Jeu de rôle basé sur les règles inventées par J.K. Rowling dans l'univers de Harry Potter.
 
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 Chaque jour de plus

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Seth Cullen
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MessageSujet: Chaque jour de plus   Sam 8 Mar 2008 - 0:29

Eden était mélancolique. Triste, peut-être. Devant les frondaisons naissantes d’un printemps en avance, Seth s’en trouva bien embarrassé car il avait toujours été piètre pour consoler les autres.

Bien qu’ils se côtoyaient de temps à autres en faisant de leur mieux pour se cacher leurs secrets respectifs et ne pas trop y songer, ils ne pouvaient plus ignorer l’infime connaissance qu’ils avaient de l’autre. Elle se traduisait par des regards scrutateurs suivis d’une pensée qu’ils ne se disaient pas.

Parfois selon le sourire qu’elle avait et sans même avoir à recourir à son odorat qu’il maîtrisait de mieux en mieux sans que ça ne soit une gêne, il devinait ce qu’elle ressentait. C’était de la moquerie, c’était une bêtise qu’elle venait de faire, c’était la joie parce que le temps se réchauffait, c’était une tablette de chocolat qu’elle avait engloutie, c’était la fin de la semaine, c’était d’avoir rabattu son caquet à une pimbêche de septième année, c’était un sourire et un visage différent. Quoi que ce fût, Seth avait appris à se comporter face aux éventualités. Il collectionnait les expressions d’Eden et les apprenait sans qu’elle ait besoin de se raconter.

Mais ce visage là, il ne l’avait encore jamais vu.

C’était une fin de semaine et le Lac Noir se dorait, magnifique, avec les derniers rayons du soleil. Seth s’assit avec hésitation au pied de l’arbre qui pleurait ses branches le long de l’eau, doucement dansantes dans l’onde. Il perdit ses yeux dans le coucher de soleil, bien content qu’il s’en aille. Il n’aimait ni les couchers, ni les levers du soleil. Il aimait la nuit et sa lune argentée. Ce soir, elle serait au quart et même un quart de lune lui suffisait pour se sentir rassuré.

La semaine s’achevait avec son lot de quotidienneté.

Une chanson leur parvirent sans qu’ils sachent d’où elle provenait. Une fenêtre ouverte du château la leur laissait entendre au lointain.

"Chaque jour de plus..."


Par pudeur, il ne demanda pas à Eden ce qu’elle avait, ce qu’était ce visage qu’il ne connaissait pas. Il n’avait d’ailleurs pas le sentiment d’avoir été invité à la questionner. Dans l’herbe fraîche qui serait bientôt recouverte par la rosée du soir, il s’allongea et observa les nuages qui s’élançaient à la poursuite du lendemain matin.

- Eden... Il avait prononcé son prénom sans avoir prévu de suite à sa phrase. Il l’avait rejointe ici sans avoir rien à lui dire. Simplement parce qu’ils s’y retrouvaient chaque vendredi après leur dernière heure de cours, qu’ils se soient vus ou pas dans le courant de la semaine. Drôle d’habitude. Parfois, ils restaient muets. Seth ne se sentait jamais oppressé par un silence, au contraire, après le tumulte de la semaine, il les aimait plus que tout.

- Invente-moi une histoire...


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MessageSujet: Re: Chaque jour de plus   Sam 8 Mar 2008 - 21:03

Fin de semaine. Une semaine…qu’elle aurait qualifiée de longue. Un début plutôt houleux. Peu attentive en cours, en proie à d’immenses rêveries, elle n’avait pas attendu d’être mardi pour s’attirer les regards foudroyants d’un ou deux professeurs. Elle n’était pas dérangeante, loin de là, juste absente. Pourtant, elle ne s’ennuyait pas. Il arrivait (souvent) qu’elle décroche de certains cours par ennui. L’esprit de la demoiselle était vif et passer plusieurs minutes à répéter la même chose pour que les plus lents saisissent l’idée provoquait chez elle, de longs regards languissants, suivis d’agitation sur sa chaise, et finissait en l’ouverture d’un bon roman à l’abri des regards, sous son bureau.
C’était un peu reculer pour mieux sauter, car avant les examens, il fallait inévitablement se replonger dans ces sujets plutôt ennuyeux. Mais bon, on avait le temps de voir venir.

La suite de la semaine avait été un peu moins ennuyeuse. Elle avait réussi à se procurer des journaux moldus. En ce moment, elle s’y intéressait beaucoup. Elle avait trouvé un filon à prés-au-lard et suivait les nouvelles avec avidités, cherchant parmi les articles, le visage tant attendu. Rien pendant deux jours. Puis enfin, hier, alors qu’elle ne s’y attendait plus, son œil avait été attiré par un petit article. Bien sur, pas grand-chose, ce n’était pas encore le moment. Mais une petite mention cependant. Quelques lignes à peine. Une dizaine tout au plus. Mais ça suffisait. Elle avait l’impression de faire un peu plus partie de sa vie. Même si l’idée en elle-même la terrifiait, et la dégoutait à la fois. Sentiment étrange.

Vendredi était enfin arrivé. Elle aimait bien le vendredi. Après les cours, elle traversait rapidement le Grand Hall, et venait le retrouver ici. Seth.
Aucun des deux n’avait réellement traversé les remparts de l’autre. Pourtant, les deux châteaux semblaient cohabiter désormais sur les mêmes terres. Ils passaient leur soirée du vendredi ensemble. Parlant de tout, de rien… et ne parlant pas du tout parfois. Il leur arrivait de passer cette soirée, un livre à la main pour l’un, le regard dans le vide pour l’autre. Mais avec lui, le silence n’était jamais gênant. Au contraire. Elle avait parfois l’impression d’en apprendre plus sur lui, alors qu’il ne disait rien.
En regardant ses gestes, la façon dont il s’asseyait à ses côtés, la position qu’il adoptait, ce qu’il faisait de ses mains, de ses jambes, elle avait l’impression de le deviner et d’atteindre quelques unes de ses pensées.
Alors que les mots peuvent cacher des antres secrets, des significations dérobées, les attitudes mentent plus difficilement.

Quelque temps auparavant, Seth lui avait assuré se sentir capable de percer ses défenses. Il fallait avouer qu’il s’y prenait plutôt bien. Elle se sentait en confiance à ses côtés. Ce n’était pas rien. En confiance. Peut être parce que justement, il ne lui demandait rien. Peut être aussi parce qu’il ne lui promettait rien, et qu’ainsi, il ne l’avait pas encore déçue. Non négligeable. Elle n’attendait rien de lui, il n’attendait rien d’elle. Ils étaient juste là, à partager d’agréable moments, à s’apprivoiser sans même s’en rendre compte.

Apprivoiser…

Comme le petit prince, songeait-elle parfois. Mais lequel des deux est le renard ?

Ce vendredi là, Eden n’avait pas pris de roman, pas de dessin, aucun fusains, ni de plume pour écrire. Elle avait traversé le Grand Hall, jeté quelques regards furibonds à ceux qui la bousculaient, et s’était rendu dans le parc, direction, le lac.

Le grand saule semblait l’attendre. Sous ses branches, on avait l’impression d’être à l’abri des regards. C’était faux bien sur, mais l’impression y était. Les fines branches touchaient l’eau et semblaient se repaître de la noire surface aqueuse agitée par la brise.
Les derniers rayons du soleil assenait au tout un halo doré. Celui qui caractérise habituellement les chaudes soirées d’été. Etrange.

Eden s’appuya contre le tronc de l’arbre et perdit ses yeux gris dans les eaux profondes du lac. Sa gorge était serrée. Les larmes n’étaient pas loin. Infimes petites perles d’argent refoulées depuis maintenant dix ans. Non, elle ne pleurerait pas. Elle ne pleurait jamais. Kipling aurait dit d’elle qu’elle serait un homme. Les hommes ne pleurent pas. Eden non plus.

Pourquoi les femmes seraient-elles plus faibles.

Elle inspira une profonde bouffée d’air. Ce n’était pas du tout son genre de perdre le contrôle, de se laisser aller à d’intenses bouffées de nostalgie, de se faire submergée par ses émotions.

Elle ferma les yeux un instant, et les rouvrit, parfaitement sec, le regard déterminé, peut être un peu froid et s’assit sous l’arbre. Elle arracha quelques brins d’herbe d’une main distraite.
Seth arrivait. Un regard suffit, pas besoin de mots, elle le saluait de ses prunelles argentées.

Alors qu’il prenait place à ses côtés, une fenêtre du château laissa s’écouler les quelques notes d’une chanson connue.
« Chaque jour de plus… »
Eden se mordit la lèvre inférieure. Cruelle la vie parfois. Elle pouvait aisément comprendre que certains la trouve chienne. Parfois elle vous envoyait des petits coups d’épingles comme ça, en plein cœur.
La musique ça fait toujours cet effet là. A chaque morceau qui passe, on a l’impression qu’il raconte sa propre vie. Il parait que c’est ça qui prouve qu’un morceau est bon. Un peu comme les tableaux qui vous suivent des yeux. Ils dénotent d’une certaine qualité.
Eden serra les lèvres. Elle se sentait mélancolique, pas particulièrement envie de parler. Tout au moins, pas envie de parler d’elle. Seth le savait. Il savait souvent. Il devait sentir…

Eden jeta un œil de son côté. Le garçon tout en blondeur s’était allongé dans l’herbe et regardait les nuages. Il y avait quelque chose de dur dans ce garçon au physique si doux. Impossible de mettre le doigt dessus cependant. Eden avait renoncé à le questionner. Elle aimait trop ces moments pour tenter de les gâcher en laissant sa langue trop bien pendue prendre le dessus sur son intelligence. A marquer d’une pierre blanche. Habituellement, elle n’avait que faire de ce que pensaient les autres. Là, c’était différent. Elle trouvait que Seth lui ressemblait, qu’il comprenait. Pas la peine d’ajouter des mines aux remparts déjà si hauts… Il y avait assez à faire comme ça.


- Eden…


Elle se retourna vers lui. Il avait prononcé son prénom d’un air …ailleurs…Comme si en lui-même il signifiait quelque chose. Mais après tout, qui pouvait se vanter d’un prénom qui faisait allusion au paradis terrestre…En hébreu, il voulait dire « Délice »…

La suite arriva cependant.

- Invente-moi une histoire…


Et bien il n’y allait pas de main morte ! Il aurait pu dire « Raconte moi une histoire » et là sans hésiter elle aurait commencé par lui dessiner un mouton, lui raconter le petit prince et enchainer sur un débat ouvert concernant l’apprivoisement. Mais il avait dit « invente »… Invente… inventer ? Ça voulait dire qu’elle devait l’imaginer.
Actuellement son imagination était bridée par ses pensées. Nulle envie de les exprimer cependant, bien trop mélancolique. Une image qu’elle n’aimait pas montrer, et qu’elle n’avait aucunement envie de donner à Seth.

A moins…

A moins qu’il ne la fasse réfléchir de façon à ce qu’elle en oublie ses tristes pensées… N’oublions pas que de tous les élèves du château, elle passait ses vendredis soir en compagnie de quelqu’un d’exceptionnel. Sentait-il sa mélancolie ?

Elle prit son inspiration est s’engagea dans une histoire qui lui viendrait petit à petit. Elle verrait bien ou cela les mènerait.


- C’est une légende… Je ne l’invente pas, mais c’est le début de mon histoire. Ou de mon conte étiologique si tu préfères.


Elle lui envoya un petit sourire malicieux dont elle avait le secret, bien que les grands yeux gris restent mélancoliques.

- Il existe en Irlande un oiseau, un tout petit oiseau qui ne paye pas de mine. Son plumage ne brille pas, il a la couleur de la terre brune, et n’a aucun signe particulier. Il se fond dans le décor, comme on se fond dans la masse. Son bec est si petit qu’il ne peut attraper que de petits insectes. Ses pattes sont si courtes et si fines qu’on ne les distingue pas des branchages sur lesquels il se pose. Ceux qui les croisent sont incapables de les nommer, puisque tout dans leur apparence est banal. On sait juste qu’ils affectionnent les petits buissons à épines, alors on les a nommé « les oiseaux d’épine ».
Son vol est rapide, court pour la plupart du temps, car il n’effectue pas de longs trajets. Son cœur est trop petit pour supporter un voyage migrateur.
Pour couronner le tout, ce petit volatile insignifiant ne chante pas. Nul son ne sort de son minuscule bec lorsque celui-ci s’ouvre. On le considère comme muet.
Seulement, lorsque le petit oiseau sent son dernière heure venir, il n’agit pas comme tout le monde.
Il se distingue alors.
Il se réfugie sur l’un de ces buisson à épines, et s’empale sur l’une d’elle, émettant alors un chant infiniment mélodieux, que Dieu lui-même en est bouleversé.


