Jeu de rôle basé sur les règles inventées par J.K. Rowling dans l'univers de Harry Potter.
 
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 Le remède à tous les maux

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Terence Orphens
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MessageSujet: Le remède à tous les maux   Lun 14 Jan 2008 - 14:03

Introduction


Quelques indices s'étalaient dans la chambre. Ils racontaient mieux qu'un bon récit la moitié d'année qui s'était écoulée calmement, presque imperceptiblement, depuis qu'il avait obtenu ses ASPIC.



C'était une pièce assez grande au plafond voûté, construite toute en longueur, bercée par une lumière diffuse et blanche qui provenait du soleil d'hiver qu'on apercevait par la large fenêtre se trouvant à l'opposé de la porte d'entrée. Bien que le jour était en train de décliner, les murs de pierre étaient encore baignés de lumière. Elle recouvrait des affiches publicitaires d'évènements passés ("Concert 2007 des Bizarr' Sisters en France ", "Compétition internationale de Quidditch Amateur", "Exposition Millénium des meilleures Inventions Sorcières", "Salon du Chocoballe", "Parc Naturel des Canards Sauvages"), des notes, des pensées, des photos d'un couple qui s'embrassait devant la Tour Effel ou l'Arc de Triomphe et le terrible Rond Point des Champs Elysées avaient été suspendus aléatoirement au dessus d'un large établi, faisant office de bureau. Ce meuble, semblable à ceux qu'on trouvait en salle de Potions, était le seul endroit de cette pièce dont le désordre renseignait sur l'activité du propriétaire des lieux.

Des cartes déroulées étaient tombées sur sol, quelques unes étaient disposées contre le mur, sous le bureau, un chaudron accumulait peut-être en son fond plus de plumes usagées qu'un seul oiseau pouvait en avoir sur le dos, plusieurs piles de parchemins noircis d'encre s'accumulaient, mal rangés, d'un bout à l'autre de l'établi, dans ce studieux espace, la bibliothèque d'ouvrages donnait l'impression d'être elle aussi très concentrée, il y manquait plusieurs grimoires qui étaient sans doute ceux ouverts un peu partout dans la pièce et jusque dans la salle de bains. Certains d'entre eux flottaient ouverts et alignés soigneusement, dans un ordre très précis, contre un mur où était suspendu une grand panneau blanc parcouru de signes et de formules.

Le plus étonnant n'étaient pas ces papiers qui témoignaient d'une atmosphère d'intense recherches mais plutôt ces objets apparemment animés d'une vie qui leur était propre. Par-dessus le lit défait aux draps et aux couvertures enroulées en boule, une boite en verre au clapet de cuivre, tintamarrait joyeusement en diffusant une petite fumée argentée qui s'étirait en légères volutes dansantes à travers toute la chambre. En regardant de plus près, on s'apercevait que la fumée pénétrait dans la boite et non le contraire. Elle aspirait toute la poussière de la pièce et se refermait après chaque bouchée. Contre les vitres, ce qui ressemblait à un petit rouleau à pâtisserie recouvert d'un tissu en mousse bleu et humide, roulait contre les carreaux qu'il était en train de nettoyer. Des objets aux formes variées, s'activaient silencieusement ou se contentaient de flotter dans les airs sans que, à première vue, on ait pu reconnaître leur utilité. Il y avait même une paire de menottes de policier moldu dont le cliquetis du bracelet se refermait sur des vêtements jonchant le sol pour aller les pendre à des cintres en forme de crochet en fer qui s'alignaient sur une barre dans la penderie.

Au milieu de ses dizaines de mouvements, la baguette à la main élevée au-dessus d'un parchemin qui écrivait tout seul des notes qu'il dictait en observant une petit sphère lumineuse et argentée qui tournoyait devant lui, Terence Orphens ne se doutait pas que dans quelques minutes il allait devoir affronter Dragon, comme rarement il l'avait vue furieuse.

Depuis leur retour de France, en août, Terence avait commencé à écrire son grand recueil de sortilèges. Il avait toujours eu l'ambition de consigner les sortilèges et les inventions qu'il avait crées tout au long de sa scolarité à Poudlard. Malgré que la majorité soit des formules enfantines vouées à divertir les amoureux, les autres étaient, il en avait conscience, révolutionnaires s'il parvenait à les stabiliser.

Sa rentée à Poudlard Uni fut pour lui aussi excitante que le jour où il entra au collège. Il avait passé le mois de septembre à se préparer, achetant de nouvelles plumes et boîtes à encrier, des composants inédits pour ses créations les plus folles, des feuilles de parchemins infroissables ou imperméables pour pouvoir écrire en toute circonstance. Il avait relu ses grimoire favoris, étudié ceux qu'il n'avaient pas compris la première fois qu'il les avait parcouru; il annota, consigna, recopia durant un mois.

A la rentrée, il fut réparti sans grande surprise à Hawk Ring, pour obtenir un CIVILS (Certificat International des Virtuoses et des Inventeurs Libres en Sorcellerie). Sous les conseils de son tuteur – Enym Merwick – il s'inscrivit aussi pour un SESAM de RAS (Recherche et Application des Sortilèges) afin d'accélérer son apprentissage de certaines techniques.

Terence était parmi les élèves les plus motivés. Il se sentait enfin dans son élément avec autour de lui la liberté d'apprendre ce qu'il voulait et de pouvoir utiliser ses heures de cours à la recherche et à l'élaboration de son dictionnaire. Il passait des soirées entières avec ses camarades de Hawk à discuter et à échanger des idées sur les inventions les plus insensées et les plus novatrices. Ils étaient très peu dans cette filière; six en première année dont quatre qui avaient été d'anciens camarades de dortoir de Terence, huit en deuxième année et il n'existait pas encore de troisième promotion. Quelle que soit l'année, Orphens avait été intégré à tous les groupes de travail, ce qui l'étonna lui-même car il était loin d'être la personne la plus avenante de l'université. Et, voyant se presser devant lui certaines jeunes filles qui ne l'avaient auparavant jamais regardé quand ils étaient à Poudlard, Terence en vint à la conclusion amusée que le cerveau pouvait séduire autant que les muscles ou qu'une belle gueule, alors il ne fut pas moins fier de n'avoir jamais soulevé une altère de sa vie, acte qui, par ailleurs, lui semblait d'une profonde débilité. Il préférait de loin se goinfrer de chocolat et de bonbons.

Dans toute cette effervescence, une personne - et non des moindres - n'était pas entièrement satisfaite du succès du jeune homme.

Aujourd'hui, c'était la Saint Valentin et quelqu'un, qui allait bientôt s'en mordre les doigts, avait légèrement oublié cette date fatidique. Pourtant, il y a deux jours, ce quelqu'un avait promis à Draconia de passer cette journée avec elle, même s'ils ne prévoyaient rien de spécial. Juste être ensemble car depuis quelque temps...


"Je ne sais plus ce qu'elle a dit ensuite, car Jessica est arrivée en jubilant d'être enfin parvenue à contourner le troisième principe de la loi de GAMP pour la Désaltation de la pierre de Lune scratch "...



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Draconia Darkus
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MessageSujet: Re: Le remède à tous les maux   Lun 14 Jan 2008 - 22:17

Ne vous est-il jamais arrivé de remarquer que lorsque le dernier grain de sable d’un sablier tombait de l’étroit tunnel le long duquel il avait glissé, il y avait ce silence qui s’installait et venait planer au dessus de tout ? Tout se retrouvait comme figé. Mais le dernier grain de sable ne se contentait pas de tomber, il était aspiré par la petite dune de laquelle il provenait. Un petit nuage de poussière venait se suspendre au dessus du tas de sable pendant quelques secondes avant de retomber à son tour. C’est à cet instant que le sablier tout entier devient totalement immobile, inanimé. Et ensuite, il est de nouveau prêt à recommencer le même cycle encore et encore et encore. Sauf que, cette fois-ci sera différente de toutes les autres. Ce ne sera pas ce même grain de sable qui viendra voler le moment final.

Il était en retard…
Encore…

Ce n’était pas la première fois mais à chaque fois, elle se surprenait à espérer qu’il s’agirait de la dernière. Et pourtant, le cycle reprenait toujours le même cours. Inlassable. Imperturbable. Immuable. Injuste ?

Oui et en particulier aujourd’hui.

Toutes les tables du Tantric’s Café étaient occupées par des jeunes couples se faisant les yeux doux. Enfermés dans leur bulle et totalement déconnectés du monde qui les entoure. Mais la jeune femme assise seule n’était que trop consciente de ce qui se passait autour d’elle.

Deux mains qui se frôlent. Un baiser qui se vole. Des roses que l’on offre. Un dessert que l’on partage. Des mots que l’on murmure.

A chaque fois qu’elle entendait la porte s’ouvrir et deux heures durant, elle relevait immanquablement la tête. Et même si elle savait la tâche vaine, la déception et la rancœur n’en étaient que plus belles. Alors elle rebaissait la tête sur une nouvelle tasse de café qui venait inlassablement remplacer la précédente.

Elle fixa d’un œil vide le liquide fumant dans lequel se concentrait toute son amertume. Elle n’avait jamais accordé aucune importance particulière au 14 Février. Pour elle, il s’agissait avant tout du jour qui servait à faire déculpabiliser tous les couples de la paresse sentimentale sous laquelle ils s’étaient ensevelis après les premiers jours. Toutefois, elle ne s’était jamais doutée qu’elle se retrouverait avec le plus paresseux de tous les paresseux !

*Nan mais plus de deux mois de paresse totale ! C’est même plus de la paresse, c’est de la léthargie…*

Deux jours plus tôt, il lui avait promis qu’il mettrait de côté ses recherches pour passer la journée avec elle. Elle lui avait alors proposé de se retrouver dans ce même bar en début d’après midi, juste avant de se faire grossièrement interrompre par une tout aussi grosse harpie.

Draconia avait conscience que ses études étaient très importantes pour Terence, même si sa scolarité à Poudlard avait laissé supposer le contraire. Il faisait ce qu’il aimait par-dessus tout et il y consacrait énormément de temps. Un peu trop au goût de Draconia. Certes, elle était énormément fière de tout ce qu’il avait accompli jusqu’ici mais elle ne pouvait s’empêcher de se sentir délaissée au profit d’études et de camarades un peu trop accaparants. Ils étaient tombés dans une sorte de routine morne et se contentaient de se croiser.

La Saint Valentin aurait été un bon prétexte pour mieux se retrouver.

*Et visiblement ce Troll s’est perdu en chemin…* songea une Draconia irritée qui balança plusieurs mornilles sur la table pour payer ses multiples consommations de caféine, consciente qu’il était inutile d’attendre davantage quelqu’un qui ne viendrait pas.

En s’apprêtant à sortir, la jeune femme ne s’était pas attendue à la rencontrer elle.

- Ah Bonjour Draconia ! Quelle surprise ! s’exclama d’un air enjoué Jessica en l’arrêtant. Terence n’est pas avec toi ?
- Visiblement, lâcha l’ancienne Serpentard sans chercher à masquer son agacement.
- C’est dommage, j’aurais eu quelques mots à lui dire… Elle semblait particulièrement déçue. Et puis j’aurais cru qu’en ce jour si particulier… que vous le passeriez ensemble,… Mais je suppose qu’un homme de son envergure n’a pas de temps à consacrer à de telles frivolités.
“…”
- Et puis, il doit être très pris par son nouveau projet. Il paraissait très excité quand il m’en a parlé. Mais tu dois être au courant n’est-ce pas ?
- Oui, mentit-elle
- C’est formidable ce qui lui arrive ! Il risque fortement d’être publié et il le mérite. Il est vraiment très doué. Il m’a montré certains des sortilèges qu’il a inventés et je dois dire que j’en suis restée sans voix.
- Vraiment ? interrogea Draconia entre ses dents.
- Oh oui ! C’est très ingénieux. Parfois je me demande où il va chercher toutes ces idées. Petit rire idiot. En tout cas, nous avons de la chance de le compter parmi nous à Hawk Ring, il est un élément indispensable à notre équipe.
- Je n’en doute pas…
- Je dois te laisser, mon rendez-vous m’attend. Ce fut un plaisir Draconia. Ah et si tu vois Terence, dis lui qu’il faut absolument que je lui fasse part de ma nouvelle trouvaille.
- Je n’y manquerai pas, répondit Draconia d’un sourire crispé. Au revoir Jessica.
- A très bientôt Draconia.

*Ouais compte là-dessus !*

La jeune femme déambula un long moment dans les rues sans que sa colère et son ressentiment ne se dissipent. Alors, elle se décida à rentrer à l’université. Ses pas ne la conduisirent non pas dans sa chambre dans l’aile Unicorn Ring mais dans l’aile Hawk Ring. Elle suivit le chemin qu’elle avait déjà parcouru de nombreuses fois auparavant et s’arrêta devant une porte, devant sa porte. Elle savait qu’il se trouvait là, derrière. Et il allait vite espérer ne pas s’y être trouvé… Alors, elle prit une large inspiration avant d’ouvrir la porte.

