Jeu de rôle basé sur les règles inventées par J.K. Rowling dans l'univers de Harry Potter.
 
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 Les Six Sens [PV]

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Eden Sanders
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MessageSujet: Les Six Sens [PV]   Sam 15 Mar 2008 - 18:28

15h15.
Un dimanche après midi pluvieux.
J – 1 avant la remise des devoirs de sortilèges.


La Grande Salle abritait les quelques élèves studieux qui venaient relire leurs cours avant d'attaquer une nouvelle semaine. La Salle résonnait de chuchotements et de questions de dernière minute, du bruit des plumes grattant les parchemins et des pages qui se tournent.
D'autres encore étaient venus se réfugier ici, fuyant la pluie et s'étaient installés devant un jeu d'échec ou de cartes. L'atmosphère était paisible en ce dimanche après midi. Les vacances d'avril approchaient, et le temps n'en faisait qu'à sa tête, virant du beau soleil au gris tourmenté, passant par la pluie, la grêle et parfois même quelque flocons. Le temps changeait tant et si bien que chaque matin, la grande question existentielle de toute une vie d'élève se posait: Comment se vêtir? Pull? Petit T-shirt? Avec ou sans écharpe?
La solution la plus efficace étant finalement d'opter pour un énorme sac qui contenait de quoi survivre par tous les temps.

Celui qui a inventé les giboulées devait aimer les surprises.
Sûrement une femme.

Le bruit des études et du repos fut un instant troublé par un soupir languissant. Quelques têtes se tournèrent, des regards agacés fusèrent.
Le visage aux creux des mains, Eden soutenait sa tête comme si cette dernière allait tomber. Le poids du savoir, sans aucun doute! Une crinière de cheveux chatoyants encadrait son visage harmonieusement, mais ses yeux gris abysse semblaient bien loin de la Grande Salle à des lieues du château pour être exact. Perdue dans des pensées qui n'avait aucun rapport avec les livres ouverts devant elle, Eden contemplait le camarade qui lui faisait face. Penché avec application sur ses parchemins, il soulignait quelques passages, corrigeait quelques notes, relisait avec concentration les cours précédents.

Un courageux!

Eden laissa tomber son bras bruyamment sur la table et soupira à nouveau. Un soupçon plus fort encore. un peu plus loin, une jeune fille rousse la foudroya du regard. Qu'elle aille donc ailleurs si elle ne veut pas bosser! Pouvait-on lire dans ses yeux.

Oui mais ailleurs, c'était sans lui. Et voila, la demoiselle voulait passer cet après midi avec Seth. Donc, pas ailleurs. ici même.

Eden tourna la tête en sa direction et l'effaça d'un regard.

La rouge et or inclina sa jolie tête de Gryffondor pour observer le travail de Seth. Il avait l'air plutôt soigneux. Ceci dit, comparé à elle, rien n'était plus simple. La plupart de ses parchemins à elle étaient édulcorés de tout un tas de fioritures absolument inutiles au savoir, mais dénotant d'un certain goût pour l'esthétique.

Eden s'ennuyait souvent. Enfin, en cours. Sauf si le prof était particulièrement beau. Parce que le reste du temps elle s'occupait sans aucune difficulté. Lecture, dessin, musique, promenade.
En cours c'était plus difficile, bien qu'il lui arrive de prendre un livre et de s'y plonger avec avidité sous la couverture de son bureau. D'autre fois, c'était un carnet de croquis et quelques fusains qui venait prendre la relève des ouvrages fatigués d'être promenés dans des sacs déjà bien remplis. Ou encore d'autre fois elle s'échappait tout bonnement, laissant là son corps témoigner d'une présence physique, autorisant son esprit à vagabonder allègrement.

A cet instant précis, Eden ressentait le même ennui, certes la contemplation de Seth,assis en face d'elle était assez intéressante, mais il était clair que cela deviendrait rapidement gênant pour le jeune garçon si elle restait là, pantoise, à le détailler entièrement.

Eden jeta un oeil à son propre parchemin. L'écriture bien qu'agréable était rendue illisible par tout un tas de petits dessins qui se promenaient sur la page, rendant le déchiffrage bien moins facile que ce qu'elle aurait cru. Elle repoussa ses livres d'une main, abordant l'air dédaigneux de circonstance lorsqu'on se trouve devant un jus de citrouille qui a vu passer trop de jours d'été.

Dans l'idéal, s'il lui rendait son attention, ça passerait beaucoup mieux. Ou même encore, ils pourraient discuter.
Ce qui était moins idéal, c'était l'attention qu'il vouait à ses cours... pas vraiment à elle. Pourtant elle était tout aussi intéressante qu'un livre non?

Un petit sourire malicieux apparut aux coins des lèvres délicates. Les yeux perlés se tintèrent d'une touche pétillante qui éclaira le visage entier. Elle rayonnait de son idée nouvelle. Son petit défi du jour.

Eden se pencha vers son sac et y farfouilla bruyamment. Elle remonta prestement au niveau supérieur en prenant soin de secouer sa crinière dorée pour en dégager les effluves vanillées à destination de Seth.
La demoiselle plongea la main dans le petit paquet qu'elle venait extirper de l'immense épicerie ambulante qu'était son sac.

Un petit bâtonnet de fusain noir charbon atterrit devant Seth dans un « ploc! » retentissant qui sembla se répercuter dans la salle entière, au grand damne des plus studieux et pour le plus grand plaisir d'Eden.

Elle retint un sourire et se mordit les lèvres pour l'empêcher de s'échapper lui même...
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Seth Cullen
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MessageSujet: Re: Les Six Sens [PV]   Dim 16 Mar 2008 - 10:19

- Eden Sanders Le Egon , dit Seth en relevant doucement la tête qu'il venait de cogner contre la table, exaspéré par la tohu-bohu que mademoiselle pouvait créer à elle seule, est-ce que tu penses que peut-être, éventuellement, voire exceptionnellement sous condition non négociable, tu pourrais cesser tout ce bazar ? On dirait une classe eeeentière d'élèves, poursuivit-il à bout de souffle comme il parlait à voix très basse. Que dis-je ! Une classe eeeentière de scroutts à pétard. En d'autres termes, tu me déconcentres. Et d'après le regard furieux de la petite rousse qui est là-bas, je ne suis pas le seul à souffrir. Qu'est-ce qui t'arrives ?

Seth lâcha sa tête que, les doigts appuyés sur ses tempes, il avait massée pour marquer son irritation avec excès. Ses yeux circulèrent sur les travaux d'Eden. Il se mit à sourire.

- Hum... très joli. McFaith va être ravi de constater que pour toi... Il retourna le parchemin vers lui et jeta un coup d'œil. Que pour toi les sortilèges de décomposition évoquent un lapin dans un pré. C'est un lapin ? On dirait un veau aussi... un lapin-veau. Tu t'ennuies ? devina-t-il aisément.

Dans son travail, en réalité Seth avait enduré tout le bruit. Malgré qu'elle soit en face de lui, il n'avait remarqué que bien plus tard les pantomimes et le tapage d'Eden. Dans une salle commune sans résonance, il est plausible que tout ce bruit passât inaperçu. Mais la grande salle, truffée de ses studieux élèves, condamnait d'un écho le moindre froissement de parchemin.

Donc, Seth avait pu endurer le bruit, relevant le menton de temps à autre pour faire les gros yeux à sa camarade. Rien ne l'interrompit vraiment au coeur de l'immodérée concentration qu'il mit à conclure sa dissertation. Il trouva fâcheux qu'Eden sache son odorat sensible. Elle en jouait avec mutinerie. Quand l'effluve de vanille - son parfum préféré sur la chevelure d'Eden - s'élança en camouflet vers ses narines prises en otage, il avait succombé à la déconcentration.

Elle veut me rendre fou, pensa-t-il en la dévisageant cependant gentiment.

Il plissa les yeux et posa sa plume délicatement sur un mouchoir replié en quatre qui aspira le reliquat d'encre, dessinant une tâche pansue qui ressemblait à un lépidoptère. D'un coup de baguette magique, il fit léviter le morceau de fusain en la direction d'Eden. Le petit bout de charbon se posa sur sa feuille flanquée de croquis et écrivit, guidé par la baguette de Seth:

Citation :

ON FAIT UNE PAUSE SI TU ARRETES CE CONCERT
tu vas nous faire lyncher
je t'interdis de vanille
égoïste


Dans un mouvement délicat, le fusain se posa silencieusement à côté du parchemin. Seth sourit avec satisfaction et posa sa baguette à côté de lui... qui roula et tomba, provoquant une sarabande inattendue. Ses yeux tous ronds regardèrent Eden d'une expression qui disait clairement: "ils vont nous tuer."

La petite rousse et deux de ses amis se levèrent irrités et en grandes pompes. Chacun leur lança un regard noir tandis qu'ils quittaient l'endroit, en parlant à haute voix qu'ils seraient mieux à la bibliothèque. La jacquerie des perfectionnista fit se lever d'autres têtes, dont celle d'un joueur d'échec qui les réprimanda. Seth rit, se sentant à moitié coupable. L'effet papillon ne s'en arrêta pas là. Pendant que le joueur avait le dos tourné pour morigéner ses congénères, le second en profita pour échanger deux pièces sur le plateau ce qui provoqua l'arrêt instantané du jeu et une dispute zélée qui eut fini de rendre à la Grande Salle son habituel bourdonnement de voix.

- Bravo Sanders, l'acclama Seth ironiquement. Tu as imposé la pause à tout le monde.

Derrière eux, les deux joueurs d'échecs continuaient de se disputer, maintenant séparés par d'autres camarades.


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Dernière édition par Seth Cullen le Dim 16 Mar 2008 - 20:08, édité 1 fois
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Eden Sanders
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MessageSujet: Re: Les Six Sens [PV]   Dim 16 Mar 2008 - 19:28

Concert.
Substantif masculin.
De l’italien concerto.
Accord, harmonie d’instruments de musique et de voix.


Hahem… Tout ça était-il vraiment harmonieux ? Non parce que bien qu’elle ait calculé sa petite prestation olfactive, le reste était tout sauf harmonieux. Papiers froissés, soupirs, bruits de chaussures, fermeture et ouverture du sac…

A moins qu’il n’ait voulu parler du concert en tant que représentation musicale donnée dans un lieu public ou privé. Alors là, elle revendiquait pleinement la représentation en lieu public.
C’était un peu du plagiat de Varèse, Ionisation, mais cela avait fait son petit effet.

Eden observait avec une attention toute particulière la réaction en chaine qui suivit son petit jeu. Alors que d’un simple ennui découlait la fuite de la moitié de la Salle, le tout agrémenté de quelques disputes et parsemé d’une poignée de vives discussions et regards largement salés, elle songeait à l’effet papillon engendré.
Le battement d’aile d’un papillon au Brésil peut déclencher une tornade au Texas.

Toute à sa joie d’avoir attiré l’attention de Seth, elle observa le petit mot gribouillé par le coupable fusain. Egoïste ? Oui, oui sur ce coup là, elle l’assumait parfaitement. Mais au moins elle avait la confirmation que l’effluve de vanille avait atteint son but. Difficile d’attirer l’attention de Seth. Là où pour un autre, un frôlement de sa douce peau aurait permit une légère déconcentration, ici et pour Seth, tout s’avérait plus compliqué. Mais la vanille avait son petit effet sur le jeune homme. Il faut dire que cette odeur là, même elle en était folle. Son shampoing ? Sacré !

La Grande Salle reprenait vie sous leurs yeux, et l’ambiance avait changé du tout au tout. Les disputes avaient obligé les élèves à élever la voix pour se faire entendre, et tout un chacun bourdonnait désormais allègrement, semblant avoir oublié que quelques minutes auparavant, un soupir avait dérangé tout le monde.

Eden était ravie. Il était l’heure de la pause. Yeeeeeeeeeeeeeeha !
Retenant à grand peine un cri de joie lorsqu’elle compris que Seth arrêtait de travailler, elle se contenta de prendre un petit air innocent lors de sa remarque.