Eden marqua une pause. Question gaieté, c'était pas gagné... Elle attendait la réaction de Seth avant de poursuivre … sans savoir où elle allait.
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Seth Cullen
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MessageSujet: Re: Chaque jour de plus   Dim 9 Mar 2008 - 11:14

Les paupières de Seth se refermèrent sur ses iris verts comme pour en préserver le grand secret. Le monde au dehors ne pouvait plus passer à travers pour visiter ce qu'il ressentait. Seule Eden pouvait encore transmettre, à travers la fine barrière de peau, les images qu'elle dessinait avec sa voix. Mais quant à deviner ce qu'il se tramait au-delà... personne ne pouvait vraiment savoir. Ni la brise du crépuscule qui essayait de le distraire en enfouissant ses caresses dans les mèches blondes qui reposaient sur son front, sa nuque, autour de son visage. Ni le ciel qui camouflait derrière son léger voile indigo, ses couleurs hivernales altérées par le cycle des saisons déréglé.

La lune brillait au quart et elle était le sourire des cieux.

Autour d'eux, le jour se métamorphosait en nuit, lentement et silencieusement, pour ne pas briser l'instant enchanteur.

Derrière les paupières closes, Seth se représentait l'oiseau d'Eden. Grâce à son odorat singulier, il alla chercher à travers le parc, à travers les premiers arbres de la Forêt Interdite, dans la crevasse d'un promontoire de pierre, en équilibre sur la fourche d'un bouleau, dans le familial repère d'une espèce nidifuge, un moineau chétif qui pouvait convenir à celui-ci. Il en trouva un dont le parfum qu'exhalait la chaleur maternelle ne l'entourait plus. Les autres oisillons piaillaient pour être nourris mais pas celui que Seth avait choisi. C'est parce qu'il ne faisait aucun bruit que Seth l'avait remarqué. L'effluence de son tégument en dessous de son duvet était paisible et ne se mélangeait pas à celle de ses frères affamés.

Dirais-je un jour à Eden que maintenant je peux sentir à une telle portée et avec une telle précision ?

Pour l'instant, l'odorat de Seth n'avait de limite que dans les mots. Il ne connaissait pas assez de vocabulaire pour décrire les saveurs de ce qu'il sentait. Il en était souvent frustré mais sa mémoire olfactive n'en était pas moins évolutive et de plus en plus riche. A leur odeur, il reconnaissait avant de les voir approcher, certains élèves dans les couloirs ou, plus pratique pour prévenir les punitions ou l'oisiveté, les deux inspecteurs de la BRIME ou les professeurs.

Puis, dans l'histoire, il y avait le buisson bourreau qui accueillait l'oiseau pour son dernier souffle. Avec un parcours aussi alambiqué, Seth illustra encore l'histoire en allant se procurer l'odeur d'un buisson d'ajoncs à la sève âcre qui se trouvait tout près. Il n'avait plus de feuilles mais ses pics étaient aiguisés par le froid auquel il avait dû subsister une nouvelle année.

Les narines de Seth étaient en fête. Pendant qu'Eden lui inventerait l'histoire, il continuerait ainsi à brasser les parfums pour assister les images.

Elle marqua un temps de pause. Il n'ouvrit pas les yeux. Il sourit en coin.

- Tu as peur que je fasse des cauchemars ? Continue... si ton histoire est nulle, je te le dirai à la fin. Pour l'instant, elle est bien. Elle est remplie de parfums.


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Eden Sanders
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MessageSujet: Re: Chaque jour de plus   Dim 9 Mar 2008 - 12:54

Seth avait fermé les yeux. Il semblait aussi loin que le petit oiseau. Peut être en Irlande qui sait.

Eden se pencha un peu vers lui. Il ne s’était pas endormi tout de même ? Elle savait que son histoire valait ce qu’elle valait, mais de la à s’endormir !
Et le pire, c’est qu’elle ne pourrait même pas le réveiller d’un coup de coude vengeur. Eden serra les lèvres.
Seth sourit en coin, sans ouvrir les yeux.
Eden se détendit. Il ne s’était pas endormi.

Continue ?

Par Merlin, il veut qu’on s’endorme tous les deux ?
Sentait-il qu’elle ne savait pas elle-même où elle allait dans cette histoire ? Elle était partie sur cette légende car on lui avait raconté alors qu’elle était petite. Mais de la à en faire l’histoire de la soirée, on était mal.

Bon, il voulait des parfums ? Actuellement les parfums qu’elle devait dégager étaient plutôt mélancolie, tristesse et doute. Tout à fait charmant pour une jeune femme qui se vante d’être force, volonté et confiance. Génial Eden, tu as choisi de passer du temps avec le seul être du château avec lequel tu ne peux pas tricher. Hasard ?

La demoiselle s’installa un peu plus confortablement dans l’herbe. Elle quitta son dossier d’écorce pour s’allonger un peu plus prés de l’eau, soutenant sa tête d’une main, l’autre étant occupée à jeter des brindilles dans l’eau.

L’eau l’avait toujours attiré, bien qu’assez paradoxalement, elle en ait une peur effroyable. Elle avait grandi entourée de lacs, pas étonnant qu’elle se sente bien ici, chez elle. L’eau de celui-ci lui renvoyait son reflet. Deux grands yeux avides de savoir, un visage fin et gracieux, un air un peu trop mélancolique à son gout. Ce n’était pas elle ça. Eden c’était la force, le rentre dedans, la moquerie, la certitude. Pas ça. Une brindille un peu plus grosse que les autres vint arracher le reflet à sa contemplation.

Elle poursuivit.


- Dans la région des lacs, une petite fille joue. Elle n’est pas bien âgée. 6 ans tout au plus. Elle fait des dessins sur la poussière devant l’entrée de la maison. La où les voitures s’arrêtent et où plus rien ne pousse malgré la fertilité de la terre.
Le calme entoure la petite habitation. A quelques pas, le lac. Sa surface et noire et calme, rien ne semble vivre sous l’épaisse couche aqueuse. La mère est occupée à faire à manger, les frères jouent dans les landes, le père est absent.
La petite Ivy, vient de réaliser un fort joli dessin de sa mère dans la poussière lorsque le silence est rompu.
Un chant fantastique, mélodieux, doux et tragique à la fois.
La gamine n’a jamais rien entendu d’aussi beau. Elle lève son petit visage couvert de poussière vers le ciel. Elle est alors persuadé qu’un ange descend du ciel, mais seuls les nuages fuyants à vive allure se trouvent au dessus d’elle.
Une larme perle sur sa joue et dessine une petite trainée dans la poussière qui la recouvre. Elle n’a jamais rien entendu d’aussi beau et sait que seule la souffrance peut provoquer de tels émois. Elle se redresse et jette au loin la baguette de bois qui lui servait de crayon. Elle n’en aurait plus besoin aujourd’hui. Ses yeux cherchent la provenance du son mais celui-ci semble l’entourer. Vite. Il faut trouver, Ivy le sent déjà faiblir.
Les paupières aux longs cils se ferment sur les yeux gris pleins de larmes de l’enfant. Elle a besoin de savoir.
Alors que sa vue ne peux plus l’aider, son ouïe, elle, la guide. Sur la gauche, là. Derrière la maison. Dans ces buissons pleins d’épines. Ivy rouvre les yeux. Son petit cœur bat plus fort que jamais. Elle sait que ses buisson là écorchent sa peau et déchirent sa robe. Elle se fera gronder pour ça, elle le sait. Mais elle doit le faire.
La petite écarte délicatement les branches pour parvenir au cœur du buisson. Déjà ses mains sont lacérées de fines écorchures qui laissent perler des gouttes d’un rouge vermeille. Elle ne sent pas cette douleur là. C’est son cœur qui souffre du chant si mélodieux qui s’échappe du cœur de l’arbre épiné. Sa robe est prisonnière des épines, et ces dernières s’attaquent à son visage. Ivy continue à avancer, remerciant pour une fois le ciel d’être si fluette. Elle peut passer.
Devant ses yeux le chant se meurt. Les dernières notes d’un accord parfait s’échappe du bec d’un minuscule oiseau, qui le cœur percé par une profonde épine, ne se débat pas et attend la mort. Le petit corps s’agite dans un dernier soubresaut, et s’immobilise dans empalée, dans la dernière position qu’il connaîtra à jamais.
Ivy pleure maintenant toute les larmes de son corps. Elle ne sent plus les épines qui lacèrent chaque partie de sa peau et approche doucement un doigt du petit être enchanteur. Elle touche délicatement son plumage et se retire aussitôt, profanatrice d’un corps possédé par le divin. Elle voudrait sortir l’oiseau de son pieu naturel, lui dire de vivre encore pour chanter à nouveau. Mais malgré son jeune âge, elle a conscience que tout est fini. Qu’il ne chantera jamais plus. Essuyant ses larmes d’un revers de main qui lui vaut d’autres égratignures, la petite décide de laisser là le petit être, au cœur de sa prison naturelle et protectrice. Elle a assisté aujourd’hui à un secret que bien peu peuvent se vanter d’avoir vu. Aujourd’hui l’oiseau d’épines à chanter pour elle seule.



Eden marqua une pause et jeta un œil à Seth. Pour quelqu’un qui n’avait pas d’idée et pas envie de parler, elle se trouvait elle-même plutôt loquace. Elle allait réellement finir par l’endormir, et s’il tombait dans le lac, elle avait peur de devoir aller l’y repêcher. Quoi qu’à cette température, le froid se chargerait de le réveiller.

Elle n’a même pas demandé pourquoi il avait envie d’une histoire ce soir.
Un commun accord semblait les lier tous les deux. Pas de questions. Ou alors muettes. Et si l’autre les comprenait, il n’y répondait que si le cœur lui en disait. C’était plus simple ainsi.

La main d’Eden qui parcourait l’herbe s’arrête sur une petite fleur bleue. Elle est minuscule et peu voyante, mais en y regardant de plus prés, ses pétales sont une œuvre d’orfèvres. Fines et dentelées, la couleur en est éclatante. Eden parcoure des yeux les alentours. Nulle trace des sœurs de cette petite. Elle est tout seule sur un tapis d’herbe.
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Seth Cullen
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MessageSujet: Re: Chaque jour de plus   Dim 9 Mar 2008 - 13:56

Alors, la souffrance engendre la beauté et ferait tomber en pâmoison les petites filles qui n'ont jamais rien vécu ? Non. La petite fille ne se contenta pas de l'écoute passive du chant angélique. Un fluide plus puissant qu'elle s'attacha à son désir et l'attira à chercher l'origine de l'idyllique lamento, la forçant à sortir du dessin et de l'enfance poussiéreuse cependant que sa quête l'éveillait. Sur le chemin de son exploration, elle découvrait la douleur. Toutefois, le but paraissait trop enivrant pour capituler devant les ronces. Sa volonté, son endurance et la résolution d'atteindre son but la guidèrent bientôt auprès à la source mourante.

La souffrance engendre la magnificence et pour atteindre la magnificence le chemin n'est que souffrance. La spirale laisse perplexe.

Les parfums alentours que Seth allaient pêcher tourbillonnaient dans ses narines qui parfois frétillaient subrepticement. Clandestinement, c'est le sang d'Eden qui devint à ses naseaux avides, le sang de la petite fille. Seul le visage de la mère lui restait occulte, alors il prit la sienne et imagina Liam et Japhet pour jouer la fratrie de la petite.

Pendant qu'elle racontait et qu'il s'amusait à mettre des arômes à tous les mots, Seth passait machinalement sa main sur le raz de l'herbe dont le parfum délitescent du jour abreuvait de saveurs plus moites.

Eden aussi changeait d'odeur. Sa peau se recouvrait du froid. Sa chair perdait le sucre qu'il lui connaissait. Il ouvrit les yeux et tourna sa tête vers elle pour l'observer.

- Tu as froid ? Tu veux ma cape ?

Il n'attendit pas d'assentiment pour se débarrasser de son vêtement. Seth, quant à lui, aimait le froid. Sa peau marmoréenne, blanche et fraîche acceptait sans difficulté les morsures du gel. Il était souvent peu couvert et sa cape lui était un attribut illusoire pour se fondre dans la foule des jeunes sorciers. La semaine était terminée, si le vêtement pouvait servir à Eden, qu'il en soit ainsi.

Peut-être qu'Eden serait surprise que la cape ne porte pas la chaleur du corps de Seth qui y avait été emmitouflé. Il ne propageait décidément aucune chaleur. Par contre, Seth avait un parfum lui aussi. Il était la seule estampille qui témoignait réellement qu'à un moment il avait portée cette robe.

