J’aimerai aller visiter des volcans le plus prés possible, L’Etna, le Vésuve et d’autres ! Parce que j’ai beau réfléchir, il y a toujours des choses qui me paraissent incroyables. Je voudrais faire le tour de l’Australie, caresser un kangourou, visiter les pyramides d’Egypte, la forêt amazonienne, prendre l’avion, faire l’amour, assister à un match international de quidditch, apprendre à nager à faire du ski, grandir un peu, retourner au cinéma, poser des fleurs sur la tombe de ma mère, dormir dans ce clocher, chasser avec toi, visiter la France, Venise, Rome, apprendre à conduire et…

Elle leva vers lui un sourcil interrogateur, étonnée de ne pas avoir été interrompue par un soupir, une moquerie, des yeux roulants.

- D’ailleurs on pourrait commencer tout de suite, poursuivit-elle de surcroît. Etant donné que notre présence en Egypte nuirait au déroulement de notre scolarité actuelle, je ne vois que très peu d’activités réalisables tout de suite.

Elle se dégagea lentement de ses genoux pour s’installer sur le rebord de la fenêtre, à ses côtés, les pieds dans le vide se balançant d’un air innocent.

- Nous n’avons ni ski, ni voiture à portée de main, pas de joueurs de quidditch, d’avions ou de kangourou…

Elle évalua un instant la distance qui la séparait du sol et finit par opter pour une descente en différée. Elle tendit une main en avant et s’empara d’une branche de l’arbre qui poussait à côté de la bâtisse. Prenant garde de poser son pied sur une branche qui supporterait son poids et dépourvu de toutes brindilles susceptibles de lui entailler les pieds, elle gagna l’arbre d’un bond.
Elle descendit prudemment les quelques mètres qui la séparait encore du sol, tâchant de ne pas s’emmêler les pieds dans sa chemise de nuit, ou commettre une quelconque maladresse qui changerait la soirée en drame digne d’un soap américain. Lorsqu’elle posa à nouveau les pieds parmi les fleurs bleues, il était déjà là.
Elle n’avait rien entendu, hormis ses propres bougonnements lorsque la prise n’était pas sûre.
Dans un soupir elle planta ses yeux gris dans la pâleur de ceux de Seth et annonça de but en blanc.


- Cullen, il faut que j’apprenne à nager.

Elle fit quelques pas parmi les fleurs, sans oser se tourner vers lui de peur d’y déceler une lueur moqueuse ou un air trop étonné.
En marchant tout droit, elle finirait bien par tomber sur le lac… dans quelques heures…
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MessageSujet: Re: Les fleurs bleues   Mar 14 Avr 2009 - 20:02

« J’éprouve toujours comme une inquiétude démesurée quand Eden fait le genre de chose qu’elle est en train de faire maintenant : être pendue dans le vide. Pourtant, je ne voudrais pas lui ôter le plaisir de jouer aux singes alors je me contente de surveiller. Assis sur le rebord de la fenêtre, je la suis des yeux, près à intervenir. Quand il apparaît qu’elle parviendra en bas sans trop d’ecchymose, je saute de la fenêtre et la rejoins avant qu’elle se retourne. Un sourire béat appuyé sur les lèvres. J’aime bien quand elle sursaute. »


Durant tout l’énoncé de ses envies, Seth avait gardé un visage incroyablement serein. On ne put noter qu’un infime frétillement qui fit vibrer sa prunelle au moment où elle glissa que... enfin, tout le monde sait très bien à quel moment Seth dû faire un effort pour rester concentré sur ce qu’Eden disait. Il avait tout enregistré, savait déjà par cœur la liste dont il s’évertuerait à barrer chacune des activités une fois qu’ils les auraient vécues tous les deux.

Il y avait toutefois quelques mais. Evidemment, elle le savait et elle savait aussi très bien qu’il savait qu’elle savait. Aussi sourit-il quand arriva la conclusion de sa petite amie : elle voulait apprendre à nager. Ici aussi notez que Seth garda un extrême contrôle de lui-même quand elle s’amusa à le faire tourner en troll pour souscrire à une conclusion dont les apparences en suggéraient une toute autre. Mais le Serdaigle n’était pas garçon à se fourvoyer. On pouvait le déstabiliser une fois mais pas deux d’affilée.

- Je suis d’accord pour tout, souligna-t-il bien le mot « tout » avant de lui jeter son « mais » à la figure. Mais...

Il s’approcha d’elle tout doucement, braquant ses iris d’eau de mer dans les siens gris d’argent et penchant légèrement la tête de côté pour que les vagues qui les animent submergent Eden dans les récifs qu’il connaissait. C’était du sadisme, ni plus ni moins. Il irradia de gestes à la langueur sensuelle tandis que sa main s’éleva jusqu’à son cou. Il fit courir son index froid le long de sa jugulaire dont il approcha son souffle sans toutefois laisser ses lèvres la toucher. Son doigt descendit le long de son thorax, décrivant une ligne droite qui la découpait en deux jusqu’au nombril où il s’arrêta. Pendant ce temps, son autre main n’était pas en reste. Trop soucieuse de balader sa tribu de doigts glacés contre sa nuque et sa joue. Sa bouche était remontée très doucement dans le chemin inverse, le cou, la mâchoire, le coin de sa bouche. Il lui parla ici :

- Mais il y a des choses pour lesquelles il faudra attendre et dont je peux à peine te donner un avant goût tellement je manque d'expérience en le domaine.

