Jeu de rôle basé sur les règles inventées par J.K. Rowling dans l'univers de Harry Potter.
 
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 Pour le sang versé... [PV Shawn]

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Eleanor Moon
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MessageSujet: Pour le sang versé... [PV Shawn]   Sam 17 Mai 2008 - 20:07

Nul châtiment n'est pire que le remords
[Sénèque]






Juillet 2007

* Le procès n'était terminé mais elle était pourtant de retour chez elle. Chez elle ... Ces termes la feront toujours doucement sourire. Ce n'est plus chez elle. Ne sera plus jamais chez elle. Et ce n'est pas ce qui l'attendait qu'il allait infirmer cette certitude.

Dès qu'elle passa le pas de la porte, ce n'était que monticule de valise qui encombrait le hall de la demeure. Il y en avait de toutes les tailles. Sa belle-mère arriva sur cette entrefait. Lanah était fatiguée, le voyage depuis Londres et le Ministère avait été long, éprouvant et elle voulait surtout éviter de devoir faire la conversation avec cette femme. Elle ne supporterait pas ses incessantes piques sur sa capacité à vouloir aider un 'dangereux criminel qui ne mériterait que de pourrir à Azkaban !'. Elle l'avait assez entendu, assez essayé de le contrer. Mais la tutrice d'Eleanor ne semblait pas vouloir la laisser tranquille aujourd'hui. *


- Ne vous a-t-on jamais appris la politesse ?
"Bonjour ... Au revoir."

* Après cette bravache, Lanah continua sa route jusqu'aux escaliers et les étages supérieurs, en laissant une Natacha Palmirya hébétée dans le hall. Sa voix la rattrapa bien vite et Lanah se raidit. Peut-être aurait-elle dû être plus polie en fin de compte ... *

- Nous partons. Sans vous, d'ici à une heure. Eleanor nous accompagne, votre père et moi. Bonne vacance.

* Le coeur battant, Lanah se retourna, essayant de percer le mensonge de cette femme détestée. Mais son sourire - celui qu'elle lui destinait toujours quand elle ne plaisantait pas - était accroché à ses lèvres. Elle ne lui laissa pas la joie de la voir blessée et repartit au pas. Ce n'est qu'hors de vue qu'elle se mit à courir jusqu'à sa chambre. Son poing rencontra, dans un geste rageur, le matelas de son lit. Elle la détestait, la haïssait ! *

* Comme l'avait dit Natacha Palmirya, elle, Ralph Raines et Eleanor Moon partirent en 'vacance'. Une île, loin de toute civilisation. Rien d'autre que du sable, la mer, très peu de bâtiment. Leur hôtel, sans être d'un grand luxe, était somme toute confortable. L'endroit parfait pour mener toute sorte ... d'affaire. *




~ ~ ~




Le parc était plongé dans un épais linceuil de ténèbres. Seules se distinguaient les lueurs vacillantes des torches, lucioles orangées piquetant la façade sombre du château endormi. Quelques fois, les nuages laissaient filtrer une pâle lumière grise, regard bienveillant de la lune sereine, éclairant juste assez le vaste domaine pour y déceler, dans l'obscurité immobile, les contours familiers des murs, des arbres, et du lac. Ici comme ailleurs, la vie somnolait, laissant tout juste filtrer quelques indices d'une face nocturne, issue de la Forêt.

La surface calme du lac reflétait en éclat gris bleuté les rondeurs généreuses de la lune, lui offrant un tapis de lumière pour de silencieuses retrouvailles avec sa fille. Elles étaient seules, ce soir. Seules face à elles-mêmes, en communion avec le silence. En harmonie avec l'immobilité. Leurs regards d'argent se croisaient sur le miroir ondulé de l'eau miroitante ; comme séparées par l'invisible barrière divisant leurs deux univers, leur interdisant à tout jamais de se rejoindre. Mais, si cela avait même été possible, l'enfant aurait-elle souhaité, en elle-même, retrouver la havre rassurant de ses origines ? Nul, vivant ou mort, visible ou invisible, n'aurait su le dire.

Agenouillée sur la berge, ses jupes ramenées sous elle, la poupée d'argent contemplait le reflet tremblant de l'astre avec l'absence coutumière qui lui valait son surnom. Un éclat vif étincelait parfois entre ses mains : posées sur ses genoux, elles tenaient avec délicatesse la lame brillante d'un poignard. Non pas juste un poignard ; un objet maléfique ayant déjà scellé nombre de destinées. Une précieuse possession, symbole parmi tant d'autres de la grandeur passée d'une dynastie sur le déclin. Un inestimable trésor, à l'histoire souillée de sang. A la beauté rehaussée de tragédies.