Même si elle s’y était attendue, le découvrir assis, calmement, à son bureau au milieu d’un capharnaüm incommensurable en train de travailler fit pulser dans ses veines une rage chauffée à blanc.

La porte claqua derrière elle et elle vint s’appuyer contre cette dernière, les bras croisés sous sa poitrine.

- Ça va, tu n’es pas trop occupé ? Je te dérange, peut-être ? demanda-t-elle froidement, la mâchoire serrée.
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Terence Orphens
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MessageSujet: Re: Le remède à tous les maux   Mar 15 Jan 2008 - 1:07

Lorsque la porte claqua brusquement, Terence sursauta tant et si bien qu'il perdit la maîtrise de la boule de lumière argentée. Elle tressaillit dans un bourdonnement suraigu avant d'éclater, laissant sur l'établi, sur son menton, sur ses vêtements et contre le mur, une matière visqueuse subitement devenue anthracite. Terence leva immédiatement le visage vers la source de ce désordre, prêt à protester. Ce n'était pas des manières! Qu'est-ce qu'elle avait encore? Il touchait presque au but!

D'un geste nerveux, il retira sa robe embourbée dans la matière gluante et la jeta derrière lui, sur le lit, où les divers objets en train de nettoyer tombèrent tous en même temps, ajoutant par leurs cliquetis et fracas, des notes stridentes et dramatiques à la symphonie qui allait se jouer maintenant.

Draconia avait l'air elle aussi très énervée mais il pensait que quoi qu'elle ait à lui reprocher cette fois-ci, ça n'égalerait jamais le nombre d'heures de travail qu'elle venait de lui faire perdre en un claquement de porte.



Oui, là, en faisant la troll, tu me déranges! Non mais Draconia, tu ne te rends pas compte? geignit-il en agitant sa baguette pour rendre la vie aux objets ménagers qui reprirent leur tâche.

Snobant complètement Draconia et sans prendre le temps de lui demander la raison pour laquelle elle était entrée dans sa chambre si fâchée, Terence s'avança vers elle en plissant les yeux, la gratifiant d'un regard sombre qui voulait certainement dire quelque chose comme:
"ce qui te met en colère en ce moment même n'est rien à côté de ce qui m'anime; tu as intérêt à avoir une bonne raison de ruiner six jours de travail chevronnés..." C'était une expression très complexe.

Terence bifurqua dans la salle de bain dont la porte donnait sur la gauche de la porte d'entrée et il commença à retirer de son visage la gelée dégoulinante. Ce n'est qu'une fois, le visage immaculé qu'il consentit à lui demander ce qui la tracassait:



Bon... qu'est-ce que tu as...? souffla-t-il en ressortant de la salle de bain pour lui faire directement face. Quelque chose t'a contrarié... Comme c'est étonnant.



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Draconia Darkus
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MessageSujet: Re: Le remède à tous les maux   Mar 15 Jan 2008 - 19:38

La rencontre sèche de sa main contre sa joue ne se fit pas attendre et sembla vibrer dans toute la pièce. Le son de la gifle continuait de résonner, planant lourdement au-dessus des deux étudiants, étouffant même le bruit des bric-à-brac en action.

- Ce que j’ai ? Tu oses me demander ce que j’ai ?! demanda-t-elle sans desserrer les dents, les bras désormais le long du corps.

Les joues rosies d’indignation et de colère difficilement contenue, Draconia s’avança plus en profondeur dans la chambre, son épaule heurtant au passage le jeune homme. Ses yeux brillaient d’une flamme rageuse et si un regard pouvait tuer, il y aurait déjà un mort étendu sur le sol. D’un geste vif elle attrapa le premier objet qui se trouvait à porter de main et se retourna pour faire face à la porte.

- Je vais te dire ce qu’il y a ! laissa-t-elle éclater en jetant violemment sur Terence, dans un élan de colère, l’encrier dont elle s’était emparée.

Il y a que j’ai attendu plus de deux stupides heures…

Lancer d’un grimoire.

…dans un stupide café…

Lancer d’un second bouquin.

…qu’un stupide bonhomme veuille bien se ramener !

Aveuglée par la fureur, elle saisissait tous les objets qui lui passaient sous la main et les catapultait vers le jeune homme sans même se soucier si elle atteignait sa cible ou non. Tout ce qu’elle savait, c’était que cela la défoulait partiellement.

- 14 Février… Draconia… Tantric’s Café… Ça ne te rappelle rien ? Est-ce que le Troll impotent que tu es aurait oublié qu’il avait promis de passer la Saint Valentin avec sa petite amie ?? Si tu ne voulais pas venir, tu n’avais qu’à le dire au lieu de me faire poiroter comme une gourde ! s’exclama-t-elle, à moitié essoufflée.

Dans ses yeux, la flamme s’était éteinte, balayée par une étincelle blessée.

Exaspérée de ne pas trouver d’autres projectiles, elle expira intensément en serrant les poings si fort que ses jointures perdirent leur couleur. De ses pieds, elle écrasait avec la même indifférence et insolence avec laquelle Terence s’était adressé à elle, les nombreux débris qui jonchaient le sol. Sous ses talons, elle sentit les éclats de la sphère brisée crépiter. Elle en éprouva même une certaine satisfaction, comparable à celle ressentie lorsqu’elle lui avait asséné une gifle.

Pourtant, ce soir, il n’y avait pas qu’une simple sphère qui s’était brisée.
A l’instar de la boule de verre, un banal coup de baguette n’arrangerait rien.
Et contrairement à elle, un simple ‘Récurvite’ ne servirait pas à tout effacer.
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Terence Orphens
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MessageSujet: Re: Le remède à tous les maux   Mar 15 Jan 2008 - 20:22

Tout effacer? Effacer quoi? Il n'avait pas l'intention de laisser passer ce qu'il prit pour un caprice immature. Une Saint Valentin? Mais qu'est-ce qu'on en avait à secouer de la Saint Valentin? Une fête d'oubliée, c'était les trois prochaines à fêter. En mieux. Est-ce que cela valait la peine de démolir sa chambre, son travail et son visage?

Terence avait brandit sa baguette pour dévier tour à tour tous les projectiles en essayant désespérément de comprendre ce qui la mettait dans un état pareil. Au lieu de se sentir coupable lorsqu'il compris que l'évènement déclencheur avait été l'oubli de la Saint Valentin, il redoubla d'exaspération et ne s'en cacha pas. Il ferma ses paupières doucement pour refouler une première réponse impulsive et blessante et contrôla ses pupilles pour ne pas avoir, en plus de l'expression qu'il adopta, l'envie de rouler des yeux. A quel moment de leur vie était-elle donc devenue aussi sentimentale? Par le passé, il s'était fait traité de fleur bleue plus d'une fois pour les actes romantiques qu'il accomplissait - néanmoins et toujours - avec le même amour. Il avait cessé. Les moqueries n'y étaient pour rien. C'était comme ça. Il avait juste cessé.

OK. En y songeant bien, il admettait fort heureusement sans trop de mauvaise foi qu'il n'aurait pas apprécié que sa Relou le plante dans un café où ils auraient eu rendez-vous. Pour cela il se sentit
désolé.

Après le silence occasionné par la révélation, Terence dévisagea longtemps Draconia. C'était aussi le temps qui lui était nécessaire pour ne pas crouler sous l'énervement. Ensuite, sur sa figure - où il n'était jamais vraiment parvenu à cacher à sa petite amie ce à quoi il pensait - on pouvait suivre sans décodeur la pérégrination de ses idées:

"Désolé? C'est tout?" murmura sa voix intérieure.
"Euh..."
"La dernière fois que vous avez été prendre ne serait-ce qu'un café à l'extérieur, c'était quand?"
"Hum..."
"La dernière que vous avez... hum-hum"
"Ah..."
"La dernière fois que tu lui as dit que tu l'aimais?"
"..."


Rien. Nada. Démission. Au profit de ses recherches, Terence se rendit soudain compte qu'il avait quelque peu complètement mis Draconia de côté. Et pourtant... il ne se passait pas un jour sans que l'objet de sa recherche ne lui ramène son prénom et son amour à l'esprit. Seulement, il avait un peu oublié de compenser le néant dans lequel il la laissait volontairement par la tendresse qui servirait de pansement aux absences.

"Très bien..." semblait-il se résoudre.

Mais c'était Terence. Il n'aimait pas être pris en faute ou avoir tord.


Je suis désolé, dit-il durement en se tenant à bonne distance de Draconia, la baguette à la main au cas où elle décidait de s'attaquer aux meubles, tu ne connais pas le SMS? T'avais qu'à me le rappeler, je serais venu en moins de deux. Pourquoi tu fais compliqué? Ca coûtait quoi de m'envoyer un message? T'avais juste envie de me prendre la tête, comme d'habitude.

Ce n'était certainement pas la réponse attendue, ni même celle qui faisait véritablement échos à ce qu'il ressentait mais il y a dans la tête des hommes aussi, les choses auxquelles ils pensent et les choses qu'ils disent vraiment. Ego.



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MessageSujet: Re: Le remède à tous les maux   Mar 15 Jan 2008 - 22:58

La réponse qu’il lui balança en pleine face la meurtrit bien plus que s’il venait de lui donner une gifle. Elle ne s’était assurément pas attendue à une réplique aussi cinglante et obstinée. Le pire dans tout cela était sans doute l’audace avec laquelle il se permettait de lui faire des reproches. Il ne s’était pas excusé et la façon qu’il avait de la scruter était tout sauf compatissante et embarrassée. Au contraire, il affirmait clairement qu’elle était la seule condamnable. Il se présentait en tant que digne représentant de la mauvaise foi et de l’opiniâtreté.

Face à cela, les traits du visage de Draconia s’étaient durcis en un masque impassible. Elle ne savait ce qui la retenait de sortir sa baguette et de lui faire regretter d’avoir consacré autant de temps à l’élaboration de sortilèges qui ne l’amusaient plus du tout. Elle voulait le blesser, elle voulait juste le voir souffrir. Peut être pour s’assurer qu’il subsistait encore une once d’humanité dans ce corps qui lui paraissait si froid et distant.

- Est-ce qu’il t’arrive de réfléchir avant d’ouvrir la bouche ou est-ce parce que le son de ta voix est une si douce musique à tes oreilles que tu te permets de sortir de telles absurdités ? J’aurais dû t’envoyer un sms ? Tu te fous de moi ou quoi ? Parce que j’ai besoin de te rappeler que dans ton emploi du temps super chargé tu as alloué deux minutes de ton temps si précieux à ta copine ? Nan mais je rêve là ! On avait prévu ça y’a même pas 48 heures et tu as déjà oublié alors que tu avais promis ! Nom d’une goule, tu avais promis, Terence !

De toute façon, ce n’était qu’une promesse de plus qu’il n’avait pas tenue. Un jour, sa grand-mère lui avait dit que chaque étoile dans le ciel correspondait à une promesse oubliée et que leur scintillement n’était que le reflet des larmes versées par les promesses brisées. Draconia savait qu’à ce train là toute une galaxie pourrait lui être consacrée.

Elle se moquait de savoir si elle passait pour une fille émotionnelle, si le ton de sa voix avait pu paraitre désespéré ou si elle se transformait en gamine capricieuse. Elle avait également conscience que la frustration réprimée qu’elle avait comprimée au fond d’elle-même jaillissait progressivement sans qu’elle ne puisse se contenir. Mais elle voulait qu’il sache que si pour lui tout allait bien dans le meilleur des mondes, elle, elle n’allait pas bien du tout et son monde était en train de se fissurer.

- On sent tout de suite où vont tes priorités ! Ouais j’aurais dû t’envoyer un message et puis quoi ? Tu l’aurais déposé sous ta pile de ‘choses à faire si vraiment on s’ennuie comme un rat mort’ ?

Draconia soupira sous le coup de l’exaspération et du ressentiment même si le ton s’était voulu moqueur. Elle pouvait sentir la veine de sa tempe pulser frénétiquement et ses ongles mutiler la paume de sa main. Elle se sentait tel un volcan juste avant l’irruption. Sous pression.

- En revanche, il ne t’arrive jamais d’arriver en retard ne serait-ce que deux minutes à un cours ou de manquer un rendez vous avec tes petits camarades les Rois de la Baguette ! Mais je suppose qu’ils ne te prennent pas la tête, eux. termina-t-elle avec toujours un peu plus d’amertume.

Si pendant sa dernière année à Poudlard Terence passait temps entre les salles de cours, l’infirmerie et Draconia, depuis son entrée à l’Université il ne pouvait être vu qu’en cours, en compagnie de ses nouveaux collègues ou seul dans sa chambre à travailler sur un nouveau projet.