Il joignit sa bouche à la sienne. Le baiser se transforma en frôlement. Il finit par s’écarter, laissant sur son ventre et dans son cou ses deux mains :

- Grandir, par exemple. Ca prend du temps... moi perso, ça ne m'arrivera plus. Quant au ski, je ne crois pas que l’été soit la meilleure saison pour ça mais on pourrait retourner à Seagaard pour tenter l'aventure. Pour le reste - il la prit dans ses bras, cassant le ton d’un seul coup -, comme tu dis, de possible et à portée, nous n’avons véritablement que le lac.

Et de filer à travers le bois en direction du Lac Noir.
Ils y furent en quelques minutes dont le ciel avait profité pour s’obscurcir. Seth déposa Eden sur le gazon et ne put s’empêcher de lui rire au nez.

- Crevette, tu es sûre de toi ?


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MessageSujet: Re: Les fleurs bleues   Ven 17 Avr 2009 - 19:37

Non.

C’est important ?


Elle lança un regard noir au lac de la même couleur et se tourna vers Seth, un petit sourire fier aux lèvres.

- Oui.

Il ne faut pas penser à l'objectif à atteindre, il faut seulement penser à avancer. C'est ainsi, à force d'avancer, qu'on atteint ou qu'on double ses objectifs sans même sans apercevoir.

Bernard Werber.

Un reflet blanc passa sous ses yeux et voleta plus loin.

*


Le vent jouait dans ses cheveux et la faisait rire. Il agitait des boucles dorées autour de ses joues, faisait tourner sa robe encore mieux que ne le faisait ses figures de petite fille. Il lui renvoya une feuille, puis deux. Il courbait les arbres et remuait la poussière, puis décida enfin de lui prendre son ruban…

*



Elle ôta rapidement la cape de Seth et ne s’arrêta pas là. Jetant sa chemise de nuit un peu plus loin, elle fit quelques pas en direction du lac. Non sans un dernier regard appuyé en direction de Seth qui n’eut pour autre but qu’observer l’impact de ses gestes sur lui.
La petite silhouette s’éloignait en sautillant, cachant l’angoisse de ses actes sous la légèreté de ses pas.
La nuit était fraîche, certes, mais pas autant que l’eau. Ses chevilles furent témoins de la vague d’émotions glacées qui prirent possession d’elle lorsque le liquide enfin vint goûter sa peau.


- Je suis complètement folle. Murmura-t-elle.

Un frisson parcouru son corps et bientôt sa peau entière fut agitée de tremblements légers, dont le froid n’était pas le seul responsable.
Elle entra dans l’eau avec sa douceur habituelle, d’un trait, jusqu’à la taille puis s’arrêta net. La lune répandait une inquiétante lueur sur les eaux sombres qu’Eden ne se serait pas étonnée de voir cracher des volutes brumeuses.


Il va me sortir une sale bestiole de là.

Quoi que non, elles ont peur là les bestioles.


L’avantage d’être accompagné par le plus grand prédateur de toutes les bestioles en question.

Elle daigna enfin laisser ses bras quitter ses frêles épaules et rejoindre à leur tour les eaux fraîches du lac.
Sous la surface vitreuse, ses mains formaient deux tâches blanchâtres. Elle les contempla sans mot dire. Anxieuse.

*


Un pâle cercle lumineux à travers le liquide hyalin. Il se rapproche et s’éloigne comme un jouet que l’on tend puis retire.
Sa main se tend pour essayer de l’attraper, de s’y agripper. En vain. Elle redescend toujours, attirée par une force qui l’entraîne vers le fond et lorsqu’elle remonte, ce n’est pas suffisant.
Elle bat furieusement des pieds poussée par un instinct de survie mais quelque chose de dur au dessus de sa tête empêche ses poumons d’inspirer l’air qui leur manque.

*


Etait-ce dû aux vitre devinées ? Au clocher retapé ?


Qu’est-ce que tu veux te prouver ?

Un pas.

… lui prouver ?

Un second.



Elle inspira profondément et acheva son entrée dans l’eau en fléchissant les jambes, laissant le lac venir jusqu’à déposer une caresse fraiche sur son menton.
Une fraction de seconde plus tard, elle se retournait.
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MessageSujet: Re: Les fleurs bleues   Dim 19 Avr 2009 - 0:47

Eden avait l’air fier d’être parvenue à entrer dans l’eau et à barboter. Seth s’esclaffa, aux anges. Quand elle se retourna promptement vers lui pour quêter dans son regard une lumière de satisfaction de sa part, elle le découvrit déjà entré dans l’eau. Juste derrière elle.