Les drames n'étaient qu'une facette de cette famille au destin pavé de souffrances. Une malédiction indémêlable, si intimement liée à leur sang que son origine s'en était perdue depuis bien longtemps. Un revers de médaille que chaque membre semblait avoir poli avec attention au cours des siècles. Ce soir encore, le nom des BloodDust serait entaché de sang ; le sang de l'un des siens, versé volontairement afin d'expier des crimes passés. Et cela, comme presque chaque soir depuis plusieurs mois, dans l'ignorance de tous.

Un rai de lumière tomba sur sa peau pâle ; ses cheveux semblaient scintiller sous le pâle éclat de la lune aimante. Lentement, sans trembler ni frissonner, la jeune fille souleva le poignard, approcha ses deux mains de son visage impassible. Sans un mot, sans un cri, pas même un gémissement, elle déposa la lame d'argent sur la peau dénudée de son poignet. Sous les dentelles relevées de ses manches, couraient sur sa peau les traces indélébiles de sa propre douleur.

Pourtant, celle-ci semblait s'estomper avec le temps. Insupportable au premier abord, elle était depuis lors devenue si légère qu'il lui semblait, parfois, que la lame n'était faite que de vent ; de rien. Elle appuyait alors plus fort, tirant de ses blessures plus de sang que sa peau blanche ne paraissait pouvoir en dissimuler ; mais cela même devenait inutile. L'insensibilité gagnait tout son corps, plus sûrement qu'elle avait gagné son âme. Et, à présent, seule l'humiliation de ce geste désespéré semblait avoir prise sur son âme déchue, absente. Elle ne pouvait s'arrêter ; et considérait cela comme un trop faible châtiment.

Qu'avait-elle fait pour s'infliger pareil traitement ? La lune, seule, le savait.
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Shawn Evans
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MessageSujet: Re: Pour le sang versé... [PV Shawn]   Sam 17 Mai 2008 - 23:41

Nul n’est plus esclave que celui qui se croit libre sans l’être.
Si j’avais eu un carnet de pensées, c’est certainement ce que j’aurai noté.
Si, comme la plupart de mes camarades, je tenais un petit journal de ma vie, cette phrase aurait été le mot d’ordre d’aujourd’hui.
Mais je n’ai ni carnet ni journal.
Je me contenterai de le penser.

Topo du jour peu brillant. Une retenue à nouveau. Parce que je n’ai rien trouvé de mieux que m’endormir sur ma table. Cours ennuyeux à mourir. Je trouve ça injuste. Quand ce cours serait capable de tuer d’ennui une horde d’inféri, on me reproche de m’être simplement endormi. J’aurai pu faire bien pire. Volontairement. Là, pour mon excuse, c’était plus fort que moi.
Une drôle de nuit où j’ai dormi dix heures et me suis levé fatigué.
Certains se foutent de moi et me traite de glandeur. Je leur ai ri au nez mais j’avoue que ça me surprend.

Le sommeil c’est une saleté, quand ça vous manque vous n’êtes plus capable de rien, quand ça vous prend, ça vous garde jusqu’à ce que vous réalisiez que vous aviez à faire.
Traitre.
Fourbe faculté de vous prendre aux moments les plus inopportuns, il vous lâche comme ça, d’un coup, sans prévenir à l’instant même où vous gagnez votre dortoir.

Ce soir c’est moi qui le matte. Je retarde au maximum l’heure du coucher. Un peu d’air frais. Ça fera passer la journée.



Le parc est calme. Beaucoup s’accordent à dire que c’est le moment le plus agréable de la journée. Dans la pénombre, le décor se dévoile sous un autre angle. Les arbres paraissent prendre vie, leurs branches semblent toucher le ciel auquel elles murmurent de doux poèmes, tandis que les lucioles entament leurs danses, au mépris de tout ce qui pourrait les interrompre. Le vent, le temps, les autres. Un merveilleux ballet se met en route, auquel ne peuvent assister que ce qui n’ont pas eu la raisonnable idée de se coucher.