Imposé ? Noooooon, pas du tout, elle avait incité les autres à prendre une pause. Nuance !


Son petit air angélique faisait habituellement fondre ses interlocuteurs. Elle avait l’air parfaitement innocent. Serait-ce sans ce léger sourire aux coins des lèvres qui ne voulait pas partir. Pour dire les choses franchement, elle était très contente d’elle. Bosser un peu, soit, c’était important pour l’avenir et tout le blabla. Mais une heure d’affilée si longtemps, c’était bien trop dur.

Elle se pencha en avant, s’approchant de Seth tout en maintenant la distance respectable qui c’était peu à peu inscrite dans leur contrat, puis murmura.


- Mais enfin, tu n’as pas vu à quel point ces pauvres élèves avaient l’air stressé ? Il fallait bien qu’il lâche un peu l’affaire !


Non décidément, le sourire refusait de s’en allait, il se pointa à nouveau mais en plus insistant et Eden succomba à la tentation de le laisser éclater.

Elle avait déjà eu grand peine à se retenir d’éclater de rire lors de la chute de la baguette de Seth. C’était surtout son expression… et puis les autres étaient vraiment furieux. Mais il n’aurait pas vraiment apprécié si elle en avait rajouté aussi bruyamment. Dommage, parce que le rire, en plus d’être le propre de l’homme est une vertu pour la santé. Certains moldus disent même qu’il rallonge la vie. Ça par contre c’était assez navrant. Certaines bécasses allaient vivre une vie à rallonge, alors que d’autres personne plus intéressantes et qui se privaient pour ne pas déranger, perdaient ainsi l’occasion de remonter leur espérance de vie à celle d’un Basilic.

Par Merlin, il fallait qu’elle rie plus.

- Ecoute tu as remarqué la voix de crécelle de cette fille ? J’ai l’impression qu’on a jeté un maléfice du saucisson sur mes pauvres tympans. Si elle avait été à la même table que nous, j’aurai été obligé d’aller emprunter des caches-oreilles au prof de Botanique. Et puis avoue, je suis sure que son parfum n’était pas des plus agréable. Elle devait être un peu trop… ou alors pas assez…enfin tu vois ce que je veux dire non ?

En fait ce qu’il devait voir c’est qu’elle n’en avait aucune idée. Mais peut importe. Pour l’instant il fallait détourner son attention de ses livres afin d’éviter qu’il s’y replonge avec concentration.

C’était assez frustrant tout de même, elle était plutôt jolie et ne s’attirait même pas un regard de Seth qui lui avait préféré ses livres durant de bonnes minutes.

Alors qu’il y avait ici tant de choses pour s’amuser.


Spoiler:
 
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Seth Cullen
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MessageSujet: Re: Les Six Sens [PV]   Mar 18 Mar 2008 - 17:21

- Je n’ai pas entendu la voix de crécelle, les voix me parlent moins que l’odeur, commença-t-il, mes sens sont insensés. Je sens mieux que j’entends, je ressens mieux que je goûte... Quoi qu’il en soit, cette fille ne sentait pas mauvais. Mais elle avait une odeur étrange... ses vêtements et ses cheveux surtout. Ils sentaient le renfermé, le goudron... la cendre ? Je crois qu’elle fume en cachette.

Bien que l’odeur des choses l’informait sur les autres plus que l’observation pure et simple de leurs agissements, Seth donnerait parfois cher pour savoir exactement les pensées d’Eden. Il ressentait d’elle les variations de ses humeurs parce qu’avec le temps il les avait corrélé avec l’afflux de son sang et le rythme des battements de son cœur mais ses pensées lui restaient impénétrables.

Elle souriait gaiement d’un sourire qu’il analysait pour "je n’ai pas envie d’être sérieuse." Son comportement finissait de corroborer ses impressions.

Il ne se mettait pas en grand danger en songeant que mademoiselle n’avait plus aucune envie de travailler. Quant à lui, il lui restait l’arithmancie à mettre au propre.

Grâce à Eden et leur amitié, il avait appris à considérer ses nouveaux attributs comme des dons et non plus comme des infirmités. Il les affinait, trouvait des façons de les utiliser qui fussent ludiques ou pratiques. Pour la taquiner, il fronçait parfois le nez sans rien dire pour lui faire croire que quelque chose n’allait pas chez elle. Pourtant, elle ne devait pas être dupe car dès qu’un parfum trop entêtant le mettait à mal et qu’elle était dans les parages, c’était vers elle qu’il accourait. Il se taisait, passait près d’elle, inspirait longuement et continuait sa route sans rien dire. Il se sentait alors rechargé et se retournait vers elle d’un air impassible en lui adressant un petit geste de la main qui ne voulait rien dire.

Mes sens, se disait-il, j’ai l’impression qu’ils se sont amoindris pour ne me laisser que l’odorat.

- Je ne sais pas écouter les sons ou la musique des choses. Pour moi tout est parfum. A la rigueur, je vois très bien... et même anormalement loin. Mets face moi un pianiste et un boulanger sans me dire leur métier, et je ferai la différence en les reniflant. Je suis capable de voir à une portée assez étonnante, pourtant, entendre un coucou dans la forêt et le prendre pour un cor, ça serait tout à fait mon genre.

Seth avait toujours une grande partie de son cerveau plongée dans les obligations scolaires. Pour relativiser son sentiment de culpabilité de n’avoir pas terminé ses devoirs, il convint de se dire qu’il en avait peut-être plus fait en deux heures que certains en deux semaines.

Il repoussa ses livres, les referma soigneusement pour donner toute son attention à Eden.

- Faisons un truc. Apprends-moi à écouter, je t’apprendrai à sentir.


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Eden Sanders
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MessageSujet: Re: Les Six Sens [PV]   Mer 19 Mar 2008 - 21:50

Eden buvait les paroles de Seth avec plus d’attention qu’elle n’en avait jamais accordée à la moindre leçon.

Seth venait de refermer soigneusement ses livres et le cœur d’Eden poussa un rugissement de triomphe dans sa poitrine. Il lui accordait toute son attention. Son entière attention !

Ses yeux s’éclairèrent d’une lueur éclatante qui sembla entourer son visage d’un halo brillant.


- Va pour ton truc !


Apprendre à sentir, voilà une idée qui lui plaisait beaucoup ! Elle aimait bien renifler les gens, ça, Seth avait du s’en apercevoir. Elle avait besoin de sentir les gens. La seule chose cependant qu’elle pouvait dire d’une odeur, était ce qu’elle en pensait. Ainsi depuis plus de quinze ans, Eden classait les odeurs en quelques catégories très simples.

Il y avait les odeurs qu’elle adorait. Celle du pelage d’un chat resté endormi au soleil par exemple, dans lequel elle se rappelait avoir fourré son nez plusieurs fois étant gamine, ce qui lui avait valut quelques griffures au visage.

Ensuite venait les odeurs qui lui plaisaient. Certaines fleurs, le Nutella, la tarte au citron meringuée, et bien d’autres.

Ensuite les choses se gâtaient. Il y avait alors les odeurs qu’elle n’aimait pas. Le chou-fleur par exemple.

Et pour finir, celles qui l’insupportaient. Ben sans classe et sans détour, l’odeur du vomi.

Eden se doutait bien qu’il existait entre toutes ces catégories des subtilités auxquelles elle n’avait pas accès. Elle n’avait par exemple aucune idée concernant les odeurs qui lui était indifférentes. Difficile à concevoir. Seth, lui, avait la capacité de distinguer les fragrances dans les odeurs. Epatant. Avec ce don elle aurait été capable de faire des catégories beaucoup plus détaillées. Et puis elle aurait su ce que sentait une odeur qu’elle aurait qualifiée « d’indifférente ».

En ce qui concernait les sons, c’était beaucoup plus évident pour elle. Elle se souvenait que sa mère jouait divinement du piano. Elle avait hérité de ce don pour la musique. Alors qu’elle était totalement incapable de bricoler quelque chose qui résiste plus de deux minutes à l’air libre, ses doigts semblaient se meubler d’une agilité hors du commun lorsqu’ils s’emparaient d’un instrument de musique. Piano, violon, guitare, rien ne résistait à la demoiselle qui pourtant n’avait jamais pris de cours. Elle se contentait d’écouter attentivement les musiques, avant de laisser courir ses doigts sur le bois des instruments desquels s’élevaient alors de douce mélodie.
Pas de cours de solfège, rien. Elle se contentait de jouer à l’oreille, laissant entrevoir dans sa musique la sensibilité qu’elle s’efforçait de cacher dans ses gestes du quotidien.

Elle ne pourrait pas vivre sans musique. Elle faisait partie de son corps. Lorsqu’une musique parvenait à ses oreilles, elle se laissait envahir toute entière, sentant son sang pulser au tempo des notes qui s’enchainaient. Elle avait alors envie de danser, de chanter, de partir là où la mènerait la musique.

Elle adorerait faire partager ça à Seth.

Ecouter c’était important. Tout s’écoute, pas seulement la musique. Les voix, les bruits, n’importe quel son parasite en fait !


- Ecouter tu verras c’est assez facile. Il faut faire le vide en soi.


Elle ferma les yeux un instant, une voix particulière lui vint aux oreilles. Elle rouvrit les yeux et la chercha. C’était la voix d’une Poufsoufle qui jouait à la bataille explosive un peu plus loin. Haut perchée, aux intonations plutôt pédantes, la voix passait au dessus des explosions des cartes.
Eden sourit et se pencha vers Seth en souriant. Elle murmura de sa voix grave et chaude :


- Ferme les yeux et laisse-toi envahir par le brouhaha de la salle. Tu vas voir. Tu devrais entendre un son plutôt agressif qui domine les autres. Une pimbêche de septième année qui râle parce qu’elle perde je pense. Une fois que tu l’as localisé, tu te concentre dessus. Tu as alors l’impression que les autres sons se baissent pour te permettre de l’entendre pleinement.


C’était comme ça pour tous les sons. Il fallait d’abord les laissait venir à soi, les apprivoiser et ensuite ils surpassaient n’importe quel bruit.
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Seth Cullen
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MessageSujet: Re: Les Six Sens [PV]   Jeu 20 Mar 2008 - 16:41

D’abord sceptique à l’idée de fermer ses yeux au risque de devenir le fruit d’une bonne blague, Seth finit par se laisser aller. Après tout, il avait suggéré cette parenthèse.

Tout d’abord, ce furent les odeurs qui s’intensifièrent quand il mit de côté le sens visuel. Des brassées d'émanations qu’il n’avait jusqu’ici pas senti l’assaillirent et il rouvrit aussitôt ses yeux consternés en se pinçant le nez. C’était trop. Comme le soir quand il essayait de se coucher. Autant dire que cette incommodité avait la part belle dans la cause de ses constantes insomnies.

Désormais prévenu qu’il risquait de s’étouffer s’il ne se concentrait pas plus, il recommença. Il ferma les paupières, les parfums et effluves étirèrent derechef leurs nuages invisibles jusqu’à ses narines mais au lieu de repousser le talion de son cupide odorat, il l’accepta et mobilisa son ouïe pour oublier son flair. Ce ne fut qu’agrégat bourdonnant d’où s’élevait parfois une éclat de rire ou un mot aux tonalités plus dynamiques. Seth ne désespérait pas, il fronçait les sourcils comme s’il était en train de faire un terrible effort, recherchant le gloussement aigu au milieu des clameurs.

Eden - jeune fille d’un format Small - avait beau ne pas peser bien lourd en chair qu’en parfum c’était bien différent. Elle passait en XXL.

Pendant que ses oreilles circulaient de table en table à la recherche de cette maudite fille au rire sec, la vanille essayait incessamment de lui faire oublier son objectif. Son nez zigzaguait entre les différentes odeurs, collectionnant les personnes qui portaient des parfums similaires à ceux d’Eden.