- Tu te débrouilles très bien, l’encouragea-t-il. Je peux aider ?

Il avança jusqu’à elle et lui tendit ses bras.
Comme elle, il avait quitté ses vêtements. Serait-ce une blague de préciser qu’il dut garder son sang froid quand il découvrit pour la première fois le corps dévêtu d’Eden ? Seuls ses sous-vêtements faisaient un maigre rempart entre ce que ses yeux voyaient et son imagination. Il fut rattrapé par sa propre condition. La lune donnait à sa peau un reflet irisé très étrange. Il ressemblait à une porcelaine lustrée. Il ressentit l’étrangeté comme un complexe qu’il s’empressa de cacher dans l’eau en s’y glissant jusqu’au cou.

Passé la découverte enchanteresse du corps d’une fille - ou plutôt de cette fille-ci -, il tendit ses mains sous le ventre d’Eden qu’il maintint à l’horizontal jusqu’à un endroit où elle n’aurait plus pieds alors que, se tenant debout, l’eau n’arrivait qu’aux épaules du Serdaigle.

La vie aquatique s’écarta d’eux. Poissons, strangulots et autres créatures fuyaient l’étrange prédateur. Ils étaient seuls, la lune pleine, Eden et la tasse de porcelaine flottante.

Il lui montra des gestes, la lâchait de temps en temps pour qu’elle prenne confiance dans ses mouvements et que le vide qui la séparait des fonds vaseux ne lui soit plus une frayeur. Quand elle paniquait, il s’esclaffait de plus belle en la rattrapant. Il la laissait glisser ses jambes autour de sa taille et s’accrocher à lui comme une bouée de sauvetage.

- Si tu en parle à quelqu'un... je devrais te supprimer,
dit-elle en recrachant la tasse et en toussant.

Seth était écroulé de rire. Il lui proposa alors qu’elle fasse une pause. Elle resta accrochée à lui qui repartait en marchant en arrière, s’aidant de ses bras tandis que l’eau maintenait facilement Eden autour de sa taille. Il s’arrêta où elle savait qu’elle aurait pieds mais elle resta les jambes nouées à sa taille. Il la dévisagea. Dans la cavité silencieuse de sa cage thoracique, où aurait dû se trouver un cœur vrombissant, il n’y avait qu’un vide volubile.

Ils se toisèrent sans parler l’un et l’autre durant plusieurs longues secondes. Au bout d’un temps, dans l’eau sombre, il se redressa doucement et avança ses lèvres à la recherche des siennes.

« Je m’étais promis mais la maigre résistance qu’oppose la cervelle au désir quand celui-ci est allumé m’étonne à peine. Tout a soudain l’air si naturel et si parfait. Dans un chaos instinctif nos mains cherchent des parties de nos corps que nous n’avons jamais partagés. L’ivresse de son haleine me fait tourner la tête. J’ai beau avoir envie de laisser aller mes gestes, je dois retenir chacun d’entre eux. L’eau m’y aide pour beaucoup. Dans l’eau... Je me demande alors si Eden a prémédité ça en m’attirant jusqu’ici. Les derniers morceaux de tissus sans vie coulent dans le fond du lac. Puis, ça arrive... »

Les prunelles de Seth se dilatèrent et prirent la forme de deux losanges. L'iris s'imbiba de rouge avant de virer au bleu pâle. Sa colonne vertébrale le fit souffrir un martyr, il avait l'impression qu'un arbre poussait dans ses vertèbres à vitesse accélérée et fendait tout son être en deux morceaux pleurant de sang.

Consciemment, il repoussa Eden de toute ses forces sur la rive pendant que progressivement son corps se transformait en un gros loup au poil sombre et aux pupilles bleues.

- S'il y a le moindre problème, va chercher Liam ou Caleb ! eut-il le temps de lui crier. Et si je tente de te faire du mal, n'hésite pas... Avada Ka...

Mais sa mâchoires lupines ne lui permit plus de prononcer un mot. Le loup noir resta dans l'eau, paraissant se battre contre lui-même avant de poser son regard sur la Gryffondor.


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MessageSujet: Re: Les fleurs bleues   Dim 19 Avr 2009 - 23:30

Si le cœur de Seth ne pouvait plus souffrir de tels changements d’émotions, le sien commençait à s’affoler dangereusement, oscillant entre passion, désir et terreur. Ce qui en soi, faisait beaucoup pour un même cœur en si peu de temps.
Elle atterrit (tant bien que mal) dans l’eau qui ne lui arrivait qu’aux chevilles tant il l’avait repoussée avec force. Tout à l’étourdie, elle se redressa vivement et resta pétrifiée devant le spectacle qui s’offrait à elle.

Son épouvantard se tenait à l’endroit même où se trouvait Seth.

Un frisson couru sur sa peau nue, amplifié par quelques brises d’air frais qui léchaient les gouttes constellant son corps.

Elle plongea ses yeux dans le clair de ceux du loup. Comme elle l’avait fait une fois.
Cette fois-ci, c’était différent. Le loup était sombre comme la nuit.
Et puis… c’était lui. Vraiment lui.