Shawn traverse le parc d’un pas tranquille, mains dans les poches. Il avait promis à Amanda de passer la voir. Tant pis. Il hausse les épaules. Elle l’ennuyait de toute façon. Elle en demandait trop. Comme toutes les autres. D’être la seule, l’unique, qu’il se plie en quatre, qu’il prouve, qu’elle teste et qu’elle approuve. Elle serait déçue, il l’avait prévenu. Il n’obéissait qu’à ses propres caprices, ceux des autres ne pouvaient être étudiés que s’ils suivaient le chemin que lui s’était tracé. Tant pis pour le reste.
Actuellement, son caprice revêtait la forme de deux yeux pour le moins particuliers, parsemés de pierres précieuses, capables de vous sortir de vos sentiers battus. Il faudrait se méfier de celui là.

Face au lac, une petite silhouette. Fort à parier qu’il s’agit là d’une jolie poupée perdue dans des soupirs languissants.Shawn sourit à cette vision, pariant pour une jeune fille douce et triste. Probablement en proie à la forte culpabilité d’avoir mis son cœur en bannière et de s’être fait crever l’âme par la noirceur de celui qui n’aurait accueillit le trésor que pour mieux le piétiner ensuite.
Peau pâle, cheveux blond, la lune semble l’entourer d’un halo doré. En s’approchant un peu il met un nom sur cette vision lunaire. Eleanor. S’il la connaît peu c’est certainement parce qu’elle fuit ce que lui recherche. La foule, les rires, l’attention de tous, la blondinette semble de pas l’apprécier. Elle est de nature discrète et quitte souvent les lieux où se rassemble le monde. Ils se sont croisés quelques fois, peut être lui a-t-il emprunté une plume une ou deux fois. Ça s’arrête là.

Rapidement, les yeux de Shawn sont attirés par un éclair vif, posée sur son poignet la chose brille d’un éclat dur. Le jeune homme plisse les yeux un instant. Il espère avoir mal vu. Premièrement parce qu’il n’a pas envie d’intervenir, mais surtout parce qu’il va devoir le faire et qu’il est prêt à parier qu’il va encore à l’encontre des ennuis. A moins que ce ne soit eux qui le poursuivent.


"Tu veux de l’aide peut être ? Je connais des solutions plus propres que ça."


Charmante entrée en matière, il est vrai. Mais ce genre de situations appelle souvent à brusquer ceux qui la vivent avant qu’ils ne commettent l’irréparable. Nul ne doute qu’avec une aussi délicate salutation, la demoiselle réagira.

Debout à ses côtés, il pose sur elle un regard gris et calme. Il ne sourit pas, son arrogance ne va pas si loin, mais il ne lui fera pas grâce de son sarcasme. Puisqu’elle a le tact de le mêler à cette affaire en faisant de lui le témoin de sa mutilation, elle devra supporter les frasques de son ironie. Peut être lui passera-t-il le goût de se châtier elle-même, quand d’autres ne se gêneraient pas pour le faire à sa place.
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Eleanor Moon
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MessageSujet: Re: Pour le sang versé... [PV Shawn]   Sam 31 Mai 2008 - 18:53

Juin 2007

Il n'y avait que cet arbre. Autour de celui-ci, un rayon plus ou moins grand de verdure avant d'atteindre les limites formées par le reste de la forêt et de ses habitants végétaux. Arbre majestueux avec ses feuilles dorées qui brillaient plus encore quand l'astre solaire été haut dans le ciel, comme aujourd'hui. Ses branches dirigeaient vers le ciel bleu, comme s'il voulait le toucher. La légère brise faisait danser les feuilles sans ordre précis. Tout semblait en paix.

Un homme inconnu transplana à quelque pas de là. Il observa un instant l'arbre avant de se décider à avancer vers lui. Son regard était planté vers les plus hautes branches, à un point précis. Et en effet, si l'on regardait bien, on pouvait apercevoir le minois d'une toute jeune fille, sourire mutin aux lèvres. Quand l'homme ne fut plus qu'à quelques pas de là, elle descendit prestement de l'arbre et courut se jeter dans ses bras en riant. L'inconnu s'accroupit pour réceptionner dans ses bras ouverts le corps menue de la petite et lui décoiffa ses longues boucles rousses d'une bourrade affectueuse.

Les deux pieds de nouveaux sur la terre ferme, elle fit demi-tour pour rejoindre l'arbre et grimpa sur son perchoir. Un silence s'installa avant qu'elle ne se décide à le briser.

- Il faut l'arrêter, elle l'a dit. Il est temps de lui rappeler sa promesse.
- Il n'est pas un peu tôt ?