Huit garçons avaient, à des degrés plus ou moins lourds, des pointes de musc ou de santal dans leur parfum, trois autres filles utilisaient certainement un savon, un gel douche ou des parfums à la vanille, une dernière, malgré la forte effluve de sa transpiration iodée, portait une fragrance masculine en trop petite quantité pour que ce fût son propre parfum - Seth aurait dit qu’elle venait de faire l’amour - et enfin, une personne dont il ne parvenait pas à définir le sexe, portait un parfum qui aurait aussi bien pu être celui d’un homme ou d’une femme.

- Je n’y arrive pas... murmura Seth qui gardait les yeux fermés. Je suis complètement déconcentré par les odeurs de tout le monde...

C’est à l’instant où il allait baisser les bras, qu’il reconnut un éclat de rire de la jeune fille. Il ne le lâcha pas, enfla la contribution de son cerveau en se bouchant les narines. Maintenant qu’il la tenait et qu’il aurait pu la montrer du doigt dans l’espace, petit à petit l’univers auditif se démembra.

Il entendit nettement les tintements des pièces de l’échiquier qu’on rangeait, puis le chuintement d’une robe de sorcier qui passait derrière eux. Aux rires de la jeune fille ne tardèrent pas à s’ajouter ceux de ses deux camarades. Des voix graves pour l’une, plus rauque, voire enrouée par l’autre.

Il n’en restait pas moins que tout cela n’était que le fragment d’une cacophonie, d’un désordre insupportable, pour Seth.

Il ouvrit les yeux et sourit à Eden.

- Ce sont des bruits. Des sons que je n’aime pas. Je n’aime rien de ce tapage désorganisé. Ca manque d’harmonie. Je préfère écouter Erik Satie que cette pie stridente dont les éclats de voix m’auraient été indifférents si tu ne l’avais pas pointé du doigt.... tu connais Satie ?


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MessageSujet: Re: Les Six Sens [PV]   Jeu 20 Mar 2008 - 22:29

Bouse alors !
Satie ! Erik Satie ?
Un peu qu’elle connaissait ! Sacré pianiste et compositeur pour le moins original !
Non d’un dragon à crête crantée ! Ce petit là était plutôt calé question culture. Satie était un pur moldu. Quoi qu’avec du génie tel qu’il en avait… on pouvait se permettre d’en douter.

Eden adressa un petit sourire hautain à Seth qui finit de parfaire la réponse informulée, bien entamée par le pétillement de ses yeux à l’évocation de Satie.

La demoiselle se retourna et jeta un regard en biais à la crécelle. Il était vrai qu’elle n’avait malheureusement pas été dotée d’une voix des plus agréables. Mais la nature dans sa grande bonté l’avait certainement affublé d’autres atouts pour le moins convaincants. Bien qu’invisibles à l’œil nu…
Eden se demanda alors à quoi pouvait ressembler sa propre voix pour les autres. Il parait qu’on n’entend pas réellement ce que les autres perçoivent. Question de résonnances dans les petits os du crâne si sa mémoire fonctionnait bien.
Elle savait sa propre voix particulière, on lui avait souvent répété. Un petit bout de femme doté d’une voix grave et chaude aux intonations chantante. Un professeur lui avait dit un jour qu’elle lui faisait penser aux intonations des dialectes de certaines tribus. Eden prononçait les mots profondément, ils semblaient vivre dans chacun de ses souffles.
Sa voix de gorge légèrement voilée lui avait valu une proposition de la chorale du foyer quelques années auparavant. Eden avait décliné poliment.

Celle de Seth était agréable à l’oreille. C’était important. On avait beau apprécier une personne, si sa voix vous irrite les tympans, nul ne peut ignorer que vous aurez du mal à l’écouter attentivement.
Des voix qu’il agressait, Eden faisait abstraction. Elle les reléguait au rang secondaire des bruits parasites qu’il était nécessaire d’éradiquer pour profiter au mieux du temps présent. Ce qui lui valait de nombreux vide dans ses cours. En particulier si la voix du professeur n’était pas posée. Cela la stressait, et cela, elle n’aimait pas.

Eden s’agenouilla sur le banc et posa ses deux coudes sur la table, reposant son petit menton dans le creux de ses mains.


- C’est assez dingue comme les gens perçoivent l’environnement qui les entoure de manière différente. Tu es capable de déterminer avec précision chacun des composants d’une odeur, mais tu as du mal à écouter.
Alors que je repère une aiguille qui tombe au troisième étage, la différence entre l’odeur d’une semelle de bottes et celle d’un parchemin reste un grand flou artistique pour mon appendice nasal.


Eden passa une main sur son visage et ferma les yeux. Non, même en se concentrant très fort elle n’arrivait pas à distinguer les différents effluves de ses camarades. Elle sentait bien un relent de transpiration pas très nette qui trainait dans les rangées jouxtant leur table, mais à part ça… Ah oui, bien sur, il y avait l’odeur de Seth. Un peu de fraîcheur au milieu de tout ce mélange informe.

- Comment tu fais pour les isoler toi les odeurs ? Elle t’apparaisse séparément ? Tu les analyse ? ça se passe comment ?


Elle rouvrit ses immenses yeux gris et inclina légèrement la tête vers la droite. Une petite moue contrariée aux lèvres. Elle avait horreur d’échouer dans quelque chose. De ne pas être la meilleure. Et en l’occurrence, elle n’était pas vraiment sure de percevoir la différence entre l’odeur d’une tulipe et celle d’un bégonia.

- Ton son préféré c’est quoi ? Celui qui t’apaise et que tu reconnaitrais entre tous ?


Un souvenir la pris soudainement à la gorge et elle se demanda si le terme apaiser était réellement le bon.
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MessageSujet: Re: Les Six Sens [PV]   Ven 21 Mar 2008 - 19:26

- Je ne le contrôle pas, commença Seth, j’ai appris à les dissocier et à les assembler d’une façon instinctive. Certains parfums dont je ne connais pas le nom restent dans ma mémoire olfactive en face d’un gros point d’interrogation. J’ai mis une semaine à découvrir qu’une certaine odeur sur Elliot n’était en fait que l’odeur du cyclamen de son eau de toilette. Je connaissais les noms de tous les autres arômes de sa fragrance, sauf celui-ci que je n’ai pu nommer avant le participer au dernier cours de potion où nous devions ajouter du cyclamen dans un élixir. Depuis, quand je sens cette odeur, je la reconnais pour telle. Il me manque des mots et des connaissances pour qualifier les choses que je sens.

Seth se leva et contourna le bout de la table pour venir s’asseoir à côté d’Eden.

D’un regard malin et mystérieux, il enveloppa la jeune fille. Il lui désigna discrètement la fille qu’il soupçonnait de revenir d’un ébat sentimental dans quelque coin du château. Elle était à dix mètres or, pour son expérience, il douta qu’Eden puisse sentir quoi ce soit à cette distance.

Elle était une jeune fille de septième année à la chevelure brune et nouée d’un ruban rouge. Son visage était paisible, ses yeux bleus reposaient sur un ouvrage qu’elle tenait d’une main leste tandis que de l’autre elle touillait distraitement un thé aux fruits rouges fumant qu’elle venait de glisser dans une tasse conçue grâce à différents enchantements.

- A ton tour, proposa-t-il. Vas discrètement lui demander la marque de son parfum, je crois qu’il doit s’agir de Brin d’Or. Le même que ma soeur... les effluves principales sont assez faciles à dissocier. Tu dois me rapporter ce que tu sens... en dehors de ce parfum qu’elle a mis à trop forte dose. Dis-moi plutôt ce que tu sens dans ses cheveux, sur sa peau, ses vêtements. Qu'importe. Ce que tu sens... ensuite, je te dirai de quoi il en retourne.

Ce qui faisait sourire Seth n’était plus seulement d’apprendre mutuellement à développer ses sens. Il attendait avec délectation de suivre la façon dont Eden resterait suffisamment longtemps près de la septième année pour lui soustraire, sans se faire envoyer voir ailleurs ou passer pour une folle, une ou deux exhalaisons qu’elle devait lui rapporter.

- Ne me dis pas que tu es à cours d’imagination ? railla-t-il, persuadé qu’elle relèverait le défi.


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MessageSujet: Re: Les Six Sens [PV]   Sam 22 Mar 2008 - 11:27

Eden opta pour son sourire canaille, parfaitement sure d’elle. Celui qui lui allait on ne peut mieux, et accentuait la pointe de prétention qui subsistait constamment au bout des lèvres délicates.

Elle se leva, non sans bruit, repoussant le banc de ses jambes toniques et déclenchant une bonne demi douzaine de regards courroucées. Qu’allait encore inventer l’allumette rouge et or ?
Elle se pencha à quelques centimètres de l’oreille de Seth, ses cheveux pendant négligemment sous le nez du pauvre garçon, et murmura d’un air suave :


- A cours d’imagination ? Jamais…


Eden se mit debout et jeta un œil à la fille en question. Une jolie brunette, de très beaux yeux bleus, un air un peu rêveur et il fallait l’avouer, grandement satisfait d’elle-même. Elle était plutôt jolie, remuait sa tasse d’un mouvement gracieux et semblait absorber par un ouvrage dont elle ne tournait pas les pages. En pleine contemplation quoi…

Eden réfléchit rapidement. Elle aurait pu l’aborder au sujet du livre, mais traverser dix mètres de la salle pour demander un ouvrage, c’était d’un banal…
Eden lorgna sur un garçon prés d’elle qui dévorait à grande bouchée une pauvre tartine de confiture qui semblait être à la fraise. Une petite lueur s’alluma dans son esprit.
Elle se vit en train de traverser la salle d’un pas souffle, une tartine à la main, trébucher sur une jambe dépassant maladroitement d’un banc. S’en suivrait un vol de tartine qui irait choir lamentablement sur la belle. Eden pourrait alors s’en approcher suffisamment pour lui demander son parfum.

Oui mais Seth avait précisé « discrètement ». Et ça, c’était aussi discret que l’apparition d’un Hollandais à crête sur une plage de Floride.

Eden abandonna la tartine pour se jeter dans les bras de l’improvisation. Vieille méthode qui avait fait ses preuves plus d’une fois, en particulier pour la demoiselle qui ne manquait pas d’un certain culot.

Elle traversa les quelques mètres qui la séparait de la jeune fille d’une démarche souple, ne se cachant pas de son but et fonçant directement sur elle.
Elle s’assit, non sans brusquerie face à la demoiselle.


- Salut !


Elle leva les yeux de son livre, surprise par l’irruption aussi soudaine dans sa vie, d’une jeune fille avec qui elle n’avait jamais parlé.
Elle ne prit pas la peine de répondre et sembla attendre patiemment que la suite déboule avec autant de tact qu’Eden en avait mis pour s’asseoir à ses côtés.

Eden en profita pour la dévisager attentivement, cherchant un détail particulier qui aurait pu justifier une telle approche. Le visage était très nature. Une légère touche de mascara, un gloss brillant sur les lèvres et c’était tout. Elle était très simple et aussi vraiment jolie. Eden nota que son corset fleuri était boutonné étrangement. Le lundi avec le mardi quoi….
Elle leva un sourcil surpris et nota que la jeune fille avait suivit son regard et piquait un fard. Intéressant.
Elle devait être en sixième année… ou peut être septième. En tout cas elle n’était pas en cinquième, c’était certain.
L’avantage à ses âges là, c’est qu’on pouvait difficilement se tromper de sujet. L’éternelle discussion sur ces petites bêtes qu’étaient les garçons marchaient à tous les coups. Elle était jolie, il devait y avoir des choses à dire. Eden se lança.


- Dis moi, ce n’est pas toi qui sort avec …


Si elle avait su que ça ferait cet effet là, nul doute qu’Eden aurait changé son plan d’approche. La discrétion ici n’était pas de mise.
La jeune femme referma brusquement son livre et coupa les paroles d’Eden d’une voix qui n’allait pas réellement de pair avec la douceur du visage.


- Tu veux quoi exactement ?


Non, vraiment l’approche était loin d’être idéale.
A coté de ça, la tartine semblait vraiment une délicate et douce attention.
Eden inspira un peu d’air et se composa un visage neutre et serein. Autant jouer le jeu jusqu’au bout. Elle n’avait aucune idée des parfums que dégageait la demoiselle, mais elle reviendrait au moins avec un ou deux potins.