Bien qu’il ne soit pas désagréable à regarder sous forme humaine, sa transformation en loup était encore plus spectaculaire. Il se dégageait une majesté, une force et un danger qui auraient du l’effrayer et ne faisaient que la fasciner.
Incapable de détacher ses yeux de la forme sombre, semblant en proie à une lutte intérieure, elle tentait de se rappeler les derniers mots prononcés.


…Liam, Caleb ou…

N’ayant pas le sens du sacrifice outre mesure, elle ne se serait probablement pas laissée attaquer sans riposter. En revanche, de là à Avada Kedavriser Seth … il y avait un gouffre qu’elle n’était pas certaine de pouvoir franchir.

Ils s’affrontèrent du regard un instant, pendant qu’elle essayait de se remémorer l’endroit où elle avait abandonné sa baguette. En vain.


Pourquoi faire puisque tu ne va pas t’en servir ?

Ses cheveux collés dans son cou et son dos continuaient à délivrer des perles d’eau gelées, vestiges du lac. Les bras ballants de chaque côté de son corps trempé, elle attendait la réaction Lupine de Seth, curieuse et angoissée de l’éventuelle tournure que prendraient les évènements.

S’il m’attaque il ne s’en remettra pas.

… Remarque, toi non plus. Pas si dramatique en somme. Jolie fin.

…Crétine.


Le temps lui parut bien plus long. Les abords du lac, dépourvus de leurs faune habituelle étaient silencieux et participaient à cette étrange impression qui l’envahissait. Tout le monde attendait.
Elle avait toujours eu un sacré penchant pour l’égocentrisme et il ne lui aurait pas parut anormal que les autres êtres attendent pour voir ce que lui réservait le destin. Pourtant, en cet instant précis, elle sentait qu’on les observait. Un peu comme si des centaines d’yeux fixaient la scène et patientaient pour savoir si oui ou non, la créature se ruerait sur la crevette dévêtue.

Elle s’obligea à rester parfaitement immobile, ne désirant perturber la lutte dans laquelle Seth s’était engagé. Même si étrangement, elle ressentait le besoin d’attraper la chemise de Seth qu’elle distinguait du coin de l’œil. Pas sûre que ce soit par peur du loup cependant… L’entêtante idée qu’il puisse ne pas aimer ce qu’il voyait frayait son chemin hormonal entre la terreur et l’attente.


Je déteste les hormones.

Pourtant, lorsqu’il avança lentement dans l’eau en sa direction, elle ne pu retenir un mouvement de recul qui déclencha en elle une vague de haine contre sa propre personne.
Une pierre, plus pointue que les autres, lui entrait dans le talon alors qu’elle prenait appui sur une de ses jambes, prête à partir en courant le cas échéant.


Vas-y saigne, c’est pas assez difficile comme ça.

Elle relâcha la pression sur son pied qui s’en retrouva épargné et releva le menton en soutenant le regard du loup.

- Je sais que tu ne me feras rien, Seth.

C’est juste le reste de mon corps qui n’est pas au courant…

Il s’avança jusqu’à elle, sans hâte et s’arrêta à quelques centimètres à peine. Sur son visage, elle pouvait sentir le souffle de Seth. Elle leva une main, puis stoppa son geste, par peur de provoquer une suite d’évènements marquant le début de la fin à cause de son impatience infantile et fini par l’achever dans un haussement d’épaules. Ses doigts entrèrent en contact avec la douce fourrure sombre.
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MessageSujet: Re: Les fleurs bleues   Lun 20 Avr 2009 - 19:53

« La douleur dans ma colonne vertébrale se calma quand j’eus totalement recouvert l’apparence de loup-garou. C’était la première fois que mon loup serait en présence d’Eden. Il ne l’avait jamais flairé et je savais de Noah que mes instincts de loup et de vampire étaient totalement dissociés. Cependant, j’avais éprouvé la transformation suffisamment souvent pour domestiquer mes instincts avec plus d’aisance. Il fallait seulement y croire, conserver cette confiance, et se battre un peu pour lui donner raison. J’étais tellement incapable de faire du mal à Eden que ça soit sous la forme d’un lycanthrope ou d’un nosferatus, que malgré ma dernière requête auprès d’elle « en cas de danger », je n’eus aucun soupçon sur mes chances de réussite. Le plus difficile fut de rappeler à ma mémoire que cette odeur et cette frêle chose qui se tenait devant moi, c’était Eden et que, qui que je sois, je n’avais pas envie d’ôter la vie d’Eden.

Noah avait passé des nuits et des nuits à me domestiquer. J’étais devenu le premier loup-garou de compagnie de l’histoire canino-magique. Je ne l’avais jamais mordu ou griffé. Sauf une fois alors que j’étais vampire. Je raconterai l’anecdote une autre fois.