Et où se trouvait Draconia dans tout cela ? Pas auprès de Terence en tout cas.

En début d’année, elle avait été admise à Unicorn Ring où elle préparait un DJ Magique. Contrairement à celle suivie par Terence, sa formation était essentiellement théorique mais lui demandait également beaucoup de temps. Malgré tout, on lui avait vite appris à ne pas se laisser submerger par le travail universitaire et que la vie estudiantine était aussi faite d’autres choses. Ces autres choses ? Les soirées étudiantes notamment ou encore la vie associative qui étaient l’occasion pour tous les étudiants quelle que soit leur filière de se retrouver dans une ambiance plus conviviale et détendue.

Alors que pour Draconia, l’entrée à l’université avait été synonyme de liberté, Terence s’en était fait une tout autre définition. Le sérieux avec lequel il se plongeait dans ses études n’était plus semblable à une forte motivation. La jeune fille voyait plutôt cela comme de l’abnégation. Il semblait se dévouer corps et âme à ses activités de recherche et ce, au détriment le plus absolu de… ben… elle. Elle aurait pu se dire qu’elle comportait comme quelqu’un de très égoïste qui ne songeait qu’à son intérêt personnel. Et elle aurait été d’accord avec elle-même. Elle n’avait pas envie de partager Terence et surtout pas avec des théorèmes et principes métamagiques qui la dépassaient.

- Et puis tu sais, si je te saoule tant que ça, tu n’as qu’à me le dire et je te laisserai tranquille avec tes jouets, dit-elle en détournant soudain la tête.
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Terence Orphens
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MessageSujet: Re: Le remède à tous les maux   Mer 16 Jan 2008 - 0:52

Terence n'aurait su expliquer pourquoi il se sentait ainsi découpé en deux. Déchiré.

Une partie diabolique et vengeresse de son âme avait envie de la faire souffrir pour tout ce qu'elle venait de dire. Pour la façon, qu'elle avait eu de le dire. Il était en effet bien loin de s'imaginer qu'on puisse déblatérer ce genre de chose lorsqu'on aimait vraiment l'autre. Il passa sous silence sa voix intérieure – encore elle, trop bavarde – qui lui rappela que quand on aimait, effectivement, on évitait de faire poireauter sa moitié dans un bar alors qu'on lui avait fait une promesse.

La seconde moitié de lui, l'imbécile moitié qui se serait jetée par la fenêtre pour lui prouver son amour, claironnait ses excuses, son regret, là, étouffée derrière l'obstination et l'entêtement. Elle avait tord, Draconia. Cette fois-ci, elle avait tord.

Il encaissa le moindre mot. La moindre parole réductrice. Elle voulait le blesser. C'était réussi.

Elle terminait de diffuser son venin, vomissait la gerbe d'ironie et de bons mots dont elle était capable. Il ne dit rien. Rarement, elle avait pu le voir aussi sérieux alors qu'il n'était pas penché au-dessus d'un grimoire ouvert.

Presque tremblant de la haine qu'elle venait de distiller comme un fluide vénéneux dans ses vaisseaux sanguins, à travers chaque pore de sa peau pour qu'ils les acheminent vers son cœur afin de le gonfler à l'en briser, il se dirigea vers son bureau. Pas vacillant. Respiration haletante alors qu'il n'avait pas parlé ou fourni d'effort physique quelconque. Il posa sa main qui ne tenait pas sa baguette, sur le coin de l'établi. Sous ses pieds nus, il sentit les bris de la reproduction de la lune s'enfoncer dans sa voûte plantaire. Douleur qui n'égala pas celle de son ressentiment. L'endomorphine mélangée à l'adrénaline créait un poison qui le fit suffoquer. Manque d'air.


Ses doigts se rétractèrent sur le grimoire des Malédictions Ancestrales et Antidotes Contemporains, il le soulèva, le regarda en lui souriant avec goguenardise. Désillusions. Alors, il le jeta contre la vitre de sa chambre qui se brisa en divers éclats qui provoquèrent presque simultanément un concert de cris puis de rires amusés dans l'une des chambres voisines.

"Hey! Qu'est-ce que vous faites à côté, ça va?" lança la voix de son voisin à travers la cloison.
"Laisse tomber, Harold, c'est encore Orphens qui joue au savant fou" s'esclaffa une voix de fille.

Terence resta de marbre. Il pensait le geste dépourvu de force mais cela était sans compter la fièvre provoquée par Draconia. Jamais jusqu'à aujourd'hui, il n'avait eu de geste violent à son encontre. Jouer le grand nigaud et lancer une blague rapide pour éteindre les feux, cela avait constitué sa défense maintes et maintes fois.

L'embolie dont ses poumons étaient maintenant saisis ne le blessa pas plus que le verre. Il se retourna vers Draconia, la regarda encore. La décomposa du regard et c'était le cas de le dire. Un rêve éveillé la lui montra en train de disparaître en une pluie de paillettes composée de leurs plus beaux souvenirs. Elle se désintègrait sous ses yeux. Fondait pour ne devenir qu'une mélasse de regrets.



Tout ce temps que j'ai perdu, lui dit-il si bas qu'il parlait presque uniquement pour lui.

Le silence se fit chargé. Dense. Persistant.


Terence finit par se laisser tomber contre le pied de son bureau, joignant ses mains pour qu'elles accueillent sa tête penchée et s'accoudant sur ses genoux relevés. Le vent s'infiltra par la fenêtre brisée pour chamailler ses cheveux.


Je suis désolée alors, lui dit-il. Je voulais qu'autre chose que des fêtes de la Saint Valentin détermine notre relation. Excuse-moi pour le Tantric. Pour... le travail et le temps manquant. C'est important pour moi et je n'ai jamais pensé qu'il me faudrait un jour choisir entre une Saint Valentin et un prix Nobel.

Un rire amer s'enfuit de ses lèvres.


Tu ne vois que le présent... je veux prévoir le futur. On ne vit plus à la même époque.
Tu me soûles, ouais...
ajouta-t-il avec le même ton faible, tu me soûles parce que je t'ai donné mes jours et mes nuits pendant plus d'un an sans rien te demander en échange. J'avais même peur de t'étouffer.. je te demandais, "Relou, tu me dis, si je t'empêche de respirer." Je n'avais jamais conçu une minute de moi sans toi dans chaque seconde.

Terence étira ses bras devant lui pour dégourdir son être et finit par se relever énergiquement comme s'il voulait se reprendre et effacer ses dernières phrases. Dernières faiblesses.


Mais je préfère en effet passer mon temps avec des personnes comme Jessica qui ne me demandent pas de choisir entre des choses aussi futiles et les enjeux de mon année. C'est des gens bien qui ne méritent pas qu'on les rabaisse parce qu'ils préfèrent une soirée à étudier plutôt que le stupre et les cœurs en chocolat. Quelques mois, Drac... juste quelques mois pour travailler, c'est quoi l'enfer? C'est quoi ton problème?!



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Draconia Darkus
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MessageSujet: Re: Le remède à tous les maux   Mer 16 Jan 2008 - 20:10

Lorsque le grimoire entra brutalement en collision avec la fenêtre, Draconia ne put réprimer un violent sursaut. Elle encadra sa tête de ses mains, ses ongles s’enfonçant dans ses tempes, ses yeux miroitant une horreur soudaine et elle recula sans le quitter de ses yeux épouvantés en se mordant les lèvres. Elle recula jusqu’à ce que son dos rencontre le mur et ravala un sanglot tremblant. Elle fixa un long moment la distance qui les séparait et dut se rendre à l’évidence qu’il lui serait désormais impossible de la traverser et ce, même avec la bravoure de tous les Gryffondor réunis. L’éloignement n’était pas seulement physique, il était surtout émotionnel et elle réalisait enfin qu’elle ne serait jamais assez grande pour franchir la forteresse impénétrable qu’il avait érigée autour de lui. Elle n’aurait su dire lorsque cela avait commencé. Tout ce dont elle était sûre était qu’ils avaient progressivement bifurqué vers des chemins opposés sans même qu’elle s’en aperçoive. Et ils étaient maintenant trop loin pour espérer se rejoindre.

La chambre était devenue le lieu de l’affrontement final et le temps semblait s’être figé. Elle s’était battue mais devait se rendre à l’évidence cruelle que son adversaire avait été plus fort qu’elle, imperturbable. Alors, elle abdiqua après avoir encaissé le coup fatal. Elle en avait assez de se battre pour une quête perdue d’avance. Un dernier soupir s’envola de ses lèvres rongées par l’horreur. Il s’agissait du dernier souffle de sa bravoure.

Elle n’avait toujours pas réussi à avaler le goût de bile, amer et métallique des mots qu’il venait de prononcer. La réalisation abrupte provoquée par sa diatribe acide fut un coup sans pitié dans ses entrailles. Ces mots mordants continuaient de résonner dans son crâne. Son souffle se perdit au fond de la gorge et il y avait ces pensées agonisantes qui la tiraillaient. Des pensées de refus et de dénégation qui fourmillaient en elle comme une colonie insurgée même si elles étaient faibles comparé au sentiment intense pulsant dans ses veines. Sa vue se brouilla mais elle ferma fermement les yeux. Elle déglutit pour hydrater sa gorge et sa bouche arides et se demanda si cela serait toujours aussi douloureux.

Autour d’eux, un silence le plus total s’était installé. Un silence étouffant, glacé, chargé de reproches qui prenait pour elle la forme d’un bourdonnement incessant et assourdissant. Même si en son intérieur, une tempête remuait ses entrailles, les faisait se tordre puis se resserrer, elle ouvrit enfin les yeux. Une aura électrique presque palpable l’entourait, en totale contradiction avec le ton monocorde de sa voix.

- Pour quelqu’un qui est supposé être si intelligent, t’es vraiment con… Je ne t’ai jamais demandé de choisir entre tes études et moi parce que je savais vers quoi ton choix se serait porté et tu viens de me le confirmer. Pas plus qu’il ne s’agit de Saint Valentin. Il s’agit de toi et de moi. Je suis fatiguée, Terence. Fatiguée d’attendre que tu daignes lever la tête de tes bouquins pour me regarder. Fatiguée d’espérer passer un peu de temps avec toi. Fatiguée de toujours être reléguée au second plan. Tu me tues, Terence ! Je suis quoi pour toi ? Une vieille paire de chaussettes qu’on garde au fond du tiroir sans vraiment savoir pourquoi – peut être parce qu’elle est juste confortable ?, que l’on enfile quand on a froid et que l’on rejette en boule dans un coin quand on en a plus besoin ? Je mérite mieux que ça ! Je mérite un peu de respect !

Draconia secoua la tête sans pouvoir se résoudre à jeter le moindre regard morne dans sa direction. Chacun dans un coin opposé de la pièce. Seul. Sous un silence moqueur et oppressant.

Soudain, Draconia se mit à rire. Un rire dénué de toute joie, nerveux, vacillant.

- Tu dis être en train de construire ton avenir et je me rends que je n’y ai visiblement pas ma place. Et puis, si tu préfères tellement passer tout ton temps avec des gens comme ta Jessica. Son visage se tordit de dédain à l’évocation de la jeune fille. Et bien vas-y, vas la rejoindre. Vas partager avec elle tes théories et tes projets sur l’oreiller pour tout ce que ça peut me faire ! Et épouse-la du temps que tu y es, elle est si merveilleuse et intelligente et si parfaite ! explosa-t-elle alors qu’un contre-courant de douleur furieuse se propageait violemment en elle, assaillant sa propre âme.

- C’est dingue comme les choses changent. Comme les gens évoluent. Je n’aime pas cet homme cynique et froid que tu es devenu. Je ne te connais plus. Ma peau a perdu le parfum de la tienne mais toi, toi, tu as perdu le goût de nous. Finalement, c’est moi qui suis désolée. Désolée de t’avoir fait perdre ton temps. Désolée que ça se termine comme ça. Désolée de ne pas être assez bien pour toi.

Je n’aime plus l’air que nous jouons, Terence.
finit-elle par avouer d'une voix éteinte. Elle aurait voulu en dire plus mais elle s'en sentait incapable.

Son cœur la piquait. La légère bise n’aidait en rien à le soigner mais contribuait seulement à renforcer sa peine. Elle était convaincue que le dur picotement incessant n’était plus basé sur un niveau physique de douleur mais qu’il s’agissait juste d’une ruse malicieuse de son esprit.

Draconia secoua tristement la tête et ne supporterait pas de rester une seule seconde de plus dans ce champ de bataille où le vent venait balayer et remuer les restes d’un combat destructeur. Tout n’était plus que poussière. Gris. Froid. Sale. Désolation.

Elle ne put se résoudre à le regarder lorsqu’elle traversa cette pièce qui la faisait suffoquer. Asphyxiante. Il fallait qu’elle parte d’ici. Qu’elle quitte cet endroit maudit qui avait été le témoin de sa chute.