Le parfum de Seth était étrange et aussi rare que son don. Sec et moelleux, il mariait des senteurs rondes et anguleuses. Il faisait intensément penser à du bleu, du bleu sombre et dense... Son odeur était assez sauvage, c'est-à-dire naturelle et plutôt simple. Mais pas moins subtil. On percevait du cuir et aussi une petite note de fumée âcre comme celle du feu de bois. Un accord aromatique rajoutait à cette sensation de naturel, mais aussi de fraîcheur, de grand air. Sur le fond, c'était un parfum chaud de peau alors que lui était tout de glace. Une odeur suave et arrondie mais avec parcimonie et finesse. On aurait pu trouver en tête la muscade, l'eucalyptus et l'anis étoilé. Puis, comme accord de coeur, c'était peut-être de l'encens, de la lavande saupoudrée d'œillet et de cannelle. Enfin, pour l'accord de fond, les odorats les plus fins lui assimileraient probablement le benjoin, le caramel, la fève, le tonka et le santal. Un corps plus boisé comme un lichen défoui. Mais ce qui était peut-être le plus étrange dans cette odeur savoureuse et insondable, était que Seth ne mettait jamais de parfum. C'était l'odeur de sa peau, sans l'odeur du savon. De ses cheveux, sans l'odeur du shampoing. De sa sueur, sans le passé d'un effort.

Il se rallongea dans l'herbe et glissa ses bras croisés sous sa tête.

- Alors, la petite fille se fait manger par un loup ou elle devient une grande musicienne ? lui demanda-t-il en souriant alors que ses yeux se refermèrent.


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MessageSujet: Re: Chaque jour de plus   Dim 9 Mar 2008 - 18:26

Eden frissonna. Avant qu’elle ait pu dire quoi que ce soit, Seth lui proposait sa cape… Epatant de voir à quel point elle ne pouvait rien lui cacher de ses ressentis.
Elle lui sourit et accepta le vêtement qu’il venait de quitter. En la mettant, Eden songea que l’étoffe était aussi fraîche que si elle avait été inhabitée au cours de la journée entière. Seth ne semblait pas être soumis aux lois de la chaleur. Il ne craignait pas le froid de la nuit qui tombe, alors qu’elle, pauvre créature sentait déjà ses os parcourus de tremblements, et ne laissait aucune empreinte de chaleur corporelle dans ce qu’il portait.

Elle s’emmitoufla dans la cape, s’en voulant un peu de la garder serrée si prés de sa peau. Seth ne serait il pas mal à l’aise de remettre un objet qu’elle avait touché ?
S’il lui avait proposé, c’était sans doute que cela ne lui posait aucun problème.
Etrange seul le contact de peau à peau semblait le déranger.

Quand on voyait le garçon, on songeait immédiatement à du gâchis. Seth avait une beauté froide à couper le souffle. Des cheveux dans lesquels n’importe qu’elle fille aurait aimé passer la main. Mais personne ne profiterait de cela.

Dans un réflexe animal, Eden colla l’étoffe contre son visage et inspira l’odeur de son camarade.

Elle ne fut pas déçue. L’odeur, comme le personnage, était exceptionnel.
Bien qu’elle n’eu pas les dons de Seth, elle était certaine de n’avoir jamais rien senti de tel.
Fervent mélange d’Eucalyptus et d’Anis pour ce qui venait en tête, le tout était rehausser par une odeur qu’elle ne parvenait pas à définir mais qui lui semblait pourtant familière. Une petite note âcre. Quelque chose qu’elle avait déjà senti mais peut être pas sur quelqu’un.

Tant pis, elle s’était essayé au jeu de Seth, elle était visiblement moins douée. De toute façon ce qui l’importait, c’était de savoir si oui ou non elle appréciait cette odeur. Ça, elle pouvait le dire.
Eden sourit malicieusement en décollant son visage de la cape. Il allait certainement la prendre pour une folle. Elle sourit de plus belle.

Il s’était allongé à nouveau dans l’herbe, ses bras croisés sous la tête.


- Alors, la petite fille se fait manger par un loup ou elle devient une grande musicienne ?


Eden se retint de ne pas lui annoncer qu’elle se ferait un jour manger par un loup musicien. On était dans le tragique là. Il fallait persévérer dans cette voie.

- Oh non, elle est sortie de son buisson, toute bouleversée du secret découvert. S’est fait sacrément sermonner pour avoir déchiré sa robe et à repris le cours de sa vie.

Dieu que c’était banal… Quelle imagination Eden ! Tu vas tous les chambouler avec cette histoire !

Elle resserra un peu la cape contre elle, le froid tentait une percée sur la peau douce de la jeune fille. Pas bien épaisse, elle était contrairement à son ami, très sensible au changement de température.


- Si tu veux je te raconte le jour où elle est tombée dans le lac…


Ça elle était capable de le raconter en détail. Facile. Les lacs ça la connaissait. Elle frissonna de nouveau. Pour rien au monde elle n’aurait mit un orteil dans celui là. La surface noire avait abandonnée ses dorures faisant place à l’obscurité et le silence de la nuit.
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MessageSujet: Re: Chaque jour de plus   Dim 9 Mar 2008 - 19:29

- Ah ? Que s'est-il passé le jour où elle est tombée dans le lac ? lui demanda-t-il de sa voix la plus posée. Elle n'a vraiment pas de chance cette petite fille, fit-il remarquer en se mettant sur son flanc, la tempe appuyée sur sa paume pour regarder Eden assise près de l'eau. Il ne lui arrive que des malheurs... quand elle n'arrive pas trop tard pour profiter des tristes merveilles du monde alors elle frôle la noyade. Il y a des choses sur lesquelles elle n'a pas le contrôle et qui la font chavirer.

Il laissa à Eden le temps d'absorber ses remarques allusives et finit par se redresser en maintenant une certaine distance physique avec elle. Il s'étira comme un chat, allongeant ses bras devant lui. Sourire à la vue ténébreuse, précédé d'un regard en biais à sa camarade.

Il doutait qu'il y eût une véritable suite à cette histoire inventée ou alors la suite était sans fin. Eden était bien capable d'inventer jusqu'à l'aube et son humeur mélancolique lui aurait sans doute fait exterminer les uns après les autres tous les personnages qu'elle pourrait créer pour le sombre plaisir de les détruire. Les malheurs de la petite fille ne s'achèveraient qu'avec l'impatience de Seth.

- Raconte-moi la suite de l'histoire mais cette fois, avec des contraintes. La petite fille a rencontré un loup... un loup doué qui joue de la musique qu'elle seule peut entendre. Un loup ami qui peut lui être aussi dangereux que des ronces aux pics d'argent et aussi doux qu'un moineau qui chante une complainte. Et l'histoire se finit mal mais nous, on s'en foutrait car on irait dîner.

Eden était recroquevillée dans sa cape. La brise ne pouvait plus rien faire pour y rentrer. Elle s'occupait seulement de balancer ses cheveux à sa guise. Quand l'aquilon forcissait, des effluves entiers de son odeur lui parvenaient. Des fois, il était obligé de couper sa respiration. Non pas qu'Eden le dégoûte plutôt que, parfois, dans certains moments, l'odeur naturelle de la jeune fille variait subtilement mais cette variation l'étourdissait. Comme ils n'en parlaient jamais, il était encore incapable de comprendre ce qui provoquait en elle cette modification.


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MessageSujet: Re: Chaque jour de plus   Dim 9 Mar 2008 - 20:25

Le jour du lac ? Elle s’en souvenait parfaitement. Elle gardait le souvenir cuisant de sa respiration coupée et son dos lui, en gardait une petit cicatrice… tout petite, indiscernable pour les communs, mais qu’elle savait toujours présente et qui lui rappelait qu’on ne s’approche pas trop vite des choses qu’on ne connaît pas.

La petite fille ? Non ce n’était pas elle… enfin pas vraiment. Disons qu’elles avaient un ami commun. Le lac peut être…

Eden envoya vers Seth un sourire qui se voulait cynique. Qu’il ne la plaigne pas cette petite fille, sinon elle se sentait bien capable de le créer dans son histoire et de lui faire courir d’immenses risques dont il ne sortirait pas indemne.

Elle secoua ses cheveux une dernière fois avant de se lancer dans l’épisode du lac, afin de dégager son visage. Elle avait besoin de voir devant elle. Juste au cas où.


- Alors le jour où elle est tombée dans le lac. C’était par un après midi d’hiver. Il y avait du vent. C’est important le vent, parce que sans cette saleté, il y a fort à parier qu’elle ne serait jamais tombée. Ce jour là sa mère l’avait habillée d’une jolie petite robe blanche assortie d’un joli ruban dans ses cheveux. Elles sortaient toutes deux.
Ivy avait une petite manie, elle jouait souvent avec ses cheveux. Bien qu’on lui ait toujours répété que pour être une vraie jeune femme, il faut être belle, muette et immobile.
A force de tripoter le nœud, il finit par se détacher et le vent l’emporta. On lui avait souvent répété aussi de ne pas jouer prés du lac, mais étrangement ce qui est interdit est toujours plus amusant. En moins de temps qu’il ne faut pour dire « barbe de Merlin » le petit ruban d’un blanc pur et nacré se retrouva dans l’eau.
Il était juste là, au bord. Pas bien loin. En montant sur le ponton elle pouvait l’atteindre sans problème. La fillette ne voulait pas salir ses petits souliers blancs vernis, elle n’en avait jamais eu d’aussi beau. Aussi, c’est avec précautions qu’elle monta sur le ponton de bois vieilli, enjambant avec une attention particulière tout ce qui pourrait salir ses petits escarpins. Elle s’approcha du bord et se pencha un peu. Encore un peu. Puis un peu plus encore, car il ne manquait vraiment que quelques centimètres. Elle se sentit basculer en avant. Mais la petite n’était pas dupe, et se redressa rapidement pour faire contrepoids. C’était sans compter sur les vieilles planches pourries qui cédèrent à cet instant. La gamine a fait le plus beau plongeon de sa vie et s’est ratiboiser la peau du dos contre les échardes saillantes du ponton. Je ne te raconte pas la suite, mais depuis elle se méfie de ce qui tombe à l’eau.


Des fois qu’il lui prenne l’envie de la pousser un jour, il était avisé.

Sanders… Tu es blonde ou quoi ? Comment veux tu qu’il te pousse ?

On sait jamais… avec un sort ?

Eden grimaça à la pensée de se retrouver à nouveau sous l’eau froide. La bouche happant un air qui ne venait pas, trop concentrée à essayer de survivre pour appeler au secours. Et les douleurs lancinantes des échardes plantées.
Elle chassa ses images d’un geste de la main et se tourna à nouveau vers Seth.


- Bon ton loup maintenant. Le loup musicien de la forêt de Leordha. Un loup un peu particulier. Certain disent qu’il a un jour sorti un sorcier puissant d’un mauvais pas. Le sorcier l’aurait récompensé par un don. Celui de jouer de la musique du cœur. Une musique qu’on ne peut entendre que lorsque que le cœur est pur. Pour les besoins de l’histoire on dira que notre gamine a un cœur pur. Ceci dit je te fais une confidence, les légendes parfois, ça raconte n’importe quoi.


Eden marqua une pause elle sentait quelque chose lui chatouillait la main. Elle la secoua.

- Notre petite nous l’avons dit affectionnait plus que tout se rendre là où elle n’avait pas le droit d’aller. De plus, pas de chance pour la mère, sa fratrie plus âgée qu’elle prenait grand soin de la pousser à faire des bêtises. Ce jour là, il l’avait emmené pour jouer à cache-cache à la lisière de la forêt, Avec pour consigne bien sûr : Ne pas se promener dans les bois. Il parait qu’on y fait de mauvaises rencontres.


De nouveaux chatouillements interrompirent Eden. Dans le noir elle ne voyait pas ce que c’était. Une fourmi sans doute. Elle envoya une petite tape de son autre main, pour déloger la bestiole et reprit.

- Bien entendu, c’était le rôle d’Ivy de chercher les autres. Et comme tous grands frères qui se respectent, ils se cachèrent dans la forêt, bien sur, pas bien loin de la lisière… Ils n’allaient pas se risquer à entrer trop profondément. Mais faire peur à la petite s’avérait être une distraction des plus attrayantes. Lorsqu’elle eu fini de compter, et de faire le tour des maigres cachettes qui se trouvaient à proximité, la fillette eu le loisir de constater que ses frères avaient du entrer dans la forêt. Pas farouche pour deux sous, la gamine pris son courage a deux mains, et entra à son tour. Elle chercha un peu, n’entendant pas les rire retenus de ses frères qui se moquaient de leur farce. En revanche, un autre son lui parvint aux oreilles.


Cette fois ça faisait mal.

- Hé !


Eden envoya la main vers son bras gauche, quelque chose l’avait piqué. Elle sentait la petite bosse sous la peau. Cela cuisait. Ça devait être un gros moustique. Prés d’un lac pas étonnant. A croire qu’ils aimaient le goût du sang sucré.
N’empêche que ça faisait drôlement mal un moustique !


- Saleté…. Donc, où en étais-je ? Ah, oui. Une douce mélodie qui lui rappelait une entendue lorsqu’elle était plus jeune. Une mélodie qui vous prend au cœur, et ne vous lâche plus que pour vous entrainer dans un tourbillon d’émotions dont vous n’avez plus le contrôle. Les images du petit oiseau mourant lui revinrent en mémoire. Ce pouvait-il qu’on lui accorde à nouveau la chance d’entendre ce chant majestueux ?