Il m’avait observé en me tenant à distance grâce à la magie dont il se servait pour faire concourir les éléments naturels. Selon lui, si je n’avais pas été un vampire, il me serait parfaitement impossible de résister à l’appétit meurtrier qui égarait les loups-garous. C’était presque une chance, si on pouvait dire, que ce métissage permette à l’une et l’autre des créatures que j’étais d’influencer les instincts de chacune de mes deux parties. L’un dans l’autre, j’étais doué d’une capacité de réflexion qui me permettait d’avoir la volonté de résister. Pour me narguer, Noah mettait aussi cela sur le fait que j’étais de Serdaigle et par définition que mon cerveau aimait se prendre la tête avant d’agir. Ca n’aurait pas été le cas si j’avais eu un cerveau de Serpentard ou de Gyffondor qui m’auraient fait foncer tête baissée dans des situations catastrophiques. Louée soit Rowena Ravenclaw !

Alors Eden Sanders, nue comme une Eve, se tenait devant moi. Elle tendit son bras vers mon museau que je redressai pour flairer sa paume de main. Je m’exerçai à garder mes crocs rentrés pour ne pas l’effrayer. J’eus l’impression que quelque chose n’allait pas. Je ne me sentais pas comme d’habitude. Je me sentais... comment dire ? Brûlant. Brûlant comme j’avais oublié que la chaleur existait.

Je levai une patte devant moi pour pousser gentiment Eden. Je dosai mal, elle tomba en arrière et plouf. Je ne pus m’empêcher de hurler de rire - en tout cas, comme un loup pouvait rire, c'est-à-dire que je jappais. Mon attention renoua avec la patte que je venais de lever. Mon poil était sombre. Comment était-ce possible ?! J’avais toujours été un loup-garou albinos ! Pour ne pas tenter Ankou plus longtemps, je réintégrai mon apparence de vampire.

L’allée et venue entre les deux états aussi m’était devenue plus aisée. Mais il n’en restait pas moins que je ne pouvais me transformer en loup que les nuits de pleine lune et que je ne contrôlais jamais la première métamorphose.

Un sentiment contraire m’envahit : au lieu de ressentir ma colonne vertébrale se déchirer et mon corps tomber en lambeau, je ressentis comme une aspiration à l’intérieur de mon corps. Comme si un aspirateur logé dans ma poitrine m’aspirait de l’intérieur. L’impression était tout aussi douloureuse mais plus furtive.
»


« De nouveau, devant moi, je tendis un bras. Il était blanc comme le marbre mais l’impression de chaleur m’habitait toujours. »



Seth releva le visage vers Eden qu’il approcha en regardant sa main comme si c’était la première fois qu’il voyait une main. Où ils se trouvaient, l’eau leur arrivait à la taille, de toute manière Seth était tellement soucieux qu’il en avait oublié le complexe de sa peau cireuse et leur nudité commune.

- Eden, ça me pique dans le bras... Et ce vacarme ! Qu’est-ce que ce vacarme ?

Il se tint la tête. Elle était douloureuse et lourde. Quelqu’un essayait d’embraser son cerveau ! Un séisme résonnait dans ses artères, dans ses os, un bruit aussi familier que lointain. Un battement de cœur. Son cœur. La sensation ne dura pas longtemps mais l’épuisa. Le silence reflua dans sa poitrine. Il n’avait plus été épuisé depuis deux cent ans. La tête lui tournait. Sa vision était trouble. La soif lui monta aux canines. Sa gorge était un incendie. Il se détraquait. Très vite il mit sa main sur son nez pour bloquer le fumet voluptueux de l’humaine. Il vit enfin le regard d’Eden qui le dévisageait paniquée :

- Qu’est-ce que tu as ?
s’enquit-il en conservant une bonne distance avec elle alors que tout redevint progressivement normal en lui.

Il ne se voyait pas mais ses cheveux étaient devenus bruns.


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MessageSujet: Re: Les fleurs bleues   Ven 24 Avr 2009 - 0:29

Le vacarme elle le cherchait encore. Ce que lui, nommait ainsi devait s’apparenter aux crissements des galets sous leurs pieds ou plongeon d’un petit animal dans les eaux calmes. Le bruit ne l’inquiétait pas, parce que ce qu’ils qualifiaient l’un et l’autre de vacarme, n’avait de point commun que le mot utilisé.
En revanche, ce qu’elle voyait l’inquiétait plus.


- Ce qu’il m’arrive à moi ? Lança-t-elle un peu surprise. Tu… Comment tu as fait ça ? Demanda-t-elle en désignant les cheveux bruns du Serdaigle.

Voyant qu’il ne semblait pas comprendre ce dont elle lui parlait, elle désigna son reflet dans les eaux du lac, éclairé par la lune.
Le vampire se regarda un long moment, durant lequel Eden se contenta de l’observer la bouche en cœur. L’ange tout en blondeur s’était teinté de sombre. On pouvait y voir là un étrange présage. Eden trouvait que qu’elle qu’en soit la raison, cela lui allait bien. Tout semblait convenir à Seth Cullen.
Mais tout de même, il pourrait prévenir.
Elle s’efforça de ne rien dire alors qu’il se mirait dans les eaux sombres, visiblement étonné par ce qui s’y reflétait. Lentement, il porta une main pâle à ses cheveux et en saisit une mèche qu’il observa dans son miroir d’huile.

