Jeu de rôle basé sur les règles inventées par J.K. Rowling dans l'univers de Harry Potter.
 
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 Le Labyrinthe des Cancres (PV)

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Adel Iscarioth
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MessageSujet: Le Labyrinthe des Cancres (PV)   Dim 13 Jan 2008 - 20:26

- Attention aux Pitiponks.
- Aux quoi-donc?
- Soins aux créatures magiques, cours de première année, Adel!
- Hum. Oui, tout à fait. Des Pitiponks...

Pendant ce qu'il avait eu le droit de vacances avec sa famille, Adel avait reçu monts et merveilles de conseils préventifs de la part de Winnie, Max et Muse. Toutes les autres, y compris sa mère, lui avaient fait la tête et refusaient de lui adresser la parole. C'était le pire Noël qu'Adel n'avait jamais passé.

Assis dans le canapé du salon, Maxence était venue se blottir contre lui pendant qu'à l'étage supérieur, Muse essayait de convaincre Lana et leur mère de dire au revoir à Adel.


- Non! Non! Non! Je ne veux pas lui parler, s'exclamait madame Iscarioth, il m'a déçu. Je paye pour ses cours! Depuis la mort de votre père, c'est lui l'homme de la maison! Qu'est-ce que je vais faire d'un grand bêta qui ne sait pas manier sa baguette s'il ne suit pas ses leçons?!! Et si je disparaissais?! Et s'il y avait un danger qui nous menaçait? Et si Tu-Sais-Qui revenait? Je me fiche qu'il se fasse sermonner par ses professeurs parce qu'il fait le troll en cours mais au moins qu'il aille en cours, par la barbe de merlin!
- On ne descendra pas, Muse, renchérissait Lana en claquant une porte.

Maxence enroula ses bras autour de la poitrine d'Adel et le serra très fort en y collant sa joue et son oreille pour écouter les battements rapide du cœur de son frère. Machinalement, le Serpentard passa sa main sur la tête chevelue de la plus jeune de ses sœurs avant de l'embrasser et de se dégager pour se lever. Winnie, adossée à une vieille armoire en bois, le regardait avec beaucoup de peine mais resta posée. Ce qui n'était vraiment pas dans ses habitudes.


- Merci, Max. Dis bien à maman, Lan et Ida que je pense à elles. A toute à l'heure, Win.
- Hiiiii! Mais non, reste encore un peu! Elles vont descendre, Muse va arriver à les convaincre...

Il ne répondit pas, lui fit un clin d'œil rapide en plaçant sur son épaule un gros sac de voyage puis il sortit sans bruit de la maison pour rejoindre la gare de King's Cross en bus.

Plusieurs heures plus tard, il arrivait à Poudlard où il croisa beaucoup de regards qui le dévisageaient dans l'espoir de savoir ce qu'il ressentait. Parfois ces yeux le plaignaient, parfois ces yeux se moquaient, très contents de la punition dont il avait écopée pour avoir ainsi interrompu le match de Quidditch. Il marchait lentement, sans se presser, en direction de sa salle commune mais à l'intérieur de lui, il aurait aimé savoir pratiquer les sortilèges de Désillusion pour passer dans les couloirs sans déclencher cette avalanche de regards compatissants ou railleurs.

Ce soir-là, il ne remonta pas dîner. On ne le vit pas non plus à table le lendemain matin ou les jours suivants. Il évitait les gens tant qu'il pouvait et devenait presque pressé d'être enfermé dans le Labyrinthe pour ne plus voir personne.

Jo. Il l'évitait également mais cela lui était plus difficile à vivre. A chaque fois qu'il passait devant la porte close du BDE sur laquelle une misérablement pancarte indiquait: "Fermé par la BRIME", il ressentait comme un besoin incontrôlable d'enfoncer son poing dans la première chose qui passait. A part Alexandre Zagora qui garda le secret le jour où il banda son poing, personne ne sut jamais que c'était l'emprunte de sa main qu'il y avait depuis maintenant quelques jours dans la porte du premier bureau jouxtant le BDE.

Les quelques jours séparant la reprise des cours - où il fut désormais contraint d'aller - et la date fatidique du 12 janvier s'épuisèrent. A présent, il se tenait devant l'entrée du dit Labyrinthe des cancres, à côté de Casey et entouré de tous leurs camarades venus les soutenir. Il y avait beaucoup de Serpentard et bien peu de Gryffondor si on comptait bien. Et personne ne savait vraiment quoi dire à part crier son soutien. Greenapple et Blueberry, baguette au poing, veillaient à ce qu'aucun mot plus haut que l'autre ne s'élève des rangs.

Dans la foule d'élèves que deux Aurors empêchaient d'avancer plus, il aperçut Joséphine. Quand la reverrait-il? Durée indéterminée. Maintenant qu'il ne pensait qu'à la prendre dans ses bras, qu'il en ressentait un besoin dévorant, il regrettait énormément de l'avoir évité toute la semaine. A travers l'atmosphère fraîche, les flocons de neige qui se mirent à tomber doucement, les silhouettes et les encouragements, il lui sourit.

Il tourna ensuite sa tête vers Casey. L'un et l'autre avaient eu le droit de ne prendre qu'une cape à capuche, une écharpe, des gants et leur baguette. Toutefois Adel avait pris sur lui deux objets que les deux inspecteurs n'avaient pas remarqué: le coquillage relié à celui de Joséphine pendait autour de son cou, caché sous son pull et, dans sa poche arrière de jean, il avait aussi emporté la carte magique de Chocogrenouille qu'on lui avait offerte à Noël et qui représentait Juge Lara Impartial.


- Bon... après toi, dit-il d'une voix imitant la politesse accorte d'un guillotineur qui invite sa victime à pencher sa tête pour être bien confort avant qu'on la lui coupe.


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MessageSujet: Re: Le Labyrinthe des Cancres (PV)   Lun 14 Jan 2008 - 16:43

La sentence était tombée.

Et étrangement, la perspective d'être enfermé dans un labyrinthe était pour Casey presque rassurante. Rassurante parce qu'elle signifiait que le Ministère n'avait pas exigé le renvoi des deux garçons. Bien que Casey n'ait aucune idée de ce qu'il allait bien pouvoir l'attendre dans cette expédition, il avait quitté d'un pas déterminé son dortoir en jetant un dernier regard sur la lettre qu'il avait reçue peu de temps après son Conseil de Discipline.

Même si en des termes magiques, celle-ci n'était pas une Beuglante, le début des propos de la mère du jeune homme en étaient identiques. Mais comme s'en était prévisible, cela ne dura pas. Rapidement Catherine avait repris le ton doucereux avec lequel elle avait l'habitude de parler à son fils. Elle avait été prévenue du Conseil et de ses suites et s'était empressée d'adresser à son fils toutes les mises en garde possibles et inimaginables. Pour une mère, qui plus est Moldue, il était angoissant et difficilement saisissable de pouvoir s'imaginer son propre enfant pris dans les tourments d'un monde si particulier.

Celui-ci, d'une rapide réponse qu'il avait griffonné sur un morceau de parchemin taché, lui avait répondu par l'intermédiaire de son hibou Machin, que ses avertissements ne lui étaient d'aucune aide, ni d'aucune utilité. Il assumait ses actes et était fier de pouvoir défier le Ministère par cette épreuve. Un Ministère qu'il s'était convaincu responsable de la disparition de son père, à la suite des informations qu'il avait obtenues lors de son dernier périple en dehors de Poudlard.

Il traversa d'un pas pressé le parc et tenta de se frayer un passage parmi la troupe de badauds qui étaient, soit disant, venu les soutenir. D'ailleurs, Casey ne comprenait pas cet engouement. Seuls les inspecteurs du Ministère - et peut-être le directeur de l'école - étaient au courant de ce qu'ils les attendaient à l'intérieur du Labyrinthe. Alors pourquoi voir tant de mines tristes accompagner les deux jeunes hommes ?

Casey ne chercha pas d'explications plus longtemps. Il traversa la foule sans regarder quiconque, sa main refermée dans sa poche sur sa baguette magique.

Il put enfin rejoindre Adel et, pour toutes réponses, lui adressa un bref signe de la tête.

Déterminé, il s'avança, puis franchi le portillon de l'entrée. A peine avait-il fait quelques pas à l'intérieur du labyrinthe que les portes se refermèrent et que des chaînes virent s'enrouler autour de la grille, scellant le passage.

C'est ensuite le paysage qui se transforma. Les fins flocons de neige devinrent aussi gros que des œufs de Strangulots. Le vert des haies de Troènes, qui dessinaient les limites des couloirs du Labyrinthe, furent recouvertes d'un épais manteau de neige. La température chuta rapidement de plusieurs degrés et, désormais, la respiration de Casey produisait de fines volutes de fumée.

Il resserra instinctivement les pans de la cape qu'il avait pris le soin de ne pas oublier contre lui. Il sortit ensuite sa baguette de sa poche ; elle pendait nonchalamment le corps, néanmoins prête à agir.

Déjà, un brouillard s'élevait du sol et rendait la visibilité de plus en plus difficile jusqu'à ce que le couloir dans lequel ils étaient paraisse sans fin.

Observer les lieux n'avait à présent plus aucune utilité, il était nécessaire d'avancer pour découvrir ce qui les attendaient.

- T'es prêt Iscarioth ? fini-t-il par dire pour briser la glace.

Sans s'intéresser à la réponse, il débuta la marche, tandis que le tapis de neige commençait à émettre des crissements de protestations sous ses pas.

Casey resta muet jusqu'au moment où ils purent apercevoir un embranchement se dessiner péniblement à l'horizon.

Inconsciemment, le jeune homme accéléra.

Petit à petit, cela ne faisait plus aucun doute. Les deux jeunes garçons devaient faire le choix d'une direction.

Il était à présent devant la bifurcation. Sur leur droite, un couloir identique à celui qu'il venait de traverser pendant de longues minutes s'offraient à eux. De l'autre, fermé par des portes de fer forgé massives, un second couloir dans une situation radicalement différente. Le temps paraissait clément et la neige totalement absente.

Sur l'une des portes, une fine écriture noire parcourait une plaque en or.

Si l'on me dit que je touche, je répondrai que je ne touche pas, mais si l'on me dit que je ne touche pas, je répondrai alors que je touche. Qui suis-je ?