Le moustique insistant avait entreprit de grimper sur sa main gauche cette fois-ci. Eden s’interrompit et lentement, se saisit de sa baguette qui dépassait de son sac. D’un mouvement vif, elle dirigea sa baguette vers son côté gauche et murmura :

- Lumos !


Ce n’était pas un moustique.
Loin de là.

Mauvaise perception du poids de l’insecte.

Il s’agissait d’un énorme frelon, rayé de ses couleurs signifiant : attention danger. Eden retira lentement sa main et jeta un œil à son bras. Il était enflé et la bosse s’était teintée de violet. Pas très encourageant. Seth n’avait-il pas senti le venin ?

Alors qu’elle se tournait vers Seth prête à le taquiner sur son silence à ce sujet, elle l’aperçu du coin de l’œil. Juste derrière elle. Sans doute tombé de l’arbre. Le nid. Grouillant.

Vu la réaction de son corps avec une seule piqûre elle n’osait imaginer ce qu’il adviendrait d’elle en quelque seconde quand l’essaim l’aurait repéré.


- Regarde moi ça !


La vue de ses gros insectes ne lui plaisait guère ? Contrairement aux abeilles, elle n’avait pas encore saisi leur utilité et ne connaissait que les dangers qu’ils représentaient.
Eden se leva d'un bond et dans sa précipitation se prit les pied dans la cape de Seth. Elle fut déséquilibrée et tenta de se retourner plongeant les bras vers l’avant pour s’éviter de se faire mal. Elle avait la souplesse et l’agilité d’un chat. Elle tomberait sans se faire mal elle le savait.

Poids plume et souple comme une danseuse, elle s’apprêtait à amortir la chute de ses avant bras avant de réaliser que sa chute c’était Seth qui l’amortirait…
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MessageSujet: Re: Chaque jour de plus   Dim 9 Mar 2008 - 23:39

L'histoire. Seth eut l'impression que, pour une fois, Eden racontait librement sans chercher ses mots. Cette anecdote était-elle l'une de sa propre vie ? Il ne lui demanda pas car, dès que la triste morale du conte fut livrée et qu'elle passa à l'histoire du loup qu'il n'écouta que très distraitement, Seth se mit à la chasse aux frelons.

Malgré l'obscurité - car elle n'était pas une oblitération de l'acuité visuelle pour lui - il repéra l'insecte. Tant que le vespa crabro restait auprès des siens dans leur nid, le Serdaigle considérait Eden hors de danger. Il l'avait manifestement sentit dès leur arrivée sous le saule, n'en déplut à Eden.

Pour ne pas interrompre la narration, d'un mouvement d'une rapidité inhumaine qui le rendait pratiquement invisible à l'œil nu, il balaya l'insecte et rétablit la position de son bras sans qu'Eden ne remarque son geste.

Le frelon s'envola. Seth se remit dans l'histoire mais il lui fut impossible de se concentrer sur ses saveurs tant son odorat était mobilisé par la prévention d'une nouvelle incursion du vespidé. Il eut raison de maintenir son zèle puisque le talène revint à la charge. Avec la même vitesse, aussi effarante que pratique, le jeune Cullen le chassa derechef de la main d'Eden.

De son côté, la jeune fille ajoutait à la difficulté de Seth en essayant, dans un geste oublieux, d'expulser elle aussi l'intrus. Bon lui fut de ne pas voir ce qu'elle tentait d'écarter quand, entre un mouvement d'elle et de l'insecte, Seth se montrait invisiblement plus véloce que la Gryffondor.

Les réflexes ahurissant de l'étrange Cullen ne devaient avoir aucun public. Il s'était toujours gardé de faire étalage de cette capacité car elle était liée à ses autres particularités. Il avait moins souffert à la découverte de sa vélocité qu'à la découverte de son faramineux odorat. Dans l'enceinte du château lorsque, lisant ses notes de cours et marchant tranquillement, un souffle soudain venait faire s'envoler les parchemins, une fois sur deux, c'était Seth en retard à son prochain cours, qui jouait à Flash Gordon dans les couloirs. Souvent l'on pensait à un courant d'air et l'on oubliait en rouspétant et en rassemblant ses parchemins éparpillés.

A la troisième incursion du frelon, Seth avait eu la vanité de penser qu'il avait définitivement écarté l'envahisseur. Plongé dans l'histoire qu'il essayait de récupérer où son attention l'avait abandonnée, il n'avait rien senti venir. Eden fut piquée. Il fronça les sourcils mais ne vendit pas l'insecte. L'insecte avait eu ce qu'il voulait. Quand il s'envola et eut le malheur de voler vers lui, dans le noir et avec sa fulgurance précédemment éprouvée, Seth avait tendu sa main pour y enfermer définitivement le frelon et le broyer. Tant pis pour le pacifisme inter espèce. Le vespidé ne pouvait rien contre sa peau de marbre et crayeuse. Il ne trouverait rien d'attrayant qui puisse le nourrir sans le risque d'en mourir.

L'histoire reprit. Courtement. Un camarade vengeur du premier frelon vint à son tour sur la peau sucrée d'Eden. Ils étaient gourmands mais ne sentaient pas à lui. Il ne s'intéressait qu'à la seule humaine du duo. Mais, au grand damne du Serdaigle qui s'apprêtait à débusquer une ixième fois l'orgueilleux, Eden alluma sa baguette et surprit le talène. Seth refoula son geste à mi chemin et la regarda paniquer, profitant qu'elle regarde alentour le nid qui était à proximité pour achever ce second frelon. Il fallait partir. Il ne comptait pas passer sa soirée à ça.

Tout alla ensuite très vite. Et pour cause. Affolée par la découverte du nid, Eden se leva. Les pieds pris dans sa cape, à peine Seth avait relâché le cadavre du frelon dans l'herbe, qu'il sentit sur lui tout entier le poids de la jeune fille.

Interloqué. Effarouché. Violé. Les idées allèrent à toute allure. Il sentait la nausée lui monter le long de l'œsophage en même temps qu'une peur irrésistible. Synchroniquement, il ressentit un sentiment qu'il n'avait encore jamais éprouvé mais que son cerveau congestionné n'avait pas pris la peine d'analyser. Avec la rapidité qui lui était propre, d'un réflexe incontrôlé qui le trahirait immanquablement, il saisit Eden par les bras et la retourna sur le dos, avec autant de délicatesse que de vivacité, pour ne pas la heurter. Il s'était ainsi retrouvé à quatre pattes au-dessus d'elle, écartant définitivement la moindre parcelle de son corps de celui d'Eden. Ses yeux verts et perçants, qui n'avaient jamais été aussi près du visage de quelqu'un, s'enfoncèrent avec reproche dans les prunelles grises de la Gryffondor. C'était furtif, c'était haineux.

Il ne put s'empêcher de prendre en pleine narine une bouffée de son parfum. Il en avait partout sur lui. Il le sentait. Il suintait Eden sur tous ses vêtements. Pourtant, la chute et le contact furent brefs.

Quand il eut repris ses esprits, avec la même vitesse, il se releva. En une fraction de seconde, il se retrouva près de l'arbre d'où il délogea le nid, puis la seconde suivante, déjà près du Lac Noir, il le plongea dans l'eau pour le noyer. Après trois minutes de silence où tout sembla reprendre sa place, il retira sa main immaculée de l'eau en laissant le nid flotter et inhabité. Pas une seule piqûre.

Agenouillé, il se tourna lentement vers Eden qu'il scruta d'un regard impénétrable par-dessus de son épaule. La haine avait disparue. Il n'était même pas essoufflé. Ne restait en lui que l'envie de vomir... mais ça ne lui vint pas. Il se sentait terriblement mal, son visage avait encore gagné en pâleur mais il n'en tomba pas. Ce qui l'ébahit.

- Eden, si tu répètes ce que tu viens de voir, dit-il d'une voix redevenue douce et séduisante, aussi simplement que ces frelons, je devrais te supprimer... personne ne doit savoir.

De sa vie entière et depuis que celle-ci se transformait, jamais Seth n'avait proféré de menace de mort. Dans les films, il les trouvait toujours grandiloquentes et risibles. Mais peut-être qu'à cet instant, seule Eden ne trouvait pas que cela prête à rire. Car elle avait certainement deviné qu'il ne rigolait pas.


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MessageSujet: Re: Chaque jour de plus   Mar 11 Mar 2008 - 20:29

En basculant elle ferma les yeux et resserra les bras contre elle, peut être qu’en essayant de prendre moins de place elle toucherait moins Seth que tout bras devant. Bien que la chute n'ait duré que quelques millièmes de seconde, le temps paru incroyablement long à Eden. Elle allait toucher Seth. Elle allait rompre le contrat. Elle allait l’effrayer.

Avant d’avoir pris conscience qu’elle était sur lui, Eden se sentie empoignée par les bras vigoureux et froids de Seth qui la retournèrent en un réflexe inhumain.

Eden eu le souffle coupé. Elle n’avait pas eu le temps de saisir ce qui venait de se passer. Les yeux de Seth étaient plantés dans les siens, amplis de haine comme s’il regardait l’objet de l’aversion de toute une vie. Eden sentit les larmes lui monter aux yeux, la gorge lui brûler. Elle ne reconnaissait pas le visage qui se tenait face au sien.
N’avait-il pas vu qu’elle n’était pas volontairement tomber sur lui ?

Il se releva aussi vite que ce qu’il avait retourné la jeune femme, comme s’il s’était brûlé, comme s’il venait de toucher un être des plus répugnant. Eden se leva d’un bond aussi. Elle avait peur, mais ne pouvait se permettre de rester là, étendue sur le dos, vulnérable, fasse à un adversaire qui visiblement n’aurait aucune pitié pour elle.

Alors qu’il noyait le nid de frelons, le tenant d’une main comme s’il tenait une balle de tennis, Eden essayait de se calmer. Elle ne devait pas montrer qu’elle avait peur. Et avec Seth, ne pas montrer, c’était ne pas avoir peur. Sinon il le sentirait.
Elle se concentra sur les battements de son cœur. Les ralentir. Sur ses yeux. Ne pas pleurer. Sur sa respiration. Profondément. Tout allait bien.

Enfin, pas si bien que ça, vu que Seth menaçait de la tuer.

Les paroles qu’il prononça résonnèrent dans la tête d’Eden en quelques multiples exemplaires. Sa voix était séduisante, douce, comme s’ils menaient une conversation badine, agréable.

Eden était à peu prés calme. A peu prés. Ses veines bouillonnaient de rage. Non pas qu’elle craigne qu’il ne mette sa menace à exécution. Elle savait parfaitement qu’elle ne parlait pas. Elle n’était pas encore assez folle.
Non plutôt la rage de voir que finalement il ne la connaissait pas. Il aurait du savoir qu’elle ne dirait rien. Et puis finalement, elle le connaissait mal aussi.
Comment avait-elle pu croire qu’un demi-secret suffisait à connaître quelqu’un ?
Visiblement, l’autre moitié était des plus titanesques.
Les différentes particularités de Seth dansaient sous les yeux d’Eden. Il cachait quelque chose de grave. De grave et de dangereux. Elle le savait, mais jusqu’à présent ce la ne lui avait jamais paru trop présent. Elle s’était accommodé des différences de Seth. Il sentait tout en décuplé. Point.

Aujourd’hui seulement elle comprenait qu’il n’hésiterait pas à la tuer pour ce secret.

Alors qu’elle réalisait cela, tout semblait se bousculer dans sa tête. Elle réalisait à quel point elle s’était attachée à Seth et à quel point elle n’avait pas tenu les promesses qu’elle s’était faite. Ne pas s’attacher, ne pas souffrir. Elle pensait qu’en ne partageant rien de sa vie ouvertement on ne se liait pas. Faux. Elle s’était habituée à la présence silencieuse du garçon, à leurs conversations anodines, à lui en général. Et à sa grande surprise, alors que cette chute pouvait causer sa mort, ce qui lui venait en premier était la rage de perdre Seth cause d’elle. Les vendredis ne seraient plus comme avant, à cause de ce nid de malheur.
Prête à se jeter elle-même au fond du lac la corde au cou, Eden laissa ses yeux s’embuer.

Tu te reprends, et tout de suite Sanders.

Les poings serrés, elle s’enfonçait les ongles dans la paume des mains, soulagée par la douleur provoquée. Le regard baissé vers ses pieds elle se sentait trembler. Il fallait qu’elle arrête.

Maintenant.

Eden avala avec difficulté et redressa la tête. Le menton levé abordant son air de défi naturel, elle avait les lèvres serrées, le regard résolu et plus aucun tremblements ne la parcourait. La peur l’avait quittée. Elle la maîtrisait encore. La rage était cantonnée à l’intérieur de ses veines. Elle n’avait aucune idée de l’odeur qu’elle dégageait et s’en fichait. Qu’il lise en elle, qu’il devine. Quelle importance maintenant ?

Sa propre voix la surpris. Cela faisait un moment qu’elle n’avait plus entendu ces intonations dans sa propre bouche. Ce froid contrôle parfaitement calculé.