Alors que le temps passait, la possibilité qu’il s’esclaffe en se moquant de sa nouvelle facétie s’amenuisait. Eden prit peu à peu conscience que ce changement le déconcertait autant qu’il la surprenait elle.
Lorsqu’il releva ses yeux clairs, il paraissait choqué, stupéfait.


– Je vois… Ce n’est pas toi qui l’as fait alors…

Il ne répondit pas. Ecartant les bras dans un signe qu’elle considéra comme une réponse suffisante.
Elle s’approcha rapidement de lui, s’empressant de chasser le reflet perturbant dans un geste qui déclencha tant de remous qu’on devait les apercevoir jusqu’à l’autre rive du lac et posa une main se voulant apaisante sur son torse. Elle ouvrit la bouche, puis la referma, exerça une pression plus appuyée de sa main et la retirant brusquement, comme si elle s’était brûlée.


- Bouse alors Cullen !

Elle leva ses yeux gris vers lui, écarquillés, et s’y repris à deux fois avant de pouvoir formuler ce qu’elle venait de ressentir.

- Ton corps !Tu es… enfin… tu n’es plus…

Plus quoi? Plus mort?
Sanders tu vas devoir te mettre les gifles toutes seule pour te débloquer là. Si c’est lui la met tu fais trois fois le tour du lac…


- Je veux dire que tu es tiède Seth.

Les inflexions rauques de sa voix grave étaient emplies d’une émotion contenue, un peu naïve et stupide quand elle y pensait. Une part d’elle avait envie d’y croire, pour lui, pour elle, pour eux. Une part d’elle shootait dans son château de cartes à grands coups de pieds lui intimant de redescendre sur terre et d’arrêter les délires.

- Pourquoi est-ce que tu es tiède Seth Cullen?

Le besoin d’entendre une théorie autre que celle qui voulait s’insinuer dans son crâne avec insistance. Le doute pourtant, parce qu’à nouveau sa main parcourait son corps, faisant fi de leur nudité, lissant de sa paume les contours de son torse, son cou afin d’en recueillir les preuves.
Et soudain le besoin vital de presser ses lèvres sur les siennes, en un réflexe brusque, autant pour le rassurer que pour se rassurer elle-même.
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MessageSujet: Re: Les fleurs bleues   Dim 3 Mai 2009 - 17:41

« Je suis tiède. La tiédeur est un début de chaleur. La chaleur ne fait plus partie de ma vie. Pourquoi suis-je tiède ? Pourquoi ? Je n’en sais rien.

Zagora m’avait dit qu’il resterait au château cette nuit en cas de problème. Est-ce que devenir tiède est un problème ? Je n’en sais rien.

Ce reflet dans le Lac Noir s’obstine dans mes pensées même après qu’Eden l’efface. Pourquoi mon loup était brun ? Pourquoi suis-je brun ? Pourquoi, Dieu, suis-je tiède ?

Tout en moi était redevenu normal. Ma vue, mon ouïe, le toucher... le toucher ? Eden parcourait mon corps comme une curiosité architecturale. J’allais lui en faire la remarque mais je suis arrêté par sa bouche qui me prend d’assaut.

J’oublie alors toutes mes questions, le temps d’un baiser, avant de me souvenir que nous sommes nus. Elle a cette capacité - qui m’exaspère - à me détourner de mes intérêts principaux. Sans doute parce qu’elle est mon intérêt principal quoique je puisse en dire. Pour recouvrer un peu de mon intégrité et de mon indépendance spirituelle, je devrais songer à faire une cure d’Eden Sanders. L’idée meurt deux secondes après être née, quand son buste se plaque au mien et que mes mains l’invitent à y rester calfeutrée.

- Eden, essayai-je de l’arrêter quand mes mains et mes baisers disaient le contraire, arrête (moi-même je n’arrêtais rien du tout), il faut que j’aille voir Zagora à l’infirmerie (oh la piètre excuse, je suis en train de me débiner), on ne peut pas (même si je le veux)...

Il apparaissait qu’elle ne m’écoutait absolument pas.
C’est dans ces moments-là de la vie d’un garçon, me disais-je, qu’il faut savoir être fort et dire non. J’avais plus de raisons que n’importe quel garçon humain de repousser Eden. A commencer par un besoin névrotique - n’ayant rien à voir avec ma condition de vampire - de parler à mon frère.

Oui. Voilà, je suis comme ça. J’ai ma petite amie nue et abandonnée dans mes bras et, moi, je veux voir mon grand frère. J’aurais du prêter un peu plus d’attention à ses histoires de cœur. Moi qui suis si curieux, j’aurais dû lui demander, lui poser des questions, m’y intéresser. Était-il trop tard pour reculer encore une fois l'échéance charnelle et prétendre qu’il était important d’aller rendre des comptes à Alexandreï ?... Merlin ! J’étais en train de paniquer ! Totalement paniquer. Et ça me faisait délirer. Délirer dans ce sens où, quand ça arrive, en général, on ne pense pas à son frère ou à l’infirmier de Poudlard. On pense juste à la joie que ça arrive enfin.