Il ne serait plus qu’un fragment de ses souvenirs désormais. Probablement interconnecté avec une quelconque émotion. Mais il ne serait plus réel. Il ne l’était déjà plus. Le Terence dont elle était tombé amoureuse, celui qui était taquin et drôle et aimant, celui qui ne cessait de la surprendre, celui qui l’aimait pour ce qu’elle était et qui la faisait se sentir unique et belle et… et bien, il était mort. Remplacé par un scientifique inébranlable, obnubilé par des formules indéchiffrables, indifférent à la peine qu’il pouvait provoquer. On lui avait toujours dit qu’au sein d’un couple, il y en avait un qui aimait plus que l’autre. Elle aurait préféré que ça ne soit pas elle.

Alors, silencieusement, elle ouvrit la porte et sortit sans se retourner ni même lancer un dernier regard derrière elle, là où elle savait qu’elle n’était plus voulue.

Elle ne comprenait pas quel était ce sentiment. Celui qui avait fait se gonfler insidieusement une insoutenable pression à l’intérieur de ses poumons à chacun des mots prononcés. Mais lorsqu’elle le chercha de sa main fébrile, elle constata qu’il n’était plus là. Elle laissa ses doigts glisser au dessus de sa chemise, vers son côté gauche, là juste sous sa poitrine. Elle était censée y trouver un cœur. Vivant. Pulsant. Tout ce qu’elle pouvait ressentir n’était un qu’un faible et morne battement.

Ce n’est que lorsque qu’elle atteindrait le confort éphémère de sa chambre qu’elle laisserait s’écouler la première larme.
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Terence Orphens
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MessageSujet: Re: Le remède à tous les maux   Jeu 17 Jan 2008 - 15:10

Il referma la porte derrière Draconia et alla s'asseoir au bout de son lit. Ses yeux ne quittaient pas l'issue. Il avait croisé ses bras sur ses cuisses et tapotait ses doigts contre l'un de ses genoux à un rythme régulier. Il comptait les secondes. Un. Deux. Trois. Quatre. Cinq. Elle ne reviendrait pas au bout de dix secondes. Les grosses disputes leur demandaient toujours plus de temps. Mais là, était-ce une dispute? Ca ressemblait à une rupture. Avait-il dit ça? L'avait-il réellement suggéré? Six. Sept. Huit. Neuf. Dix. Effectivement, c'était une grosse dispute, elle ne revenait pas en ouvrant la porte avec son air contrit, attendant qu'il se lève en souriant pour aller la prendre dans ses bras. Mais en général, à vingt, c'était le maximum. Vingt, c'est beaucoup de temps. C'est du temps qui s'insinue dans l'esprit avec sa grosse pelle pour creuser et enterrer les mots crasseux qu'on a lancés à l'autre pour le blesser. Aussi fait-on demi tour à dix-huit et, à vingt, on est déjà lèvre contre lèvre pour se dire pardon. Vingt. Elle ne revenait pas.

Terence tapota ainsi ses doigts sur son genou jusqu'à 2820. Elle ne revenait toujours pas. Il n'était jamais arrivé à ce chiffre-là auparavant. De toute manière, aujourd'hui, à trois, il avait su qu'elle ne reviendrait pas. Il cessa de compter le temps et se laissa tomber en arrière sur son lit. Le plafond était l'endroit le plus propre de sa chambre maintenant qu'ils y avaient savamment mis le souk.

Son esprit ne parvenait pas à réfléchir. Une pensée en chassait une autre à la naissance même de la précédente. Les flux et les ressacs de ses raisonnements tempêtaient encore. En 2820 secondes, il n'était pas parvenu à se calmer.

Il se laissa envahir par le vide qu'elle venait de laisser derrière elle. Pourquoi fallait-il que chaque discussion commence irrémédiablement par un cri, une moquerie, une critique? Depuis quand cela avait-il commencé?

En remontant dans ses souvenirs, il atterrit sur le haut d'une Colline qui portait encore dans ses brumes la couleur de leur premier baiser. Il y avait dans l'herbe froissée, l'emprunte de ses pas enfoncés dans le sol quand il avait décidé de loger Draconia à l'intérieur de son âme, portant pour la première fois plus que lui-même dans la charpente de ses envies. Ses pas imaginaires le guidèrent dans les couloirs froids de Poudlard jusqu'aux portes de l'infirmerie où deux silhouettes malingres s'effleuraient de caresses volées au silence. Les corps hébétés se reposent de leurs premiers émois, allongés face à face, en se jurant des promesses tout bas.

Terence ferma les yeux pour laisser défiler derrière ses paupières les images, les bruits, les sons, les saveurs. Des rires, des questions, des conquêtes sur la vie, des souvenirs, des jeux de mots, des secrets, des idées, des rêves, des week-ends, des bêtises, des bavardages, des heures qui s'étirent et qui finissent déjà. Il faut aller se coucher, rejoindre sa salle commune respective. On se dit à demain mais on serait bien resté encore un peu. On se sépare - c'est l'histoire d'un instant - sans savoir si on se croisera très vite. Le travail isole souvent plus longtemps qu'on aurait espéré. Mais la confiance s'est installée et à chaque minute où l'on se retrouve, quel que soit le temps écoulé, c'est comme si l'on ne s'était jamais quitté. La nécessité de la sentir dans sa vie. D'une façon irraisonnée. Indéfinissable. L'insatiable félicité de vivre une journée dans le seul but qu'elle s'achève pour être avec elle.


C'était quand tout ça? C'était il y a si longtemps déjà? Draconia, réponds-moi. Pas de réponse. Plus de 2820 secondes, et elle n'était toujours pas là. On dit souvent que l'amour danse avec la haine... il comprenait pourquoi. Il n'y avait que de ceux que l'on aime qu'on pouvait recevoir les coups les plus mortels. L'enfer est pavé de bonnes intentions. Il avait dû construire une autoroute... Il s'était senti déchiré en deux par ce qu'elle avait dit. "Tu me tues, Terence", elle s'était sentie assassinée. Il l'avait meurtrie.

Alors? La nécessité de la sentir dans sa vie. D'une façon irraisonnée. Indéfinissable. L'insatiable félicité de vivre une journée dans le seul but qu'elle s'achève pour être avec elle. C'était quand tout ça? Il remonta le cours du temps jusqu'à ces quelques derniers mois et il peina à se rappeler la dernière fois qu'il l'avait étreint amoureusement. Quand l'avait-il vue nue pour la dernière fois? Quand lui avait-elle murmuré son prénom au creux de l'oreille? Quand, pour la dernière fois, avait-il senti le goût salé de sa peau sous sa langue amusée?

Terence s'arracha à sa réflexion et se releva d'un coup.


"La nécessité de la sentir dans ma vie..."

Il traversa si vite sa chambre qu'il fut lui-même étonné de se retrouver devant la porte qu'il faillit bien ne pas ouvrir avant d'essayer de la passer. Après avoir grommelé quelque chose d'inaudible à cette foutue porte, il la claqua. Ce fut ensuite la porte qui lui grommela quelque chose de parfaitement audible mais de non transmissible par voie écrite.

"...D'une façon irraisonnée..."

Il courut dans le couloir et traversa Hawk en intriguant les tableaux qui se mirent à sortir de leur cadre pour le suivre jusqu'à destination.

"...Indéfinissable...."

Puis il descendit l'escalier pour rejoindre le troisième étage et atteindre Unicorn Ring.

Pardon, pardon!! Excusez-moi, chaaaauuud devaaaant!!

"...L'insatiable félicité de vivre une journée dans le seul but qu'elle s'achève pour être avec elle..."

Il renversa la boîte de chocolats d'un couple qui marchait, main dans la main, avec un air que Terence jugea stupide mais à cette minute, il savait que dans l'école, il devait avoir battu à plates coutures tous les crétins qui la peuplait et cela, toute année confondue.

"...c'est Toujours."

Il arriva devant la porte de la chambre de Draconia. Main posée sur la poignée... mais non. Il se ravisa. Que dire? Un 2820, ça ne s'efface pas comme ça. Il resta derrière la porte, y colla son front. Plus bouger: "Trop con." Oui, c'est sûr. Il n'y avait pas pensé. Il y avait beaucoup de choses auxquelles il n'avait plus pensé ces derniers temps: "Tout ça pour trouver un remède à Terry..."


Orphens, t'es tombé amoureux de la porte? lui asséna un camarade de Draconia qui passait derrière lui en constatant sa drôle de position. Terence se recula de la porte en sursautant: Relou devait avoir entendu. Il ne pouvait plus reculer. Il tourna donc doucement la poignée de la porte. Fermée. Alohamora. Ouvert.


Je rentre, murmura-t-il à l'attention de Draconia.

"Je dois peut-être créer un bouclier au cas où?"
"Non, mais arrête de faire le troll. Au pire, dis-toi que tu l'auras mérité."

D'un pas incertain, il pénétra dans la chambre de Draconia dont il ne fut pas difficile de déterminer la situation malgré la pénombre. 2820 secondes, pleure encore? Il savait qu'il n'effacerait rien avec un câlin. C'était allé très loin. Très longtemps. Mais il ne connaissait pas de meilleure clé de sol pour réécrire la partition.

Relou, commença-t-il en s'approchant avec précaution, je connais pas un tiers des mots qu'il faut pour me faire pardonner... mais si tu veux bien patienter dans mes bras pendant que je cherche, je veux bien passer le reste de ma vie à essayer de trouver... qu'est-ce que tu veux que j'aille foutre avec Jess sur un oreiller à part, peut-être, en compter les plumes pour établir la loi de la relativité du duvet? La seule que j'ai envie d'épouser, c'est toi... mais c'est certain que toi, t'as peut-être pas envie d'épouser un gros con.

Il profita du silence pour refermer ses bras autour d'elle, conscient qu'à chaque geste, elle pouvait le repousser. Il l'aurait compris. Il ne se serait ni battu, ni vexé.

Hum... Comment on dit pardon en Vénusien?



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MessageSujet: Re: Le remède à tous les maux   Ven 18 Jan 2008 - 17:28

L’affliction était là. Indéniable. Absolue. Elle la rongeait malicieusement de l’intérieur et hachait impitoyablement les restes des éclats de son cœur brisé. Elle se devait de perforer une ouverture pour évacuer toute sa détresse émotionnelle qui était plus que ce que son corps ne pouvait supporter. Elle se sentait désorientée et à mesure qu’elle avançait à la manière d’un automate totalement vide de l’intérieur, elle ressentait la douloureuse impression que les murs de pierres se rapprochaient graduellement d’elle et que l’air commençait à manquer.

Elle ne sait par quel mécanisme elle a rejoint sa chambre, ni par quelle force elle réussit à la verrouiller et l’insonoriser mais elle aurait voulu, dans un élan désespéré, faire de ses draps des confettis, éventrer ses oreillers, arracher les pages de ses livres ou déchiqueter ses rouleaux de parchemins.

Pourtant, après seulement deux pas dans la pièce, sa baguette glissa d’entre ses doigts tremblants, tomba sur le sol en un bruit sourd et roula sur quelques centimètres avant de se stabiliser sans même qu’elle ne remarque quoi que ce soit.

Soudain, une bulle obstruant le fond de sa gorge éclata et elle fut submergée par un sanglot incommensurable qui lui donna l’illusion que la pièce venait de s’incliner, se fissurant en son centre. Comme elle aurait aimé pouvoir plonger dans cet abysse pour ne pas avoir à affronter le fait que sa gorge n’était désormais pas plus épaisse qu’un morceau de parchemin. Au lieu de ça, elle se jeta en travers de son lit alors que les larmes lui brûlaient les yeux et les joues.

Les sanglots redoublèrent d’intensité et elle se mit à trembler à la manière de la Terre lorsque deux plaques se rencontrent. Les larmes s’écoulaient librement désormais bien qu’elle aurait voulu les garder au fond d’elle. Les unes après les autres, elles se forçaient un passage, persistantes, entre ses paupières closes. Elle pouvait les sentir s’écouler lentement le long de son nez, traçant le contour de ses lèvres. Elle pouvait les goûter, salées comme l’océan et chauffées par ses joues fiévreuses jusqu’à devenir brûlantes. Elles lui faisaient si mal à la poitrine qu’elle avait l’impression que ses cotes se brisaient pour venir ponctionner ses poumons. Elle les sentait cascader le long de ses poignets et de ses doigts et les voyait, malgré une vue brouillée, étinceler comme des diamants. Mais elle ne les voulait pas sur sa peau pas plus qu’elle ne voulait les sentir trépider sur sa langue parce qu’elles étaient juste là pour l’obliger à se souvenir.

Et elle ne voulait pas penser. Elle ne voulait pas se souvenir. Cela s’avérait trop douloureux. Mais les images impitoyables s’enchainaient, tourbillonnaient, venaient s’entrechoquer dans sa boite crânienne telle une migraine saisissante qui se manifestait à un moment importun, sans qu’elle ne puisse les repousser.