- Mais rien, c’était uniquement par curiosité…


La brunette piqua un fard à faire damer un feu tricolore.
Honte ? Gêne ? Rage ?
Eden n’aurait su le dire.

Et cette satanée odeur de fruits rouges qui émanait du thé, paralysant la moindre senteur venant de la jeune femme.


- Ta curiosité tu la garde ! Si c’est uniquement pour la mettre au courant tu n’es vraiment qu’une petite bouse de dragon malade.


Le regard d’Eden replongea vers le corsage froissé. Chic alors ! Elle avait mis le doigt sur un potin croustillant.
Retenant à grand peine son envie de se tourner vers Seth un sourire triomphant aux lèvres, elle tenta le tout pour le tout.


- Je serais muette comme une tombe si tu me donnes le nom de ton parfum et la marque de ton shampoing ! ça te va ?


Négociations, politique, tous ça était dans ses gènes aprés tout. Même le chantage...

Le sang de la brunette quitta son visage aussi rapidement que ce qu’il l’avait envahit. Ses yeux bleus s’agrandir sous l’effet de la surprise. Quel était donc cette espèce de petit troll qui venait troubler son havre de lecture paisible pour lui faire du chantage à propos de son parfum.

A la table s’en suivit une vive réponse de la brunette qui regardait Eden d’un air suspicieux. Cette dernière écoutait telle une bonne élève qui essaie de retenir chaque mot de sa leçon, dans une attitude qu’on lui voyait bien peu souvent.
Le monologue de la brunette se termina dans un grand geste du bras qui signifiait qu’elle désirait la paix maintenant et qui eut pour conséquences de renverser la tasse de thé sur la table. Le liquide chaud se répandit rapidement, provoquant la levée d’Eden d’un bond aussi leste qu’un chat sauvage.

Pas question de traîner une odeur de fruits rouges sur ses vêtements tout l’après midi.

Elle remercia la brunette de quelques mots assortis d’un sourire éclatant. L’autre se pris la tête dans les mains en un geste qui pouvait semblait être du désespoir et entreprit ensuite de siphonner son thé avec sa baguette, ne se souciant plus de la blondinette que d’une brindille échappée de son balai.

Eden revint vers Seth, abordant son sourire canaille et se rassit comme elle s’était levée, avec la douceur d’un nifleur dans une bijouterie.


- Alors, c’est bien Brin d’Or qu’elle porte, félicitations ! Je n’ai aucune idée de ce qu’il contient comme fragrances mais je peux te dire qu’elle se lave les cheveux avec du L’oréal. (Surement parce qu’elle le vaut bien) Extra lissant, et c’est plutôt efficace ! Qu’elle a visiblement été en contact avec un mec qui n’est pas le sien et qu’elle sentira le fruit rouge pour le reste de la journée.


Très fière d’elle, Eden regardait Seth avec un sourire de petite fille qui la faisait paraître presque son âge, pour une fois, quand son air sérieux lui accordait quelques années de plus, sous le poids des épreuves de la vie.
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MessageSujet: Re: Les Six Sens [PV]   Sam 22 Mar 2008 - 14:18

Seth eut beaucoup de mal à contenir ses rires pendant toute la scène que lui représenta Eden. Cette jeune fille était culottée et audacieuse. Le moins qu’on pouvait dire était qu’elle n’y allait pas par quatre chemins, en tout cas, le chemin qu’elle empruntait était payant. D’une façon ou d’une autre, elle avait obtenu quelque chose de la jolie brune.

Pendant la représentation, Seth dont il n’était pas dans l’habitude d’aller spontanément vers les gens même si le dialogue lui venait assez facilement, se demanda s’il serait capable d’agir avec autant de spontanéité. Qu’aurait-il fait à la place d’Eden ?

Le seul contact presque spontané qu’il avait eu avec quelqu’un fut une jeune fille lors du bal de fin d’année, l’année dernière. C’était lui qui avait dû faire le premier pas et aujourd’hui encore, il se demandait comment il y était parvenu.

Japhet l’avait vainement préparé durant des semaines, à accepter le contact de Dalahina, une ravissante petite pakistanaise qui ne l’avait pas laissé indifférent. Issue de deux parents moldus, c’est au grand damne de Liam que Seth avait demandé de l’aide à sa fratrie. Japhet l’avait guidé dans son apprentissage de la danse et de ce qu’aiment les filles, Liam avait accepté de le former sur le comportement à observer durant la soirée pour remédier à la certitude qu’il ne la toucherait pas. L’anecdote était tellement risible !

Le moment venu, fort de tous les conseils de son frère et de sa sœur, Seth avait pris son courage à deux mains afin d’aller adresser la parole à Dalahina. Ils n’avaient en commun rien de plus que quelques cours et leur âge. Son visage dépassionné n’avait eu de vivant que le regard et un vague sourire rosé quand il approcha la jeune fille, assise seule à une paillasse du cours de botanique. Il s’était assis à côté d’elle et sans la regarder:
- Une soirée...
- Comment ?
lui avait-elle demandé, incertaine d’avoir compris ou manqué un bout de la phrase.
- Une soirée, avait-il repris, tous les deux ?
Assurément, Seth avait oublié les cours de séduction de Liam. Il ne la regardait pas, ne parvenait pas à formuler une phrase complète qui fût compréhensible ou qui s’apparentât à une invitation. Mais la jeune pakistanaise n’était pas cruche. Elle le comprit.
- C’est une demande pour aller au bal, Seth Cullen ? lui demanda-t-elle en s’esclaffant tout bas.
- Si tu dis oui, alors c’en est une. Si tu dis non, alors imaginons que tu as mal compris.
- Si tu me le demandes en me regardant dans les yeux, je te dirai oui.

Comme si sa tête portait un casque lourd comme le granit, Seth avait relevé son visage vers Dalahina, déglutit sans toutefois rougir, puis il affronta finalement le souriant regard vert:
- Veux-tu m’accompagner au bal de fin d’année, Dalahina Sakti ?
- Oui, avec plaisir. Mais je ne danserai pas...
Seth aurait pu sauter de joie mais il ne le fit pas, conjecturant qu’elle apprécierait mieux qu’il se montrât déçu mais compréhensif. Il adopta un visage artificiellement déçu mais compréhensif.

Toute la soirée n’avait été que suite d'impérities équivoques malgré les précautions que Japhet avait prises en informant Dalahina que son frère répugnait au toucher. Etrangement, la jeune pakistanaise s’en accommoda. Ils dansèrent quand même. Sans se toucher. Ils parlèrent peu mais se regardèrent beaucoup. Plus les yeux verts de Dalahina projetaient à Seth son envie de lui, plus Seth faisait l’aveugle. A tel point que, nerveux, il renversa même un jus de citrouille sur sa robe.

Quand la fin de la soirée les attira vers leur salle commune respective, il avait semblé à Seth que Dalahina aurait bien aimé être embrassée bien qu’elle sût qu’il ne le pouvait pas. Elle lui avoua qu’elle avait passée une soirée agréable, un peu trop insolite pour une jeune fille de son âge qui se satisfaisait des choses ordinaires, comme par exemple être embrassée la fin d’un bal. Il s’excusa mais ne para pas au manque, stoïquement dressé face à elle.

Elle approcha son visage du sien, ses lèvres de sa bouche, sans toutefois le toucher. Elle ferma les yeux et murmura à Seth qu’il ne s’inquiète pas et surtout, qu'il ne bouge pas, qu’il continue simplement de respirer pour qu’elle sente son souffle sur elle. Il obéit. Dalahina s’était ensuite reculée en lui souriant.
- J’espère qu’un jour tu pourras, avait-elle conclu en s’en retournant d’un vague geste de la main.

L’année suivante, cette année, Dalahina sortit avec un Poufsouffle qui la contenta et accepta de ne pas danser aux soirées - elle n'aimait toujours pas danser - si toutefois elle passait le temps qu’ils ne dansaient pas à l’embrasser.

Quand elle passait dans les couloirs, Dalahina lui allouait toujours un heureux sourire. Depuis qu’il pouvait sentir, il savait d’elle que son cœur battait deux fois plus vite quand ils se croisaient mais jamais elle ne lui adressait la parole.


Eden était revenue s’asseoir victorieuse à côté de lui. Les yeux de Seth étaient brillants, anormalement brillants.

- Brin d’Or a pour principale substance le thé vert et la dictane mais elle a aussi sur elle un peu du parfum d’un garçon, sa salive et sa transpiration mélangée à la sienne, plus d’autres parfums amoureux que je ne peux pas te décrire. Son cœur battait très vite quand tu lui parlais, elle était effrayée par toi... ou par ce que tu savais. Puis, son rythme sanguin s’est apaisé si subitement et si faiblement... comme le tien dans le parc, le soir où je t’ai raconté... c’était la mélancolie. Elle est triste. Mais, à ta façon, pour relever le défi, tu t’en es bien tirée. Observatrice...

Seth s’accouda à la table qu’il avait dans son dos et continua de regarder la vaste salle qui reprenait son calme. La brune de septième année leur adressa un regard bleu liquide avant de refermer son livre, de se lever et de quitter la Grande Salle.

Le jeune Cullen se sentit bêtement coupable de ce qu’ils venaient inconsciemment de lui faire subir. Savoir ne donnait pas le droit d'attacher les autres au joug de nos perceptions.

La compassion de Seth était plus intellectuelle qu’émotionnelle, il éprouvait plus de difficulté dans la persistance d’un sentiment que dans la synthèse de ses sensations. Ainsi, il oublia la jeune fille dès qu’elle ne fut plus en vue.

- Eden, nous avons passé en revue l’ouïe, l’odorat, un peu de la vue, un peu de ce que j’appellerais le pressentiment, il nous manque... le goût et le toucher. Tu choisis.


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MessageSujet: Re: Les Six Sens [PV]   Dim 23 Mar 2008 - 9:54

Elle faisait peur. Eh ouais !
Eden Sanders, Gryffondor version small faisait peur aux grandes jeunes filles de Septième année qui fricotaient avec la trahison.

Epatant.

Seth Cullen.
Lui aussi épatant. Un concentré de paradoxe et de contradiction. Il en restait toujours un peu à explorer. On avait l’impression de ne jamais en avoir fait le tour. Et c’était tant mieux.
Il avait les yeux brillants lorsqu’elle était revenue. Pourquoi, elle l’ignorait. Elle aurait penché pour de la nostalgie. Mais rien n’était moins sur.

Le goût ou le toucher.

Eden se munit d’un sourire mystérieux avant de plonger à nouveau la main dans son sac. Plus discrètement cette fois. Elle s’était suffisamment faite remarquer pour aujourd’hui. Les doigts fins sortirent des petites plaquettes de la gibecière.
Les munitions. L’incontournable. L’inimitable. Le fabuleux…

Chocolat !

Le goût ça pouvait être très amusant si on savait choisir ses aliments.
Et puis, elle avait envie de garder le toucher pour la fin, parce que c’était quelque chose qu’elle appréhendait un peu. Elle avait vraiment envie de lui faire partager ça. Qu’il puisse un jour accepter qu’elle frôle son épaule dans un couloir, qu’il accepte l’approche d’une main qui clame « je suis là ». Et qu’il passe encore une fois la main dans ses cheveux.
Comment imaginer qu’on puisse vivre sans contact ?
Elle était tactile. Un psychologue acharné aurait sans doute annonçé qu’elle déversait dans le contact tout l’amour dont elle avait manqué. Ça remonte souvent à la petite enfance pour les spécialistes. Avec elle, ils auraient eu du boulot. Si elle avait eu beaucoup d’amis, nul doute qu’elle aurait été ce genre de fille à les serrer souvent dans ses bras. Mais le cercle restreint des particuliers qui pouvait l’approcher suffisamment, se contentait actuellement de ses gestes qui pouvaient paraître involontaires et qui consistait en un frôlement d’épaules qui la rassurait. Ou encore ce besoin de toucher les objets qu’eux même touchaient.