Mon cerveau pense tout ça mais mon corps n’en a strictement rien à faire. Il a décidé de s’émanciper de son dictateur encéphale. Il a même interdit à ma bouche de prononcer une autre jérémiade en l’affectant entièrement au recouvrement enfiévré de la bouche, du cou et des épaules d’Eden par des baisers de plus en plus solliciteurs. Mes mains trouvent quant à elle des occupations inédites qui arrachent de temps à autre un long murmure à Eden que je surveille d’un œil attentif. La peur de la blesser ne me quitte pas. Elle combat celle de mon désir avec presque autant, sinon plus, de piété. »



Le cas de conscience de Seth était de plus en plus étouffé par l’envie mordante qu’il avait d’Eden. Il s’était demandé si la modification instantanée de sa couleur de cheveux et si sa peau qui continuait de se réchauffer jusqu’à être perceptible par un humain au toucher étaient de bonnes augures pour le futur ou un autre drame à traverser. Amys lui avait certifié qu’il ne s’arrêterait probablement jamais d'évoluer. Il espérait néanmoins que ce changement n’avait rien à voir avec son nouveau mode de nutrition...

Il l’espérait si fort qu’il savait à l’intérieur de lui que cela n’était que pour camoufler cette vérité. Les changements avaient commencé depuis le Combat Blanc. Petits au début, trop visibles maintenant. Même à son médecin personnel il ne pouvait en faire la confidence. Il risquait trop gros.

Le cœur fermé à toute expression de regret, il tâcha aussi de fermer son esprit au remords. Aussi put-il insuffler plus de concentration et de douceur dans le moindre geste qu’il esquissait sur la peau d’Eden. L’eau ralentissait ses mouvements et portait Eden sans qu’il ait besoin de la presser trop fort. Il s’appliquait à écouter le moindre murmure, s’arrêtait parfois quand elle en poussait un qu’il ne connaissait pas. Mais, sous les adjonctions de la Gryffondor, il lui sembla qu’il n’avait pas le droit de s’arrêter. Il sourit.

Au loin, les oiseaux de la nuit, la pleine lune et les étoiles regardaient l’étrange danse de ces silhouettes enlacées qu’ils berçaient de leur silence enchanteur.


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MessageSujet: Re: Les fleurs bleues   Dim 10 Mai 2009 - 23:43

Chaque parcelle de sa peau semblait vouloir fusionner avec le corps de Seth pour ne faire plus qu’un. L’intense sentiment que la moindre séparation n’entrainerait pas moins que sa propre mort s’était emparé d’elle aux premières caresses. Elle restait cramponnée à lui, en quête de ses mains, sa bouche, sa peau ; se faisant plus pressante à chaque instant, ne pouvant se résoudre à le laisser revenir à une quelconque raison, qui avait probablement tort. Ses mains couraient son corps alors que ses lèvres s’appliquaient à rendre les baisers qu’elle recevait au centuple. Incapable de penser à autre chose que l’aimer, elle se laissait guider par ses émotions qui grandissaient à chaque instant passé contre lui. Elle s’enivrait de son odeur, de son corps et de tout son être, blottie dans des bras que rien au monde n’aurait pu lui faire quitter à cet instant. Pas même si quelqu’un avait déboulé à cet instant au bord du lac, pas plus que si la forêt avait pris feu, pas même encore lorsqu’il la serrait un peu trop fort, ne sentant plus sa force.
Ses yeux gris perdus dans le bleu de ceux de Seth, le visage constellé de gouttes d’eau, Eden sourit tendrement au jeune vampire en réponse à sa question muette, pendant que le temps s’arrêtait.


starstar


Le nez dans ses cheveux, la tête reposant dans l’herbe, Eden contemplait la nue étoilée qui semblait veiller sur eux. Multiple veilleuse aux firmaments scintillant, elle-même paraissait se repaître de la vision des deux jeunes gens couchés dans l’herbe.
Vêtue de la chemise de Seth qui lui faisait office de robe*, Eden se laissait bercer par la torpeur de la nuit qui lui renvoyait les effluves de vanille se dégageant de ses cheveux encore mouillés.
Elle se retourna pour s’appuyer sur un coude et posa ses yeux sur Seth.
Il n’existait pas de mots pour décrire ce qu’elle ressentait actuellement. Pas de mots qui sonnent juste, qui expriment ses sentiments avec suffisamment d’exactitude. Elle enveloppa d’un regard qui en disait bien plus, l’ange brun qui était à ses côtés et risqua une main désireuse au creux de son menton. Deux doigts épousèrent la courbe du cou et allèrent se nicher à sa base, se délectant de la perfection de sa peau de marbre. Les yeux gris d’Eden en suivirent le trajet avant de s’abandonner à la contemplation des reflets de la lune sur la peau pâle du Serdaigle.


- J’ai toujours trouvé les pierres de Lune fascinantes… Ta peau a les mêmes reflets irisés. Et… je… je t’aime.