- Tu sais quoi, tu devrais directement me jeter dans le lac. A cette température c’est radical. Et puis au moins pas de soucis hein ? Tu serais sûr que je ne répèterai rien !


Ne la connaissait-il vraiment pas ? Comment pouvait-il imaginer qu’elle daigne parler de ce qu’elle venait de voir ! Pourquoi avait-il eu besoin de la menacer ? Elle fixait Seth de ses yeux gris avec une froide indifférence apparente.

Il ne lui ferait pas de mal sans raisons. Pas lui.
Lui ? Mais lui c’est qui ma grande ? La vérité c’est que tu n’en as aucune idée et que tu as volontairement gardé le bandeau sur les yeux tout à ta joie d’avoir trouvé quelqu’un comme toi, et qui semblait t’accepter comme tu es.

Réprimant un frisson en repensant à la façon dont il avait empoigné le nid de frelon, à la manière dont il l’avait elle même retournée avec tant de facilité…et de dégout, elle fit quelques pas vers lui.
Il avait l’air de se sentir plutôt mal. Etait-ce si horrible de la toucher.

Un peu de tristesse passa dans les beaux yeux gris, et un observateur attentif aurait noté le léger affaissement des coins de sa bouche.
Sa voix se fit moins dure, non plus glaciale mais sourde. Basse et grave.


- Je ne pensais pas que tu me croirais capable de révéler tes secrets. Qui es tu Seth ? J’en sais déjà trop de toute façon, et tu n’as plus l’excuse de refuser de me mettre en danger en me révélant la suite du secret. Plus vraiment après ce que tu viens de dire.


Elle restait là, plantée devant lui, se tenant à bonne distance de sa forte poigne, pauvre silhouette solitaire dans l’obscurité d’une nuit tombante. Il était pâle, très pâle, semblait nauséeux, mal à l’aise. C’était la première fois qu’elle provoquait ça chez un garçon. Pas très flatteur…
Eden se rappelait du bref contact avec sa peau, froide… comme morte. La mâchoire serrée, elle essayait de ne pas fuir face à son regard. Même si des images d’elle flottant noyée à côté du nid de frelons lui traversaient l’esprit.


- Je pense que j’ai le droit de savoir qui tu es Seth.
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MessageSujet: Re: Chaque jour de plus   Mer 12 Mar 2008 - 13:52



S’il fallait répondre aux questions d’Eden, s’arrêter à ce qu’on ressent plutôt qu’à ce qu’on sent ? Cela n’engendrerait que d’autres questions...



Avec une netteté dont il s’étonnait, Seth sentait les variations des flux sanguins d’Eden. Il avait sentit le fluide lacrymal légèrement salé poindre et effleurer la courbe de ses beaux yeux gris. Lui dirait-elle "quelle importance ?", il répondrait que le plus important était justement là: tu sais que je sais, je sais que tu le sais... et nous l’acceptons. Il y aura des ratés mais au moins, nous savons.

Cette pensée compensait l’énervement qui bouillait en lui malgré son calme apparent. Il était affligé de n’avoir pas fait attention. Il n’en voulait pas à Eden mais à lui car, par sa faute, son manque de réactivité, il la mettait en danger. Et elle qui pensait égoïstement qu’il la menaçait seulement par manque de confiance en elle ou par méconnaissance. Cela aussi participait à son irritation. S’il avait pu, il aurait eu envie de la prendre dans ses bras pour l’obliger à regarder dans ses yeux jusqu’à y voir ce qu’il craignait le plus. Son inquiétude allait au-delà des blessures d’amour-propre d’Eden. Il avait oublié comme elle pouvait se montrer non seulement prétentieuse mais aussi égocentrique. La menace était une information qu’elle connaissait déjà, du moins avait-elle dû s’en douter si elle s’était un jour posé la question de ce qui arrivait si le secret de Seth était révélé à d’autres. Juste une information. Il n’avait fait que la rendre vrai en la prononçant.

"Tu sais quoi, tu devrais directement me jeter dans le lac. A cette température c’est radical. Et puis au moins pas de soucis hein ? Tu serais sûr que je ne répèterai rien !"

Paroles hystériques qu’il lui fit la grâce de ne pas relever.


Néanmoins, sa remarque provoqua un sourire divertit et narquois.

"Ne la connaissait-il vraiment pas ? Comment pouvait-il imaginer qu’elle daigne parler de ce qu’elle venait de voir ! Pourquoi avait-il eu besoin de la menacer."

C’était bien le fond du problème. Mais de quoi se plaignait-elle, elle qui brandissait comme l’étendard aux couleurs incohérentes des Terres et du Château d’Eden, le grand bien de sa solitude et de la vanité de s’attacher ? Elle trouvait une personne qui, croyait-elle indûment, ne la connaissait pas, ou mal. Et bien, elle avait ce qu’elle voulait. Elle restait abstraite et seule. A moins que ses questionnements soient à ce point incohérents qu’elle eût aimé donner une dérogation à ses propres décrets. Une exception qui s’appelait Seth Cullen.



Et la question la plus difficile vint enfin: "Qui es tu Seth ?"

Il ne pouvait pas répondre.

- Tu n’as strictement aucun droit, dit-il en lui éclatant de rire au nez. Où as-tu été cherché des idées pareilles ? Tu es toujours en vie, de quoi te plains-tu ? railla-t-il.

Le jeune Cullen se leva et vint vers elle. A un mètre. Il arrosa la jeune fille d’un regard qui n’avait plus rien d’hilare ou de joueur. Il s’était reprit et le mal au cœur était passé. Il sentait l’odeur d’Eden s’élever de lui, où elle avait posé ses mains sur ses épaules. Il aimait cette odeur.

Il approcha doucement sa main de ses cheveux en lui imposant d’un regard farouche de ne pas bouger. Il ôta une brindille à ses cheveux, laissa la brindille au gré du vent, mais n’écarta pas tout de suite sa main. Son regard se fit plus doux et, par ses yeux encore, il lui demanda encore une fois de ne surtout pas bouger. Seth inspira comme un condamné à mort le ferait face à son bourreau. De la déconvenue libératrice d’aller vers l’inexorable. Il approcha sa main des cheveux d’Eden, très lentement. On aurait pu sourire qu’il ait plus de mal à glisser ses doigts dans la douceur de ses cheveux que sur un nid de frelons bourdonnant. Il se pencha en même temps pour approcher son nez de sa chevelure, sa main finit par se poser sur les boucles, ses doigts par attraper une mèche et la lisser jusqu’à la pointe.

Son cœur battit à toute vitesse. Son estomac se retourna, l’envie de vomir ne le quittait pas. Il inspira son parfum puis quand il arriva à la bordure de ce qu’il pouvait tolérer sans s’en rendre malade, il recula d’à peine deux pas mais avec sa vitesse surhumaine. Il lui sourit bien que son visage trahissait de nouveau sa souffrance. Il faudra absolument qu’il confie ce qu’il venait de faire à Japhet et Liam. Ils n’en croiraient pas leurs oreilles.

- Je ne pourrais jamais te tuer parce que ton odeur me manquerait trop, dit-il en regardant avec émerveillement sa main qui l’avait touché. Je voudrais bien te répondre, Eden, reprit-il en la regardant, enfouissant ses mains dans sa poche, mais il se trouve que je ne le sais pas. Il me semble de toute façon que moins tu en sais, mieux ça sera... et toi ? Que penses-tu que je suis à part un idiot ?


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MessageSujet: Re: Chaque jour de plus   Mer 12 Mar 2008 - 18:48

Sa première idée fut de détourner les talons et de partir. La remarque de Seth était cinglante. Elle n’avait aucun droit, exact.
Elle aurait juste aimé qu’il lui explique.

Pour la première fois de sa vie elle ne se sentait pas la force de mener un combat. Peut être parce qu’elle avait fini par croire en celui là. Que l’échelle non repoussée avait été investie. Que la visite de courtoisie c’était transformée en rendez vous hebdomadaire. Et peut être aussi parce que sous ses grands airs de « je n’ai besoin de personne » elle s’accommodait parfaitement de leur solitude partagée.

Elle n’avait aucun droit sur lui. Vrai. Quelle petite égoïste était-elle que de caresser le doux espoir de se faire expliquer le pourquoi d’une menace de mort. Elle avait eu envie de partir. De laisser tomber, de retourner à ses faux airs de solitaires et d’inébranlable. De lui mentir, de se mentir. Tout en sachant qu’il saurait de toute façon.

Ce qui lui fit mal ce fut son rire. Habituellement c’était elle qui rallait. Elle n’avait jamais pris conscience encore combien il pouvait être désagréable de percevoir de la moquerie dans un rire alors qu’on souffrait.
Car elle souffrait, sans vouloir se l’avouer. Cela aurait été trop facile de se l’avouer. Elle qui s’était imposé comme règle de conduite d’être le plus franche possible envers les autres avait souvent oublié de l’être envers elle-même. Parce qu’elle aurait découverte qu’elle n’était pas si forte et surement pas si seule.

De quoi se plaignait-elle ?
De rien. Que pouvait-elle dire ? Il lui faisait l’honneur de ne pas la jeter dans le lac une pierre au cou…que demander de plus. Ils n’avaient jamais parlé de confidences ou que que ce soit d’autre.

Finalement sa remarque la calma. Elle réalisait où était sa place et les barrières à ne pas franchir. Il avait dit un demi-secret. Point. Le reste lui appartenait. Pour l’instant.

Mais il eut ce regard. Il fit ce geste.

C’est à peine si elle osait respirer. Il approcha sa main des cheveux soyeux et en ôté une brindille, qu’Eden suivit des yeux un instant, avant de la perdre de vue dans l’obscurité. Il n’enleva pas sa main immédiatement. Eden scruta ses yeux verts d’eau. Le regard était doux. Mais torturé.

Il attrapa une mèche de cheveux châtains clairs et la parcouru de ses doigts. Eden ne bougea pas. Surprise. Pas un battement de cil ne vint troubler le geste du garçon. Il avait trop d’importance. Il lui souriait.
Seth avait retrouvé ce regard doux et mélancolique qu’elle lui connaissait, il semblait souffrir. Eden avait envie de rire. Nerveusement certainement car rien de risible dans la situation.

Mise à part que le geste tendre qu’il venait de lui accorder semblait lui couter bien plus cher que mettre la main dans un nid de frelons. Et aussi que le simple fait d’inspirer son parfum semblait lui retourner l’estomac.

Elle devait être d’une compagnie fort agréable pour lui.
Sans ironie.
Puisqu’il restait.


- Je ne pourrais jamais te tuer parce que ton odeur me manquerait trop.


Seth regardait sa main comme si elle venait d’apparaître. Eden se souvint qu’à part les cheveux de sa mère, il n’en avait pas touché d’autres. Elle avait du mal à penser. Une minute auparavant elle le pensait en voie de la tuer pour un secret. Visiblement c’était tout autre chose.
Elle était face à quelque chose qu’elle ne comprenait pas, se sentant pour une fois, minuscule, microbienne et insignifiante vis-à-vis de ce qui l’entourait.




- Je voudrais bien te répondre, Eden, mais il se trouve que je ne le sais pas. Il me semble de toute façon que moins tu en sais, mieux ça sera... et toi ? Que penses-tu que je suis à part un idiot ?


Eden inclina la tête et détailla son visage. Pourquoi dit on toujours que moins on en sait mieux cela est ?
Elle avait envie de savoir et de le rassurer. Mais le pouvait-elle seulement ?
Et s’il avait raison ? S’il était en train de devenir monstruosité… et qu’elle se trouvait dans l’incapacité de le rassurer sans mentir ? Elle ne mentirait pas il savait. Comme il se doutait aussi visiblement que ce qu’il devenait était une chose que peu de sorcier accepterait.

Que pensait-elle qu’il était ?
Un idiot ça ne lui était pas venue à l’esprit… Beaucoup de choses parcouraient sa petite tête au fur et à mesure de ses découvertes sur Seth. Elle commençait à se douter que sa passion pour les créatures magique lui avait causé quelques fatals ennuis. Elle essayait mentalement de regrouper toutes les créatures qui partageaient certaines particularités avec Seth.


- J’ai pensé à bien des choses. Pas à un idiot, cependant. Mais entre autres j’ai des images de différentes créatures qui me trottent dans la tête. Je n’ai pas encore arrêté mon choix. Je pensais que tu m’éclairerais. Sombrals, Inféri, dragon, Vampires, Loups Garou. Un joli choix comme tu vois.


Elle marqua une pause. Elle sentait ses jambes trembler. Aucune idée s’il s’agissait du froid, du contre coup de ce qui venait de se passer, ou des deux. Elle n’avait plus vraiment conscience de ce qui l’entourait. A part Seth et ce furieux besoin de savoir.

Pourquoi ?


- Tout ce que je vois c’est que tu souffres. Je sais que je n’ai aucun droit. J’ai besoin de savoir ce qui t’est arrivé parce que…j’ai la prétention de croire que je te comprendrais.


La vérité ça fait mal à la gorge des fois quand ça sort.