- Ca doit être leur première épreuve … dit-il à l'intention d'Adel.

- Peut-être qu'avant de vouloir tester nos connaissances sur la Magie, ils veulent savoir si nous ne sommes pas complètement scroutts...

Casey resta immobile devant l'écriteau et se répéta plusieurs fois l'énigme dans sa tête.
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Adel Iscarioth
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MessageSujet: Re: Le Labyrinthe des Cancres (PV)   Lun 14 Jan 2008 - 17:57

Les labyrinthes n'avaient jamais eu bonne presse à Poudlard. La dernière fois qu'une de ces attractions morbides avait été installée dans l'enceinte du château, tous se souviennent qu'il en ressortit un élève portant le cadavre d'un autre dans ses bras. A cette pensée ou peut-être à cause du froid qui se fit plus dense autour d'eux, Adel frissonna.

Le froid les étreignit durant toute la marche qui les mena à la bifurcation. Bien. Splendide. Ils avaient le choix entre parcourir plusieurs autres de ces longues minutes silencieuses dans le froid hivernal ou répondre à une énigme afin d'ouvrir la porte qui menait sans doute vers d'autres choix cartésiens où il leur faudrait peut-être décider ce qu'il préférait entre perdre l'usage d'une jambe ou d'un bras.

- Peut-être qu'avant de vouloir tester nos connaissances sur la Magie, ils veulent savoir si nous ne sommes pas complètement scroutts... suggéra ironiquement Casey. Adel ne répondit pas. Cela le touchait car c'était exactement en ces termes qu'il avait l'impression qu'on pouvait honorer le mieux sa stèle d'une éloquente épitaphe.

Pour fuir la blague, il lut plusieurs fois l'inscription sans comprendre ce qu'elle recélait. Les deux garçons se mirent à chercher malgré eux. Alors, parfois, quand il essayait de se concentrer, la voix froide de Blueberry traversait son cerveau en lui murmurant qu'il était médiocre. Incapable de répondre à une question aussi facile. Sa place était décidément bien aux tréfonds de cet endroit d'où il ne ressortirait jamais pour le bien de tous.

Adel n'était pas réputé pour ses longues phrases ou ses prises de paroles. Pourtant, il ressentit le besoin de parler. De dire quelque chose. Mais il n'avait rien à dire. Il se mit à murmurer la question à haute voix. En boucle. Sans discontinuer comme si à un moment, il espérait qu'après le point d'interrogation, il prononce la réponse sans s'en apercevoir, comme si elle se cachait entre deux consonnes, entre deux mouvements de lèvres. Mouvement de lèvres. Tiens...?

Adel fronça les sourcils et cessa de répéter la phrase. Sa pupille se dilata. Doucement, il baissa sa baguette. Lèvres. Touche pas. Mouvement. Touche.

Il ajusta l'écharpe autour de son cou et fit un tas de petits mouvements parasites pour dissoudre ce à quoi il venait de penser: il retira ses gants, les fourra dans sa poche, s'évertua à donner l'impression qu'il allait soudainement faire quelque chose d'extraordinaire quand il fit simplement tournoyer entre ses doigts sa baguette, comme il le faisait en cours de sortilèges pour passer le temps quand les autres travaillaient.

Il regardait partout sauf la question qui brillait de ses lettres dorées. Adel ne voulait plus regarder ces lettres. Et s'il s'était trompé? S'il avait pensé n'importe quoi? Que se passerait-il? Un Pitiponk sauvage se jetterait sur lui pour l'attaquer – il ne savait toujours pas ce qu'était un Pitiponk – ou peut-être qu'une trappe s'ouvrirait sous leurs pieds où un bassin d'animaux vociférants claqueraient des mâchoires pour applaudir leur bêtise en attendant de les dévorer.


* Adel, arrête de faire le troll. On dirait Winnie. Reprends- toi. *

Adel fit alors ce qu'il savait faire de mieux: se la fermer. Cachant à Casey qu'il avait eu une idée. Il se tourna légèrement vers son camarade de maison en regardant derrière eux, le chemin qui allait à droite. Ses mains étaient engourdies. En un énième geste parasite, il enfila ses gants:

- Je vois pas du tout, mentit-il avec une exaspération feinte, peut-être qu'on devrait pas rester là et qu'on devrait prendre l'autre chemin, quitte à rester dans le froid. Qui sait ce qu'il se passerait si on donnait une mauvaise réponse?

Il resta malgré tout face à la grille qui proposait l'énigme, comme si, dans le fond, il espérait que Casey le contredise.

- Y'a des questions dont les réponses m'indifférent et ces deux là en font partie, ajouta-t-il en montrant la grille et en complétant, cette énigme et la façon dont nous finirions si nous n'y répondions pas.


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MessageSujet: Re: Le Labyrinthe des Cancres (PV)   Lun 14 Jan 2008 - 19:38

- Je comprends rien à ce que tu racontes Iscarioth ! lui dit-il d'une voix presque consternée.

Ses pensées étaient emmêlées entre la solution de l'énigme qu'il cherchait et les propos de son cadet.

- On ne risque absolument rien si on se trompe ! Faut voir ça comme un jeu. Oui … Un jeu … Rien de plus qu'un jeu. ajouta-t-il plus pour se convaincre lui-même que pour son comparse.

- Le Ministère déraille complètement en ce moment, mais je ne pense pas que la mort de deux jeunes sorciers de Poudlard fasse bien sur leur palmarès.

Ce qu'ils veulent, c'est nous donner une leçon. Dans l'espoir que nous ressortions de ce foutu endroit en chantant leurs louanges.


Le regard de Casey était toujours fixé sur la petite pancarte. Il n'avait pas envie de poursuivre plus longtemps dans ce froid et il s'était convaincu que la réponse leur apporterait une récompense.

- Tu fais bien ce que tu veux, moi je ne bouge pas d'ici avant d'avoir trouvé !

Il ajouta cette phrase en saisissant de ses mains les barreaux du portail pour mieux voir et apprécier l'atmosphère qui se dégageait de l'autre côté.

C'est au moment où la paume de ses mains touchèrent la surface métallique, qu'il reçu une décharge électrique. Instinctivement, il se retira rapidement et jura en ne manquant pas de shooter dans un monticule de neige qui vola en une fine poudre.

Les expressions de neutralité de son visage disparurent pour laisser place à un agacement profond.

Il secoua ses mains pour enlever les fourmillements qui le parcouraient encore. Il préféra ensuite éviter le regard d'Adel et en profita pour replonger sur la phrase énigmatique.

Touche … ne touche pas ; Ne touche pas … touche …

Il chercha pendant plusieurs minutes avant qu'un début de réponse lui ne apparaisse lorsqu'il prononça une partie de l'énigme.

- Touche … Touche pas

Quelle peut-être la différence …

- Les lèvres …, fini-t-il par dire sans hésitation, elles ne se touchent que lorsque je dis qu'elles ne se touchent pas.

Comme muent par une certaine intelligence, les portes émirent un faible grincement et pivotèrent sur elles-mêmes.

Une certaine moue de satisfaction ornait à présent le visage du jeune homme qui se fit un plaisir à franchir le passage pour un endroit plus sec.

Le contraste était saisissant. Au moment où il passa les portes, la température augmenta progressivement, la neige disparue des vêtements du jeune homme comme ils se séchèrent.

- Viens Iscarioth ! Ca risque rien … à moins que tu aies un penchant pour la neige. lui dit-il d'un signe de la main alors qu'il lui tournait le dos.
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Adel Iscarioth
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MessageSujet: Re: Le Labyrinthe des Cancres (PV)   Lun 14 Jan 2008 - 22:21

Quand il entendit Casey prononcer la réponse à laquelle il avait pensé, Adel sentit ses tempes brûler. Il releva la tête vers la grille qui s'ouvrait en grinçant et même si sur terre, là, tout de suite, personne n'avait jamais su qu'il avait eu la bonne réponse, à l'intérieur de lui, cela suffit à lui redonner un peu de confiance. Il se sentait moins déprimé par la situation. Peut-être qu'il n'était pas le meilleur élève de l'école mais peut-être aussi qu'il n'avait jamais ambitionné d'avoir de bonnes notes ou les bonnes réponses. Devait-il s'y résoudre? Et ben on s'en fout. Pour l'instant, oui, il s'en foutait. Il venait de remporter une victoire discrète sur ses appréhensions et son sentiment d'abandon semblait s'amenuiser.

Dans cette courte épreuve, s'il s'agissait vraiment de la première des trois épreuves qu'ils devraient affronter, Adel se rendit compte de quelque chose qui l'avait toujours indifféré auparavant: il ne connaissait pas Casey outre leurs frasques semestrielles mais il sentait qu'il n'appréciait pas vraiment son compagnon d'infortune. Quelque chose en lui, dans ses prises de paroles, le mettait mal à l'aise mais il ne parvenait pas encore à déterminer ce que c'était. Ils avaient le même goût pour l'étalage de bouse en situations malvenues, un père disparu et le même blason de maison néanmoins, pour le reste, tout le reste, ils étaient le jour et la nuit. D'où lui venait cette impression désagréable? Il n'aurait su le dire mais étrangement, cela le rassura sur la suite de leur déambulation. Si quelque chose devait les séparer...


* Pourquoi je pense à ça...? *

Toutefois, Adel refusait de se laisser traverser par des sentiments qu'il ne comprenait pas. En marchant dans les couloirs devenus biscornus et escarpés mais à la température ambiante agréable, le sixième année, relaxé, finit par interroger son aîné:

- Call... au Conseil, tu as dit que ton père était mort.

* L'absence de pères... *

- Tu as... grandi où?

La tentative de discussion était des plus maladroites mais à vrai dire quand Adel parlait il était aussi malhabile que lorsque Joséphine essayait de faire tenir toute droite une pile de n'importe quoi susceptible de se casser la figure. Invariablement, ça se cassait la figure.

Il était vraiment nul pour la discussion. Mais il était assez honnête.


- Je suis nul pour les discussions, avoua-t-il au bout d'un moment, en roulant des yeux, continuant de marcher, l'attention aux aguets lorsqu'il se rendit compte à quel point sa question sonnait creux.