Elle le couva des yeux encore un instant avant d’aborder un petit sourire amusé. Sa main concéda à s’arracher au doux contact de sa peau et plongea avec une douceur étonnante vers les cheveux de Seth. Elle attrapa une mèche entre deux doigts et l’observa un long moment avant de soupirer d’un air théâtral.

- Il va juste falloir trouver une … explication à ta soudaine passion pour le brun.


S’en suivit un regard légèrement moqueur dont elle s’excusa d’un sourire tendre et d’un doigt sur sa bouche pour éviter les représailles. Blond ou brun il restait tout aussi fascinant. La perfection de ses traits l’épaterait toujours. Il était subjuguant dans la moindre de ses attitudes, de la racine de ses cheveux bruns au bout de ses doigts, en passant par les coins de ses lèvres qu’elle trouvait soudainement très attirants.
Elle se recoucha brusquement sur le dos, refreinant ses pulsions mais prenant bien soin de coller son épaule contre celle de Seth.


- J’ai l’impression que plus rien n’est impossible.
Confia-t-elle à mi-voix. J’ai toujours aimé croire que je pouvais tout faire mais avec toi, ce tout prend une toute autre dimension. Comme cette nuit.

Elle repensa alors au soir où il lui avait avoué son demi-secret. A ce soir où le simple contact avec sa peau avait provoqué en lui une vague de nausée et de rage qui la faisait encore frissonner en y repensant. Puis elle se remémora ses instants sous le saule, à se découvrir, la première fois qu’il avait touché une mèche de ses cheveux, les après midi dans la grande salle à s’apprivoiser. La première fois qu’il avait pressé ses lèvres contre les siennes. A cette nuit.
Plus rien désormais ne lui paraissait impossible.

Alors qu’elle avait toujours tenté de se persuader qu’elle était invincible, cette pensée, loin de la rassurer l’effrayait un peu.
Dans ce qui n’était plus impossible désormais, était englobé le fait qu’elle serait prête à tuer pour lui, la volonté et la force qui l’animaient à ses pensées avaient le don de mettre mal à l’aise sa conscience du bien et du mal.
Jusqu’où pouvait-on aller pour l’autre ?
Elle chassa d’un revers de main des pensées qu’elle ne désirait pas voir perturber ses instants de bonheur partagés et recentra son esprit sur lui.
Elle roula à nouveau vers lui et en profita pour se blottir contre son corps, envahie par le besoin d’un nouveau contact avec lui, rougissant de sa propre audace.


- Est-ce que tu te dis parfois que tu es invincible Seth ?




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MessageSujet: Re: Les fleurs bleues   Sam 6 Juin 2009 - 21:11

« Je me dis que j’ai peur de beaucoup de choses, que je ne comprends pas tout et c’est regrettable, que je suis impatient, que le temps passe lentement, que l’air est lourd ou que la peau d’Eden est douce. Je me dis que j’ai faim parfois, je me dis que Liam exagère et que le cours d’Histoire est lassant, je me dis des tas de choses mais je ne me dis jamais que je suis invincible. Qu’est-ce qui lui passe par la tête ? D’où viennent ces questions étranges que les filles posent parfois, comme sorties des tréfonds de l’univers et auxquelles on n’a jamais vraiment de réponse. En tout cas, rarement celle quelles attendent. »

Seth tourna doucement la tête vers Eden dont il ne pouvait voir que les cheveux humides et le haut du front. Il refoula son air intrigué derrière un baiser qu’il parvint à poser sur son front en se tordant un peu le cou. Puis, il riva de nouveau ses yeux au ciel sombre et à la lune qui blanchissait aussi bien ses prunelles claires que tout le reste de lui. Un soupir embêté pour marquer la difficulté de la question. Une réponse :

- Non.

Ca lui semblait assez. Mais quelque part, il savait que ça ne le serait pas pour Eden.

- Hummmm.... être fort, c’est une chose. Mais j’ai mon talon d’Achille. Toi, ma famille. Ca me rend plus vulnérable que toutes les tortures qu’on pourrait me faire subir. J’imagine que c’est pareil pour tout le monde.

Seth chassa les images qui peuplaient ses mauvais songes. Son imagination paranoïaque était née le jour où Eden et lui avaient visité les sombres dimensions parallèles qui se cachaient derrière trois Portes de Poudlard. Il avait du mal à ne jamais imaginer le pire. Même si, parfois, dans des instants comme maintenant, il lui semblait aussi que tout était possible. Il trouvait déjà que beaucoup de choses étaient possibles... ainsi ne craignait-il pas de trouver un mensonge plausible pour expliquer sa nouvelle couleur de cheveux.

Ca serait la faute d’Eden, avait-il décidé, elle aura tenté une expérience sur lui et tel en aurait été le résultat. Facile. Moins facile de garder le secret pour sa fratrie. Il leur dirait la vérité et cela ne serait qu’une inquiétude de plus au tableau des soucis qu’il leur causait.

- Ca te rassurerait que je me crois invincible ?


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