- Je n’ai aucune idée de qui je mets en danger en en sachant plus, toi ou moi. Et je n’ai aucune idée non plus de la nature de ce danger. Est-ce toi ? Ton futur toi ? Ou autre chose qui me dépasse ?....


Pourquoi sentait elle des larmes poindre à ce moment précis alors qu’elle s’était retenue pour le plus dur ? Par Merlin qu’elle pouvait être stupide parfois. Ravalement de larmes une fois encore. Hors de question de pleurer comme une gamine. Qu’elle était.
Eden s’éclaircit la voix et battit des cils pour chasser des larmes qui ne venaient pas.
Lorsqu’elle parla cependant sa voix était un peu enrouée mais ses yeux étaient secs.


- Qu’est ce qu’il t’est arrivé ?


Elle ne lui poserait plus la question s’il refusait d’y répondre. Elle n’avait pas à insister. Elle le savait. Elle ne le ferait pas, elle se tairait et le laisserait en paix. Bien qu’elle ait tout un tas d’autres questions à poser. Notamment… Il aimait son odeur ?
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MessageSujet: Re: Chaque jour de plus   Mer 12 Mar 2008 - 19:44

- Oh, sacrebleu, sourit-il tout bas, j’aurais préféré que tu penses que j’étais un super héros, Spiderman ou Mista Supapowa...

Le jour avait totalement disparu et l’obscurité aidait leur visage à garder encore un peu de leur secret.

Chaque jour de plus est-il vraiment un jour de trop quand on plie sous le fardeau ? Seth ne tenait pas à porter sa croix en haut d’une colline où on l’achèverait. Il était le contraire d’un messie porteur de bonnes paroles et de beaux gestes. Il découvrait le monde avec avidité car bientôt rien de ce qu’était ce monde serait pareil. Son fardeau n’était pas un de ceux qu’on partage aisément, ce n’était pas de courage qu’il se taisait, c’était de lâcheté. La peur de ne pas savoir quoi faire si, apprenant, Eden était dégoûtée de lui ou effrayée. Pas elle. Beaucoup de choses étaient confuses sauf l’irrésistible besoin qu’elle reste auprès de lui. Cela serait gâcher ses chances de lui exposer tout. Il avait encore envie d’apprendre d’autres sourires.

- En sachant, tu mets en danger beaucoup de monde, à commencer par ma famille que je n’ai pas envie de voir molester à cause de ce qu’est leur fils, leur frère...

Seth commença à marcher en direction du saule pour y poser sa main sur le bois. L’arbre était gaillard, sa sève odorait déjà les essences du printemps, la croissance de ses feuilles était en avance sur tous les autres végétaux du parc.

- Tu n’as pas faim ? Tu veux que j’aille te chercher à manger ?

Maintenant qu’elle savait la vitesse à laquelle il se déplaçait, elle pouvait imaginer qu’elle n’attendrait pas plus de cinq minutes qu’il revienne les bras chargés de ce qu’il avait chipé sur les tables de la Grande Salle.

- Quand tu auras mangé, tu me diras pourquoi tu étais triste tout à l’heure... et moi je te dirais ce qu’il m’est arrivé. Après ça, tu sauras la seconde moitié du secret.

Il ne lui demanda pas d’échanger son autre moitié contre la sienne. A consulter ce qu’il ressentait à la perspective de la mettre au courant, il imaginait facilement combien on se sentait vulnérable après de telles confidences. Seth ne voulait pas qu’Eden se sente plus en danger qu’elle n’était désormais.

- Mon histoire risque d'être plus intéressane que celle du loup et de l'oiseau, j'espère que tu ne m'en voudras pas, conclut-il avec un grand sourire pour se moquer encore tandis qu'il partait déjà vers la Grande Salle. Disparu.


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MessageSujet: Re: Chaque jour de plus   Mer 12 Mar 2008 - 21:59

Spoiler:
 

Faim ? Il sentait ça aussi ? Ça l’épaterait toujours. Elle était en train de se dire qu’un peu de chocolat ne lui ferait pas de mal. Ça l’aurait reboosté… parce que là, tout était confus. Mettre en danger tant de monde c’était loin d’être agréable.
Elle acquiesça d’un signe de tête. Oui elle avait faim.

Alors que Seth partait vers le château tout en se moquant de sa merveilleuse légende et de son loup, elle repensa à leurs secrets respectifs… Lui dirait-il réellement ? Et elle…lui dirait-elle ?

La raison de sa tristesse n’avait rien d’intéressant comparée à l’histoire qu’il allait lui raconter. Elle en était persuadée. Juste quelques mots qui la troublaient…vraiment rien. Mais en ce moment elle se sentait plus sensible que d’ordinaire. Ça passerait.

Eden n’attendit pas longtemps. Ces réflexions furent rapidement interrompues. En quelques minutes seulement, Seth fut de retour avec un repas. Pour lui, il n’avait pris qu’un peu de Rosbif accompagné de tranches de pain. Eden se souvint qu’il trouvait la cuisine de Poudlard trop chaude et trop cuite à son goût.


Pour elle, il avait rapporté une assiette complète garnie d’un peu de tout ce qui était proposé dans les plats, viande, légumes, condiments, sans oublier une coupe de mousse au chocolat qu’il avait préférée à la salade de fruits. Au moins, sur ce goût-là, il n’avait aucune chance de se tromper. Il avait fourré les couverts et verres dans sa poche et recouvert le tout d’autres assiettes pour que les plats subsistent au déplacement.

Si Eden avait été un petit moustique suivant Seth, elle aurait remarqué qu’à son passage, dans la Grande Salle, il y avait eu deux ou trois courants d’air qu’on pensa résoudre en fermant les portes. Il eut à peine le temps de s’y glisser avant de sortir sous le nez du professeur Rogue dont la chevelure brune et grasse s’était envolée.

Il avait traversé le parc en deux secondes à peine pour la rejoindre.

Après avoir disposé le tout sur l’herbe humide, il repartit sans prévenir et revint trente seconde plus tard avec un pull et un drap qu’il lui présenta comme le drap de son lit. Il lui posa le pull sur la tête.


- Mets-le ou tu vas être congelée.


Sur le drap qu’il étendit, il posa les plats et les verres tandis qu’Eden passait le pull. Il enchanta une pomme de pin qu’il posa sur un trépied de cailloux collectés durant l’un de ses deux voyages. Une flamme bleue comme les couleurs de sa maison, allongée et dansante comme une danseuse du ventre, crépitait et chauffait sans se répandre ou entamer complètement le bois de la pomme de pin.

Il s’assit ensuite en tailleur en face d’Eden.

Cette dernière, emmitouflée dans le pull de Seth s’installait sur le drap, se demandant ce que penseraient les elfes de maison lorsqu’ils en constateraient la disparition.

A la vue de la mousse au chocolat, elle eut un sourire gourmand qui ne trompa pas Seth. Le chocolat c’était son péché mignon. Avec ça, la vie lui paraissait bien plus rose.

Elle hésitait… Manger puis lui raconter ? Parler et se rabattre ensuite sur un repas de gloutonne ?
Il avait dit « quand tu auras mangé » alors… mangeons !

Eden goûta un peu de tout. Elle était très curieuse en ce qui concernait les nouveaux goûts, les nouveaux mélanges, les associations, les sensations. De plus, elle pouvait se permettre de manger ce qu’elle voulait, sans avoir à se surveiller. Elle était épaisse comme un manche à balai.

Elle mit de côté sa mousse au chocolat cependant, la réservant pour « l’après confession ». C’était un exercice particulièrement dur pour elle qui détestait parler de ce qui la préoccupait réellement. Elle observa donc Seth du coin de l’œil… et se lança. Ça ne servait à rien de reculer pour mieux sauter, et puis zut, de toute façon elle ne se mettait pas vraiment à nu en lui expliquant sa mélancolie. Ce n’était qu’un autre demi-secret finalement.


- Bon, je me lance. Autant te prévenir que mon histoire à moi sera bien pire que celle du loup. Et pour que moi-même je te l’avoue c’est que vraiment, c’est d’un niveau trollesque.


Elle lui jeta un regard amusé. Il avait osé critiquer sa superbe légende tout de même. Culotté le garçon. Ceci dit, elle se méfierait à ne plus trop le taquiner dans la soirée… Elle avait eu un petit aperçu de sa force et son agilité, elle n’avait pas envie d’y goûter à nouveau de si tôt… ou du moins, pas de cette façon là.
Assise sur le drap, ses jambes repliées sous elle, elle tripotait nerveusement un des plis du drap ne sachant pas vraiment par quel bout commencer, ni si elle maîtriserait suffisamment sa voix pour ne pas paraître trop .


- Si j’étais mélancolique c’est parce que je suis tombée sur …un article qui parle d’une personne qui m’est proche.


Proche ? Il t’est proche ? Aussi proche que la Nouvelle Zélande quoi !

- Enfin proche… disons qu’elle devrait m’être proche.


Oui, alors là, c’est sûr, tout est extrêmement clair. Limpide. Transparent ma grande !
Elle trifouilla un autre pli du drap. Elle allait le mettre en pièce à cette allure là.


- Et c’est bizarre parce qu’à la fois, je me sens obligée de chercher des traces d’elle tout le temps, et d’un autre côté, chaque fois que je tombe dessus j’ai envie de manger le journal. Assez paradoxal et gênant, mais tu vois rien de bien grave. J’étais juste contrariée, pas vraiment accablée.


Heu, ça suffisait ça comme explication ? Parce que c’était vrai… Certes c’était survolé, mais se lancer dans les détails… ce n’était pas vraiment l’envie qu’elle ressentait. Pas maintenant, pas ce soir. Avant tout elle voulait savoir ce qu’il en était pour lui.
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MessageSujet: Re: Chaque jour de plus   Mer 12 Mar 2008 - 23:34

Eden commença à lui raconter la part ignorée de son secret. Il écoutait en mangeant. Son visage, partiellement éclairé par la pomme de pain magique, ne proposait aucune autre réaction qu’une insondable attention. Il voulait qu’aucun de ses gestes ne l’interrompe. Il désirait savoir, laissant de côté les faux-semblants qui soulignent l’écoute, comme les "oui ?" "hum, je comprends" "oh ?" "ah !" et autres interjections fluettes. Il écoutait mieux que personne, en silence.

Sa mélancolie trouvait sa source dans l’encre d’une coupure de journal. Elle concernait une personne dont elle ne précisa ni le sexe, ni le nom. Un être qui aurait dû être là mais qu’elle n’approchait que par le vecteur des articles. Pour l’atteindre à ce point, Seth ne douta pas qu’il s’agisse d’une personne importante. Il s’interrogea, allant jusqu’à supposer qu’elle s’était peut-être amourachée d’une vedette ou qu’il s’agissait d’un ami ou d’un membre de sa famille suffisamment important pour qu’on écrive des articles à son sujet. Comme elle désirait rester vague sur l’identité du voleur de sourires, il ne posa aucune question.

Le regard gourmand d’Eden se posait sur lui comme s’il était une coupe gigantesque de mousse au chocolat. Elle voulait goûter à son secret. Elle avait même laissé de côté son dessert. Pour le siffler à la fin, pensa-t-il alors qu’il se souvenait qu’elle lui avait dit que le chocolat rendait heureux. Il sentait que c’était à son tour de s’ouvrir. Il s’essuya la bouche et but de l’eau en prenant tout son temps. Sa posture en tailleur, ses mains posées derrière lui, son visage négligemment dirigé vers le Lac Noir, il commença à narrer d’une voix calme:

- A la fin de ma quatrième année, ma famille et moi sommes allés à Varsovie pour rendre visite à un grand oncle. Je ne reste jamais longtemps enfermé quand il m’est donné de visiter ou de me balader. Je t’ai déjà confié mon attirance pour les animaux magiques... on m’avait parlé de bêtes fantastiques qui habitaient dans la forêt primaire de Białowieża. C’était mon premier voyage sans les parents.

J’avais quinze ans. Mon père, Ephraïm, nous avait promis à Liam et moi, de nous laisser camper dans la forêt si nous obtenions des notes excellentes durant l’année. Nous avons alignés les O dans ce seul but. Mon oncle m’a donné assez de zlotys pour aller quelques jours près de la réserve. Ma mère, Oda, nous a mis dans le bus en nous promettant de faire attention.

Nous ne devions avoir que trois heures de route avant de pouvoir descendre... Liam est descendu à l’arrêt suivant. Poudre de cheminette direction sa petite amie à Londres... je savais qu’il en profiterait pour aller la rejoindre, j’étais même plutôt heureux de pouvoir partir seul à la découverte de tous ces animaux et ces mystères qui n’attendaient que moi. Nous nous sommes donnés rendez-vous le jour du retour prévu, à ce même arrêt, afin de faire illusion auprès des parents... et moi, j’allai seul à Białowieża.


Seth s’allongea sur le dos pour reprendre la position qu’il avait eu les bras croisés derrière la tête. Il regardait le ciel, revivant l’épreuve comme si c’était hier.