La petite fronça le nez et descendit de quelques branches pour pouvoir regarder dans les yeux l'homme. Une moue contrariée et boudeuse déforma ses traits harmonieux.

- Je veux maintenant aussi. Elle a peur et n'arrête pas une seule seconde de me le faire savoir. Je veux donc maintenant.
- Il faudrait t'apprendre la patience. Il n'a encore rien fait, je le sais. Il faut attendre encore. Je m'occuperais de lui quand il sera temps. Toi, rassure la autant que tu le peux.
Il n'arrivera à rien, je te le promets.


Elle sembla réfléchir quelques secondes aux paroles réconfortantes avant de pousser un soupir et d'acquiescer. S'il jugeait qu'ils devaient attendre, ils attendraient et elle supporterait et essaierait comme il lui avait demander de la calmer autant qu'elle le pouvait. Elle grimpa encore plus haut dans l'arbre et se coucha sur l'une des branches, les deux mains posaient à plat sur l'écorce et les yeux fermés, bercée par le bruit du vent qui agitait encore les feuilles. Entrer en communion. Dispenser chaleur et réconfort.

L'homme repartit finalement comme il était venu, en transplanant.

~ ~ ~


Sursaut dans la pénombre, au moment où une voix non attendue se faisait écho du silence. Le parc désert ne l'était soudain plus autant qu'il l'avait paru ; et voilà la solitude empesée d'une présence non désirée - dont la voix vibrait de sarcasme. D'un geste vif, trop vif pour le regard, la lame brillante abandonnait le poignet, la peau tendre qu'elle avait eu le temps de délester d'une unique goutte écarlate. Réaction d'instinct, réaction de honte, lorsqu'un lourd secret se découvre ; le poignard tourné vers elle-même s'était retrouvé menace envers l'inconnu. Faible défense face à elle-même...

Aurait-elle l'infâme courage de forcer le silence de l'intrus ?

La question, évidente, monstrueuse, ne se posait pas dans son esprit paralysé par la peur. Une peur dévorante, douloureuse, comme elle n'en avait jamais connue - ou si peu. Ses prunelles d'argent, écarquillées d'horreur, restaient fixées sur lui, vacillantes, luisant d'un éclat inconnu - envahies par une vie que l'on eut pu croire à jamais enfuie de cet être. Tandis que son corps, tendu, était parcouru de violents frissons, imprimant d'intenses tremblements à la lame brandie devant lui. Triste image d'incertitude et de perdition.

Mais la peur ne dura qu'un instant. Sitôt effleurée, sitôt envolée, transmutée en un brusque éclat de rage ; éclair rouge dans un regard nuancé de gris ; pensée assassine dans un esprit rongé par le doute. La main hésitante raffermit sa prise sur le métal luisant, l'iris se referma autour du néant, ne laissant place qu'à l'argent lumineux de ses yeux ; nulle couleur ne résistait plus à l'appel de la nuit, au cri de la noirceur. La lune complice malgré elle, auréolait la scène de ses irréels rayons d'opale.

La menace se faisait plus forte, plus réelle. Le poignard levé n'hésitait plus ; fruit d'une détermination nouvelle et pourtant dépourvue de sens... Si la main ne tremblait, le cœur frémissait d'horreur. Combat intérieur pour un être à qui l'opinion n'accordait pas même la moitié d'une âme. S'affrontaient en elle instinct et réticences, devoir et désirs, honneur et émotions. L'ombre fantomatique de la Maison du Serpent, contre le cœur bien vivant d'une jeune fille glacée par les épreuves.

Elle était là, à quelques pas de lui, belle et sauvage, prédateur félin prêt à bondir pour sa vie - ou tout autre raison.

Elle n'osait parler ; agissait presque tel l'animal hérissé, sifflant et crachant pour maintenir l'intrus à distance. Comme seule arme, le poignard à la lame aiguisée – le cri de tant d'existences volées. Elle n'avait que la violence, contenue, pour effrayer. Il avait son âme, entière, pour l'acculer.


~ ~ ~


Juillet 2007

L'île exsudait ses excès de chaleur en illusions d'optique, miroitant sous un soleil de plomb. La lumière, puissante, parait l'endroit de couleurs claires et vives, se reflétait en myriades d'étincelantes étoiles sur l'océan translucide. Blessait le regard et la peau avec la placidité du temps qui s'écoule. Le silence, troublé par le souffle tranquille du vent, le léger ressac de l'eau sur le sable, les cris des oiseaux ou le ronflement serein de la forêt, ne laissait aux oreilles qu'une peu agréable sensation d'oppression, de vide, de sons étouffés.