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MessageSujet: Re: Le Labyrinthe des Cancres (PV)   Mar 15 Jan 2008 - 0:56

- A Londres, dans une banlieue de l'Essex, parmi les Moldus. lui répondit-il d'une voix machinale.

La côte douce qu'ils arpentaient depuis un petit moment déjà commençait à lui provoquer des douleurs dans les jambes. Ils avançaient inexorablement et, pour un labyrinthe, Casey commençait à se demander pourquoi ils n'avaient pas plus de décisions à prendre. Leur route semblait déjà toute tracée et peut-être que s'ils avaient poursuivi sur le sentier neigeux précédant, d'autres situations plus inquiétantes se seraient présentées à eux, mais pour le moment, ils devaient admettre qu'ils étaient plutôt tranquilles.

- Ca s'était au début. Quand ma mère a quitté Workingam pour la capitale. J'avais sept mois.

Maintenant elle vit dans les quartiers Ouest. A Knightsbridge … si tu connais.
reprit-il d'une intonation légèrement plus ouverte au dialogue.

Ce genre d'informations pouvait paraitre d'une certaine banalité d'un point de vue extérieur, mais pour Casey, cela l'obligea une nouvelle fois à se rappeler de son père. De sa disparition. De la réaction de ses grands-parents. De leurs désinvoltures et une multitude de sentiments qui se bousculaient en lui depuis qu'il avait enfin daigné prendre un intéressement sur la vie de son père.

Mais aujourd'hui, il avait d'autres préoccupations.

Ce labyrinthe devait leur apporter une chose, très certainement pédagogique ou formatrice que le jeune garçon n'arrivait pas encore à saisir.

Par moment, il lui arrivait presque d'en oublier la présence d'Adel. Cette sensation était particulièrement étrange. C'était toujours avec la même surprise qu'il se rendait à nouveau compte qu'il était à ses côtés, en train de subir les mêmes difficultés.

Plus discret, tu meurs.

Il était difficile pour la personnalité plutôt démonstrative de Casey de comprendre celle d'Adel. Elle n'avait d'ailleurs, pour lui, rien de rassurant. Il l'avait déjà côtoyé quelques fois avant cette épreuve, mais ne savait au final rien de lui, si ce n'est qu'ils portaient les mêmes couleurs.

Très certainement pas pour les mêmes raisons …

- Et toi Iscarioth ? Tu as vraiment passé ton enfance avec toutes ces femmes ? l'interrogea-t-il au bout de quelques minutes de silence.

Indubitablement, ce n'était pas de la surprise qu'il y avait dans le ton de sa voix, mais plutôt un certain dédain. L'amour que lui portait sa mère était déjà suffisamment oppressant pour ne pas en rajouter d'autre. Il se demanda même par quel miracle Adel n'avait pas déjà succombé d'étouffement.
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MessageSujet: Re: Le Labyrinthe des Cancres (PV)   Jeu 17 Jan 2008 - 15:22

- Oui, répondit Adel.

Il ne s'était pas attendu à ce que Casey lui réponde aussi facilement. Il évita de parler ouvertement de son père - Adel ne pouvait pas deviner le lien que faisait Casey - mais il répondit sans faire de manière. Pour lui rendre l'équivalence, le sixième année inspira un grand coup avant de s'obliger à rajouter quelques détails. Pour obtenir des autres, il faut donner de soi.

- Et encore, il en manque une. J'ai perdu ma sœur jumelle quand nous avions 12 ans.

Cela lui mit un coup au cœur d'en reparler mais sa voix ne marquait aucun atermoiement. Il y avait peut-être une année qu'il n'avait pas évoqué Mai-Lan et cela lui procurait plus d'étonnement que de douleur.

La côte s'était démontrée plus abrupte pour leurs mollets à mesure qu'ils la gravissaient. Le dénivelé par lesquels ils passèrent ensuite finit par devenir vraiment éreintant. Le pire, c'était qu'Adel était à peu près certain qu'ils étaient passés trois fois par cette même pente et cette même montée. Il cessa de marcher et s'assit sur un banc en pierre qui semblait avoir été placé ici depuis qu'il avait éprouvé le besoin de s'asseoir.


- Pourquoi avoir quitté Workingam pour venir à Londres? A cause de ton père? demanda-t-il après un long moment de marche. Il n'avait pas oublié ce que lui avait confié Casey bien qu'il mit plus de temps qu'il n'en faut pour poser la question suivante.

Il ne prit pas la peine d'expliquer la raison pour laquelle il refusait de marcher encore. Son regard bleu posé sur le Serpentard évinçait toute hypothétique explication. Casey était assez intelligent et observateur, il remarquerait lui aussi que le signe sur le mur d'en face était le même que celui qu'ils avaient rencontré sur le mur qu'il y avait avant l'angle de ce couloir-ci, et aussi le même que sur le mur précédent pour la simple et bonne raison, qu'ils tournaient en rond et qu'il s'agissait du même mur.

Pendant que son compagnon de route parlait, la marque rouge sur le mur se mit à dégager une petite fumée qui s'étira puis coula sur le sol derrière Casey, donnant l'impression de remplir une forme, une bouteille géante... Adel regardait silencieusement la forme se modeler, incertain du danger éventuel qu'ils encouraient quand, une heure plus tôt, il s'effrayait des bestioles improbables que le Ministère aurait soi-disant enfermées dans des trappes.

Lorsque Casey eut terminé et que le regard d'Adel ne se détourna plus de la forme étrange qui s'était transformée en fantôme, il dit en pointant son index par delà son épaule:


- Il y a le fantôme de Cédric Diggory qui veut nous dire quelque chose, Casey...

- Vous allez encore tourner très longtemps si vous ne vous décidez pas à vous intéresser à la marque rouge... elle ouvre la porte vers la salle des Miroirs, dit-il d'une voix lugubre.

La marque représentait un simple rond au milieu duquel deux autres cercles incolores de la taille d'une main aux doigts écartés étaient dessinés.


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Casey Call
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MessageSujet: Re: Le Labyrinthe des Cancres (PV)   Dim 20 Jan 2008 - 3:15

Casey aurait très certainement pu marcher encore quelques centaines de mètres avant qu'il ne se rende compte qu'Adel n'était plus à ses côtés. C'est lorsqu'il perçût sa voix légèrement plus éloignée qu'il se retourna pour constater que son cadet s'était arrêté sur un banc providentiel.

Fatigué par le chemin qu'ils venaient de parcourir, il n'objecta pas à ce que le sixième année fasse une pause. Casey fit alors demi-tour pour rejoindre son compagnon de fortune. Il savait pertinemment qu'en s'asseyant à ses côtés, la reprise allait être encore plus difficile avec des muscles ankylosés. Il préféra donc rester debout et répondit à sa question.

- Non, c'est à cause de mes grands-parents. A la mort de mon père, ils n'ont pas voulu que nous restions dans le manoir de leur famille. Ma mère a donc trouvé refuge chez ses parents avant de partir pour Londres pour chercher du travail.

Il s'étonna un moment du regard profondément captivé d'Adel sur son récit et comprit après que son intérêt était en réalité porté derrière son dos.

Il se retourna à l'évocation du nom de Cédric Diggory et ne put refreiner sa stupéfaction d'un pas en arrière.

Il regarda la silhouette du poufsouffle se dessiner alors que la main de Casey s'était instinctivement saisie de sa baguette magique. Même si contre un spectre elle aurait été d'aucune utilité, la sensation de la tenir pour le jeune homme avait quelque chose de rassurant.

Il écouta avec attention les conseils de Cédric et orienta son regard vers la marque présente sur le mur quand il l'a mentionna. Il l'avait bien entendu déjà remarqué auparavant, mais pour le Serpentard, elle n'était ni plus ni moins qu'un élément du décor.

Il resta silencieux, mais de sa main, il secoua sa baguette en direction de l'apparition pour lui demander implicitement de se décaler. Il aurait été paradoxal qu'elle se sente menacée, mais néanmoins, elle obtempéra.

Casey put enfin s'avancer et ayant précautionneusement attendu que les fumées résiduelles du fantôme de Diggory aient disparues. Le septième année avait pour sainte horreur d'entrer en contact avec celles-ci. Le peu de fois où cela lui était arrivé à Poudlard en traversant un fantôme par mégarde, la sensation qu'il avait perçu fut plus que répugnante.

Il observa quelques instants la figure et il se demanda si elle pouvait avoir une symbolique quelconque.

- Elle ouvre la porte vers la salle des Miroirs … C'est bien beau tout ça mais qu'est-ce que ça veut dire ? Qu'est-ce qui nous attend dans la salle des Miroirs si ce n'est d'être confrontés à nos images ? dit-il d'une voix exaspérée à l'intention de la silhouette de Cédric qui resta muet à cette question.

Casey patienta quelques secondes et, voyant que le fantôme n'était pas disposé à coopérer, il se remit à étudier la figure.

- Mais j'en sais strictement rien ! ajouta-t-il en regardant la marque comme si elle aussi pouvait lui répondre.

- T'as déjà mis les pieds dans un de ces foutus cours de Runes toi ? Ca veut peut-être dire quelque chose de précis … ?! dit-il à l'intention d'Adel d'un air médusé.
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Adel Iscarioth
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MessageSujet: Re: Le Labyrinthe des Cancres (PV)   Sam 26 Jan 2008 - 0:03

HJ: désolé, je suis un psychopathe en ce moment... besoin d'écrire.



Adel n’avait pas la moindre idée pour relayer d’une façon efficace ce que Cédric Diggory venait de leur confier. Il s’approcha de son camarade et de la marque sur le mur et commença à passer ses doigts sur le contour d'un des deux cercles identiques. Son expression impassible et tout à la fois absorbée par le dessin aurait pu le faire passer pour un autiste. Voilà maintenant qu’il plaçait sa main au-dessus de l’un des cercles, sans plus tâter le mur mais comme si l'épigraphe eut délivrée une chaleur ou un souffle qu’il aurait voulu bloquer de la paume de sa main. En fait, il examinait avec minutie la dimension des deux cercles encastrés dans le plateau du premier. Placé à hauteur de poitrine et d’épaule, les deux ronds ressemblaient à des clés qui actionnent les passages secrets. Comme celui de Finsbury, un vieillard qui habitait dans la maison voisine de Corbain, l’un des rares oncles d’Adel. Finsbury possédait un passage secret menant à Djim Lake City et qu’il avait un jour montré à Adel et Mai-Lan lorsqu’ils étaient enfants.