Si Seth ne supportait vraiment pas son contact ?

Eden chassa tout nuage de son esprit, et posa sur la table, les quelques tablettes de chocolat qu’elle avait extirpé du sac.

Chocolat noir amer, chocolat au lait, au coulis de framboise et aux éclats de fève.

Rien que ça. Juste une petite parure nécessaire à une semaine de cours. Il en fallait pour tous les goûts, toutes les émotions. Le coulis de framboise avait un goût assez relevé. C’est celui qu’elle se réservait pour les « après » cours de Potion. Le cachot ne lui convenait pas vraiment. Les espaces clos, souterrains, la mettaient mal à l’aise. Mais avec un peu de ce chocolat, on se sentait requinqué !

Seth devait sentir la framboise à travers la mince couche de papier d’emballage. Pourvu qu’il aime.
Eden ouvrit les tablettes avec plus de soin qu’elle n’en mettait pour accomplir quoi que ce soit d’autre. Le rituel était précis, il fallait déchirer le papier le plus droit possible pour conserver au maximum les petits carreaux non engloutis mangés.


Elle découpa ensuite des petits morceaux dans les carreaux même. Jetant de temps à autre, des regards interrogatifs à Seth. Espérons que l’odeur du chocolat ne l’incommode pas. Elle lui réservait le droit de n’en goûter que deux.
Elle se rappelait que seul le noir amer lui plaisait. Mais le coulis de framboise et les éclats de fève étaient eux aussi noirs amers. Elle lui épargnerait peut être le supplice de goûter au lait.


- Bien, voila ce qu’on va faire.
Tu vas choisir deux parfums différents que tu laisseras fondre dans ta bouche l’un après l’autre. On ne mélange pas. Il faudra que tu essaie de trouver les ingrédients qui te sautent aux papilles, et que tu me décrives les moments de ta vie que te rappelles les goûts.
Ça marche ?



Il y a quelques années de ça, elle avait joué à ce jeu avec Mélusine. Le chocolat noir pâtissier lui avait rappelé une grand-mère qu’elle ne se souvenait pas avoir connue. Le pouvoir du chocolat surement.
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Seth Cullen
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MessageSujet: Re: Les Six Sens [PV]   Mar 25 Mar 2008 - 16:13

Seth prit un des carrés émiettés. Lisse et noir, fendu en son milieu par un fin nappage rosâtre. Il l'amena à sa bouche et le suçota jusqu'à ce que le chocolat se liquéfie dans sa bouche.

Contrairement à ce qu'Eden pensait, l'odorat de Seth avait ses limites. Il ne sentait pas au-delà du plastique ou des matières qui n’étaient pas naturelles. Les ligands dysfonctionnaient face à l’inanité du plastique, du plexiglas, du nylon, de la cire froide, de la pierre, du verre et des métaux. Sauf si certaines de ces matières étaient exposées à la chaleur. Une réaction chimique les lui rendait presque perceptibles. Dans le froid, il ne percevait que les odeurs liquides diffusées par ce qui était vivant. Mais, par tous les temps, il pouvait sentir la rouille, les moisissures, même en proportions infimes. Mais grand nombre d’odeurs l’incommodaient toujours.

Donc, tant qu'elle n'avait pas ouvert la plaquette de chocolat, il fut incapable d’en deviner la saveur. Après quoi, son nez fut le plus rapide. Chocolat et framboise. Mais il goûta quand même pour se plier à l’essai.

Le chocolat possédait cette amertume qu'il appréciait mais la framboise était moins forte sur sa langue que dans ses narines. Il testa un second carré mais à part le chocolat - et même avec le concours de son odorat - il n'avait pas su identifier l'aromatisation de la fève. Il sourit à Eden en lui confiant son impuissance quant à la devinette du second carré. Malgré tout, ce fut ce morceau là qui lui donna le plus de souvenirs.

Un goût corsé et huileux, croquant et doublement amer. Il fut projeté vers ses huit ans. Seth était assis sur un caillou. Son grand frère était en face de lui, un genou à terre pour se positionner à sa hauteur. Liam avait toujours été plus grand que son âge. L’aîné avait déchiré un pan de sa chemisette que leur mère leur avait acheté, à l'un et à l'autre, pour ce premier jour d'école. Il pleuvait ce jour-là. Retour d'école. Ils s'étaient arrêtés sur le bord du chemin, Liam soignait Seth d'un coup infligé par l'un de leur camarade.

Afin qu’il ne pleure pas, Liam lui avait glissé un petit bonbon en forme de galet dans la bouche.

- Tant que tu n'as pas terminé le bonbon, tu n'as pas le droit de pleurer. Je vais te soigner, avait-il presque ordonné à son petit frère.

Toujours très obéissant à son grand frère, Seth avait contrôlé ses yeux et sa gorge pour qu'ils réservent leurs larmes et sanglots pour plus tard durant que Liam épongeait son nez saignant.

Quand le bonbon fut terminé, Seth ne se souvenait plus qu'il avait envie de pleuré et Liam avait arrêté l'hémorragie.

- Tu peux pleurer maintenant.
- J'ai plus envie.
- OK, alors ça veut dire que t'es très fort.
- C'est vrai ?
- Oui, n'importe qui aurait pleuré à ta place. Même papa, ça se trouve !
- Oh ?
- Et t'as pas pleuré.
- Non, j'ai pas pleuré...


Pour deuxième anecdote, l’anecdote chocolat-framboise, Seth raconta à Eden d'une voix calme et distante, que le sucre mêlé à l'amertume lui rappelait la contradiction de ses sentiments lors du bal de fin d'année avec Dalahina. Un goût éduqué qui tient longtemps à la langue et qui, mélangé avec un peu de la douceur nécessaire dans toutes les tristesses, persistera dans sa mémoire comme une saveur d’adolescence. Dalahina était la framboise, lui était le sombre carré amer à adoucir.

Le récit des deux anecdotes fut ponctué par un silence encombrant qu’il brisa en désirant passer à autre chose. Il ne souhaitait pas qu’on commente ses souvenirs. Bizarrement, il se sentit bernés par eux, pris au piège d’un sentiment qu’il détestait: la nostalgie. Ces deux souvenirs avaient des relents aussi amers que le chocolat noir, ils témoignaient d'époques où ses faiblesses l'empoisonnaient. Il changerait tout ça. Devenir un monstre aurait peut-être des bons côtés, réfléchit-il.

Il voulait oublier.

- Pour le toucher maintenant... c'est plus dur, dit-il soudainement. Etre touché me fait peur...

A peine terminait-il de parler que ses pensées étaient déjà au creux de son geste. Il tendit doucement sa main vers celle d'Eden... et y posa l'index avec appréhension. Ses yeux verts s’étaient doucement assombris. Sa concentration était à son comble.

Légèrement, il appuya pour sentir sous son doigt la chair d’Eden s'affaisser doucement. Puis, bien que chargé d’une crainte incontrôlable, il déposa les autres doigts avec la même lenteur. Chaque seconde avait une valeur et donnaient à ses joues une diserte couleur rose.

Son cœur se mit à battre à toute pompe mais ses entrailles qui se retournaient n'avaient pas entrepris de régurgiter ses deux carrés de chocolat. Tant mieux pour Eden.

Seth finit par prendre complètement la main d’Eden et par y poser sa paume. Il l’effleura telle une brise, succinctement mais clairement, avant d'ôter sa main très rapidement, comme s'il s'était brûlé.

Il lui sourit, désespéré par son propre cas. La honte des vampires.

- Tu as la peau douce, lui dit-il d’un faible sourire, dans sa plus grande découverte de la journée, loin de devant les sortilèges inédits du cours de McFaith.

Ses yeux brumeux redevinrent plus clairs. Il la dévisagea longtemps. Au supplice d’une oblongue réflexion, il ferma ses yeux pour se souvenir de ce qu'il s'était passé dans le parc lorsqu'elle lui était tombé dessus.

- En sens inverse, cela me paraît plus difficile... je n'ai pas d'idée qui ne provoque instinctivement une peur irrationnelle. Est-ce que... est-ce contraignant pour toi de ne pas pouvoir me toucher ?


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MessageSujet: Re: Les Six Sens [PV]   Mer 26 Mar 2008 - 22:53

Seth Cullen…

Ne pas te toucher c’est contraignant.

Pire que ça.

Un supplice.

Comment lui dire ?

Intègre authentique, on ne se contente pas d’un hochement de tête qui pourrait passer pour un « bah ça va on fait avec ». Non.

Eden sourit.

Le langage du corps était aussi important que la parole. Complémentaire et peut être plus honnête.
Avec le corps il est difficile de mentir, quand la langue dit ce qu’elle veut. Les yeux ne mentent pas… ou quand ils le font, ils l’annoncent.
Alors que les paroles dupent, trompent, censurent, empruntent des chemins détournés pour ne pas prononcer les mots fatals qui annoncent ce qui nous touche réellement, le corps lui révèle.
Qu’on est mal à l’aise, qu’on souffre, qu’on a peur, envie, besoin… Il ne peut pas mentir. Même pour un parfait maître dans l’art de paraître, il subsiste toujours un détail qui fiche tout par terre. Des yeux un peu trop brillants pour annoncer qu’on ne pense à rien. Des mains un peu trop tremblantes pour clamer qu’on ne ressent rien. Un sourire un peu trop crispé pour prétendre que l’on est ravi. Des épaules un peu trop voûtées pour soutenir que tout va bien.
En quelques sortes les gestes sont le moyen d’avouer ce qu’on n’arrive pas à formuler par des mots.

Le sourire et le regard qu’elle offrait à Seth en cet instant était la réponse à sa question. Le formuler ouvertement lui paraissait trop difficile. Pourquoi… ? Puisque finalement dans un regard elle lui offrait sur un plateau d’argent un aveu qui annonçait la difficulté qu’elle ressentait à ne pas le toucher…

Elle aurait voulu entre deux cours pouvoir frôler son épaule dans un couloir. Sans le regarder, sans lui adresser la parole. Juste pour lui dire « je suis là. »
Pouvoir glisser sa main dans la sienne et y exercer une légère pression quand elle voulait attirer son attention, le pousser lorsqu’il la taquinait…

Pourquoi ce besoin de toucher les gens, elle n’en avait aucune idée.
Même les gens qu’elle n’appréciait pas particulièrement étaient des victimes potentielles de ce besoin constant de contact. Dans la rue, elle bousculait volontairement les gens. Elle aimait à rencontrer une épaule solide, qui résistait. Ou autre. Pour se rassurer surement. Se dire qu’on n’est pas seul. Même si on ne fait que survivre les uns à côtés des autres. Il y a toujours quelqu’un qui vivote à côté.

La vie était elle cruelle au point que la seule personne à qui elle s’ouvrait peu à peu soit la seule qu’elle ne pourrait jamais toucher volontairement ?

Ou au contraire la vie savait-elle exactement ce qu’elle faisait ?

Eden haussa les épaules et ne prit pas la peine de formuler ses pensées. Après tout il savait. Elle appréciait ce qu’il était, lui tout entier. Et s’il fallait s’adapter à cette contrainte elle le ferait. Parce qu’elle faisait partie intégrante de lui.

Mais dire que cela ne la gênait pas… Non. Pas possible. Elle était trop honnête pour le prétendre.

Elle le comprenait, l’acceptait. Mais ne baisserait pas les bras. Un jour peut être. Et si ce n’était pas possible, elle trouverait un moyen.

Il y avait toujours un moyen.

Il acceptait le contact de sa famille… il y avait donc un espoir. Aussi mince qu’un papier de soie. Mais cela suffisait, puisque le papier existait, fine barrière entre deux mondes.
Fine…mais barrière tout de même.

Elle se pencha un peu vers lui et ne reconnu pas sa voix alors qu’elle murmurait :


- Je peux ?