Allongée sur la grève, le corps offert aux rayons peu indulgents du soleil, Natacha Palmirya conversait avec une aisance étudiée, savourant l'effet de ses charmes sur l'homme qui lui tenait compagnie. Plus loin, à la terrasse de l'hôtel, son époux, Ralph Raines, entretenait une discussion animée avec un autre homme. Des étrangers ; ni anglais, ni aborigènes. Partenaires de travail ou, plus exactement, sorciers négociant habilement une marchandise de qualité avec d'aussi habiles fournisseurs.

A quelques pas de là, assise à l'ombre de hauts palmiers, à l'orée même de la forêt, la silhouette frêle et hâve de l'adolescente s'était recroquevillée, immobile, le regard fixé sur les reflets aveuglants de l'océan. Nul mot n'avait franchi ses lèvres depuis leur départ du manoir, en Ecosse. Nul autre que "Bonjour", "Merci" et "S'il vous plaît", entorses délicates au silence pour satisfaire aux désirs de sa précieuse tante - la seule parente qui l'aie accueillie, sa seule famille. Une femme monstrueuse...

Elle ne pouvait rien dire, ni rien faire. Mains liées, lèvres closes, elle ne pouvait que voir sans montrer, écouter sans redire. Elle connaissait, désormais, la duplicité, la cruauté dissimulée de Natacha ; digne descendante du sang félon des BloodDust, elle en avait hérité la soif de gloire et de puissance, d'argent et de pouvoir. L'art de la manipulation et des intrigues ; la sombre capacité à envisager toutes les situations. Toutes. Sans exception.

Eleanor Moon, pauvre poupée de cire privée de volonté, était l'instrument parfait de ses machinations. L'ignorante reine d'un jeu d'échec dirigé par son fou, portée à l'attaque de son propre roi.
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Shawn Evans
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MessageSujet: Re: Pour le sang versé... [PV Shawn]   Mar 3 Juin 2008 - 23:19

Quelques secondes. Une minute tout au plus et la voila prête à se retourner contre lui.
Il aurait du s’en douter.
Il y est allé fort.
Il ne sait pas faire autrement.
Pas avec eux du moins.

Si sa foi en lui en est un peu ébranlée, il n’en laisse rien paraître. Son visage n’exprime rien. Pas l’once d’une expression.
Elle se tient devant lui, belle est dangereuse. Elle n’hésitera pas.
Pour quelqu’un qui avait envie de mettre fin à ses jours il est étrange qu’elle soit prête à tuer pour survivre.

Un instant, il pense sortir sa baguette pour la désarmer. Sera-t-il plus rapide qu’elle ? Le jeu est tentant. Il aime le danger. Mais il n’en fera rien.
Ne cherchez pas l’ombre de la compassion au fond de ses yeux verts-gris. Pure perte de temps il n’y en a point. En revanche on y lit de la curiosité. La douce et discrète Eleanor vient de s’animer pour devenir superbement sauvage. Intrigué par ce changement, par la certitude de se faire déchiqueter au moindre mouvement qu’il discerne dans ses yeux, Shawn ralenti chacun de ses geste. Il s’applique à lui transmettre le calme dont il fait preuve.
Les crises d’hystérie, de panique, il gère très bien.
Question d’habitude.

Son regard se pose un instant sur la larme écarlate qui perle à son poignet. Seule témoin de l’acte prévu qu’elle n’a pu commettre de par son intervention.


« Tu saignes » Murmure-t-il.

Comme si elle ne le savait pas hein ?

Il ne bouge pas cependant et garde ses mains en vue de la jeune fille. Il ne s’en prendra pas à elle. Pas le premier du moins. La colère décuple les forces. Elle blessera quelqu’un s’il réagi. Lui, ou elle-même.
Il ne la quitte des yeux, guettant le moindre de ses mouvements. Si elle bouge en premier, il n’aura pas le temps de s’emparer de sa baguette. En revanche, il la maîtrisera de ses bras musculeux. Il s’agit d’une poupée. Il pourrait la briser.
Une douleur vive s’engouffre soudainement dans sa poitrine alors qu’il la regarde de ses prunelles claires. Un court instant il se demande si elle n’a pas frappé.
Mais elle n’a pas bougé.
La blondeur et l’étincelant poignard font écho à une autre femme, aussi blonde et délicate. La puissance du souvenir lui coupe le souffle et il ne peut retenir une grimace.
Un mal de tête qu’il ne connaissait que trop bien en profita pour s’insinuer dans son crâne.