Elle glissa une main tremblante sous son oreiller et en sortit un morceau de tissu. Elle le ramena contre sa poitrine et le serra fort comme un enfant ne peut se passer de son doudou. Elle respira profondément la faible fringance qui persistait sur la chemise. Sur sa chemise. Par le passé, il lui avait toujours procuré un certain réconfort et apaisement. Elle savait le geste pathétique puisqu’il ne servit à accroître sa peine mais elle effleurait l’espoir qu’il lui permettrait de la plonger dans une réalité chimérique où tout n’était qu’un cruel cauchemar.

Et pour cause, elle ne l’avait pas entendu entrer mais elle se figea en l’entendant parler, sous le coup de la surprise. Elle se demanda si tout ce qui parvenait à ses oreilles n’était pas le fruit d’une manipulation de son esprit perfide dans l’unique but de lui faire perdre son équilibre mental déjà précaire.


Elle sursauta lorsqu’elle sentit le lit s’affaisser sous un autre poids et deux bras l’entourer. Elle se sentit envahie par son odeur irrésistible mais unique, semblable à celle qu’elle gardait précieusement contre sa poitrine. Elle pouvait sentir son souffle chaud et titillant embrasser le haut de sa tête, le subtil et régulier mouvement de son torse contre son dos. La chaleur de son corps l’irradiait mais ne parvenait pas à la réchauffer et à faire cesser les spasmes dont son corps était parcouru.

Tout ceci paraissait si réel. Tout ceci refaisait battre son cœur qu’elle croyait éteint.

Et pourtant, sans qu’elle puisse se l’expliquer, elle sentit une multitude de feux d’artifice éclater dans ses artères et semer le chaos en elle. Une vague écrasante vint déverser dans ses veines un flux de sentiments antinomiques.

- Ne me touche pas… parvint-elle à articuler d’une voix rauque et vacillante sans pour autant chercher à se dégager comme si elle savait que la force lui manquerait.
Tu n’as pas le droit…
Tu n’as pas le droit de venir valser ici et de me dire ces mots-là sous prétexte que tu as eu une illumination ou je sais pas quoi. Parce que tu sais… Parce que tu sais que quoi que tu me demandes, je serai incapable de te dire non. C’est comme si tu m’avais ensorcelée d’un sortilège qui enveloppe mon cœur, mon corps et mon esprit de ton essence. Tu es ma plus grande faiblesse parce que sans toi, il n’y a pas de moi mais tu es aussi ma plus grande force, celle en qui je puise pour me relever quand je voudrais juste baisser les bras.


Elle inspira profondément, resserra la chemise plus fermement contre elle et s’y enfouit le visage.

J’aimerais croire que de belles paroles seront l’antidote au venin que nos bouches ont craché et qui viendront panser nos blessures mais il me faut plus que des mots, Terence.



Un temps. Elle releva légèrement la tête avant de demander d’un air perplexe :

- Je rêve ou est-ce que tu viens de me demander en mariage ? Surpris
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MessageSujet: Re: Le remède à tous les maux   Sam 19 Jan 2008 - 13:57

Je rêve ou est-ce que tu viens de me demander en mariage ?

Inutile de dire qu'il y eut une bonne dizaine de trolleries qui lui traversèrent l'esprit à l'écoute de cette interjection: "A moins que tu aies caché quelqu'un sous ton lit, oui, c'est à toi que je cause", "Tu préfères que j'aille demander à Jessica?" "Moi, te demander en mariage? Non, pas du tout! C'est pas mon genre... Bon alors tu veux?"

Qu'elle n'aille pas croire que c'était en désespoir de cause ou pour la récupérer, il ne ferait pas quelque chose d'aussi stupide. Jusqu'à ce que cela sorte de sa bouche, il n'y avait jamais songé. Il n'était d'ailleurs pas certain que la formulation fût une demande en mariage.

Toutefois, quelle que soit la violence ou la fréquence de leurs disputes, ça ne lui faisait pas peur. Il n'avait pas peur de lui dire ce qu'il pensait et d'en payer les conséquences. C'était aimer car aimer n'était pas seulement se dire de belles choses. Il savait que Draconia était la condition sine qua non à son envie d'avancer. A ses yeux, le mariage n'était qu'une broutille, un passeport vers l'obtention de crédits mais il n'avait jamais constitué une preuve d'amour en soi et encore moins une preuve d'attachement.

Cependant, là, dans ses bras, sanglotante, trouvant encore le moyen de râler alors qu'il lui soumettait l'idée un peu folle de s'aimer et de batailler jusqu'à ce que la mort les sépare, Terence Orphens savait qu'il ne voyait pas son futur autrement qu'avec elle et il devenait essentiel qu'elle aussi s'en persuade. Qui d'autre qu'elle pouvait le mettre dans une telle fureur? Qui d'autre qu'elle parvenait à le mettre face à ses incohérences et ses faiblesses, à le faire plier sans qu'il se sente jamais obligé de plier mais parce qu'il en faisait le choix délibéré? Il savait que la réciprocité était vraie. Ils étaient liés envers et contre tout. C'était comme ça. Il n'y avait pas à tergiverser. Il l'avait dans la peau.

Finalement, il inspira un bon coup et il resserra contre lui le dos de Draconia dont il ignora le conseil de ne pas la toucher. Son parfum. Sa peau. Ses cheveux, qu'il caresse. Il aimerait effacer les sanglots. Il déteste la voir pleurer et c'est pire encore de savoir qu'il en est la seule cause.



Je crois que, oui, Gnomette. T'es pas obligée de répondre aujourd'hui... tu peux me laisser en conditionnelle pendant quelques années et ne me dire oui qu'à la fin de nos études, à la fin de notre vie. Ce n'est pas l'important du moment qu'un jour tu dises oui.

Il attendit un peu, prenant son temps pour parler. Pendant qu'il s'exprimait, il ne pouvait s'empêcher de passer doucement le revers de ses doigts sur sa joue pour effacer les larmes, comme s'il pouvait matérialiser l'effacement de ce qui les avait causé.

C'est pas pour te rassurer ou pour te dire pardon... j'ai d'autres moyens de persuasion plus ou moins drôles pour ça...

Laisse s'infiltrer un piteux sourire.

C'est seulement que je ne vois pas d'autres issues à nous deux... je me suis tellement habitué à l'idée que tu serais toujours là, que j'ai peut-être un peu oublié de te dire que j'aimais ça, l'idée que tu sois toujours là... même quand on se voit pas. Juste savoir que t'es là, quelque part pour moi comme je le suis à l'autre bout de Quelque part pour toi. Je voudrais l'inscrire en toi. J'aimerais effacer tes doutes...

Orphens, sept lettres. Je ne peux donner ça qu'à une seule, une unique fois. Je voudrais que lorsqu'on te nomme, tout le monde sache que tu es ma Draconia. Je veux te voir tourner la tête quand on dit "Madame Orphens"... Je voudrais que notre lien soit encore plus précieux. J'aimerais croire que sept lettres te protègent des incertitudes et de l'impatience car on a tout notre temps...

Et je voudrais que tu comprennes que je suis pire qu'un boomerang: même barré super loin dans mes équations, je reviendrai toujours.

Je... t'ai dit beaucoup de chose que je ne pensais pas... T'aimer m'empêche pas d'être con...

J'ai aucune raison d'étudier ou de faire des choses, si on n'est pas ensemble. C'est même pas que je t'ai dans la peau... tu es ma peau, mon sang, mes yeux, mon cœur, mes artères, mes os. Si tu pars, Relou, je m'écroule.

Je t'aime.



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MessageSujet: Re: Le remède à tous les maux   Dim 20 Jan 2008 - 1:39

Sous une impulsion fluide et diligente, elle fit pivoter Terence de façon à ce qu’il se retrouve sur le dos. Elle se retourna, emportée dans le même mouvement et ramena ses genoux de part et d’autre de ses hanches. Ses lèvres trouvèrent les siennes avant même que ses mains n’atteignent ses joues. Il ne s’agissait ni d’un baiser-plume, ni d’un baiser doux. Elle n’avait pas pressé ses lèvres gentiment sur les siennes, pas plus qu’il ne s’agissait d’un bref effleurement de lèvres. Non, il s’agissait plutôt d’un baiser fort et demandant. Toute prestance s’était envolée. Aucunes retenue, ni subtilité féminine, n’y avaient sa place. Il s’agissait du baiser d’une femme assoiffée qui aurait traversée des jours durant le désert et qui accédait enfin à un oasis de fraicheur. Elle voulait lui signifier à quel point ce qu’il lui avait dit l’avait affectée et quoi qu’elle en dise ou pense, elle se sentait impuissante face au pouvoir de ses mots. Il lui avait manqué, c’est certain. La façon qu’elle avait de s’agripper à lui, comme si elle avait peur qu’il ne s’échappe à nouveau, de même que la façon qu’elle avait de puiser en lui sa force en plongeant dans tout l’amour et le désir qui miroitait entre eux comme un mirage intense.

Elle rompit le baiser et vint reposer son front contre le sien, aspirant avidement de profondes bouffées d’air. Mais le repos fut de courte durée parce qu’il n’était qu’un bref interlude pour repousser la suffocation. Un murmure à un souffle de ses lèvres.

- Je t’aime…

Et avant même que sa respiration se soit calmée, elle repartit à la conquête de sa bouche. Sauf que cette fois-ci, elle adopta une tactique différente. Elle devint récessive dans ses assauts, caressant gentiment ses lèvres des siennes. C’était sa façon à elle de l’inciter à contrôler le baiser. Elle voulait qu’il prenne possession de sa bouche, qu’il lui montre à quel point il l’aimait. Elle voulait s’assurer qu’il avait envie d’elle et qu’il était à elle et à elle seule. C’était un de ces moments où elle continuait de se sentir peu sûre d’elle, qu’elle avait besoin de réassurance et qu’il porte toute son attention sur elle. Et ce n’était que lorsqu’il l’embrassait qu’elle se sentait véritablement et totalement en sécurité, comme si rien d’autre dans le monde ne comptait sauf l’homme qui se trouvait dans ses bras.

Après ce qui ne lui sembla n’avoir été qu’une poignée de secondes, Draconia se redressa presqu’à contrecœur. Son visage conservait les dernières traces de sa douleur mais les larmes avaient cessé et ses prunelles assombries étincelaient d’une flamme particulière. Elle le fixait intensément, le temps de retrouver un souffle normal.

- J’espère que tu as conscience de ce que tu viens de me dire.
Parce que si je dis oui, il n’y aura pas de demi-tour possible.
C’est pour toujours et c’est long toute une éternité.


Avant ce soir, elle n’avait jamais véritablement contemplé l’éventualité du mariage. Si on lui avait proposé il y a de cela un an, elle se serait incontestablement enfuie par la porte en clamant qu’il faudrait être fou pour vouloir se lier à quelqu’un toute une vie alors que l’avenir était si incertain. Mais alors qu’elle plongeait dans le vert de ses yeux, elle y voyait une longue route éclairée des torches de leur amour. On ne savait jamais ce que l’avenir nous réservait mais elle était certaine que les obstacles seraient plus faciles à traverser si on était deux. Main dans la main. Bien sûr que la vie n’était pas un conte de fée. Bien sûr que tout ne serait pas rose. Bien sûr qu’il y aurait encore des disputes. Mais le plus important était qu’ils seraient ensemble. Tous les deux. Après tout, ils ne seraient pas qui ils sont si tout était parfait. Ils étaient loin de l’être d’ailleurs. De toute manière, se disputer avait toujours provoqué chez elle une furieuse envie de…hum, visiter des ronds-points. Et puis, l’idée de s’endormir chaque soir dans ses bras et de se réveiller chaque matin dans cette position était une idée à laquelle elle pourrait se faire très aisément.

- De même que si je dis oui, cela veut dire que je t’appartiens autant que tu m’appartiens.

Besoin primaire de posséder et d’être possédé.

- Ça veut aussi dire beaucoup d’autres choses… sourit-elle

- Mais surtout, si tu veux que je dise oui, t’as intérêt à me le demander correctement, râla-t-elle à moitié, une moue faussement boudeuse sur les lèvres.
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Terence Orphens
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MessageSujet: Re: Le remède à tous les maux   Dim 20 Jan 2008 - 12:43

Mais qu'elle est chiante, j'y crois pas, sourit Terence en se pressant de la serrer contre lui pour qu'elle ne s'enfuit pas.

Il coulissa ensuite doucement pour se redresser de sous elle afin qu'elle reste assise à califourchon sur lui mais qu'il puisse la regarder droit en face. Il prit le temps de la regarder. Son cœur battait soudainement plus vite. Ses joues s'empourprèrent probablement. L'une de ses mains glissa dans celle de Draconia, l'autre redessina la courbe de sa joue. Comme il se sentait, avec un peu de peur et beaucoup de conviction, il n'y avait néanmoins aucune ambiguïté dans ce qu'il désirait vivre avec elle.