Lentement, à son tour, elle approcha sa main de lui. Elle la positionna juste au dessus de la sienne. Sans le toucher, mais si prés qu’il devait sentir le sang qui battait dans ses veines et la chaleur que dégageait sa peau. Un interstice aussi fin que du papier de soie séparait leur deux mains.
Eden leva les yeux vers lui, interrogatifs.
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MessageSujet: Re: Les Six Sens [PV]   Jeu 27 Mar 2008 - 0:42

Avant même de pouvoir sentir la chaleur toute proche de la main d’Eden, Seth se sentit chavirer. La tête lui tourna, ses joues reprirent une carnation rosée et son teint était toujours si blafard qu’on eût dit qu’il venait de prendre un coup de soleil.

Ses yeux dégringolèrent le long du bras d’Eden pour se poser où elle avait suspendu sa main. Il resta un moment sans réagir, tétanisé par l’idée qu’elle le touche. Pourtant, une chose rare le maintenait stoïque en face d’elle... pour la première fois, il avait envie qu’on le touche et de lutter contre lui-même pour que ça arrive.

Il aimerait supporter le contact. Au moins celui de la Gryffondor parce qu’un jour, s’imaginait-il, il adorerait prendre Eden dans ses bras sans que ça le rende malade. Si quelqu’un devait briser sa thébaïde, Seth savait depuis maintenant un petit moment qu’il aimerait que ça soit elle.

Il n’avait jamais de geste impulsif. Tout son corps était toujours contrôlé, serein et il obéissait inexorablement à sa peur du toucher. Slalomer entre les gens dans les couloirs avait d’abord été un jeu, puis une simple habitude. Les choses changeaient depuis Eden.

Quand il sentait le sucre dans son sang, il se surprenait aussi gourmand qu’elle devant ses carrés de chocolat. Voyant battre sa jugulaire, il imaginait sa vie de vampire et savait le délice que serait son sang sur ses papilles. Certaines nuits, il en faisait des cauchemars. Il lui était tellement confortable de croire que sa hantise du toucher le garderait loin de commettre un jour l’irréparable. Pourtant, le sang d’Eden le hantait. Seuls ses cauchemars lui donnaient à voir sa bouche posée contre son cou.

Quand il la voyait triste ou la ressentait mélancolique, il regrettait de ne pas pouvoir lui offrir l’accolade amicale qui réconforte. Quelque part en lui, dans un recoin sombre qui n’était connu de personne, il éprouvait une égoïste satisfaction de savoir que, de toute façon, il n’y avait personne à Poudlard qui puisse remplir la commande affective. Il pensait qu’il éprouverait de la jalousie si un autre ami pouvait faire pour elle ce qu’il ne pouvait pas et qui était cependant si simple pour tout le monde.

Quand il l’entendait rire de sa voix musicale lorsqu’ils se taquinaient, il ne supportait plus de la voir refouler ses gestes impulsifs. Les plus simples: donner un léger coup de coude, une tape dans le dos, pincer.

Quand il respirait son parfum naturel, celui qui le rendait fébrile, comme maintenant qu’elle s’était approchée pour palper sa main, c’était son corps en entier qu’il aurait aimé serrer.

Mais il ne pouvait pas. Pas encore, rectifia-t-il dans sa tête.

Le regard d’Eden l’avait achevé. Il comprenait que cela ne devait pas être facile d’être ami avec un sens interdit ambulant. Un jour, elle se lasserait. C’était ce qui inquiétait le plus Seth.

Il leva tout doucement la main pour que celle-ci entre contact avec la sienne. Comme il était son principal refuge, il se calfeutra dans son sens olfactif, enivré par l’odeur d’Eden, pour ne pas se laisser submerger par la peur qui le faisait doucement trembler.

Les deux peaux se rencontrèrent. Superposées dans les airs.

Son cœur se remettait à jouer une litanie de battements entêtants. Sa tête lui tournait. Il ferma les yeux cependant qu’il retournait, puis refermait sa main sur celle d’Eden. Ce cœur n’en finissait pas de palpiter. Un jour il ne le ferait plus, alors Seth ne lui en voulut pas pour cette brutale ferveur. Heureusement qu’il n’y avait pas d’autres vampires ou loups-garous dans l’école, ils auraient pu croire qu’une fontaine de sang ruisselait dans la grande salle.

Il pressa la petite main en prenant soin de rester dans l’ambre épicée d’Eden. Avec la lenteur dont il avait besoin pour s’accoutumer à cette peur qui le déchirait littéralement de l’intérieur, il apporta la main d’Eden vers sa joue. C’est à cet instant qu’il ne comprit pas pourquoi.

Pourquoi je pleure ?

Une fine larme sucrée se détacha du coin de son œil fermé. Elle parcourut sa pommette, sa joue et sa mâchoire, laissant derrière elle un liseré adamantin avant de sécher au bord du précipice de son menton.

Il abandonna la main d’Eden à proximité de sa joue. Suspendue comme auparavant, à quelques centimètres de sa peau. Serrant sur ses cuisses ses deux poings compressés l’un dans l’autre en une violente tension, il essaya de détendre ses paupières fermées pour qu’il ne reste que le parfum et la main d’Eden en cette seconde en-sensée.

- Oui, murmura-t-il en tremblotant toujours, j’aimerais vraiment n’être plus contraignant pour toi.


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MessageSujet: Re: Les Six Sens [PV]   Lun 31 Mar 2008 - 0:49

Abattez-le…

Faîtes qu’il ne batte plus…

Arrêtez le où c’est moi qui le tairais…

Enchaînez mon cœur à cet arbre et laissez-moi l’abandonner là, et avancer sans lui…

Permettez-moi de me détacher, de ne plus réfléchir. De cesser de penser pour être enfin…

Ne me laissez pas m’emporter là où lui ne peut pas me suivre.

Cet unique contact prouvait une fois de plus que l’effort fourni par Seth était redoutable. Que rien ne serait facile. Dans ses yeux la souffrance. Peut être de ne pas partager avec elle ce qu’elle attendait tant. Beaucoup et si peu de chose à la fois. Elle ne demandait rien d’autre que de pouvoir le frôler…
Si peu de choses et trop pourtant.

Alors qu’il s’emparait de sa main l’anxiété la gagna. Et si cela le rebutait définitivement ? Et si plus jamais elle ne profitait de cette douce enveloppe de ses doigts autour des siens ?
Elle aurait voulu serrer sa main dans la sienne. Avec violence. Pour s’imprégner un peu de lui et profiter de ces quelques instants qu’elle lui volerait. Mais s’emparer de sa main pour la moudre dans la sienne était comme déchirer l’accord qu’ils avaient passé. Le bafouer, le violer, le désavouer. Si elle faisait ce geste ce serait la dernière fois qu’elle le toucherait.

Avec tous les élèves qui se trouvaient dans cette salle, il avait fallu que ce soit lui et pas un autre dont elle ait envie de s’approcher à ce point. Elle aurait pu courir et se pendre au bras du grand gaillard à la table d’à côté. Il aurait été surpris, certes, mais elle aurait pu. Elle aurait pu aussi passer ses mains dans les cheveux de n’importe quelle fille. Nul doute qu’après aucune d’entre elles ne lui aurait plus jamais adressé la parole. Mais elle aurait pu.
Elle aurait pu poser ses lèvres sur celle du garçon, seul à sa table, à l’air mélancolique. Il ne l’aurait peut être pas repoussée.
Aucune de ces choses cependant ne lui plairaient plus qu’une simple pression de sa main sur celle de Seth.

Pourquoi Eden ?

Elle haussa les épaules, se parlant à elle-même. Le pourquoi était-il réellement important puisque de toute façon elle n’avait pas ce droit et ne comptait pas le prendre ?

Doucement, il attira sa main à lui. Elle tremblait. Il devait le sentir. Elle avait peur… Elle était si prés de sa joue qu’en étendant le doigt seulement, elle l’aurait touché.

Puis elle la vit. Fine perle nacrée… au coin de son œil. Lentement elle roula sur la joue, laissant derrière elle l’amertume d’un regret, le soupçon d’une profonde mélancolie et une pincée de tristesse pour elle.

IL y avait des moments où se taire devrait être une solution à envisager sérieusement. N’aurait-elle pu répondre « Non, tout va bien, ce n’est pas contraignant pour moi. » Et assortir cela d’un sourire qu’elle était tout à fait capable de rendre convainquant ?
Est-ce réellement pour aider l’autre que l’on est honnête ?
Ou uniquement pour avoir la conscience tranquille et pouvoir aisément rejeter la faute sur l’autre si rien ne marche ?

Culpabilisait-il de la voir si désireuse de le toucher ?

Eden laissa choir sa main sur la table, à l’aplomb de l’endroit ou Seth l’avait abandonnée. Pour la première fois de sa vie, les mots lui manquaient.
Aucun son ne sortait de sa bouche entrouverte et ses yeux perlés restaient braqués sur la petite trainée humide qui traversait la joue de Seth.

A cet instant il semblait si malheureux qu’elle avait envie de se jeter du haut de la tour d’astronomie une chaîne autour du coup et une armure au bout.
Quand la voix lui revint ce furent les idées qui fuirent. La laissant là, lâchement, dérisoire et minuscule face à un fardeau qu’elle ne pouvait l’aider à porter et auquel elle ajoutait son propre poids.

L’Eden d’avant Seth aurait fermé toutes les portes. Aurait clamé les bienfaits de la solitude et démontrer par A + B les dégâts causés par une amitié.
Mais c’était avant Seth.


Les mots n’attendirent pas que le cerveau de la demoiselle se remit en marche.


- Ce n’est pas toi qui es contraignant Seth. Tu m’apportes bien plus que je n’aurais imaginé recevoir.


Elle se leva en douceur et vint se placer tout prés de lui. A quelques centimètres seulement et approcha son visage du sien.
Son cœur frappa à nouveau plus fort qu’il ne devrait. S’arracher le cœur… Pourquoi ces expressions prenaient elles autant de sens ?

Ses lèvres étaient très proches de la joue du jeune homme, certainement bien trop proches pour qu’il se sente à l’aise.
Eden souffla sur la fine larme sucrée et la regarda s’estomper sous son souffle.
Lorsqu’elle eu fini sa besogne elle recula un peu et se rassit sans un mot. Avec une douceur qui lui était étrangère jusqu’à présent et dont elle ignorait jusqu’à la potentielle existence.

Sa voix ne tremblait plus lorsqu’elle parlait et la lueur de défi brillait à nouveau dans ses yeux.


- Seth Cullen, si je ne peux pas sécher tes larmes d’une main je trouverai un autre moyen. Mais tu ne te débarrasseras pas de moi aussi facilement.
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MessageSujet: Re: Les Six Sens [PV]   Lun 31 Mar 2008 - 20:36

Comme le baiser chimérique de Dalahina, Eden trouva une façon d’accomplir un geste imaginaire qui ne bouleverserait pas Seth. Et pourtant, il s’en trouva secoué.

La brise provoqua un incendie qui dévasta sa poitrine et son ventre. Morceau de bois léché par les flammes. Il ne s’était pas crispé mais consumé. Rameau hérissé sous l’autorité velouté du vent. Il ne s’était pas reculé mais légèrement penché vers l’avant. Avide de l’infime chaleur qui flottait contre sa joue et de l’enveloppe sensuelle de l’haleine d’Eden.

La larme sécha.

Il ouvrit les yeux, étonné. Son corps s'était décontracté sous la caresse d’Eden car il avait confiance en elle, en sa réserve de ne point faire un geste de travers. Une brise qui provoqua malgré tout un raz de marée, puis un sourire.

- Je ne suis pas contraignant, pourtant tes yeux sont tristes, constata-t-il en premier quand ses yeux furent braqués dans les siens. Je te fais peur ? Tu as aussi peur que moi de me toucher ?
- Etre triste c'est avoir peur ?
sourit-elle, alors j'ai peur que tu sois mal à l'aise à cause de ma tristesse.
- Non, ta tristesse provoque la mienne.
- Il faut que j'arrête d'être triste alors, ça met vraiment la bouse partout.
- Je ne suis pas mal à l'aise, Eden. J'ai seulement peur.
- ... Tu as peur de quoi ?
- D'être touché, toujours. Mais aussi de ne jamais plus pouvoir l'être.