« Tu veux pas poser ce poignard ? » questionna-t-il doucement. « Parce que si vraiment tu insistes je te laisse finir tranquille. Pas envie de mourir pour avoir été possédé par l’âme d’un preux chevalier. »

Il se risque un petit sourire sarcastique. Il faut avouer que se sacrifier pour les autres, c’est pas vraiment son genre. Il a plutôt tendance à laisser les gens se débrouiller avec leurs affaires.
Ceci dit, dommage, cette petite poupée a tout d’une innocente. Peut-on décemment laisser sauter l’agneau de la falaise sans au moins l’avertir du danger ?
Ça ne coûte rien d’essayer. Néanmoins il n’y risquera pas sa peau.
Il y tient trop.


« Cependant je reste convaincu que te taillader les veines n’est pas la solution. Quand on a une peau aussi fine et délicate on en prend soin tu ne crois pas ?»

Il plante ses yeux dans l’argent brillant des pupilles d’Eleanor. Sous l’ironie point une once de sincérité. Ça n’est pas la solution.
Peut être que si elle n’avait pas eu cette blondeur, cette fragilité apparente et cette discrétion, il se serait contenté de rentrer au château signaler le problème.
Mais ce n’était pas le cas.

Il avait envie de rester et qu’elle baisse son arme d’elle-même.
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Eleanor Moon
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MessageSujet: Re: Pour le sang versé... [PV Shawn]   Lun 9 Juin 2008 - 21:47

Décembre 1992

La tempête faisait rage autour de la petite maison en briques rouges. Les cris de rage et de désespoir, gémissements puissants d'une âme meurtrie, résonnaient, étouffés, sous le souffle inconstant du vent, tel le sifflement irrépressible d'un dragon furieux. Plus aigus, plus ténus, les pleurs d'un enfant, d'un nouveau-né, parvenaient à peine à se faire entendre – des semaines durant, la lutte sonore de ces deux voix contraires n'avait cessé de heurter le silence tranquille d'un quartier sans histoire. Nul Moldu cependant n'y prenait garde. Tenus à distance par on ne sut quelle magie, ils ignoraient tout du drame qui se nouait, à quelques pas à peine de leur propre existence égocentrée.

Des claquements vinrent ponctuer les hurlements, secs, violents. La force mal contenue de l'homme en colère, tournée contre l'inanimé, suffisait à ébranler les murs ; l'enfant n'avait aucune chance de survie, entre ses mains.

En quelques minutes, tout fut prêt. Tenant le sac d'une main, l'enfant maladroitement serré contre son torse, l'homme sortit dans les tourbillons de neige qui s'abattaient sur Londres endormie. Le froid les assaillit aussitôt, vierge de tout sentiment de pitié. Luttant contre la bourrasque, l'homme remonta la rue, traversa boulevards et avenues, le pas sûr bien que ralenti, retenu. Le vent, contraire, paraissait vouloir les ramener à leur point d'origine, condamner leur chemin solitaire et sa destination. Leur fureur se déchaînait en un combat opposant l'Homme et les Eléments.

Les murs se suivaient, tous semblables dans le tableau rayé de la nuit enneigée. Succession de fenêtres sombres ou illuminées, de portes fermées et de volets clos. De guirlandes lumineuses et d'arbres décorés, immense fresque d'enluminures brillant à la gloire de Noël. Jetant au visage de l'homme et de son enfant la joie infâme des ignorants.

L'immeuble fut bientôt en vue. Accélérant le pas, l'homme parvint à s'abriter à son porche ; quelques secondes, et un carillon, étrangement nerveux, résonna autour de lui. Il fallut deux courtes minutes à la femme pour descendre, alertée. Les cheveux en désordre, un peignoir ceignant ses reins, elle apparut, élégante, hautaine ; tout juste éveillée. Elle le reconnut – ils se toisèrent. Longtemps. En silence. Surprise pour elle, tout d'abord, puis hostilité non dissimulée. La rage de l'homme, depuis des heures ne décuplait ni ne se tempérait.

La discussion serait un combat.