Depuis le début de la matinée de ce lointain été, en expédition contre les méchants Mengolums, les jumeaux s’étaient introduits par effraction chez leur voisin. Alors âgé de six ou sept ans, ils étaient persuadés que le vieux Finsbury cachait des Mengolums (et personne ne sut jamais ce qu’étaient des Mengolums) dans sa cave. Lorsque le vieillard les trouva coincés l’un et l’autre dans sa cave qu’ils avaient pénétré par une trappe en bois donnant dans le jardin, le frère et la sœur pleuraient à gros sanglots, paralysés par la peur et bien trop petits pour regagner seuls la trappe et sortir de leur geôle. L’homme dut user de beaucoup de patience et d’habileté pour qu’ils cessent de pleurer et qu’ils expliquent la raison pour laquelle ils s’étaient enfermés dans sa cave. Adel, qui n’avait toujours pas confiance dans le vieil homme, pensa lui mentir effrontément en pointant comme une injure son petit index sur le maître des Mengolums, lui criant qu’ils étaient venus découvrir la vérité sur son passage secret avant de le donner aux Aurors car c’était interdit de se frayer des chemins à travers la cave des autres. A ce moment-là, Adel trouvait que posséder un passage secret interdit par la loi du Ministère – il avait entendu dire quelque chose comme ça par les grands – était pire que de tuer des gens en manipulant les Mengolums.

Etonné, Finsbury avait écarquillé ses grands yeux fatigués cerclés de lunettes en se demandant comment les enfants avaient fait pour l’apprendre. Il leur fit alors promettre de ne rien dire à personne s’il leur montrait le passage secret en question, et surtout, s’ils arrêtaient enfin de pleurer. Les larmes cessèrent d’un seul coup. Mai-lan se leva la première et prit l’une des mains du vieillard, encore plus effrayée par le noir que par les Mengolums. Adel prit l’autre main, effrayé à l’idée qu’on puisse l’abandonner dans la cave et de devoir y rester seul sans sa soeur.

Bien entendu, les passages secrets n’étaient pas à proprement parler interdits. Les deux enfants avaient mal interprété la discussion des adultes mais le vieillard avait vu là une bonne façon de les intriguer et d’obtenir le silence. Il les amena à un mur semblable à celui devant lequel se tenaient à présent Casey et un Adel de dix ans plus âgé et orphelin de sa sœur jumelle.

Comme il l’avait vu faire par Finsbury à l’époque, Adel appliqua ses deux mains sur les deux cercles, espérant actionner l’ouverture du passage de Diggory. Rien ne se produisit. Il réfléchit sans partager le fruit de ses réflexions avec son coéquipier puis, soudainement, il prit la main gauche de Casey qui se tenait à gauche de la marque, et la posa sur le cercle qui était à gauche. Il posa sa propre main droite, lui qui se tenait à droite, sur le cercle de droite. Au moment où leurs deux paumes effleurèrent les marques une secousse légère du sol et une petite déflagration résonnèrent derrière la paroi de pierre sur laquelle, en miroir, face à face et yeux dans les yeux, les deux garçons appuyaient toujours sur les deux cercles qui s’enfoncèrent.




Le mur se fendit en deux et un passage s’ouvrit sous la forme d’une petite porte qu’il fallait passer en se penchant un peu et qui donnait sur une pièce immense au plafond de plus d’une trentaine de mètres de hauteur. Les lumières des torches éclairaient très peu autour d’elles mais leurs flammes bleues crurent dès que les deux garçons firent quelques pas à l’intérieur. Derrière eux se referma le passage sur le visage amène et content de Cédric qui les saluait d’un geste de la main.


- Des gens veulent vous voir... susurra-t-il avant que la porte se referme lourdement.

Un à un, à une lenteur étonnante et ne produisant pas le moindre son, des miroirs plus grands qu’un être humain se mirent à pleuvoir autour d’eux si bien qu’ils purent encore marcher dans la salle où aucune issue ne leur était visible sans pour autant risquer de se faire écraser par une glace. Incapables de trouver une sortie car cette pièce était d’une profondeur déconcertante, bientôt les deux adolescents furent cernés et durent se rendre à l’évidence: un nouveau labyrinthe s’était construit peu à peu autour d’eux. Celui-ci avait la particularité de refléter leur image par millier.

Le sixième année soupira et dut se résoudre à demander à Casey ce qu’ils devaient faire maintenant. Il éprouva un choc en se rapprochant de Casey - de l’image qu’il pensait être celle de Casey - mais qu’il sentit la surface froide et lisse d’un miroir.


- CASEY?!!!

Le visage de son associé le regardait de ses trois milliers d’yeux. Mais où était le vrai Casey?

Soudain, dans quelques uns des miroirs qui les entravaient, Adel reconnut un visage: Mai-Lan... elle avait encore douze ans presque treize. Le cœur d’Adel au galop ourdit les plans les plus mensongers pour accueillir sa naïveté dans les meilleures conditions. Il voulait croire en ce qu’il voyait. Il voulait le croire au point de mettre le bon sens de côté. Il avait besoin d’y croire. C’était faire mourir Mai-Lan deux fois de ne pas être persuadé de se trouver devant le reflet de sa sœur qui, comme Casey, devait forcément se trouver quelque part dans cette pièce saturée. Il ne pouvait pas en être autrement. Mai lui manquait tant. Adel n’écoutait pas la petite voix de la raison qui lui disait que c’était impossible. Impossible car Mai-Lan était morte. Non, Adel écoutait une autre voix. Son cœur faillit s’arrêter pour de bon. Elle lui souriait comme autrefois. Elle lui faisait signe de s’approcher:


"Trouve-moi, Del" gloussa-t-elle en changeant de miroir. Spontanément et le cœur en alerte, Adel oublia Casey et commença à chercher sa sœur qui se jouait de lui en passant de miroir en miroir. Plusieurs fois le Serpentard se cogna piteusement contre les surfaces rigides mais son désespoir conjugué à l’ambition si vive d’atteindre sa sœur était plus forts que la douleur d’une bosse ou des écorchures. Dans sa folie, il oublia le Labyrinthe, il oublia Casey. Courant, tombant, se cognant, pleurant, frappant rageusement de ses poings oiseux les miroirs qui se brisaient puis qui se reconstruisaient dans la seconde, le punissant de sa vanité en entaillant profondément les avant-bras qui avaient osé les défier.

Epuisé, les bras sanguinolents et sans savoir combien de temps il avait divagué, le sixième année se rendit compte qu’un autre visage les observait. depuis combien de temps?

Adel ne pouvait le reconnaître et il est fort probable que Casey, quel que soit le reflet derrière lequel il se trouvait en réalité à cet instant, éprouvât d'abord la même indifférence. Pourtant, en y regardant bien, leurs traits similaires ne pouvaient pas les tromper: il s’agissait du père de Casey.

Les deux fantômes plus vrai que nature et les deux adolescents étaient tous multipliés à foison dans ces miroirs traitres et labyrinthiques:


- Casey!!! cria-t-il en se laissant glisser en position assise contre un des miroirs qui reflétait Mai-Lan, Casey... qui, qui c’est...? c’est ton...?

Mai-Lan jouait à la corde à sauter dans ses miroirs en chantonnant "trouve-moi, Adel, trouve-moi, et je te laisserai tranquille" et le père de son camarade, restait droit et semblait les regarder en attendant qu’on s’adresse à lui.


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MessageSujet: Re: Le Labyrinthe des Cancres (PV)   Sam 26 Jan 2008 - 2:34

HJ : J'aime beaucoup quand t'es psychopathe :)

Casey ne pensait et n'entendait déjà plus Adel. Son corps était raide. Ses muscles crispés. Sa main fermement refermée sur sa baguette qu'il tenait toujours. Son regard, quant à lui, était scellé sur le visage de l'inconnu présent devant lui. Sa mâchoire contractée commençait à lui provoquer des douleurs que son esprit ne percevait pas. Il était à présent à cent lieux de cet endroit. Il était chez sa mère, à Londres, face à une photographie animée présente dans leur salle à manger. C'était le même visage que cet inconnu qui souriait à sa femme, récemment mariée, puis à l'objectif. L'inconnu avait à présent une identité … Une histoire. Celle de son père.

Casey ne pouvait pas bouger. Il ne pouvait pas déterminer et analyser tous les sentiments qui le parcouraient, face au reflet stoïque de son père. Pour le jeune homme, les secondes, les minutes et les heures avaient dû s'écouler avant qu'il ne puisse sortir de sa glaciale stupéfaction.

Il put enfin quitter son père des yeux quand il baissa la tête. Il la secoua légèrement de droite à gauche en signe de profonde incompréhension. Une seconde pulsion lui permis enfin de pouvoir retourner aux saphirs si similaires aux siens.

- Pourquoi lui avoir fait ça. finit-il par dire d'une voix engourdie.

Son père resta silencieux et toujours inexpressif. Son regard était planté dans celui de son fils et Casey ressentait presque sa présence à l'intérieur de lui, lisant ses pensées, cherchant tous les détails possibles et inimaginables pour découvrir un enfant presque jamais connu.

- Pourquoi l'avoir laissé toute seule, réitéra finalement le jeune homme en affinant ses pensées.

Albor Call lui sourit alors faiblement, ou tout du moins Casey le croyait-il, mais au plus profond de lui, il en était convaincu, il pouvait le percevoir, même s'il lui aurait été impossible d'expliquer par quel lien ou par quelle magie comment cela était devenu réalisable.

Le sourire s'intensifia, se figea quelques secondes avant que le fils entende, pour la première et très certainement la dernière fois, la voix de son père.

"Parce que je vous aime."

Elles naquirent instantanément. Puis grossirent pour enfin sillonner sa joue.
Des larmes d'affection qui prirent leur source d'un sentiment encore jamais extériorisé. Si longtemps retenues, elles brulèrent sa peau et marquèrent d'une trace indélébile son âme.

Plus qu'il ne l'était déjà possible, ses muscles se contractèrent, mais la douleur physique laissait gracieusement sa place à une blessure plus ancienne et plus profondément destructrice.

- Non. murmura-t-il en baissant à nouveau la tête.