Un silence d’intelligence s’enrubanna autour d’eux. Seth s’était détendu petit à petit. Il avait oublié la grande salle et ses habitants. Le bruit n’existait plus. Tous ses sens étaient tournés vers Eden. Il souhaitait lui dire de vive voix certaines choses qu’il n’osait pas encore. La lenteur feutrée avec laquelle ils avançaient lui rappelait les acrobates qui évoluent sur un fil. Quand tomberons-nous ? pensait-il. A quoi me rattraperais-je si je tombais sans filet ?

La prudence était de mise.

- Moi aussi... murmura Eden.
- "Toi aussi" tu as peur de ne plus être touchée ? questionna-t-il sans comprendre.
- Que tu n'acceptes plus que je le fasse...

Mais la prudence tomba de son dangereux perchoir bien avant Seth.

- Non ! rit-il de bon coeur, non, non... il ne faut pas. Et son rire était doux parce qu'il ne se moquait pas. Je veux qu'on essaye encore et encore jusqu'à ce qu'un jour, je puisse te prendre sur mon dos pour que tu traverses la forêt à une vitesse de malade. Tu vas voir, la sensation est... indescriptible.

Ce jeu auquel il s’adonnait lorsqu’il terminait ses devoirs et que le parc était plongé dans le calme, le grisait plus que toutes les drogues qu’un intoxiqué aurait pu introduire dans son sang. Il traversait les bois pour espionner les centaures. Ces derniers flairaient sa présence sans jamais lui mettre la main dessus. Slalomant à travers les arbres de la forêt dense, il était le courant d’air de l’épais manteau verdâtre. Il connaissait des recoins inexplorés par les animaux. A marche humaine, cela devait être à trois heures. Un jour, il arriverait à porter Eden pour l’emmener au "Clocher." C’était ainsi qu’il avait baptisé les ruines étranges d’une bâtisse moyenâgeuse, élevée près d’un ru dans une futaie fleurie, odorante et ombrageuse.

Un temps, son rire périclita vers un sourire vaporeux.

- Je veux parvenir à te prendre dans mes bras, Eden. Avant de devenir un monstre et d’oublier ce que sont les sensations de l’humanité, je veux pouvoir t’embrasser.

Un court silence s'installa encore. Seth frissonana et déglutit. Il regarda la main d'Eden sans rien dire.

Doucement, il s'avança vers elle sans la quitter des yeux. Il se plaça à califourchon sur le banc de la table où ils étaient et avança encore plus près d'elle, faisant la nique à ses appréhensions criant à tue-tête "fais attention Seth, tu es trop près !"

Il ne savait pas ce qu'il essayait de faire. Tout ce qui était relatif au contact le cristalisait, le rendait aussi naïf et malhabile qu'un premier né.

- Enfin, si un jour tu le veux, sourit-il gaiement.


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MessageSujet: Re: Les Six Sens [PV]   Mer 2 Avr 2008 - 23:54

Sur son dos… la forêt… la vitesse…



Eden sentait déjà le vent dans ses cheveux, la brise jouer sur son visage, les odeurs de la forêt glisser sur eux, l’odeur de Seth sur ses vêtement, ses mains bien accrochées à lui pour ne pas tomber…Leurs rires…

Son cœur accéléra à nouveau.
S’il ne lâchait pas aujourd’hui il tiendrait toute sa vie. Aujourd’hui n’était qu’arrêt, accélération, battements assourdissants…Elle avait la fâcheuse impression de faire profiter à toute la salle de chacun des battements de vie qui résonnaient dans sa poitrine.

Seth abordait un étrange sourire, un peu rêveur. Elle l’engloba d’un regard emplit de douceur. Qu’il était donc étrange cet ami qui l’avait choisi…à moins que ce ne soit elle ?
Etrange, particulier, unique… unique surtout, parce que jamais encore elle n’avait regardé quelqu’un de cette façon.
Elle se surprenait dans les couloirs à se dresser sur la pointe des pieds dans le but d’apercevoir, ou juste d’entre-apercevoir la tête blonde. De pouvoir lui adresser un petit regard, un signe discret, un sourire, pas même une parole… juste un regard… et tout allait mieux. Souvent il levait un sourcil, l’interrogeant de ce fait, elle répondait en un plissement de son petit nez et le moment était fini. Les grands discours semblaient inutiles. Elle avait juste envie de le voir.

L’embrasser…

Eden sentit un frisson parcourir sa peau. A nouveau son pauvre cœur sembla s’arrêter, suspendu à une phrase, un souffle.

L’embrasser…

Il redémarra au cours du silence qui s’en suivit. Et puis peut être un peu aussi parce que Seth s’approchait…

Il s’approchait même beaucoup.

Beaucoup trop !

Elle avait envie de lui crier de faire attention, qu’il allait la toucher. Qu’il se retrouverait à nouveau confronté à l’horrible sensation nauséeuse qui le prenait lorsqu’il entrait en contact avec quiconque n’appartenant pas à sa famille. Elle avait envie de le prévenir, qu’il était beaucoup trop prés. Elle ne voulait pas le voir à nouveau se détourner, pâle, malade de l’avoir approchée… Et pourtant… D’un autre côté. Que ne donnerait-elle pas pour qu’il franchisse les quelques mètres…décimètres…centimètres qui les séparaient ?
C’était elle l’apeurée et lui le courageux, elle, le roseau et lui le vent… Il s’approchait et elle se sentait partagée entre l’envie de lui épargner à nouveau cette souffrance, et le besoin qu’il s’approche encore, et que sa peau et ses sens l’acceptent… elle, l’intruse…

Les paroles qu’il prononça ensuite lui arrachèrent un sourire étrange. Mi amusé, Mi mélancolique, et si jamais il était restée une moitié il aurait été Mi doux.

Si elle le voulait ?

Elle avait eu la curiosité de le toucher depuis leur rencontre à l’infirmerie.
Elle avait eu envie de le toucher depuis qu’elle le connaissait mieux…
Elle avait eu besoin de le toucher depuis qu’elle le savait mieux…

Et aujourd’hui ?

Aujourd’hui, elle voulait le toucher.
Elle voulait qu’il la touche.

L’expression de ce qu’on ressent n’est jamais évidente. Même pour une personne très ouverte et à tendance volubile, les choses que l’on garde au plus profond de soi et que l’on nomme communément « jardin secret » ne sont pas celles dont la mise en mots est la plus aisée.
Les discussions communes et banales ne posent aucun problème et leur formulation peut être arrachée au plus timide et réservé d’entre nous.
En revanche, parler de soi, de ce qu’on ressent, d’une profonde amitié, d’un amour, d’une déception, d’une pensée persistante, d’une obsession, d’une peur, d’une inquiétude touchante est loin d’être chose facile. Encore moins pour une personne réservée, dont les propres sentiments refoulés sont une source de peurs et d’inquiétudes.

Comment répondre ?

Bien des gens se réfugient dans le silence pour cacher ce qu’ils ressentent. D’autres courent dans les bras protecteurs de l’antipathie, congédiant leur interlocuteur gênant d’une réplique cinglante. Enfin, d’autres encore, se cachent derrière la barricade d’un humour tremblotant et fragile.

Dans un murmure :


- Il faut savoir se porter volontaire pour les expériences…


Aussi agréables soient-elles.
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MessageSujet: Re: Les Six Sens [PV]   Jeu 3 Avr 2008 - 17:19

Ce n’était pas un non. Ce n’était pas non plus un oui. C’était une réponse normande dite avec assez de gentillesse et d’humour pour que Seth incline doucement la tête en souriant à Eden.

- Pauvre cobaye, fit-il semblant de la plaindre, s’approchant encore un peu, tous ses signaux en alerte et le cœur tempétueux qui crachait son flux sanguin à une rare vitesse.


Un jour Elliot s’était demandé comment on faisait pour arriver le premier sur des milliards dans le cœur de quelqu’un. Cette remarque sonnait autrefois comme un délit de pensées assez mièvres aux oreilles de Seth. Il ne fallait pas se poser ce genre de questions car il y avait des choses qui n’avaient pas besoin de réponse sous peine de perdre la saveur de nos interrogations. Face à Eden, aujourd’hui Seth se posait exactement la même question. Et comment se peut-il qu’un simple humain, un amas de chair et de sang avec un sourire et un passé, puisse ainsi prendre autant d’importance - et en si peu de temps - dans la tête et dans la vie de quelqu’un ? Etait-ce un hasard ? Les gens s’aiment-ils bien, par hasard ?

Quand il avait compris que ses jours étaient comptés, Seth n’avait rien ressenti d’autre qu’une profonde injustice. Bien qu’il ait décidé de donner le droit au vampire de le métamorphoser en une chose abjecte, il ne sentait pas l’avoir fait en connaissance de cause. Il avait eu peur de mourir, peur que Liam se fasse gronder. D’une autre façon, il mourait probablement et vivrait à nouveau. Différemment. Avec plus de recul, Seth pensait qu’il aurait dû demander au vampire de le tuer. Ni vampire, ni loup-garou. C’est ce qu’il aurait aimé. Liam aurait vécu avec sa culpabilité mais lui, Seth, n’aurait pas eu à porter ce fardeau. Il lui arrivait parfois d’en vouloir à son aîné... puis, quand il voyait ses yeux le caresser silencieusement de son affection fraternelle, il regrettait aussitôt. Liam portait son propre fardeau, quelle que soit la fin de l'histoire.

L’énormité de ce qu’il lui était arrivé avait changé les priorités et la façon de ressentir les dangers, les moments agréables et les détails qui rendent les journées différentes.

Avant, il s’ennuyait de tout sauf d’apprendre. Il considérait la famille comme un prison sympathique, le fait d’avoir des amis lui était aussi intéressant que de marcher avec des béquilles quand on était valide: c’était rigolo, idiot, fatiguant mais inutile.

Aujourd’hui, rien de tout cela n’avait plus d’importance. Certes, ça n’avait jamais compté mais désormais, c’était pire qu’avant. Auriez-vous sincèrement pensé que Seth était si sentimental qu’il décidât avec espoir de vivre au mieux les derniers moments de sa vie humaine ? « Carpe Diem, je vais faire tout ce que j’aurais voulu faire avant, sans jamais l’avoir osé ! » Non. Jamais de la vie ! Rien n’avait d’importance, n’est-ce pas ? Maintenant, Seth se disait que Liam et Japhet seraient encore là l’un pour un l’autre. Ils auraient toujours un frère et une sœur. Il se disait que ses parents auraient de la tristesse mais qu’ils auraient toujours deux enfants à s’occuper. Il se disait que ses professeurs avaient d’autres élèves. Que ses quelques amis et connaissances avaient d’autres amis et d’autres connaissances.

Mais il y avait quelque chose qu’il n’arrivait pas à se dire... il n’arrivait pas à se dire qu’Eden pouvait encore être Eden s’il n’était là. C’était terriblement vaniteux mais il voulait le croire. A moins que cela ne fût l’inverse et que ce fût lui qui ne s’imaginait pas sans Eden. Ce qu’il voulait croire était que pour elle, il puisse être irremplaçable dans sa condition virale. Le virus. Un Seth Cullen unique dont on n’a pas encore conçu d’autres prototypes, un Seth Cullen dont seule Eden parvenait à faire fonctionner les différents boutons: « Tiens ! Un Rire, et si j’appuyais dessus ? Il rit ! Ca marche. Oh ! Et ça ? C’est quoi ? Ca ne serait pas la Compassion ? Je vais essayer aussi... tic, tic, tac, tac. Voilà, Seth est aussi triste que moi. Tant mieux, comme ça, même dans nos différences, nous ressentons la même chose. »

Si aux yeux de tous les autres, il n’était qu’un frère, un fils, un ami, un élève, un sorcier, aux yeux d’Eden, il voulait être Seth Cullen. Elle parvenait à l’éveiller à ce qu’il avait rejeté: le bon vieux carpe diem et que chaque minute compte pour la dernière.