Draconia...

Peut-être frémit-elle à l'idée qu'il se laisse déconcentrer et qu'il ne termine pas ce qu'il avait commencé, car la main sur sa joue avait arrêté son cycle de caresses et faisait couler sur son buste des doigts aventureux. La suite advint avec la même fluidité en un feu roulant de gestes. Sa bouche, déjà, n'était plus face à la jeune fille, elle répandait ses empreintes sur la peau qu'il découvrait en écartant les pans de sa chemisette.

...Darkus...

Peut-être comprit-elle, lorsque la peau de leurs ventres entrèrent en contact et que sa bouche revint à la conquête de ses lèvres, que Terence comptait faire la demande la plus indécente qu'on ait jamais entendue de mémoire de Poudlard...

...veux-tu...

La seule chose que le lecteur a besoin de savoir est qu'à un moment donné de l'étreinte qui se poursuivit sans qu'on ait besoin de la décrire plus encore, il parvint à articuler la fin de sa demande:

... m'épouser?




On retrouve notre couple igné, quelques temps plus tard, enlacé sur un monceau de draps.

Bercé par les formes rotondes de Draconia, il se rendit compte seulement maintenant qu'en effet, ils n'avaient pas eu de moments privilégiés depuis longtemps. La voyant très peu, il ne s'en était pas soucié... non que cela ne lui manquât pas, mais plutôt qu'il s'était imaginé qu'il en aurait tout le temps lorsqu'il trouverait une solution au problème de Terry. Soustrayant un baiser salé à Draconia qu'il gardait contre lui précieusement de peur qu'elle revienne sur leur trêve et qu'elle retourne dans sa chambre allumer un feu de joie avec ses recherches, Terence songeait à l'asphyxie qu'il avait provoquée dans leur couple sans s'en rendre compte. Une obsession dans l'autre, ce fut Dragon qui en avait pâti la première. Il soupira avec consternation. Il repensait à une de ses répliques: "De même que si je dis oui, cela veut dire que je t’appartiens autant que tu m’appartiens"


"Bien sûr..."

Je ne te montre pas assez que je suis fier que tu m'appartiennes aussi?... douta-t-il.

Il lui partagea ses pensées décousues sans réellement savoir où il voulait en venir.
Il ne savait qu'une chose: entendre ça l'avait rendu amer car c'était le fond du problème. Il le sentait. Peut-être avait-elle flippé car il n'avait plus fourni de preuves ostensibles de son attachement voire même, de son assouvissement volontaire, à cet amour irraisonné.


Tu as toujours été si indépendante... jetez-moi un an et demi en arrière, jamais j'aurais cru t'entendre dire une chose comme ça. Je ne me moque pas. Pas du tout... non... défronce-moi ces sourcils, Relou. C'est juste que... je... voudrais savoir où est partie la confiance? C'est en toi ou en moi que tu as perdu confiance? Quand as-tu pu cesser de croire que tu me possédais? Qui t'en a convaincu? Toi ou moi?



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Draconia Darkus
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MessageSujet: Re: Le remède à tous les maux   Dim 20 Jan 2008 - 19:59

Draconia leva vers Terence un œil fatigué mais content. Elle mit un certain temps avant de formuler une réponse. Le temps que les informations qu’il venait de lui transmettre n’atteignent son cerveau embrumé. Si elle s’était sentie d’humeur très bavarde, elle lui aurait très certainement répliqué quelque chose du style : *Tu crois vraiment que c’est le moment d’avoir ce genre de discussion, là, maintenant, tout de suite ? Tu ne pourrais pas avoir un peu de compassion et attendre que les cellules de mon pauvre cerveau se reconstituent d’elles-mêmes ?* Non Draconia ne faisait pas l’amour comme un homme. La preuve, elle n’avait pas tourné le dos, ne s’était pas endormie – bien qu’elle soit toujours plongée dans une sorte de léthargie – et il avait même droit à un câlin. Que demander de plus ?

Elle, elle ne demandait que quelques instants, juste le temps de se remettre de cette demande en mariage pour le moins surprenante. Agréablement surprenante. Ce n’était pas tout à fait ce à quoi elle s’était attendue mais ce n’est pas elle qui allait s’en plaindre. Elle fronça imperceptiblement les sourcils parce qu’elle n’arrivait pas à se souvenir si elle lui avait offert une véritable réponse. Elle ne comprenait toujours pas comment il parvenait à lui parler dans ces moments-là alors qu’elle était toujours incapable d’aligner la moindre pensée cohérente. Alors, elle se dit qu’entre deux miaulements ou soupire de son prénom, un “oui” s’était sans doute échappé de ses lèvres désireuses.

Elle laissa s’envoler un murmure de contentement et vint se pelotonner plus confortablement contre lui. Sa tête avait trouvé son oreiller en son épaule où elle y déposa un baiser et sa jambe s’était faite une place entre les siennes. Leurs corps luisaient encore de leur moiteur persistante mais le sien conservait l’emprunte de celui de Terence, de son parfum sensuel et de celui de leur essence.

- Je ne sais pas…finit-elle par murmurer alors qu’elle s’était mise à tracer sur son torse une arabesque qui l’aiderait sans doute à remettre de l’ordre dans ses idées.

Je crois que je n’ai jamais eu réellement confiance en moi. Je me suis toujours dit qu’entre nous rien n’était jamais acquis et que tu ne m’appartenais pas véritablement. Qu’il fallait que je me batte sans cesse alors que je n’avais qu’une seule envie, celle de me reposer contre toi.

Et puis, il y avait cette peur rémanente que tu te réveilles un jour et que tu découvres qu’il y avait plein d’autres filles qui soient mieux que moi. Qui ne te prennent pas la tête. Qui fassent de meilleures petites amies que moi.

Je les vois, tu sais. Elles rôdent autour de toi en attendant le bon moment pour plonger et te voler à moi. C’était déjà le cas à Poudlard. Tu peux réfuter autant que tu veux mais c’est vrai. Toujours à la recherche de la moindre attention de ta part. Tu vas dire que je suis possessive et jalouse. Ben ouais ça me laisse pas indifférente quand je les vois battre exagérément des cils ou glousser bêtement à chaque fois que tu sors une vanne. Ça m’énerve.

Mais je l’aurais compris, tu sais. Si tu avais eu envie de découvrir d’autres contrées, sans doute plus attractives que moi…


Un temps. Un froncement de sourcils.

- En fait non, je l’aurais pas compris et je t’aurais sans doute retiré toute possibilité d’avoir des enfants. Mais je me serais fait une raison. Je me serais dit que tu avais fini par te lasser de nous et que tu avais enfin ouvert les yeux.

- Tu vois, ce n’est pas en toi que je n’ai pas confiance. Mais c’est en moi et en toutes ces autres harpies. C’est juste que j’ai parfois besoin d’être rassurée et de me dire que tu es à moi et rien qu’à moi.

Et tu parles d’une pseudo-indépendance. Je n’ai jamais été aussi dépendante de quelqu’un que je le suis de toi,
termina-t-elle avec conviction en passant une main dans ses cheveux qui avaient collés le long de ses tempes.


Les rouages de son esprit s’étaient difficilement mis en marche. Elle ne savait pas si elle avait été parfaitement claire dans ses explications, ni même si elle avait correctement répondu à son interrogation d’autant que parler de ses doutes l’avait toujours relativement embarrassée. Seulement, une pensée un peu folle venait en chasser une autre et elle se sentit soudain comme frappée d’une épiphanie. Elle se redressa avec le même empressement, indifférente à sa nudité.


- Terence…. Si tu es sûr et que tu le veux toujours. Moi je suis sûre et je le veux, affirma-t-elle alors que son rythme cardiaque s’était fortement accéléré.
Je ne veux pas attendre.
Je ne veux pas attendre de me faire appeler Madame Orphens.
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MessageSujet: Re: Le remède à tous les maux   Dim 20 Jan 2008 - 23:05

Terence était sûr.

Ce n’était pas parce qu’il ne parlait plus qu’il avait changé d’avis. Il observait des minutes de silence pendant qu’elle lui parlait parce que ces moments étaient rares. Parce qu’il avait posé une question qui n’était pas anodine, qui le tracassait et dont la réponse lui important grandement. Elle répondait. Dès lors, il écoutait.

Terence était à bout souffle.

Elle sautait presque sur son ventre. Petit bout de femme aux mystérieuses pensées. Des pensées qui l’allument ou des pensées qui l’éteignent sans qu’il ne sache jamais où leur fil la menait à l’intérieure de cette tête chevelue qui lui souriait.

Terence était calmement allongé.

Il n’avait pas de parole pour lui dire deux fois ‘je t’aime’ ou pour multiplier à l’infini le sourire que l’expression de Draconia provoqua chez lui.


"Gamine. I love you"

Terence était si peu de chose.

De sa voix, il caressa ses cheveux, de sa main, il lui dit approche, de ses yeux, il respira la tranquillité qui embaumait sa poitrine nue qui lui souriait, ses deux oreilles grandes ouvertes sur une vue imprenable au balcon de l’opéra de la vie... Draconia venait de tout le mélanger.

Elle était maintenant si sûre.
A bout de souffle, on entendait son cœur battre jusqu’à la gare de King’s Cross.
Contre Terence calmement allongé, elle était tellement de choses.



Quand tu veux, Relou. Ce que tu veux...



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MessageSujet: Re: Le remède à tous les maux   Mer 23 Jan 2008 - 21:28

- C’est maintenant que j’en ai envie, déclara-t-elle fermement en accompagnant ses paroles d’un hochement convaincu de la tête alors que ses yeux rieurs le regardaient fixement.

Aussitôt, elle passa au dessus de lui pour se retrouver de l’autre côté du lit. En descendant, elle se prit les pieds dans l’enchevêtrement de drap et de couvertures qui avaient débordés du lit, désormais à moitié sur le sol, et manqua de tomber. Elle laissa échapper un charmant juron en tirant sur le drap pour se couvrir parce que l’air dans la chambre s’était rafraichi et qu’elle commençait à en ressentir les effets. Mais le poids de Terence qui était si calmement allongé sur le lit l’en empêcha. Elle lui lança un regard sombre avant de renoncer.

- Lève-toi paresseux, la nuit est encore jeune. On ne va pas rester ici.

Résolument, elle le prit par la main, l’incita à se lever en l’attirant à elle en riant. Elle l’entraîna ensuite dans la salle de bain où une douche amplement méritée les y attendait. Évidemment, ce qui n’aurait dû durer qu’une quinzaine de minutes, ce transforma en une trentaine de minutes, pour ne se terminer qu’au bout de plus de quarante minutes. Et ce, sans même qu’une véritable douche ne s’y déroule.

Ce n’est qu’après une pluie de caresses au milieu d’un nuage de condensation se soit déversée sur elle que Draconia put enfin enfiler une tenue décente. A l’instar Terence qui disposait d’un tiroir entier de sa commode où il y avait apporté plusieurs vêtements. On retrouve son empreinte un peu partout dans la pièce. Cela va du pull trainant sur le dossier d’un fauteuil aux grimoires spécialisés dans l’art des enchantements soigneusement rangés sur une étagère en passant par des miniatures métalliques d’objets animés dont il aurait été malaisé de définir leur fonction. Sans doute n’en avaient-ils pas d’autre que celle de décrire une trajectoire circulaire autour d’un axe invisible.

- On n’est pas obligé d’avoir une grande cérémonie avec nos proches, un officier du Ministère et tout ce qui s’en suit maintenant. On a tout notre temps pour ça, dit-elle en le regardant à travers le miroir.

Elle venait de terminer de s’habiller et finissait de remettre de l’ordre dans ses cheveux. Elle reposa sa brosse sur la coiffeuse et se dirigea lentement vers lui.

- Ce soir, commença-t-elle d’un air badin en passant ses bras autour de son cou. J’ai juste envie de célébrer et d’officialiser ma prochaine union avec toi. Juste Râleur et Relou.
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MessageSujet: Re: Le remède à tous les maux   Ven 25 Jan 2008 - 19:58

"On n’est pas obligé d’avoir une grande cérémonie avec nos proches..."

"Non, on n’est pas obligé. N’empêche qu’Ellys va me tuer."

"Est-ce que cela a de l’importance quand l’espièglerie de Draconia me transmet une envie irrésistible de nous noyer dans le cœur des cieux pour que plus rien d’autre ne compte que ce qu’il adviendra de nous? Ce que tu veux. Quand tu veux. Tu dis 'maintenant', j’obéis obstinément. J’ai des larmes à racheter et du courage et des envies à revendre."

"Juste Râleur et Relou."