~ ~ ~


Aucune peur, en face de la femme sauvage. Nulle crainte, nulle appréhension. Simple curiosité mêlée d'un soupçon d'hésitation, de lenteur et de douceur, de quoi tranquilliser la biche effarouchée. Ses paroles, sa voix, se brisaient tel le ressac sur l'écaille argentée de son silence, n'atteignant d'un cœur que la frêle carapace sur le point de se fendre. Elle ne voulait poser cette arme, cet objet au lourd passé, seul rempart entre elle et... la Vérité, peut-être. Car à ses yeux, il n'était autre chose que le Regard d'Inquisition posé sur sa personne ; sur son âme et ses péchés. Elle ne pouvait – ne voulait – l'affronter. Elle n'était pas enfant à accepter ses propres erreurs.

Les sarcasmes glissaient sur sa peau brillante sans y laisser d'empreinte ; pourtant, dédaignant la lisse surface, la douleur se frayait un chemin sûr jusqu'à son cœur, son esprit torturé agrandissant les failles de sa conscience. Elle était prédatrice à la merci de sa proie ; une proie qu'elle ne voulait toucher.

La voix prit modulations, les mots prirent sens ; les paroles, justes, terrifièrent. "... n'est pas la solution ..." Quelle était-elle, dans ce cas ? L'avait-il ? Que savait-il de ses torts, de ses erreurs et ses actes ? De l'horreur de son existence ? Fille de lune, monstre née de l'Homme, avait-elle droit de vie ou de mort ? Ni sur elle-même ni sur quiconque. C'était là la seule excuse à ce geste désespéré, à ces perles de sang offertes à la nuit, seule parente.


¤ La douleur est seule expiation... ¤ souffla-t-elle. Toi qui ne connais la saveur du péché, que sais-tu de mon sort ? ¤

Doux enfant du soleil, que la noirceur n'avait encore effleuré de son aile destructrice. Un fils du Serpent, plus pur que la déesse d'argent, maudite pécheresse. Il ne comprenait, ne pouvait comprendre, tout ce qui les séparait, la pureté de son cœur, qu'il pouvait croire corrompu, l'innocence de son âme, même rompue à tous les vices. Il était enfant de lumière ; elle était descendance des ténèbres.

~ ~ ~


Juillet 2007

La nuit était tombée, plongeant l'île dans une pénombre doucereuse et dont les habitants s'accommodaient plus facilement que la chaleur étouffante de la journée. Les lumières des chambres étaient pour la plupart éteintes, sauf une. La fenêtre était grande ouverte pour laisser la brise pénétrait à l'intérieur et dispenser sa fraîcheur.

Natacha Palmirya était nonchalamment allongée sur le lit, avec pour seul vêtement un déshabillé diaphane qui ne cachait que peu de chose de son anatomie. Fière de ses 'atouts', elle ne répugnait jamais à dévoiler tout ou partie de sa peau laiteuse qui commençait à se parer d'un léger hâle. Elle tenait un journal anglais entre les mains, mais on pouvait aisément comprendre qu'elle ne lisait pas vraiment ce qui était imprimé sur le papier. Ses yeux restaient désespérément fixe.

Non loin, Ralph Raines faisait les cent pas, poussant des soupirs audibles de temps à autres. Une chose le tourmentait, mais dont il ne pouvait s'ouvrir à sa femme. Celle ci n'apprécierait surement pas de savoir ce qui le tourmentait ainsi. Mais pas d'illusion. Il était certain qu'elle savait très bien et ceci pouvait expliquer la fixité de son regard sur le journal.

Ce petit manège dura encore quelques minutes, avant que Natacha ne pose violemment le journal sur le lit et ne commente hargneusement :

- Avez-vous décidé de faire un trou dans le plancher ?

Ralph s'arrêta et regarda son épouse, sans la voir vraiment. Pouvait-il lui expliquer, traduire en mot les scrupules qui l'assaillaient maintenant qu'ils étaient ici ? Et les-dits scrupules n'étaient pas seulement dû aux affaires qui les avaient amenés, lui, Natacha et la petite Eleanor à s'exiler loin du monde. Allanah ... Il avait de nouveau laissé sa fille seule, lui avait de nouveau donné une occasion de le détester plus encore. Eprouvée par son passage devant les juges du Magenmagot, c'était avec elle qu'il aurait dû être.

- M'avez-vous entendu ?
- Très bien Natacha.
- Et ?
- Non, je ne compte pas faire de trou dans le plancher de l'hôtel.