Si j’ai connu Eden, se dit-il, alors même en n’étant plus moi-même, il resta en elle un peu de ce que je suis maintenant parce qu’elle me connaît sous un jour que je n’offre à personne.

Si près maintenant, Seth la respira comme il avait l’habitude de le faire bien que cela ne fut jamais d’aussi près - mis à part dans le parc, le jour où il avait touché une mèche de ses cheveux. Cela lui était égal de savoir ce que pensaient les autres. La position, sa proximité et son mouvement pouvaient leur paraître étrange, il la frôlait à peine de son nez. Sa tempe, sa joue, ses cheveux, il descendait vers son cou, l’endroit le plus odorant. Quand il fit le chemin inverse, il l’effleura de son souffle, comme elle l’avait fait pour essuyer la larme. Il ne remonta pas jusqu’à la tempe, il dévia sa caresse imaginaire sur sa mâchoire et sur son menton. Il arriva à ses lèvres et ses yeux, levés vers ceux d’Eden, l’interrogeaient. Il resta suspendu ici, à la regarder.

Alors que son cœur avait cessé de s’emballer, il ressentait celui d’Eden dans ses veines qui battaient.

- Je crois que tu le veux Eden, dit-il en souriant près de ses lèvres, presque autant que moi.

Il se recula enfin et sifflota les notes d’une musique qu’il aimait bien.

- Aujourd’hui, je me contente du souffle mais je ne tiendrais pas longtemps. Sais-tu jouer cette musique au piano ? C’est celle qui me fait penser aux six sens. A ma tristesse d’en avoir autant d’infirmes. Je suis un poisson dans son bocal, jeté à la mer... tu es de l’autre côté de mon aquarium. Tu vas librement en me regardant dans ma prison. Sors-moi de là...



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MessageSujet: Re: Les Six Sens [PV]   Jeu 10 Avr 2008 - 11:45

Proche comme il ne l’avait jamais été, il semblait explorer chaque parcelle de sa peau. Eden avait fermé les yeux et suivait Seth de par la caresse que laissait son souffle sur sa peau.

Ce qu’en pensaient les autres ?

Peu importe. Qu’ils pensent ce qu’ils veulent.

En cet instant plus rien d’autre semblait n’avoir d’importance. Le rempart avait été soufflé par la douce force d’un canon qui ne laisserait derrière lui qu’un petit tas de pierres témoignant d’une défense élevée ici jadis.


*Seth Cullen qu’est ce que tu m’as fait ?*


Elle qui hier encore ne jurait que par elle et se refusait à croire qu’on pouvait compter sur l’autre s’abandonnait aujourd’hui au délice d’un simple souffle. Il était là, tout prés et elle aurait juste voulut qu’on ne lui enlève pas.
Dans leurs jeux qu’elle se forçait à voir comme innocents elle comprenait aujourd’hui qu’elle avait toujours perçu ce danger. Ils avaient tout deux flirté avec la souffrance. Pouvait-on dire qu’ils avaient gagné ?
Elle qui refusait de s’attacher au moindre camarade avait laissé entrer en elle le virus. Elle lui avait abandonné son corps, son esprit et semblait y laisser son âme.

Est-ce qu’une personne peut changer les gens à ce point ?

Qu’est ce qui avait réellement changer ? Elle avait toujours peur de souffrir. Elle refusait de s’attacher à ceux qu’elle pouvait perdre. Avait-elle cru ne jamais perdre Seth ?
Ce garçon qui lui avait annoncé dés leur première rencontre qu’il allait se perdre lui-même.

Le Seth que tu connais aujourd’hui va mourir Eden…

Elle rouvrit les yeux pour s’arrêter sur la peau nacrée du garçon. Blanche, pâle, presque translucide. Jamais ils n’avaient abordé l’état de santé du jeune homme en ces termes là. Ils avaient tenté de transformer ce fardeau à travers différents jeux. Jamais encore elle ne s’était demandée quand l’échéance tant redoutée allait les rattraper.
Aujourd’hui pourtant la vérité lui sautait à la gorge. Les jeux prendraient fin et l’arbitre sifflerait les trois coups. Sauf qu’il n’y aurait jamais de match retour. Le virus quitterait son sang, laissant à son corps l’empreinte de son passage.

En d’autre temps elle aurait fuit. Pendant qu’il en est encore temps, le rayer de sa vie pour ne pas souffrir de sa perte. Elle ne le ferait pas cette fois. De toute façon il était bien trop tard. En chacune de ses veines battait le virus, il parcourait son corps et rejoignait son cœur, imprégnant chaque partie d’une âme qui disait repousser les assauts de l’autre alors qu’elle n’attendait qu’une chose, se laisser contaminer.

Qu’est ce qui a réellement changé ?

Le souvenir.
La compréhension.

Que vivre sans souffrir un peu, c’est vivre sans ressentir. Vivre sans ressentir, c’est se priver d’aimer. Et sans aimer alors, peut-on dire qu’on vit ?

Alors qu’un flot de pensée l’assiégeait Seth, lui, s’arrêtait devant sa bouche. Ses yeux levés vers elle il semblait la questionner.

Si je le veux ?

Est-il besoin que je te réponde Seth ?

Mais déjà il se reculait et Eden se demandait s’il n’était pas reparti avec un bout de son cœur au passage.


*Pourquoi pars-tu ?*


La musique qu’il sifflait ? Parce que c’était du piano ? Parce qu’il ne l’avait pas embrassé ? Parce que ses paroles sonnaient comme un appel au secours ?

Sors-moi de là…


*Et si ça te tue Seth que je te sorte de là ?
Je sais que tu portes un fardeau bien plus lourd que ce que je ne porterai jamais… Mais réalises-tu ce que je ressens aussi ?
Je suis là à te regarder mourir prisonnier de ton aquarium, sachant pertinemment que si je t’en sors c’est dans mes mains que tu mourras.*


Sors-moi de là…

Eden, ne parvenait à détacher ses yeux du visage de Seth. Pourquoi cette horrible sensation que le temps les rattrapait
?

*Laissez-le moi encore un peu…*


Egoïste.

Eden sourit. Oui, égoïste.

Elle n’avait qu’une envie. Plonger à son tour dans l’aquarium et attendre. S’enfermer elle aussi dans la prison de verre et attendre… ne plus penser…
Trop facile et trop lâche aussi.
Il avait dit sors-moi de là.

Eden s’approcha de lui à son tour. Le petit visage anxieux touchait presque la peau pâle du jeune homme. Elle savait qu’il sentait probablement chaque vibration dans ses veines, le changement aussi de sa peau. Elle tremblait légèrement. Pas de peur pourtant.

Alors que sa bouche se trouvait à quelques centimètres de la sienne, Eden murmura.


- Si je n’avais pas peur de te laisser le pire souvenir de ta vie je le ferais crois-moi. Je le veux Seth, j’en ai envie et tu le sais. Embrasse-moi…
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Liam Cullen
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MessageSujet: Re: Les Six Sens [PV]   Ven 11 Avr 2008 - 11:55

Une présence s’installa sur le banc, dos à Eden. Accoudé à la table, Liam Cullen venait allégrement de s’établir à côté du couple, en un moment qu’il jugea le plus inopportun. Il n’avait pu résister à sa curiosité et à sa défiance. Qui était-elle ?

Entré dans la Grande Salle il y avait un peu moins de cinq minutes, le Serpentard ne se cachait pas qu’il fut étonné de voir son petit frère à la portée des lèvres d’une jeune fille. « Etonné » était un euphémisme.

Il avait d’abord ressenti une hébétude, croyant mal voir. Mais la chevelure flavescente de Seth mélangé au loin avec celle aux reflets mordorés d’une fille n’avait pu le tromper. Il ne rêvait pas.

Ensuite, ce fut un sentiment de jalousie. Une forte et inexplicable possessivité l’envahit. Jusqu’à présent, son petit frère n’avait pu souffrir que la proximité des Cullen, sa famille, les siens. Se pouvait-il que quelqu’un d’autre ait su pénétrer sa tour d’ivoire et en abattre le rempart ? Intégrait-il un nouveau visage au sein du fief Cullen ? Depuis combien de temps Seth pouvait-il ainsi approcher quelqu’un et pourquoi n’en avait-il parlé ? Liam se sentit trahi et abandonné aux coups de poings de ses interrogations infécondes qui martelaient son amour-propre.

De dos, leur position et la lenteur des gestes qu’ils avaient l’un pour l’autre prêtait une sensualité lascive à une scène dont Liam n’avait jamais songé devenir un jour le spectateur.

- « Seth flirte ?! » s’était-il exclamé en laissant deux de ses connaissances sur le pas de la porte.

Les amis suivirent le regard du Serpentard à travers la Grande Salle. Ils ne virent qu’un couple par trop démonstratif et ils se contentèrent de hausser l’un pour l’autre des sourcils étonnés. Où était le mal ? A part qu’ils auraient pu éviter à tout le monde le spectacle de leurs caresses quelque peu gênantes en allant trouver refuge dans une salle moins habitée que celle-ci, où était le mal puisqu’il y avait des couples partout ? Aux yeux de Liam, c’était exactement ça. Il y avait des couples partout et quelle stupéfaction de voir son frère agir... si normalement.

Loin de se douter des tourments et de la difficulté éprouvée par Seth et son amie dont il se méfiait déjà, il voulait savoir. Comprendre comment cela était possible. Prendre Seth en faute. Certes, ce n’était pas une faute. Le plus profondément possible, il souhaitait le voir heureux, fouler les sentiers banals de l’adolescence. Seulement, il n’était pas banal. Il ne devait pas s’accoutumer à se laisser choir dans l’illusion.

- « Tomber amoureux maintenant, quelle bêtise... » dit Liam d’une voix sereine et non moqueuse.

Puis, il se leva, les contourna d’un pas et d’un mouvement élégant et alla se placer derrière Seth. Face à Eden. Il posa son menton sur l’épaule de son petit frère et les Cullen avaient deux têtes blondes pour un seul corps. Deux têtes blondes et deux yeux bleus qui racontaient deux histoires différentes à la Gryffondor.

L’un s’excusait peut-être pour l’attitude de l’élément perturbateur. L’autre maintenait sa position.
L’un disait « Reste-là, ne me laisse jamais ». L’autre disait « Pars et laisse-le ».
L’un haïssait son frère. L’autre l’aimait plus que tout.
L’un voulait repousser avec ardeur un contact qu’il avait tant de mal à avoir avec les autres. L’autre savourait devant la Gryffondor l’innocent contact fraternel. Ses yeux frondeurs lui murmuraient : « et ça, le peux-tu avec autant de facilité ? Penses-tu vraiment qu’il va y arriver ? Mais qu’est-ce que tu crois ?! »

Le jeu de Liam était cruel pour elle néanmoins, il ne souhaitait pas qu’une fille vienne jouer aux dés avec l’avenir déjà très sombre de Seth. Il y avait plein d’autres garçons dans l’école, qu’elle aille donc se satisfaire d’un d’entre eux.

Liam passa sa main autour des épaules de son petit frère, serra sa joue contre la sienne puis s’écarta afin de le regarder de profil.

- « Alors, qu’attends-tu ? La demoiselle veut un baiser. Fais-le... à coup sûr sa saveur te séduira... dit-il beaucoup plus bas. Comme celle de toutes les autres filles... » conclut-il pour qu’il soit le seul à entendre ce dernier message.

L’avertissement était passé. « Ne te tente pas quand tu ne sais pas si tu pourras t’arrêter à temps. »

Liam se leva. Aucun salut pour Eden. Elle ne l’intéressait pas.
Il laissa derrière lui les ruines de son sabotage sans un regard pour celle qu’il pensait - à sa façon - sauver d’un pire qui viendrait inéluctablement si elle continuait de tenter Seth.
Chamboulé, il sortit de la Grande Salle et ne revint pas pour le dîner.


Slytherin
7ème année (encore) - 18 ans

ATTRAPEUR
Fratrie: Seth (7ème année), Japhet (6ème année)
Cousine: Victoria (6ème année)

The finest art of contradiction
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