Il agréa d’un baiser sur le bout du nez avant de se défaire de son emprise le temps d’aller chercher une chemise. Pour le moment, il n’avait passé qu'un sous-vêtement et des chaussettes, ainsi qu’un jean blue navy dont il était en train de terminer de sangler la ceinture. Toutes ses chemises étaient parfaitement pliées dans le tiroir qu’elle lui avait laissé investir. Bien qu’il fût d’ordinaire plus soigneux avec ses vêtements qu'il ne l'était avec le reste, il en déplia au moins deux ou trois, les sentant et les reposant instantanément dans la commode sans prendre le soin de les replier correctement. Et bien qu’elles fussent toutes parfaitement propres, l’odeur semblait le déranger. Il adressa un regard en coin à Draconia mais ne prit pas le temps de lui expliquer ce mystérieux comportement de bête renifleuse. Visiblement déçu, il finit par se saisir de n’importe laquelle des trois chemises et la passa devant le miroir en y observant le reflet de Draconia.

Je suis bientôt près, prévint-il avant de se faire gausser.

Terence termina d’ajuster sa chemise. Il n’aimait pas cette chemise ni les autres qui n’avait pas l’odeur de Draconia. Vêtu entièrement, il se retourna vers elle, atteignit sa hauteur. Ses mains se tendirent vers sa taille pour l’arrêter dans ses mouvements et la ramener à lui. Il se sentait étrangement calme. Ses mouvements libres et précis se détaillait avec une fluidité dont lui-même s’étonnait. Ses idées étaient aussi claires que les yeux gris perles de sa petite amie. Il se rendait compte que n’avoir pas assuré une cacahuète pendant deux mois lui donnait soudainement envie de regagner sur le temps écoulé et perdu. On ne pouvait revenir en arrière mais on pouvait parfaire et soigner le futur. Il ne voulait plus la décevoir. Et surtout, pas ce soir. Plus ce soir.


"Je serrai sa taille contre mon bassin. Ma main glissa jusque sur la peau lisse de son ventre. Je posai mon menton sur son épaule et tournai légèrement le nez vers son cou pour saisir l'exhalaison subtile de sa peau. D’un mouvement lent et continu, je la fis pivoter sur elle-même pour qu’elle se trouvât face à moi sans que jamais mon visage se fusse réellement décollé de son cou, l’effleurant et suivant du bout du nez et des lèvres le parcourt m’amenant à sa bouche. J’y pinçai un baiser avant d’enfouir sa tête dans mon épaule."


Reste-là... un peu... murmurai-je.


Peut-être que, comme tant d’autres choses qu’il évaluait sans qu’il ne le choisît vraiment, telle une raideur du cerveau, une manie inconsciente, Terence avait déjà aussi décompté le temps qu’il fallait à sa chemise pour s’imprégner de l’odeur de Draconia. Aussi caressa-t-il longuement et en silence son flanc à travers le vêtement, il remonta ensuite à ses cheveux qu’il écarta de son visage pour la regarder mieux. Il effectua ces gestes en tâchant de les redécouvrir, comme s’il ne les avait jamais effectué auparavant. Il se fit la promesse de ne jamais la caresser deux fois de la même façon aussi longtemps que durerait leur existence.

"Quand je jugeai que ma chemise s’était parée suffisamment du parfum naturel de Draconia, je m’écartai pour la prendre par la main. Je portai à mes lèvre cette main, celle où aurait dû se trouver une bague de fiançailles ou un bijou de circonstance. J’en embrassai la paume puis continuai de regarder ses doigts nus en fronçant les sourcils. D’après ma tête, il était aisé de savoir que je passais en revue les sortilèges que je maîtrisais pour orner son annulaire d’une bague méritante. Rien ne me vint d’assez convaincant. Je préférai la main nue à la main mal pourvue."

"Plus tard, je lui en ferai une décente," me promis-je.

"Nous mîmes nos robes les plus chaudes à cause du froid puis nous sortîmes. Je gardai sa main dans la mienne tout le temps que nous descendîmes l’escalier déserté de l’université. J’espérai que ma concentration extrême et mon soudain silence ne provoquassent pas chez Draconia une crainte qu’elle eusse assimilé chez moi à du regret ou à une appréhension (NDD!! Vive le subjonctif... -_-') Pis encore, j’espérai qu’elle ne pensait pas que j’organisai secrètement mes devoirs du lendemain. Je me sentis obligé de dire quelque chose alors que je n’en avais pas envie. Je me serai bien contenté d’être silencieux et près d’elle."


On ne va pas aller au Tantric, au Café Campus ou dans un endroit bondé. Juste Relou et Râleur...


La précision était inutile non seulement ils ne se dirigeaient vers aucun de ces endroits mais aussi ils en avaient convenu. Toutefois cela permit de briser efficacement le silence. Ils se mirent à parler sans conviction de choses qui ne les intéressaient ni l'un ni l'autre, dans le seul but de parler de tout sauf de ce que Terence prévoyait.

Dans le parc, tandis qu’ils le traversaient, Terence se pencha un instant pour cueillir une fleur mauve dont il ne connaissait pas le nom mais qui avait eu le courage de pousser – et elle était la seule, comme prédestinée – dans cette pelouse d’hiver. Pour lui rendre hommage, il décida d’immortaliser son courage. Après deux sortilèges dont le premier consista à influencer la tige pour qu’elle se tresse elle-même en prenant la forme d’un anneau, et le second, un sortilège de transfiguration, qui roidit le végétal, Terence fut en possession de ce qu’il trouva, sur le coup, dix fois plus joli qu’une bague à solitaire. Il reprit la main nue dont il avait embrassé la paume un peu plus tôt et passa à l’annulaire l’étrange bague d'argent et de verrerie bleutée. Il contempla le résultat mais prévint en souriant qu’il ne s’agissait que d’un substitut qui représentait son désir d’union.


"Nous reprîmes la marche et avant que je sentisse l’exaspération de Relou qui devait se demander s’il était besoin de traverser tout Poudlard pour être seuls, je lui expliquai en désignant une des plus jolies serres de Pomona Chourave."


Dans cette serre, il y a une sorte de jardin d’hiver. Personne n’y va jamais à part les professeurs d’herbomagie, de botanique ou de potions... et c’est un tord car c’est magnifique.


Dans la serre, l’air était plus tiède et plus humide. Ils pouvaient se débarrasser de leurs manteaux et robes tant la température était idéale. Ils marchèrent à travers les allées dont la végétation se fit de plus en plus dense et indisciplinée à mesure qu’ils s’y enfonçaient.

Cette fois, au milieu de ce décor, personne n’aurait pu promettre qu’ils se trouvaient encore à Poudlard car les ramages d’arbres géants se refermaient contre les carreaux donnant sur le parc et le château. A travers le plafond vitreux de la serre, on voyait le ciel s’obscurcir et les premières étoiles scintiller sans se laisser décourager par les quelques gros nuages qui tranchaient la voûte céleste. Autour d’eux, rien ne ressemblait plus à une école ou à rien de connu. Un banc solitaire de pierre léché par l’herbe dans laquelle il était planté et recouvert par endroit d’une mousse céladon, s’élevait seul parmi la verdure luxuriante et bigarrée du petit jardin. Tout était calme.



D’un mouvement ample, Terence leva sa baguette et, soudain, une demi douzaine de lampes à huile de formats variés vinrent s’aligner devant lui. Il ôta leur cheminée de verre puis alluma un feu léger au bout de sa baguette afin de transmettre la flamme à chacune des mèches avant de les refermer et de les dispatcher dans toute la serre.


"J’attirai Draconia vers le banc et posai ma robe dessus pour qu’elle n’abîme pas la sienne. Je l’invitai à s’asseoir avant de la copier et de m’y installer à cheval, face à elle. Je posai ma baguette entre nous et gardai ma main sur la pierre, appuyée, le temps de me pencher vers sa joue pour l’embrasser délicatement. En me reculant, je tachai de garder dans les miens ses yeux où dansait le reflet d’une lampe qui se trouvait à quelques mètres derrière moi. J’affichai un sourire espiègle et résolu, entrecroisant mes doigts de mon autre main avec les siens."


Draconia Relou Darkus, désires-tu me prendre, moi, Terence Râleur Orphens pour époux, me promettre de m’aimer et de me chérir et même au-delà de la mort, sachant quand même que je m’empêcherai jamais de créer des objets bizarres, de râler avec allégresse, de deviser avec d’autres filles, de penser que t’es chiante, de te piquer ton oreiller quand on dort ou de foutre le bordel là où je passe?... Pour ma défense, je t’aime comme un fou.



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MessageSujet: Re: Le remède à tous les maux   Lun 28 Jan 2008 - 23:16

Draconia semblait incapable de détourner les yeux de la bague qui habillait désormais son annulaire. Selon elle, aucune améthyste, aussi finement taillée soit-elle ne parviendrait à égaler la splendeur de la pierre qui ornait sa main. D’une certaine manière, elle pouvait aisément symboliser leur amour avec une réelle exactitude en ce qu’elle était unique et pure. Sous son aspect fragile et éphémère se cachaient une volonté et une force sans pareil qui lui avaient permis de résister aux plus vives tempêtes et au froid mordant de l’hiver. L’anneau s’était d’ailleurs ajusté de lui-même à la taille de son doigt pour venir la parer parfaitement et contenter son nouveau protecteur.

- Et je n’en veux pas d’autre, murmura-t-elle en signe de dénégation sans quitter la bague du regard. Celle-ci est parfaite.

D’autant plus que j’aime lorsque tu fais prospérer ta magie sur… pour moi.

- En revanche, poursuivit-elle d’un ton plus enjôleur. N’hésite pas à me faire part de toute l’étendue de ton désir d’union aussi souvent que tu le souhaites…



Elle se laissa ensuite commodément balader à travers le parc sans émettre trop d’objections, ni même à essayer de deviner où leurs pas les conduiraient. C’est d’ailleurs Terence qui apporta de lui-même la réponse à ses interrogations bien que la destination lui importait peu en définitive. Ils se dirigèrent finalement vers l’une des serres qui était plongée dans l’obscurité.

En entrant, on entendit le bruit d’une brève inspiration qui s’insuffla à travers les lèvres entrouvertes de la jeune femme. Ses yeux, écarquillés par la fascination que lui inspirait ce décor fabuleux, se ravissaient avidement de chacun des détails qui lui parvenaient.

- C’est magnifique…souffla-t-elle comme si elle ne voulait pas perturber la quiétude des lieux. Attends un peu… tu savais qu’un tel endroit existait et tu ne me l’avais jamais montré, fit-elle à moitié boudeuse en lui jetant un regard en coin.

La serre était baignée dans la douce lumière de la lune dont les rayons opalins traversaient et rendaient luisant ce jardin irréel. Les ombres des arbres imposants dansaient subtilement sur l’allée recouverte d’un épais tapis de végétation guidés par un souffle tiède et parfumé. La jeune fille se laissa envahir par ces effluves sucrées et délicates qui venaient lui chatouiller les narines. Quelque part au dessus d’eux, on pouvait entendre le gazouillement joyeux d’oiseaux dont elle ne reconnaissait pas le chant. Aussi, en relevant légèrement la tête, elle aperçut deux minuscules oiseaux, aux couleurs vives mais qui ne devaient pas être plus gros que son pouce, voleter au-dessus d’eux en laissant derrière eux une trainée bleutée.

Il la conduisit jusqu’à atteindre un petit banc de pierre immaculée protégé au milieu d’une végétation abondante. Elle en profita pour dénouer son écharpe et retirer sa lourde cape pour laisser découvrir une robe cache-cœur anthracite ornée de motifs brodés de soie blanche. Elle replia écharpe et manteau avant de les poser au bord du banc.

Très vite, ils se retrouvèrent face à face, assis sur le banc. Les doigts entrecroisés, les yeux dans les yeux, leurs genoux s’effleurant. Elle posa sa main libre sur la sienne et glissa ses doigts entre les siens sans dévier son regard, ni même réussir à gommer le sourire enchanteur qui se dessinait progressivement sur chacun des traits de son visage.

Moi, Draconia Relou Darkus, par la magie qui circule dans mes veines et l’amour qui pulse dans mon cœur, te prends toi, Terence Râleur Orphens, pour légitime époux. Pour te désirer et être désirée par toi. Pour te posséder et être possédée par toi. Par ces vœux, je te témoigne ma volonté de m’unir à toi en ce lieu magique, témoin du lien que nous soudons. Je promets de t’aimer et de te chérir et même au-delà de la mort sans peur, ni honte, ni retenue. Parce qu’il n’existe rien de plus pur que notre amour qui puise en lui la force des 4 éléments réunis. La terre en ce qu’il est de fort et de solide. L’eau en ce qu’il est source de vie et vecteur de vertus nourrissantes. L’air en ce qu’il est d’imprévisible, en perpétuel mouvement et libre. Le feu en ce qu’il ne cesse d’allumer un brasier ardent en nous par sa flamme éternelle. Puisse-t-il guider le chemin de notre vie.