Pour le prouver, Ralph s'assit au bout du lit. Mais Natacha ne voulait pas se contenter de ce manque d'explication. Elle croisa les bras sur sa poitrine et attendit qu'il s'explique davantage, traduisant son impatience par quelques onomatopées bruyantes.

- Je ... je ne dois pas faire ça. Il faut tout arrêter.
- C'est donc ça. Avez-vous oublié ce qui est arrivé à votre première femme à cause d'eux ? Le Monde nous remerciera plutôt quand nous les en auront débarrassés, tout en remplissant d'une coquette somme votre coffre fort souterrain de Gringot.
- J'ai promis Natacha.
- Une promesse se brise. Allons ...

Roucoulement qui amenèrent des frissons à Ralph. Depuis quand ne supportait-il plus les attouchements de celle qui était son épouse ? Les avait-il jamais supporté ? Il se laissa pourtant happer par les bras de sa femme sans effort. Il ne les supportait pas mais il lui apportait tout de même une chose primordiale : l'oubli pour quelques instants.
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Shawn Evans
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MessageSujet: Re: Pour le sang versé... [PV Shawn]   Dim 22 Juin 2008 - 16:36

Ça se présente plutôt mal.
Vraiment mal pour tout dire.

Plus que de la peur, dans les yeux de la blondinette se reflète une douleur dont l’origine est bien plus ancienne que les quelques jours passés. Elle parle expiation, pêchés, sort...
Et lui se sent bien plus impuissant qu’il n’aurait imaginé l’être un jour.

Bras légèrement écartés, paumes levées au ciel dans une maladroite tentative pour la rassurer, il s’approche doucement d’elle. C’est souvent le moment dans les film où le gars dérape, marche sur une branche ou autre et fait sursauter celui qui tient l’arme dont le coup part tout seul.

Par Merlin pourquoi n’a-t-il pas choisi de passer son chemin ?

Peut être parce que la politique de l’autruche qui règne dans ce monde et qui tient en ce que les gens ferment les yeux sur ce qui les incommode le dégoute. Regarder les gens crever c’est pas son truc. A la limite les achever c’est moins barbare que de contempler des poissons agonisants hors de l’eau, un paquet de pop corn à la main. Alors c’est vrai, peut être qu’il s’y prend mal, mais parfois, secouer les gens ça marche. Les faux semblants, les geignards de première, avec un bon coup de pied au cul c’est reparti. Eleanor n’est pas particulièrement geignarde et c’est là le plus dur. Aucune idée de ce qui se passe, de ce qu’il pourrait faire ou dire qui n’aggraverait pas les choses. Attendre ? Partir ?
Sauf qu’elle est blonde, fragile, délicate et qu’il aurait du mal à se regarder dans une glace s’il ne faisait rien.

Voila pourquoi il n’a pas choisi de passer son chemin.


On est dans une bouse phénoménale... Je suis certainement la dernière personne qu’on viendrait chercher pour son tact et sa douceur...

Lentement, il passe une main derrière sa tête. Rachel s’est souvent moquée de lui pour ce geste. Elle dit que ça fait crâneur. Lui, ne le contrôle pas. C’est ce qui vient lorsqu’il est ennuyé. Actuellement, on peut dire qu’il est ennuyé.

« Eleanor... »

Y a des bruits qui courent sur le fait qu’appeler quelqu’un qui pète un câble par son prénom ça aide. Après, allez savoir si c’est vrai ou pas. Toujours est-il qu’il prend sa plus douce voix pour s’adresser à elle.

« Tu as raison je n’ai aucune idée de ton sort... tu ne crois pas qu’on pourrait en ...discuter ? »

Ses yeux sont toujours posés sur elle. Dans sa tête ça défile à toute vitesse. Toutes les solutions possibles et envisageables sont passées en revue.

Lui sauter dessus l’immobiliser et balancer le poignard à la flotte. Ça se tente, mais c’est pas réellement ce qu’on appelle faire dans la dentelle.
Deuxième solution, la pousser à bout jusqu’à ce qu’elle craque et se mette à pleurer. Ça il sait très bien le faire, mais quelque chose lui dit que ça ne marchera pas avec elle.
Ou encore, il peut éventuellement faire demi-tour et envoyer un signal magique jusqu’au château pour que quelqu’un de plus compétent prenne la relève.
Il pourrait aussi penser qu’elle bluff et attendre qu’elle se calme mais c’est légèrement risqué.


Non vraiment la seule alternative possible c’est la discussion.

La pauvre.
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Pour le sang versé... [PV Shawn]
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