De nouveaux sentiments emplirent son esprit. La colère devenait rage et la stupéfaction était à présent un vertigineux trou noir dans lequel le jeune homme tombait inexorablement.

Sa main droite, qui tenait sa baguette, se mis à trembler. On aurait pu croire que sa joie de retrouver un être cher luttait avec l'accumulation de ses troubles les plus encrés. Puis, son bras tressaillant se leva pour pointer maladroitement l'apparition à l'origine de tout.

- Tu n'avais pas le droit de lui faire ça. dit-il dans un souffle.

Casey aurait été incapable de dire si c'était lui-même qui était à l'origine du sortilège qui percuta le miroir.

La silhouette de son père gondola puis implosa dans un souffle. Le jeune homme ressentit la chaleur de la déflagration, tout comme les morceaux de verre qui entaillèrent des parties de son corps. Il resta néanmoins debout avec la même rigidité, ne cherchant pas à se protéger. Les larmes avaient définitivement cessé de couler quand il crut s'être débarrassé du fantôme, qui secrètement avait hanté plus d'une de ses nuits.

A nouveau, son père lui réapparu dans un autre miroir. Les expressions de son visage étaient implorantes, mais ses gestes toujours limités.

"Je sais que tu m'en veux, reprit-il avant que son reflet disparaisse dans le nuage argenté d'un nouveau miroir brisé, mais cela devait se passer ainsi." ajouta-t-il dans une troisième apparition.

- Tu nous as abandonné ! répliqua Casey dans une détonation qu'il était cette fois conscient d'être à l'origine.

"Jamais je ne vous oublierai."

A bout de force, Casey ne put plus soutenir ses muscles et tomba à genoux. Tout son poids écrasait sa baguette de sa paume. Son regard était rivé sur le sol, puis, une larme s'y écrasa. Le jeune homme, pour la première fois, réalisa qu'il était en train de pleurer.

L'image de sa mère lui apparu alors à l'esprit. Il ne savait pas pourquoi, mais elle souriait. Elle semblait être heureuse d'une vie que lui avait plus dû endurer que profiter. Il ferma alors les yeux et rejoint ensuite sa mère pour la serrer dans ses bras. Ce contact, qui ne se faisait que dans un imaginaire très éloigné de la réalité, se précisa lorsqu'il ressentit une douce chaleur s'insinuer en lui. Il s'écarta de sa mère et tous deux purent voir le mari et le père, la main posée sur le dos de son fils, en train à son tour de leur sourire.

La voix d'Albor, qui allait résonner ensuite dans le labyrinthe, ne le ramena pas au moment présent immédiatement.

"Dis lui que rien n'est de sa faute … et que je l'aime … que je vous aime … tous les deux mon fils."

Ce mot si simplement prononcé lui fit verser à nouveau une larme qui en entraina d'autres.

Longuement, les minutes s'écoulèrent jusqu'à ce que ce sentiment de bien-être réconfortant s'amenuise pour ne devenir qu'une douceur. Les larmes se séchèrent, et lorsque les yeux rougis du jeune garçon se reposèrent à nouveau sur le miroir, il ne put constater que son propre visage marqué par la difficile épreuve qu'il venait de subir. Telle une punition, il devait subir les tourments de l'esprit face à la disparition d'un père. Un moment qu'il n'avait pu subir au moment précis de sa mort.

Il crut ensuite qu'il revenait à nouveau à lui quand une autre voix se répercuta sur les surfaces lisses qui l'entouraient, mais ce n'était que celle d'Adel.

Cette action avait eu pour effet de lui rendre conscience de la situation. Il se rappela avoir été enfermé dans ce labyrinthe et d'y être accompagné. Péniblement et fébrilement, il parvint à se remettre debout, mais les quelques pas qu'il fit ne purent être soutenu trop longtemps pour lui faire explorer les lieux alentours. Au lieu de cela, il s'adossa contre le plus proche miroir et ferma à nouveau les yeux pour tenter de retrouver une certaine sérénité.

Son prénom, porté à plusieurs reprises par la voix de son compagnon, venait perturber inlassablement le souvenir récent du visage de son père.

- Je t'ai entendu Iscarioth ! Arrête de hurler ! répliqua-t-il exaspéré.

Il n'entreprit pas la recherche de son compagnon. Sur l'instant, Il n'en avait pas suffisamment la force et, sa raison ayant repris en partie le dessus, il ne voulait pas que son confrère de maison le découvre dans un tel état de faiblesse, très certainement encore perceptible sur son visage.
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Adel Iscarioth
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MessageSujet: Re: Le Labyrinthe des Cancres (PV)   Dim 27 Jan 2008 - 20:01

HJ: Sado.

Hurler? Dans cet endroit, les voix portaient et résonnaient dans un écho aussi infini que les reflets de ces miroirs. Mais Adel ne hurlait plus, n’appelait plus. Sa voix était tassée dans sa gorge sèche. Il avait eu du mal à prononcer sa question auprès de Casey. Il s’était inquiété car il avait entendu des bris de vitre tomber au sol, suivi du son qu’il connaissait bien maintenant d’un miroir qui se reforme de lui-même. Hurler, alors? Non. Plus depuis un moment... Malgré le ton pour le moins hostile de son compagnon, Adel fut rassuré qu’il soit toujours là et en vie. Peut-être était-il moins amoché que lui. Il n’aurait pas apprécié d’annoncer à la mère de l’élève de septième année la perte de son fils:

* Encore faudrait-il que je sorte de là... *

Cet aplomb ironique ne dura que le temps de s’apercevoir que Mai-Lan était toujours face à lui, jouant à la corde à sauter et le priant de sa voix angélique de la trouver, que tout cela n’était qu’un jeu. Cela faisait longtemps qu’ils n’avaient plus joué alors pourquoi se faisait-il prier?

- Jouons Adel, le priait-elle, Je ne t’ai pas manqué?
- Si, biensûr, tu m'as manqué... tu me manques terriblement...
- Je le sais et toi aussi tu me manques... nos jeux, notre chanson me manquent. C’est dur, hein?
- Oui...
- Trouve-moi.
- Mais je ne sais pas où tu es,
dit-il, la voix brisée de désespoir.

Mai-Lan commença à chantonner la chanson qu’elle jouait si bien au piano quand ils étaient enfants. Dans ses digressions, Adel psalmodiait les paroles pour l’accompagner. Envhi d'images qui l'étouffaient.




Spoiler:
 

C’était leur chanson alors que leur père venait de mourir. Mai-Lan s’était montrée d’une force morale prodigieuse insufflant en Adel sa résistance pour le soutenir. Assis côté à côté dans le salon, il leur arrivait souvent de pianoter. Mai jouait remarquablement. Adel, malhabile, n’avait pas cette facilité, il savait chanter seulement, mais il préférait l’écouter bien qu’il connût les paroles par cœur.

Elle interrompit sa chansonnette et s’assit au bord du miroir en le dévisageant mécontente.


- Tu pleures, Adel?
- Non,
mentit-il.
- Pourquoi tes yeux sont mouillés?
- Ils sont restés ouverts trop longtemps.
- Tu ne pleurerais pas sans me dire pourquoi, j’espère?
- Non, Mai-Lan.
- Je te fais confiance, hein...?


Elle se remit debout chantonnant et jouant à la corde à sauter. Adel aurait pu rester des heures et des heures adossé au miroir à la regarder jouer. Le sang qu’il perdait commençait à le vider de son énergie. Il le savait mais il ne se débattait pas avec l’issue fatale. Il aurait bien sombré. Il ne se l’avouait pas ostensiblement mais sa terrible léthargie dissimulait sa secrète envie de se vider complètement de son hémoglobine pour mourir sereinement et entrer dans les miroirs avec elle. Tout serait alors tellement plus simple.

- Où es-tu, si loin? délira-t-il, les paupières fermées.
- Adel, tu dors? demanda la voix enjouée et enfantine de Mai-Lan.
- Oui, je dors un peu. Ensuite, je vais te trouver.
- Comment vas-tu me trouver si tu ne me cherches pas vraiment?


Il ne répondit pas mais ouvrit sur elle des yeux enfoncés au milieu de son visage exsangue. Il sourit à sa sœur de l’air de dire qu’il allait la surprendre. Il avait trouvé un moyen infaillible.

- Adel, je t’interdits! le morigéna-t-elle. S’ensuivit une litanie de sermons et de réprimandes. Il saisit sa baguette et adressa un silencio à la glace. Le sort rebondit et ne provoqua rien. La baguette, au moins lourde comme un tronc d’arbre, tomba sur le sol et roula au pied de l’un des reflets. Mai-Lan criait et pleurait qu’il était sot et qu’il ne comprenait rien.
- Tu es buté, Del! Tu ne sais regarder qu’un côté du miroir! Tu me fais mal si tu meurs! Tu me brises! Del, Del! Si tu meurs comment, je vis?
- Mais tu es déjà morte, Mai!!! dit-il en lâchant un sanglot qu’il essaya de rattraper vainement au vol. Il ne contrôlait plus sa gorge. Elle le brûlait, d’ailleurs. Il y avait un chaudron entier dans cette gorge gonflée.
Non, Adel! Non, non, non! Je suis vivante! C’est toi qui m’oublies! J’ai toujours été là! Là! Ouvre les yeux Adel! Regarde-moi. Je suis là...

A contre coeur, le Serpentard ouvrit ses lourdes paupières. Sa tête délirante, les fourmis dans le bout de ses pieds, les insectes invisibles qui arrachaient puis digéraient la chair de ses avant-bras, il se sentait pourrir... rien de ces sensations ne le trompait: il mourait et c’était tant mieux.

- Non, pleurait-il désormais sans plus de retenue, tu es dans ce foutu miroir.

Puis, il comprit ce qu’elle pointait de son index pugnace et déterminé. Sa cage thoracique. Son cœur caché sous la robe de sorcier ensanglantée. Adel secoua faiblement la tête en signe de dénégation. Non. Ce n'était pas assez. Elle n'était pas là, il ne sentait plus sa chaleur. Etre dans le coeur n'était en rien une compensation dont il pouvait se satisfaire. Il secouait sans force son visage mormoréen fendu par des entailles rouges.