- Arrivé là-bas, j’ai déposé ma tente dans le tronc creux d’un arbre mort et je suis allé à la rencontre des bestioles. Clappertons, Bombuffle, Botrucs, Jobarbilles, Erklings, Fangieux... tout ça en moins d’une journée ! Je n’avais jamais autant galopé, et sans les parents, qu’est-ce que je me sentais libre ! Mais la nuit tombait et je devais retrouver mes affaires pour m’aménager un campement idéal.

En chemin... je...

La gorge de Seth devint sèche. Il sourit pour conjurer la pensée et s’obligea à poursuivre en essayant de retrouver en lui ce qu’il avait ressenti, le soulèvement de son soul devant le spectacle dont il fut le témoin.

- J’ai été spectateur du plus beau duel jamais vu. Je me croyais bien caché derrière mon maquis mais cela était sans compter l’odorat surnaturel des deux combattants. Mon odeur a interrompu leur joute. La première bête s’est dirigée vers moi d’un bond, refermant sa mâchoire aux dents saillantes sur mon bras. Je crois que la douleur était tellement saisissante que je n’ai même pas eu la présence d’esprit de crier sur le moment. Puis, les coups de dents se sont multipliés. Mon ventre, mon dos, mes jambes, j’avais l’impression de me répandre, de fuir de partout... soudain la bête vorace a été bousculée par son ennemi. Je n’ai entendu que les éclats de leur combat, j’étais en train de partir. Un dernier hurlement m’annonçait que le loup-garou qui m’avait déchiqueté venait de rendre l’âme face à son adversaire.

La main du Serdaigle ébouriffait le raz de l’herbe, il recherchait les senteurs qu’il n’avait pu sentir à l’époque. La nuit moite, le sol souple sous son crâne, l’odeur de son sang qui coulait dans la terre et les feuilles enneigées... il n’avait rien sentit autrefois.

- Je me retrouvais mourant et à la merci de la seconde bête...

Seth tourna sa tête vers Eden. Ecoutait-elle toujours ? Appréhendait-elle la suite ?

Il la consulta d’un regard puis sourit:

- Tu n’as pas froid ? Il reste ma cape si tu veux...


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MessageSujet: Re: Chaque jour de plus   Jeu 13 Mar 2008 - 17:50

Seth ne fit aucun commentaire sur sa rapide histoire. Elle lui en fut reconnaissante et la boule qu’elle avait au ventre sembla s’estomper un peu. Eden cacha ses mains dans le pull de Seth pour les réchauffer. Lui, s’installait, posément, calmement et commença son histoire d’une voix paisible.
Eden écoutait comme il l’avait écouté. Sans bouger, sans parler, en évitant tout signes qui pu passer pour un quelconque jugement de sa part. Ce qu’il avait à dire n’était certainement pas évident, inutile d’en ajouter avec de stupides petites réactions.

Son frère l’avait laissé seul pour aller Biatoweza. Liam. 7ème année, Serpentard. Elle n’avait pas encore eu l’occasion de le rencontrer vraiment. Elle en avait entendu parler. Par Seth, entre autres.

Eden réprima un frisson. Seul. Elle imaginait déjà… l’accident.

Seth se tut un instant. Eden sentait que raconter ce passage lui était difficile. Sa voix avait quelque chose de plus dur. Il se força à sourire bien que le souvenir semble extrêmement pénible à évoquer.
Eden ne cilla pas. N’ouvrit pas la bouche, ne trembla pas. A l’évocation du Loup Garou cependant, sa pupille se dilata légèrement.

Le loup Garou elle y avait pensé. L’odorat est développé, certes… Mais cela n’expliquait pas tout. Le refus du contact ? La rapidité…. ?

Son esprit bouillonnait, travaillait à une vitesse qu’elle aurait rêvé d’obtenir en période d’examen. Mais les examens, n’en valaient pas réellement la peine.

Il avait été mordu par un Loup Garou. Soit. Mais il existait des potions. Le Tue-Loup. Et visiblement cela ne suffisait pas à Seth. Il y avait autre chose. Il avait parlé de « bête », le Loup Garou était très certainement en période de transformation lorsqu’il l’avait attaqué. Pourquoi Seth n’était alors pas devenu Loup Garou à son tour, ne se transformant qu’aux pleines lunes ?

Etrange. Il manquait des données.

Il avait parlé de deux combattants. Pas de deux Loup Garou.
Que pouvait être l’autre ? Elle avait souvent pensé à un inféri. Peut être parce que c’est une créature qui l’impressionnait déjà lorsqu’elle était plus jeune. Même lorsqu’elle ignorait faire partie du monde sorcier, elle était terrifiée par ses sombres créatures, ni vivantes, ni mortes…
Peut être aussi parce qu’elle venait de constater que Seth avait la peau aussi froide que du marbre…

Eden imaginait le jeune Seth, meurtris de corps et d’esprit, seul, dans cette forêt… sentant arriver la seconde créature.

Un Sombral ? En tout cas le mélange des deux faisait avancer Seth vers sa propre mort chaque jour. Il le lui avait dit. Il ne pouvait donc s’agir uniquement d’un Loup Garou.

Eden regardait Seth. Elle ne se sentait pas plus effrayé qu’avant. C’était un peu comme lorsqu’on apprenait quelque chose sur son propre passé. On se sent complètement perdu. Alors que finalement c’est un passé qui a toujours fait partie de nous. Seth restait Seth à ses yeux.

Elle attendait la suite. Se pouvait-il que le Seth qu’elle connaisse se transforme peu à peu en quelque chose de sanguinaire avant d’atteindre l’irrémédiable destin qu’est la mort ?

Elle l’enveloppait de son regard et une pensée la saisit brusquement. Liam. Il devait s’en vouloir atrocement. De l’avoir laisser seul. Dans ces cas là on se dit, si j’avais su si j’avais pu… Alors que finalement, si Liam avait été là, ils se trouveraient peut être tous les deux dans ce cas. Ou seraient morts. Eden attendait la suite. Calmement.

La voix de Seth la sortit de son attente.


- Tu n’as pas froid ? Il reste ma cape si tu veux...


Eden lui sourit. Elle avait besoin de ressentir la morsure du froid. Afin d’être sûre qu’elle était bien là, à écouter l’histoire de Seth, qu’elle s’était inventée et réinventée de multiple fois.
Elle leva les bras pour montrer ses petites mains, bien au chaud dans le pull du jeune Serdaigle.


- ça va aller merci. Il fait frais mais ton pull me protège déjà bien.


Puis dans un murmure :

- Continue s’il te plait.
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MessageSujet: Re: Chaque jour de plus   Jeu 13 Mar 2008 - 18:51

Seth reprit sans apitoiement puéril après qu’Eden lui certifiât qu’elle n’avait pas froid et qu’elle l’invite à poursuivre.

- La créature qui venait d’achever le loup-garou... sa force... son intelligence... j’ai... elle était la pire des deux. Je le savais un peu de réputation bien que je ne le réalisais pas, trop confondu par mes multiples blessures.

"Tu veux vivre ?" m’a-t-elle demandé.
Avec le peu de force que j’avais, j’ai hoché la tête. Elle était la plus belle personne qu’il m’avait été donné de rencontrer. Même si mes yeux étaient embués de sang, je ne voyais qu’elle. Elle irradiait. Son parfum avait une saveur exquise. Ses yeux, une couleur profonde.

Le goût du sang qui coulait dans ma bouche m’étranglait, me donnait envie de vomir. J’avais mal partout.

"Vivre comment ? Comme la bête qui t’a mordue ?" a-t-elle insisté en me soulevant dans ses bras avec sa force herculéenne, comme si j’avais été une plume.

Elle m’a porté longtemps, je sentais que nous nous déplacions mais je ne savais pas vers où.
D’un très faible mouvement de la tête, je lui signifiais que non, je ne voulais pas vivre comme un loup-garou, j’aimais ces créatures, elles m'intriguaient mais pas au point de devenir l’une d’elles. J’avais donc encore un peu de conscience et je ne voulais pas devenir un monstre bien que dans mon sang qui coulait vers le dehors de moi ou refluait vers mon coeur, dans mon corps immobile et jusqu’à mon cerveau, je savais que la salive de la bête était déjà en train de me reconstruire et de me modifier. Autrement, j’eusse été mort depuis longtemps.

Alors, cette créature qui avait la pâleur de la lune et la peau froide comme la neige m’a dit qu’elle pouvait peut-être me l’éviter mais que pour cela, il lui faudrait me faire très mal, me boire pour me vider de tout mon sang infecté. Dans mon esprit... j’avais toujours pensé que le sang ou les fluides des loups-garous étaient mortels pour les vampires. Pourquoi cette femme vampire voulait-elle prendre le risque de s’empoisonner pour me sauver ? Je me rendis compte que je ne connaissais rien aux vampires. Ils ne sont pas reconnus par les sorciers, ils sont des tabous... en plus, les amalgames crées avec les vampires populaires des moldus invalidaient mes suppositions et continuent toujours de le faire.

J’avais trop mal. Je pensais à Liam qui se ferait gronder s’il revenait sans moi chez mon oncle, à la douleur de ma mère si je mourais ou si je devenais un monstre, à tout ce que je voulais faire avant de périr ou souffrir d’être plus tout à fait moi... j’avais à peine commencé ma vie, je trouvais cela injuste... J’ai accepté que le vampire me ressuscite à sa façon. C’est le mot qu’elle a utilisé, ressuscité. Ressusciter impliquait de mourir. Elle m’a mordu... c’était douloureux, ça me paralysait. Sous l’exiguïté de sa mâchoire, j’éprouvais plus de souffrance que sous celles acérées du loup.

Quand je me suis réveillé... trois jours s’étaient écoulés. Etais-je mort ? Avais-je ressuscité, comme elle disait ? Etais-je un loup-garou ? Mon cœur battait encore, malgré le froid, sous ma peau, je sentais la chaleur de mon sang qui coulait. Je n’étais pas un mort. Le vampire avait disparu. J’étais étendu dans mes vêtements sales à côté de l’arbre creux où j’avais déposé mes affaires. Mon sac était à côté de moi. Elle y avait fouillé. Je me suis dit qu’elle voulait connaître mon identité...

Depuis, ma vie est incompréhensible. Je ne sais pas ce que je suis, Eden. Ou un vampire, ou un loup-garou, ou un peu des deux. Un monstre, quoi qu’il en soit. Je suis voué à devenir un monstre...

La suite de l’histoire n’est pas meilleure. C’est compliqué... Il m’a fallut faire des recherches pour me comprendre. Le vampire ne m’avait rien dit...

Il s’est passé beaucoup de choses depuis... je ne pourrais jamais tout te dire.

Je te fais grâce du récit des mois suivant qui furent les plus horribles de ma vie, mentalement surtout. J’avais dû me confier à ma sœur et à mon frère - je ne peux même pas te décrire avec des mots la démence de sa fureur et de son désarroi. Je voulais qu’ils me surveillent lors de la première nuit de pleine lune. Elle aurait lieu deux jours après notre retour à Carlisle. La pleine lune. C’est tout ce que je savais vraiment sur les loups-garous. J’avais peur de tuer ma famille si cela m’arrivait... ils m’ont sanglé au lit. J’avais envie de rester attaché sur ce lit pour toujours. Jusqu’à devenir cendre et poussière. J’étais effrayé, honteux et insensé.

Nous sommes restés tous les trois enfermés et éveillés dans la chambre de Liam. Il ne s’est rien passé... puis durant plusieurs mois, rien non plus. Je vivais normalement mais la morsure du vampire ne s’effaçait jamais. Elle restait glaciale. Ce n’est que peu à peu que j’ai commencé à remarquer les changements... ça a commencé par ma vitesse de déplacement.

Je suis certain que tu es remplie de questions, je me demande pourquoi tu es encore là. Ta promesse de garder le silence n’est pas obligée d’impliquer l’assiduité de nos entrevues. Je comprendrais, tu sais.

Seth retrouva une position assise. Il souriait.


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Eden Sanders
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MessageSujet: Re: Chaque jour de plus   Jeu 13 Mar 2008 - 21:07

Eden restait silencieuse.
Elle avait arrêté de regarder Seth. Au moment où elle avait compris pour le vampire. Non pas qu’elle le vit différemment, mais plutôt parce qu’elle pensait.
Elle essayait de rassembler les bribes de connaissances perçues dans les livres, de faire le rapprochement avec d’autres cas similaires. D’avoir une solution à proposer lorsqu’il s’arrêterait. De pouvoir lui dire que tout irait bien.
Mais rien ne venait. Et si rien ne venait c’est parce qu’elle ne connaissait aucun cas similaire ou ayant une quelconque ressemblance avec celui de Seth.
Bien sûr elle savait de nombreuses choses sur les deux créatures séparées. Mais l’intervention des deux dans le cas de Seth faisait de lui un être totalement à part.
Une femme vampire. Bien sûr cela expliquait tout désormais. L’agilité, la rapidité la force. La peau, le gout pour le sang, l’odorat. C’était si simple finalement. Et si complexe à la fois.