Pendant tout ce temps, ses yeux, dans lesquelles miroitaient une intense détermination, n’avaient pas quitté un seul instant les siens si bien qu’elle ne s’était pas aperçut que les lampes à huiles s’étaient progressivement animées d’une lueur intense. De leur cheminée de verre, s’étaient envolées de minuscules sphères lumineuses semblables à des lucioles. Ces boules d’énergie étaient venues virevolter autour du jeune couple pour l’inonder dans un éclat charmeur et languissant. Et si les deux jeunes gens avaient pris la peine d’y prêter davantage attention, peut être auraient-il remarqué qu’à l’intérieur des petites globes scintillants ondulaient de fin filaments azur qui semblaient décrire un quelconque forme runique.

Draconia prit une profonde inspiration et poursuivit du même ton paisible :

Terence Râleur Orphens, désires-tu me prendre, moi, Draconia Relou Darkus pour épouse, me promettre de m’aimer et de me chérir et même au-delà de la mort, sachant quand même que je ne m’empêcherai jamais d’être chiante, de dire des trolleries, de mater les autres hommes, de penser que t’as parfois des idées tordues, de te piquer tes chemises parce que je trouve qu’elles vont mieux sur moi mais surtout parce que je ne peux pas m’endormir sans sentir ton odeur contre moi. Je ne cherche pas à me défendre, je suis coupable. Je t’aime plus que de raison.
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Terence Orphens
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MessageSujet: Re: Le remède à tous les maux   Mer 30 Jan 2008 - 15:49

Oui, moi, Terence Orphens, je le désire... plus que tout, Draconia.

Les accents humoristiques avaient quitté sa voix. Il eut subitement mal aux abdominaux mais il le dissimula, mettant cela sur le compte de l’anxiété. Si, par un accident quelconque, il devait s’emmêler les pieds dans les jupons de la Mort à la fin de sa phrase, pensa-t-il amusé, au moins, il l’aura dit sincèrement une fois encore.

"Deux fois 'oui', ce n’était pas une des opérations les plus simples à réaliser. Cela nous avait pris plus d’un an pour la résoudre. D’autres y mettaient encore plus de temps. D’autres encore ne parvenaient jamais à ce résultat. Je développais des théories toute la sainte journée dans le but de trouver des solutions à tout. Faciliter la vie des autres. Les soigner, eux et leur quotidien malade. Je n’aurais jamais pensé qu’une multiplication aussi courte scellât, avec tant de jubilation et de limpidité, le grand mystère de mon cœur.

Le mariage n’est pas le remède à tous les maux. Il est ma promesse pour elle."


Parce que plus que tout, j’aime que tu me piques mes chemises et qu’elles sentent ta peau. Parce qu’il n’y a que toi qui me fasses parler comme ça et que j’ai la certitude qu’aucune autre oreille et qu’aucun autre cœur ne seraient à même de comprendre ce que je te dis, là, maintenant.

Toute sa colonne vertébrale s’électrifia, allant presque jusqu’à la douleur. Physiquement, cela se traduisit par un silence au milieu de sa phrase, puis il reprit en souriant rassuré que l’horrible sensation se fusse en allée:


Je m’excuse une fois encore de n’être pas toujours à la hauteur. Il y aura d’autres disputes et d’autres faux plis. Ce n’est pas grave tant que toi, Draconia Orphens... hum... tu restes le remède à tous mes maux.

"Plus soudainement que la foudre de Jupiter sur le monde, il se produisit quelque chose auquel je ne m’attendais pas. Une impressionnante lueur sembla suinter de tous les pores de ma peau. Ce phénomène s’accompagna de l’ouverture sanglante et quasi instantanée des cicatrices couvrant mon buste que je sentis s’ouvrir et tacher à vitesse grand V le tissu de ma chemise en divers îlots rouges absorbés par le coton. L’effet fut tellement soudain qu’il m’abêtit, je restai paralysé, mes pupilles verdâtres rivées sur Draconia et la bouche bée. Je crus bel et bien tomber à corps perdu dans les bras de la Mort venue me chercher.

Ce qui m’ébahit fut que depuis que nous échangions nos vœux, je ressentais comme un pressentiment confus que quelque chose de grave nous tournait autour. Plusieurs brèves secondes le mot ‘mort’ m’avait traversé l’esprit sans que je pusse m’y arrêter longtemps, trop recueilli par nos sermons et la perfection que je voulais nantir dans les yeux de Draconia."


L'abominable douleur parvenait à présent au cerveau de Terence. Elle fut vive et insoutenable. Lui donna presque envie de vomir. Il tomba sur le sol, le dos contre la pelouse moite, criant le prénom de Draconia et des excuses insaisissables.

Puis, enfin, il comprit ce qu’il se passait. Avec la même clairvoyance qui avait fondé ses soupçons quant à une Mort qui lui rôdait autour, il devina que cette Mort venait chercher quelqu’un d’autre. Terry. Le double du clair de lune.

Les douleurs et les soubresauts infligées à son corps mollirent piano. Tout le temps que dura le supplice, il regardait les yeux gris, de peur que ça ne fût la dernière fois. Mais il endura l’épreuve jusqu’au dernier coup de hansart. Tout se tarit et la lumière lactescente exsudant de sa peau se concrétisa en la silhouette féminine de Terry. La jeune fille paraissait faite de la même matière qu’un Patronus. Elle flottait mollement au-dessus de Terence. Enfin, elle décrut graduellement jusqu’à ne devenir qu’une fine hélice de fumée qui se désagrégea complètement.

Terence respirait énergiquement en essayant de se redresser mais, privé passagèrement de ses forces, il ne le put pas. D’un réflexe violent, cependant, il arracha les boutons de sa chemise pour vérifier sa peau. Affolé, il y passa ses mains mais plus aucune cicatrice ne la fendait. Sauf celle provoquée au flanc par la branche d'arbre qui l'avait traversé de part en part, lorsqu'il atterrit avec Ellys dans un arbre en Afrique.

Quelque part, il fut rassuré que leur mariage – celui qui comptait à ses yeux – se fût passé à l’abri des regards. Pour sûr, sa mère n’aurait pas survécu à la vision de son fils transi de douleur et elle serait morte de frayeur, sans parler d’Ellys dont les cris auraient portés jusqu’en chine.

Il reposa son crâne sur la pelouse et ferma enfin les yeux en souriant. Joie. Deux ou trois mois de recherches pour rien, mais joie.


Je crois qu’il n’y a pas un moment de tendresse que je vivrai avec toi, qui ne se terminera pas à l’infirmerie...



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Draconia Darkus
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MessageSujet: Re: Le remède à tous les maux   Dim 3 Fév 2008 - 14:42

Lorsque Draconia avait huit ans, elle rêvait souvent qu’un beau prince charmant venait la délivrer de sa tour où un vilain Magyar à Pointes la gardait prisonnière. Il la faisait monter sur son bel étalon noir et, ensemble, ils galopaient en direction du soleil couchant. Puis, il l’emmenait dans son immense château où ils se mariaient. A cette occasion, elle portait une longue robe de tulle rose pâle et elle s’avançait avec une excitation difficilement contenue vers le jeune homme qui allait faire d’elle sa princesse. Étrangement, elle se réveillait toujours avant même qu’elle n’ait pu l’atteindre ou même apercevoir son visage.

Près d’une décennie plus tard, Draconia avait laissé les frivolités, les robes rose-bonbon et les somptueuses cérémonies dans un coin de sa mémoire. Avec le temps, elle en était venue à la conclusion qu’elle n’avait pas besoin de strass pour briller ou de richissime châtelain pour se sentir reine. Un Terence parvenait bien mieux à lui offrir un décor féérique que ces artifices insignifiants. Seulement, elle ne se serait jamais doutée que ce conte de fée puisse se terminer en tragédie avant même qu’elle ait eu droit à une nuit de noces digne de ce nom.

Les couleurs avaient totalement déserté son visage alors qu’elle sentait quelque chose à l’intérieur d’elle s’effondrer avant de se briser en mille morceaux. Elle avait le sentiment qu’une confusion tournoyante se nourrissait insidieusement des restes de son cerveau, ce qui eut pour conséquence de la laisser interdite devant ce qui était en train de se passer sous ses yeux médusés. Elle ne sait qui cria le prénom de l’autre en premier mais c’est ce qui suffit à la faire sortir de son appesantissement.

Ses yeux vitreux la brûlaient, symptômes des larmes qui s’apprêtaient à inonder ses joues mais pas un seul instant ne quittaient-ils ceux de Terence. La rapide constriction de ses poumons rendait difficile, haletante sa respiration bien qu’elle n’ait fourni aucun véritable effort physique. Elle repoussa la bile qui avait escaladée perfidement sa gorge étranglée sous la pression des sanglots et des cris. La déréliction et l’urgence de la situation bourdonnaient comme un essaim enragé à ses oreilles. Elle avait besoin de faire quelque chose. Il le fallait. Seulement, elle avait l’impression que des liens invisibles la retenaient bien qu’ils n’aidaient en rien à atténuer les soubresauts dont son être était parcouru.

Jamais dans sa vie ne s’était-elle sentie si petite, impuissante et insignifiante.

Elle récitait, tremblante, le nom de toute une panoplie de divinités et de puissances auxquelles elle n’avait jamais fait appel auparavant alors que l’atroce brûlure dans sa gorge et ses poumons lui donnait juste envie de baisser la tête et de passer ses bras autour d’elle en essayant de se convaincre qu’elle ne faisait que revivre un très, très mauvais rêve.

A chaque nouveau cri arraché à Terence, elle ressentait l’effroi et la désespérance lacérer un peu plus la tendre surface de son cœur. Le voir dans un tel état d’agonie et ne savoir que faire était pure torture. D’un bond, elle brisa les chaines qui la retenaient pétrifiée et se releva. Mais ses jambes ne la soutirent pas. Ses muscles avaient perdu de leur force et elle avait l’impression d’être aussi instable qu’un habitué de la Tête de Sanglier. Ses genoux retombèrent durement sur la pelouse. Malgré une vision brouillée, elle se traina jusqu’à lui. Son cœur lourd battait si vite qu’elle avait l’impression qu’il était en train de creuser une issue à travers sa cage thoracique. C’est étourdie et des éclats de couleurs dansant à travers ses yeux que ses deux mains trouvèrent la sienne et la serrèrent pour lui signifier qu’elle était toujours là, avec lui.

C’est sous des yeux médusés qu’elle assista à ce qui sembla être la dernière matérialisation de Terry. Aussi vite qu’elle et toutes les souffrances qu’elle avait provoquées s’étaient manifestées, elles disparurent dans un nuage de fumée argentine. La jeune fille laissa s’échapper un souffle qu’elle croyait perdu au fond de sa gorge et s’allongea de tout son long contre lui, soulagée.

- Je ne trouve pas ça drôle, marmonna-t-elle alors qu’il lui parlait d’infirmerie où il avait passé plus de temps que dans son propre lit. Tu m’as fait peur, tu sais.

Elle rechercha son autre main et ce faisant laissa sa main glisser le long de son torse où plus aucune cicatrice ne le lacérait à l’exception d’une qui trouvait son origine dans son aventurisme. Même si elles avaient disparu, elle pourrait facilement retracer leur chemin. Et pour cause, des nuits durant elle les avait embrassées avec l’espoir un peu fou, si ce n’est de les absorber toutes les afflictions qu’elles provoquaient malicieusement, au moins faire en sorte qu’il partage avec elle un peu de son supplice. Comme pour se rassurer qu’il était toujours vivant, elle ramena leurs deux mains jointes au dessus de cœur vibrant et déposa un baiser dans son cou, juste là où elle pouvait sentir son pouls pulser sous ses lèvres.

Au bout d’un moment, juste assez pour sécher totalement ses larmes et retrouver suffisamment de forces, elle se redressa sur les genoux. Sa robe souillée gardait les maigres estampilles de la géhenne et de l’affolement mais son visage avait retrouvé un peu de couleur et ses yeux brillaient d’une nouvelle lueur. Elle croisa les bras et l’observa un instant, un léger sourire au coin des lèvres.

- Est-ce que cela signifie que tu as perdu la part de féminité qui sommeillait en toi ? demanda-t-elle un peu taquine, un peu pensive, en repoussant le rire qui faisait trépider sa poitrine sous le coup de l’euphorie. Je ne sais pas… qu’est ce qui aurait pu te faire arracher ta chemise avec une telle virulence si ce n’est ton instinct de mâle viril. Elle jeta un regard faussement désolée à la chemise maculée avant de secouer la tête.

- Aller viens, soupira-t-elle finalement, un peu boudeuse, en lui tendant une main. Je t’emmène voir ta copine l’infirmerie puisque tu sembles tellement plus attiré par elle que par moi.
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