- Si, insista-t-elle au bord des larmes en lui souriant avec tendresse, je suis là. Ca a toujours été la meilleure place, Adel, et je n'en ai jamais bougé. Je suis là. Là.
- Tu me manques tant...
- Je sais, je t’aime.
- Je sais.
- Lève-toi, je t’en prie...
reprit-elle plus obligeante en appuyant ses deux mains contre la paroi du miroir où elle se trouvait, je veux que tu te souviennes, que tu vives avec moi dans ce cœur brillant. Je veux que tu l’ouvres ce cœur parce que je veux être libre de pouvoir en sortir de temps en temps pour embrasser maman à travers tes grands yeux bleus... je veux rougir avec toi quand Joséphine t’embrasse, je veux te voir sortir d’ici parce que je veux revoir maman, Lana, Ida et les autres. Adel, appelle ton ami... Ce n’est pas être faible de demander de l’aide. Elle t’aidera, Jo, il t’aidera, Casey, elles t’aideront toujours, maman, Win, et les autres. Lève-toi maintenant Adel.

Ses larmes ne coulaient plus. Il avait l’impression que sa tête était prise dans un étau et que le sol se dérobait sur ses pieds quand il essaya de se lever en s’appuyant sur le miroir.

- Cas... essaya-t-il une première fois d’appeler sans que sa voix ne porte. Casey! hurla-t-il vraiment. Un hurlement déchirant. Des miroirs vibrèrent. Voilà ce qu’était crier. Et c’était le dernier cri. Ses dernières forces. Aide-moi, Casey, murmura-t-il en retombant.

- Adieu, Del... on ne s’était pas dit adieu comme il faut, pas vrai? J'en suis terriblement désolée...
- ' t’aime...
- Je sais. Wink


Mai-Lan lui sourit et lui murmura "merci" avant de disparaître, elle, et tous les miroirs qui les entouraient. Ils repartirent vers les ténèbres d’où ils étaient venus, s’envolant avec légèreté et grâce.

Adel gisait sur le sol. Il se raccrochait à n’importe quelle sensation, à n’importe lequel de ses sens qui le tenait encore en vie le temps que le septième année vienne vers lui. Il gardait les yeux ouverts sur le plafond noir et les miroirs mobiles. Il répertoriait les endroits de son corps qu’il sentait encore. Il écoutait des vibrations sur le sol froid et carrelé. Ses oreilles bourdonnaient mais il entendait. Il comptait les pas de Casey, ça lui donnait à s’occuper l’esprit.


- Pour donner tord au Ministère, j’espère que tu connais un sortilège pour arrêter l’hémorragie, essaya-t-il de blaguer quand il sentit son acolyte s’approcher.

Il ne savait même pas s’il avait parlé ou seulement pensé. Si un mot s’était effectivement détaché de ses lèvres. Mais il fut soulagé quand il sentit enfin Casey près de lui et que, lui accordant toute confiance, il ferma les yeux doucement pour s’endormir, persuadé dans sa dernière vision d’avoir vu une large porte de pierre s’ouvrir à l’autre bout de la salle, déversant sa lumière froide et blanche dans l’immense hall qu’ils venaient de vaincre.


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MessageSujet: Re: Le Labyrinthe des Cancres (PV)   Mar 29 Jan 2008 - 2:58

Hj : Toi même.

La disparition des miroirs, qui constituaient leur prison face à des souvenirs traumatisants, avaient fait perdre à Casey son mur de soutien. Il tomba avec surprise à la renverse et amorti le choc comme il le put, en protégeant tout d'abord sa tête. Une fois qu'il comprit ce qu'il venait de se produire, il resta allongé et appliqua ses deux mains contre son visage pour retrouver ses esprits.

Le grincement qu'il entendit ensuite signifiait que les deux jeunes hommes avaient réussi leur épreuve. Lentement, il tourna la tête vers la source du bruit et aperçu une porte se dérober pour laisser place à un faisceau de lumière blanche. Elle avait quelque chose de très attirant pour le jeune homme, mais à la fois inexplicable. Même si, jusque là, il avait plutôt été hésitant dans leur progression, une intime conviction lui assurait que ce chemin était celui de la rédemption ultime que souhaitait le Ministère. Il était certain de devoir y aller, et rapidement. Ses blessures n'avaient plus aucune importance. Plus rien n'avait d'importance. Beaucoup de sentiments et de sensations traversaient le jeune garçon, allant d'une brulante envie à découvrir ce qu'il y avait au-delà de cette porte, jusqu'au fait qu'il soit convaincu que la douce voix qui s'en émanait était celle de la liberté.

Littéralement hypnotisé, il se remit debout et, d'un pas assuré, se mit à marcher en direction de la porte. Ne quittant pour rien au monde les halos de lumière. Il perçut la voix d'Adel sans aucune difficulté, mais une certitude lui confiait de ne pas s'en soucier, qu'il avancerait beaucoup plus vite seul et qu'Adel n'était ni plus ni moins qu'un obstacle face à ce qu'il désirait le plus : faire face à la lumière.

Puis, une autre voix, plus discrète celle-ci, s'éleva à l'intérieur de lui. Elle lui disait qu'Adel, tout comme lui, avait gagné le mérite de connaître les lieux au-delà, qu'il avait lui aussi réussi cette épreuve et surtout, qu'il aurait peut-être besoin de lui plus tard.

Les thèses et les antithèses se succédèrent jusqu'à ce que Casey ne puisse plus faire un pas de plus. Ses yeux figés parvinrent à quitter le puissant attrait qu'ils avaient trouvé. Il les ferma, puis détourna la tête pour les rouvrir sur le corps étendu de son camarade.

Decrescendo, les voix de sirènes qui émergèrent de cet Autre Monde disparurent et le Serpentard pu enfin se rendre compte qu'Adel avait besoin de lui. Sans résistance cette fois, il put rebrousser chemin, avec néanmoins un gout amer de déception.

Il resta debout quelques minutes. Devant lui, il regarda le corps de son camarade et une furtive pensée s'en alla pour Mark Resnald, à qui il avait, il y a de ça plusieurs mois, donné quelques rudimentaires soins. Sans un mot, il s'agenouilla, puis commença quelques pratiques médicomagiques. Un à un, il prit les poignets de son cadet et ferma du mieux qu'il pût les plaies sanguinolentes. Le résultat était pour lui satisfaisant, mais Adel avait dû perdre suffisamment de sang pour ne pas sentir immédiatement les bienfaits de ses actions.

- Réveilles-toi Iscarioth ! dit-il d'une voix rompant le silence.

Il accompagna ses paroles d'une claque soigneusement dosée pour redonner des couleurs au jeune homme. Après ce geste anodin pour Casey, il passa sa baguette magique sur certaines parties de son corps pour les soigner. Il remarqua d'ailleurs que l'une de ses entailles à l'avant-bras laissera irrémédiablement une fine cicatrice blanche, ce qu'un médicomage expérimenté aurait sans nul doute pu éviter.

- Ouvres les yeux et assieds-toi, ça facilitera la circulation sanguine.

L'anémie qui s'était emparée d'Adel était temporaire mais inquiétante. S'il existait des sortilèges pour apporter à nouveau du sang à un sorcier, Casey n'en avait pas la connaissance. Au lieu de cela, il préféra rester près du jeune homme pour lui concéder suffisamment de temps afin qu'il se remette d'aplomb. Par moment, Casey ne pouvait s'empêcher de regarder avec insistance en direction de leur prochaine étape, mais parvenait à ne pas écouter les voix qui l'incitaient à y pénétrer sans attendre.

- Alors Iscarioth ? Qui est-ce qui a bien pu te mettre dans un état pareil ? l'interrogea-t-il d'une voix légère.

Même si ses pensées allaient encore par moment au visage de son père, le septième année se surprit lui-même de son effroyable capacité à enfouir à nouveau ses émotions. Puis, pour passer le temps et se donner une attitude décontractée, il enlaça ses genoux de ses bras.
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MessageSujet: Re: Le Labyrinthe des Cancres (PV)   Mer 30 Jan 2008 - 16:06

Adel sentit qu’on manipulait son corps. Parfois une flambée piquante s’abattait sur son bras, parfois il sentait une chaleur langoureuse entourer sa chair.

- Alors Iscarioth ? Qui est-ce qui a bien pu te mettre dans un état pareil ?

Il sourit faiblement et du bout des lèvres:

- J'ai rêvé un peu trop fort...

Il s’endormit en entendant la voix de Casey et celle d’une autre personne qui narrait une histoire ou qui déclamait un chant lyrique. Il n’en sut rien. Il s’endormit pour de bon.



star star star



Peut-être qu’une nuit passa. Il ne savait pas. Il ouvrit les yeux sur la pièce sombre fendue en son milieu par une colonne lumineuse. La porte était toujours ouverte. Adel crevait de faim. Ce fut d’ailleurs ses premiers mots avant de tâcher de se redresser.

- Je crève de faim.

Il se tourna vers Casey, regarda ses bras pratiquement cicatrisés et offrit à son compagnon un regard emplit de gratitude. Juste le regard. Pour les mots, Adel n’était pas encore guéri de son manque de loquacité.

Il se releva et tituba sur quelque pas. Sa robe était dégoûtante et il était peu motivé par une série de récurvite qui n’ôteraient que la saleté du vêtement mais pas les déchirures, ni même l’impression de n’être qu’un tas de crasse.

Et pour leur deuxième jour dans l’étrange Labyrinthe des Cancres, pour la première fois les besoins de la vie civilisée se firent sentir.

Bien qu’il n’eût suivi qu’un cours sur deux en métamorphose, Adel savait qu’il était impossible de créer de la nourriture. Après plusieurs accio d'une vanité humiliante, il se résolut à croire qu'il leur en faudrait trouver. Le Ministère ne projetait tout de même pas de les affamer... si?

Dans son visage, toutefois, Casey gardait une expression étrange qui confinait presque à la folie. On l’aurait dit possédé... ou... Adel n’aurait su le dire. Il le dévisagea longtemps avant de lui demander, avec réserve:


- Ca va...?


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MessageSujet: Re: Le Labyrinthe des Cancres (PV)   Jeu 31 Jan 2008 - 2:14

Alors qu'Adel avait trouvé le sommeil, Casey, lui, était resté assis en tailleur toute la nuit, à répéter, invariablement le même geste compulsif. Avec sa baguette magique, il frottait le sol qu'il y avait devant lui à la manière des pauvres hères Moldus, cherchant désespérément à domestiquer le feu. Son mouvement était accompagné par son corps, qu'il balançait automatiquement d'avant en arrière.