Les yeux d’Eden restaient plantés dans les flammes dégagées par la pomme de pin. Les lueurs bleutées brillaient dans ses yeux gris.
Elle était pensive.

Et maintenant ? Se disait-elle… Tu vas lui dire quoi ? Que ça ne change rien ?

Et qu’est ce que ça changeait finalement ?

Elle le savait atteint de drôles de symptômes. Il lui avait dit qu’il ne mènerait jamais une vie normale et elle l’avait cru. Pourtant elle était confrontée à la réalité aujourd’hui. Elle comprenait mais ne pourrais jamais lui être d’aucune utilité. Que pouvait-elle dire ? Que ça irait mieux ? C’était faux ! Qu’elle était là ? Et alors ? Ça lui faisait une belle jambe !

Bon dieu Sanders tu t’entends ? Tu penses encore à toi alors que c’est sa vie qui est foutue ! Arrête un peu de te regarder le nombril et dit quelque chose !

Il restait Seth malgré tout. Elle ne voyait pas le vampire en lui ni le loup Garou. Elle voyait celui qu’elle avait refusé de considérer comme un ami, même si elle comprenait ce soir qu’il était plus qu’un simple camarade à ses yeux.

Et il lui demandait ce qu’elle faisait encore là ?
Mais elle n’avait pas envie de partir, pas du tout.
Réduire leurs visites ? Pour quelle raison ? Il était ce qu’il était depuis le début. Et parce qu’elle savait ça devrait changer ? Pas question. Elle avait aimé le personnage depuis ce jour à l’infirmerie où elle avait trouvé Seth décidément, pas comme les autres. Il l’intéressait à chaque seconde là ou les autres la blasaient assez rapidement. Peu de personnes pouvaient se vanter de faire taire la demoiselle assez longtemps pour finir une histoire sans qu’elle ne fasse de commentaires. Lui y arrivait.

Elle secoua la tête, continuant à se parler à elle-même et le regarda enfin. Il souriait. Elle lui rendit un petit sourire.
Etrangement elle n’avait pas de questions. Que pouvait-elle lui demander qui ne parut pas futile ou dérisoire après cela ?


- Je n’ai pas de questions là, tout de suite. Disons que je m’en pose mais je me doute bien que tu te pose les même et je ne te ferai pas l’affront de les poser inutilement. Je voudrais t’aider mais je ne peux pas, inutile de se leurrer. Quant à partir je ne vois pas pourquoi je le ferai. C’est sur que dit comme ça tu parais être quelqu’un de dangereux. Mais jusqu’à présent tu ne m’a jamais fait de mal, je ne vois pas pourquoi ça changerait uniquement parce que tu m’as raconté ça. Donc en ce qui me concerne, je ne vois aucune raison de partir. J’aime passer du temps avec toi et j’espère en passer encore. Toi par contre tu aurais pu avoir envie de ne plus me voir…parce que ce n’est pas facile de se dire que l’autre te verras toujours pareil. Mais je note le « je comprendrais » qui implique que c’est bien moi qui ai le choix.


Elle sortit ses mains du pull de Seth et dégagea ses cheveux de son visage. Elle voulait qu’il puisse juger lui-même de sa sincérité, toute prétention et masques de faux semblants mis à part.

- Ce que tu es Seth tu l’es depuis le jour de notre rencontre. Tu n’as pas triché, tu ne m’as pas menti. J’aime beaucoup les vendredis parce que je sais que je t’y retrouve. J’aime bien passer ce temps là parce que je me sens bien. Si je dis que je suis solitaire c’est bien souvent parce que je ne fais pas l’effort d’apprécier les gens. Avec toi je n’ai pas d’effort à faire. J’aime bien, c’est tout.


Elle haussa les épaules et détourna le regard, le plongeant vers le lac. Il faudrait qu’elle palie à cette peur. L’eau ça pouvait être dangereux si on n’y était pas totalement à l’aise.

- Tu sais, j’aimerai pouvoir te dire que je vais t’aider et que tout ira bien, mais on sait tout les deux que je ne peux pas grand-chose pour toi. A part être là. Je ne t’empêcherai jamais de faire quoi que ce soit, et ne te sauverait probablement jamais, à part si tu te fais attaquer par une tablette de chocolat géante auquel cas je me ferais un plaisir de bouffer ton adversaire. En revanche ce que je peux te dire c’est que je suis là. Alors, si jamais je peux t'apporter quelque chose, compte sur moi.


*Même si pour l’instant je ne te sers à rien*, songea-t-elle. Y a plein de choses qui ne servent à rien en apparence. Mais parfois, elles trouvent leur utilité là où on ne les attendait pas du tout. A voir.
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MessageSujet: Re: Chaque jour de plus   Ven 14 Mar 2008 - 20:17

Seth s’était attendu à plusieurs questions.

Quels sont tes autres symptômes ? Est-ce que tes parents le savent ? Pourquoi et comment n’es-tu pas déjà mort si le vampire t’a transformé ? Que risques-tu vis-à-vis des autres sorciers ? Que dit la réglementation du ministère au sujet de ces créatures magiques ? As-tu essayé de retrouver la trace de cette femme vampire ? Qu’as-tu découvert sur les vampires ou les loups-garous ? Est-ce que ton dégoût de la viande chaude est antérieur ou postérieur à tes morsures ? Souffres-tu physiquement ? Qu’avez-vous fait en rentrant chez ton oncle ? Comment se sent Liam ? As-tu peur ? Que vas-tu faire si un jour ta transformation se termine ? As-tu déjà bu du sang ? Rassembles-tu plus de caractéristiques du vampire ou du loup-garou ? As-tu déjà essayé de consulter quelqu’un ?

Toutes ces questions que Liam, Japhet, ses parents et lui s’étaient un jour posé... pour certaines il avait les réponses et pour d’autres pas encore. Il se documentait mais sa recherche n’avait jamais révélé un cas similaire au sien. Tout ce qui concernait les créatures dites néfastes et dangereuses étaient dans la zone restreinte de la bibliothèque.

Seth s’était attendu à plusieurs questions avant qu’elle ne parte.

Mais elle ne partit pas plus qu’elle ne posa de questions. Sans le savoir, c’était elle qui répondait à toutes ses questions. Suis-je supportable ? Fais-je fuir ? Est-ce que je la répugne ? Sais-tu qu’on ne peut rien devant l’inéluctable ? Sera-t-elle toujours là demain ? Seras-tu là ? Seras-tu là encore pour nos silences et nos bêtises ? Nous verrons-nous encore vendredi prochain, et encore celui d’après ? Que se passera-t-il si un jour je me fais attaquer par une tablette de chocolat géante ?

Seth se mit sur ses genoux et la regarda longtemps quand elle se tut. Il ne savait comment honorer la tendresse que lui évoqua cette adresse impavide sans que ses paroles soient emprunte d’une indigence verbale.

Après une longue latence où rien ne lui vint, même pas un merci qu’il pensait cependant de tout son cœur, son sourire s’affaiblit et il fronça les sourcils.

- Mange ta mousse au chocolat ou je vais penser que je t’ai coupé l’appétit, railla-t-il finalement sans en pensant un mot après ce qu’elle venait de lui dire et qu’il avait cru.

Pendant qu’elle mangea, il reprit sur un ton léger:

- Si je suis un vampire, je serai la honte des vampires... tu imagines un vampire qui n’ose pas toucher les autres...

Malgré la légèreté, Seth évoquait fortuitement la question qui lui posait le plus de problèmes: quand sa contamination arrivera à terme, deviendra-t-il un prédateur, un meurtrier ? Comment se nourrira-t-il ? Aujourd’hui déjà, les aliments perdaient de leur saveur... et demain ?


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MessageSujet: Re: Chaque jour de plus   Ven 14 Mar 2008 - 21:58

Eden lui renvoya un drôle de sourire.
Manger sa mousse, avec plaisir. Elle ne refuserait jamais une mousse au chocolat. Quoi qu’il se passe.
La en l’occurrence, elle n’avait pas l’appétit coupé. Loin de là.

Elle attrapa la petite coupe et y plongea une cuillère, se retrouvant alors petite fille devant sa gourmandise préférée. La mousse était parfaite. Veloutée, recouverte d’une petite couche un peu plus ferme que le reste, onctueuse, noire, délicieuse. Elle aurait aimé la faire goûter à Seth, mais elle doutait qu’il apprécie. Quoi qu’elle ne lui avait jamais demandé ce qu’évoquait le chocolat pour lui. Peut être cela faisait-il partie des odeurs qu’il appréciait. Il avait dit apprécier la sienne… Avec la quantité de chocolat qu’elle mangeait peut être en percevait-il une part…

Le vent se leva et sembla s’amuser du mouvement qu’il inculquait aux cheveux d’Eden. Ils voletaient de toute part autour de son joli visage.
Eden abaissa sa cuillère. Mettre du chocolat sur ses cheveux, en plus de n’être pas le comble de l’élégance la gênerait un peu. Elle était assez maniaque sur la propreté. Pas d’aliments sur ses vêtements ou sur elle-même…

Elle reposa sa coupe de mousse au chocolat sur le drap et engloba Seth dans un regard mélancolique. Il n’était ni homme, ni vampire ni Loup Garou. Cela ne devait pas être évident de trouver sa place en effet.
Il avait l’air assez proche de sa famille. Espérons que ces derniers le soutiendraient jusqu’au bout.

Au bout de quoi ? Tu crois qu’il va guérir ? On ne guéri pas de ces choses là…
Le bout de quoi ? De sa vie ? Les vampires sont immortels Eden…
Au bout de son immortalité ? Alors là, tu délires…

Réfléchis.

Son destin ça va être quoi finalement ?

Eden n’était pas fataliste. Il lui arrivait souvent de prendre les choses comme elles venaient car elle refusait de s’apitoyer sur son sort, ou même celui des autres. Quand elle sentait qu’elle en avait la possibilité, elle se battait et se débattait. Hors de question que le vent la porte à un endroit qui ne lui convenait guère.

Seth avait-il le choix ? Il ne pouvait pas lutter contre ce qu’il était. Il ne pouvait pas se battre contre les flots tumultueux qui l’emportaient loin de l’adolescence qu’il aurait du vivre.
Eden ne le prenait pas en pitié. Sentiment particulier auquel elle accordé une mention spéciale, celui d’être l’unique ressentie qu’elle n’accordait qu’à ses ennemis.
S’il n’avait pas été mordu par ces créatures il ne serait pas le Seth d’aujourd’hui. Peut être aurait-il vécu plus facilement, certainement d’ailleurs. Mais la pitié, non. Il serait fort de cette épreuve. Tout ce qui ne te tue pas te rend plus fort. Certes, il est mort en quelque sorte mais ce n’est pas le sujet. Il était un être exceptionnel, certainement voué à des choses exceptionnelles.
Si parfois on pouvait lutter contre certaines choses, d’autres paraissaient irrémédiables. Il fallait les accepter parce qu’on n’avait pas le choix. Et qu’en refuser l’éventualité ne ferait que nous priver d’un temps déjà bien trop court.
Le vent retomba comme soufflet qui attend trop longtemps. Les cheveux d’Eden se replacèrent autour de son visage, halo brillant et soyeux autour d’un visage qui souriait.
Ce sourire là, Seth n’avait pas du le voir souvent. C’était de la tendresse, mêlé à de l’admiration et un soupçon d’autre chose.
De l’admiration. Oui, ça c’était nouveau dans le regard de la demoiselle. La rouge et or se forçait souvent à se maintenir en parfaite maîtrise de son comportement confiant. Ce qui occultait bien souvent les forces qu’elle aurait du déceler chez les autres.
Là en l’occurrence elle admirait Seth. Elle n’aurait su énumérer les caractéristiques en particuliers qui lui donnaient ce regard là. Mais il acceptait, il vivait, il continuait à avancer.

Et puis il n’était vraiment pas comme les autres.

Elle abandonna son sourire, comme une enfant prise en faute et leva les yeux vers le ciel qui se constellait d’étoiles.


- Je ne pense pas que tu aies à avoir honte. Tu es unique Seth. Je n’ai jamais entendu parler d’un autre cas comme toi… Bon je ne sais pas tout, c’est vrai… Mais j’imagine que tu es un être tout à fait particulier. On ne peut pas dire que tu sois la honte de qui que ce soit.


Elle ramena ses jambes contre elle et les entoura de ses bras, posant son menton sur ses genoux, dans la posture qu’elle adoptait lorsqu’elle était pensive.

- Quelque chose m’échappe cependant. Soit mes sources ne sont pas fiables, soit…


Sa voix se perdit en un murmure.

- Elle t’a vidé de ton sang en le buvant. Or tu venais d’être attaqué par l’être dont la salive et le sang sont mortels pour un vampire. Cette Vampire…s’est sacrifiée pour toi Seth…Pourquoi ? Il doit y avoir une raison qui l’a poussée à te sauver en prenant autant de risques. Peut être avait-elle une idée de l’effet que produirait la combinaison de l’attaque subie et de son intervention…
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