En l'observant de plus près, on aurait pu remarquer que ses lèvres remuaient légèrement et que ses iris semblaient être vidés de toute leur substance. Casey paraissait être en train de réciter inlassablement les mêmes paroles rythmées à la manière d'un chant.

En temps normal, il arrivait parfois au Serpentard d'oublier son compagnon, mais cette fois-ci, il lui fallut un temps considérable avant de réagir à l'interrogation du jeune homme.

Comme s'il y avait un décalage entre la réalité et les gestes du garçon, Casey cessa abruptement tout mouvement. Le regard toujours figé sur un rituel qu'il ne produisait plus. Enfin, il finit par se lever.

- Elles ont raison tu sais ? répondit-il d'une voix lointaine.

Au moment où ses yeux se tournèrent vers Adel et se révélèrent à la Lumière, quiconque aurait immédiatement réalisé qu'ils étaient injectés de sang. C'était comme si le septième année n'avait pas ciller une seule fois durant la nuit.

- J'ai mis longtemps à les comprendre, mais maintenant, je sais qu'elles ont raison ! surenchérit-il d'une intonation plus ponctuée.

- Comment imaginer penser le contraire ! dit-il comme s'il prêchait un converti.

Enfermé dans une rengaine, il se mit à faire les cent pas, la tête baissée, mais discourant néanmoins comme s'il y avait toute une foule autour de lui.

- Elles l'expliquent très clairement ! Les voix sont là pour nous guider au travers l'Obscurité, appuya-t-il sa phrase d'un ton convaincu. Tout se recoupe ! La volonté du Seigneur devient, comme elle ne l'a jamais été, réalisable ! Il a entièrement raison ! Salazar lui aussi avait raison ! Cela ne fait plus aucun doute !

Comment pourrions-nous mettre le monde entre les mains des Incultes ! Pourquoi devraient-ils tout contrôler ? Pourquoi est-ce à nous de nous cacher face aux Autres ?

Les voix ont la réponse ! … Il n'y a PAS de réponse !
ajouta-t-il avec le sourire d'un aliéné.

- Tu comprends Iscarioth ? dit-il en rompant sa marche et en se rapprochant rapidement de son cadet, à un tel point que leur visage se touchait presque. Il n'y a PAS de réponse, car il n'y a PAS de raison ! termina-t-il en reprenant un peu de distance.

Ses yeux étaient à présent étincelants. La lumière au-delà de la porte s'y réfléchissait parfaitement. Puis, dans un geste de surprise, il appliqua ses deux mains contre sa bouche pour y étouffer un petit rire mesquin.

- Pas de raison. murmura-t-il entre ses doigts.
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MessageSujet: Re: Le Labyrinthe des Cancres (PV)   Jeu 31 Jan 2008 - 23:32

- Call...?

Premier essai pour établir la communication avec la planète Call, infructueuse.

* D’accord pépère. Nous avons un gros problème, tu es complètement cinglé. *

Affichant un regard abasourdi, Adel hésitait à gratifier son compagnon de route d’une bonne paire de claques pour lui rendre les idées claires mais il douta que ça ne lui fasse plus de bien à lui qu’à l’inepte septième année.


* Ils sont franchement hardcore à la BRIME. *

Adel se gratta le haut du crâne en tournant autour de Casey. L’air de rien, il s’en écarta à chaque pas qu’il marchait, des fois que sa maladie soit contagieuse.

- Call... testa-t-il au milieu de son soliloque mais sans plus de succès.

Adel avait faim. La perte d’autant de sang et les mésaventures de la veille l’avaient creusé. Or lorsqu’il avait faim, Adel était moins débonnaire, un tantinet fielleux. Il empoigna solidement son camarade au niveau du bras et le traîna jusqu’à la sortie où il put constater que durant sa perte de conscience quelque chose était arrivé à Casey. Il avait le regard vide, les yeux comme des cerises et il récitait ses cantilènes insondables.


* Hun? Pas de raison et pas de réponse? Oui, oui, oui, parfaitement. Givré. *

Regardant autour de lui, Adel se rendit compte qu’ils se trouvaient de nouveau en extérieur, le soleil au zénith indiquait qu’il devait être midi. Les parois du Labyrinthe étaient redevenues des branchages et d’épais arbustes. Adel sauta sur place et le plus haut qu’il put pour examiner les alentours au-dessus de la haie. Nulle part il ne vit le Château. Il n’y avait que l’architecture du labyrinthe mais il ne parvint à distinguer au loin qu’un majestueux baliveau où il pensait avoir discerné des tâches de couleur. Il espérait que ce fut un pommier ou un arbre à fruit quelconque.

Il cessa de gesticuler et revint vers son aîné pour jauger l’état de ce dernier.


- Caz, faut avancer... on doit trouver à manger, tu me suis? Je comprends rien à tes trucs... T’es pâle comme la toge de Merlin... faut reprendre des forces. Casey, t’es sur quelle planète, là?


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MessageSujet: Re: Le Labyrinthe des Cancres (PV)   Mer 20 Fév 2008 - 4:17

Les paroles de son cadet furent mises de côté par son inconscient. La seule chose qui importait maintenant le jeune homme était le moment où celui-ci allait quitter la salle des miroirs pour, enfin, pouvoir bénéficier de la douce chaleur de la vision qu'il s'était fait de l'au-delà des portes.

Tout son corps était en émoi. Il y avait à la fois de la peur mêlée par une incommensurable vague d'excitation à pouvoir répondre à la volonté des voix qui l'avaient assailli durant toute la nuit.

Néanmoins, le bras d'Adel lui apportait une grande aide dans sa démarche qui devait toutefois être hésitante. Une infime partie de sa conscience, quasiment annihilée par le reste de ses pensées, savait qu'au passage de ses portes se trouvait la dernière épreuve du Labyrinthe et tout portait à croire qu'il s'agissait de la pire.

Le jeune homme aurait été incapable de dire dans sa folie combien de temps les deux garçons avaient mis pour parcourir la dizaine de mètres qui les séparait de la Lumière. Pour son être perturbé et fatigué, toutes notions, toutes proportions avaient dorénavant quitté la réalité. Pis encore fut le moment où ils finirent par passer la porte.

La lumière était aveuglante. Ses yeux plongés dans une obscurité depuis un long moment durent s'habituer et, seulement après, le décor commença à s'esquisser pour laisser entrevoir des brides de cet autre paysage.

De larges murs formaient les contours d'un nouveau labyrinthe. Le marbre blanc poli participait, avec une lueur diffuse immaculée, à donner à l'atmosphère un sentiment de profonde plénitude. Le sol était recouvert de carreaux dans une même matière, mais leur couleur noire, séparée par des fines jointures dorées, s'harmonisait parfaitement avec le reste.

Il aurait été vain de tenter de chercher une sortie depuis l'endroit où les deux Serpentards étaient. Les murs étaient trop hauts pour leur permettre d'entrevoir quoi que se soit.

Cette impression s'était insufflée naturellement à Casey, pour le simple et bonne raison qu'il savait déjà où aller.

Il fit quelques pas, l'air attentif comme s'il tentait de comprendre les paroles d'un interlocuteur invisible. Puis, à nouveau convaincu d'être seul avec la chose qu'il devait trouver dans ce labyrinthe, il se mit à avancer de quelques pas encore, un peu plus rapidement cette fois-ci. Comme piqué au vif, il transforma son attitude hésitante en une marche rapide, puis en une course.

Il parcouru à grandes enjambées le long couloir et trouvait instinctivement les directions qu'il devait prendre lorsqu'il était confronté à un choix. Ayant encore une fois oublié la présence de son compagnon, qu'il avait pourtant veillé une bonne partie de la nuit, Casey n'avait donc pas conscience si Adel était ou non en train d'essayer de le suivre. La seule chose qui importait pour le jeune homme était de trouver ce que les voix n'avaient cessé de lui promettre. Et le septième année était convaincu d'y parvenir, car il avait avec lui ses fidèles alliées qui le guidaient à la perfection jusqu'à la cible ultime.


Dernière édition par Casey Call le Mer 20 Fév 2008 - 4:26, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: Le Labyrinthe des Cancres (PV)   Mar 26 Fév 2008 - 18:22

* Bouse... *

Visiblement, ce n’était pas tout de suite qu’Adel allait pouvoir manger. Ce qui ne manqua pas de le jeter dans une humeur abominable.

Call courait à travers le Labyrinthe, comme s’il en connaissait l’architecture. Tournant sans hésiter après certains angles. Longeant les murs puis s’en écartant soudainement. Ce qui lui permit accessoirement d’éviter de nombreux pièges dressés par la BRIME laborantine qui testait sur eux leur joujou grandeur nature.

Le septième année ne donnait aucunement l’impression de réaliser les dangers qu’il leur faisait traverser. Il ne sursauta jamais à l’apparition des étranges créatures étêtées qui les poursuivait ou lorsqu’une Acromentula les évita de peu lorsqu’elle cracha sa toile d’un jet salivaire visqueux.

Toujours au pas de course et la baguette dégainée qui lançait de temps à autre un sortilège pour écarter les dangers révélés par Casey, Adel suivait. A sa mémoire, il n’avait jamais utilisé autant de sortilèges en un temps si concentré. Aussi bizarre que ça puisse paraître, cela le grisait. Il passa en revue quasiment tous les maléfices qu’il ne s’était jamais autorisé auparavant et testa ceux qu’il avait appris avec Enym Merwick. Il put ainsi démembrer un mur entier de pierres blanches et le rabattre en une petite montagne sur les têtes ahuries et grincheuses d’une horde de Pitiponks. Quand il raconterait ça à Max! Il énucléa avec fierté cinq nains de la taille de négrilles qui menaçaient leurs mollets de leurs lances enflammées. Accueil sympathique quand ils abordèrent un dernier gros virage. Si le plus jeune des Serpentard avait bien compté, chacun avait six yeux. Adel brailla son bonheur de leur en arracher jusqu’à trois à chacun.


- Caaall, ralentis, tu as un œil collé au pantalon!



Leur course effrénée arriva à terme. Casey ralentissait.
Le temps hivernal avait laissé la place à un soleil d’été qui brillait au-dessus d’eux.
Cette fois, Adel n’en pouvait plus.
Il était arrivé dans un jardin semblable à l’Eden où cinq jeunes personnes d’une indicible beauté prenaient un bain dans un bassin de marbre.
Plus loin des arbres fruitiers aux couleurs chatoyantes attirèrent irrémédiablement l’intérêt d’Adel.
Les cinq êtres merveilleux chantaient et parlaient des musiques dont il ne comprenait pas la langue... il y avait deux filles et trois garçons de leurs âges.
D’un pas hésitant, Adel s’approcha d’eux. Ils ne le voyaient pas. Ne faisait pas attention à lui. Ils n’avaient d’yeux que pour Casey qui paraissait hypnotisé par leur chant.


- Call, ne t’approche pas, lança Adel avec méfiance.

Ce dernier était sourd au conseil. Très bien. Aux grands maux, les grands remèdes. Adel jeta un stupéfix à son compagnon... le sortilège rebondi misérablement sur lui, comme si un bouclier invisible le protégeait. Lorsqu’il essaya de s’en approcher, une main le retint. Adel se retourna furieux vers la Nymphe qui avait posé la main sur lui mais quand il se tourna vers elle...


- Bouse! Joséphine, qu’est-ce que tu fais là? s'inquiéta-t-il de découvrir qu'on l'avait elle aussi jetée dans cet infernal endroit.

Hum... mais s'il regardait bien, il découvrirait vite que ce n’était pas Jo. Elle était bien trop nue pour être Jo. Elle était pourtant la réplique parfaite de sa petite amie. Ses cheveux étaient plus longs et lui tombaient jusqu’aux pieds. Elle le regardait avec insistance sans se départir d’un sourire enivrant accroché à ses lèvres. Elle lui tendit une corbeille de fruits qui fit tout de suite très envie au jeune homme.

Par son attitude encourageante, la créature essayait de retenir l'attention d'Adel pendant que les cinq autres se chargeaient de Casey... Devant le panier de fruits tenue par Joséphine nue, le jeune Serpentard hésita longtemps. Tentation. Pas tentation?


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MessageSujet: Re: Le Labyrinthe des Cancres (PV)   Jeu 28 Fév 2008 - 5:12



Ils étaient dans une sorte de colisée immense, ou d'énormes blocs de pierre grise formaient tout un pourtour solide. Le vent s'engouffrait par le sommet de l'édifice ouvert sur un ciel épicurien. Les voix étaient présentes. Elles lui murmuraient encore au creux de l'oreille, alors qu'il avait devant lui des visages lisses et angéliques qui le regardaient d'un air ravi, mais, paradoxalement, si silencieux.

Le jeune garçon avait ralenti sa course au moment où il s'était engouffré dans les lieux guidé par ses nymphes et ses séraphins. Son regard était fixé droit devant lui, plus rien d'autre avait d'importance si c'était de parcourir une fine allée de dalles blanches pour arriver au centre de la pièce. Là où il allait enfin rencontrer la Lumière. Voir au-delà de ses pensées les plus primaires.

L'atmosphère était douce et rafraichissante, une fine odeur de jasmin s'amusait même avec des combinaisons de cannelle et de sauge. Les lieux étaient d'une apparence froide. Les murs laissaient parfois entrevoir des salissures semblables à de la moisissure, mais il y régnait néanmoins une très grande forme de sérénité.

Le sortilège qu'il reçut d'Adel passa presque lui aussi imperceptible. Presque, car à ce moment précis, l'ainé des deux Serpentards perçut une autre pensée de celles qu'il entendait depuis, pour lui, une période qui semblait être une éternité. Une pensée qui mit de côté son allégresse et sa profonde joie intérieure à rejoindre le but qu'il recherchait. Une touche de méfiance d'une intensité très éphémère. Elle diminua pour s'éteindre et se confondre, comme si un charme protecteur entourait le jeune garçon et le conservait irrémédiablement dans sa profonde plénitude.

Sa marche n'en fut pas néanmoins affectée. Les adonis et les aphrodites l'entourèrent pour l'accompagner et le guider en une sorte de rituel mystique.

Casey percevait de plus en plus l'extrême chaleur qui s'émanait de devant lui. Il n'y avait pourtant rien d'extraordinaire. Un fin rai de lumière qui perçait une coupole étoilée et frappait une dalle d'un noir abyssale.

Il devait être à une dizaine de mètres maintenant de l'endroit où les voix le guidaient. Sa marche semblait de plus en plus lente, mais les visages des êtres qui l'entouraient étaient plus que rassurants envers lui. Etrangement, entre eux et le garçon, une sorte de lien invisible, mais puissant, c'était forgé.

Tu y es presque Casey. Nous voyons déjà la Lumière t'accueillir. Nous savons, toi et moi, que c'est ce que ton père aurait voulu que tu fasses.

C'était l'une des voix, distincte, qu'il percevait parfois, car la plupart du temps, celles-ci ayant des sources multiples se mêlaient pour donner une mélodie, bercée par une rythmique qu'il n'avait pas d'autres moyens que de suivre.

Le cœur de Catherine est fière de son fils. L'âme d'Albor comportera une partie de toi qu'il sera fière de porter. Tu es l'enfant Unique Casey. Ne l'oublie pas. lui insuffla le visage d'un jeune éphèbe proche de lui et qui le regardait avec une intensité omniprésente.

En acceptant ces nouvelles lois, tu deviendras enfin la personne que tu as toujours souhaité être. s'élevèrent toutes les voix en une ode purificatrice.

Le Serpentard acquiesça intérieurement et poursuivi dans cette optique d'un pas régulier et confiant.

Etait-ce un effet d'optique ou le faisceau de Lumière augmentait en prestance ?

Les yeux de Casey s'écarquillèrent au lieu de se plisser devant le phénomène et les êtres diaboliquement divins interrompirent leur progression. Tous étaient tournés vers lui et il sut ce qu'il avait à faire avant même qu'une voix, beaucoup plus suave et moins androgyne, fendit le silence pour lui indiquer d'avancer à présent seul.

Viens vers moi Casey Call et tu seras celui qui sait.

De fins grains de poussière, commençaient à tournoyer dans le rayon de lumière dense pour former une vague silhouette, dont seuls les contours pouvaient être discernés.

Le Serpentard, toujours obnubilé par sa cible, s'engouffra entre deux colonnes symboliques de pierres beiges, qui marquaient le franchissement. Il commença alors à pénétrer dans les premières particules de lumière scintillantes.
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Adel Iscarioth
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MessageSujet: Re: Le Labyrinthe des Cancres (PV)   Ven 29 Fév 2008 - 18:08

Il n'avait jamais constaté que Joséphine était aussi belle et aussi gracieuse. A part le jour où il l'avait vue nue pour la dessiner. Il n'avait jamais pris connaissance du fait que Jo fût un corps en plus d'être une âme qu'il appréciait beaucoup. Il n'avait jamais rougi devant elle quand elle le touchait, et ce même avant de sortir avec elle.

Pour premier contact, ils avaient pourtant dansé, plus tard, il l'avait embrassé sans s'effondrer de sueurs froides, étreint dans le Poudlard Express et enlacé sur plusieurs pistes de danse et à plusieurs reprises, ils marchaient main dans la main quand ils en avaient l'occasion... Le tactile avait toujours été facile. Sauf depuis qu'il avait réalisé qu'elle était une fille. Et lui, un garçon. Moment coïncidant ironiquement avec la bêtise qui lui valait son enfermement dans le Labyrinthe. Le premier jour d'hiver. Le 21 décembre. Une journée de peinture. Depuis, dès lors qu'il l'approchait, dans certains moments où ils se retrouvaient seuls et où le contact était plus intime, une intense douleur le saisissait au ventre et tout son être se gazéifiait dans l'atmosphère. S'il apercevait un bout d'épaule, cela le mettait dans tous ses états.

Or, là... Jo, sa longue chevelure dorée comme des rets lumineux vibrionnant au soleil, ses seins élevés et fins, ses épaules dégagées avec élégance, son cou allongé pour porter une tête altière et angélique, ses yeux noirs piqués de jade, ses hanches fines, ses longues jambes, sa peau nappée de lait miroitant... elle avait beau être la plus belle chose qu'il n'avait jamais vue, elle n'en était pas plus sa Joséphine. Depuis quand Jo faisait dix mètres sans se prendre les pieds dans le gazon?

La vision enchanteresse n'émut pas Adel. Sa Jo avait un corps dont l'aperçu - même passager - provoquait ses rougeurs. Sa silhouette avait plus de rondeurs, il avait dessiné chaque ombre d'elle et connaissait exactement le nombre de ses grains de beauté qu'il avait compté à son insu. Treize. Son ventre était moins tendu, ses yeux moins en amende, sa démarche moins aérienne. Sa Jo était moins parfaite que cette débile copie mais il aimait sa Jo. Et sur dix mètres, il manqua à Adel de sourire parce qu'elle se prenait les pieds dans une botte de gazon.

Quand la nymphe parfaite lui tendit la corbeille de fruits, il avisa la mutante sans démontrer son incrédulité mais prit la nourriture. Son estomac avait décidé que même si elle n'était pas celle qu'il pensait, un bon repas ne se refusait pas. Adel était d'accord avec son estomac. Puis, elle lui effleura la joue en adoptant un air séducteur et malicieux. La sensation d'épouvantable chaleur qui le liquéfiait ne fut pas. Il avait pourtant attendu. Sur le qui vive. Rien. Même pas un frisson. Il restait de marbre.

Il décida d'attendre afin de comprendre ce qu'il se passait. Casey venait de pénétrer dans un temple avec les cinq autres guignols... que leur voulaient-ils?

La nymphe s'exprima en continuant de se faire passer pour Joséphine. Comme si de rien n'était Adel la laissa faire. Elle se colla à lui, lui murmura de sa voix parfaite - qui n'était pas la voix enfantine de Joséphine - des mots amoureux qui le laissèrent indifférents. Là où n'importe quel jeune garçon en aurait profité, il regarda le ciel, mangeant les fruits les plus délicieux qu'il avait jamais goûté auparavant, songeant à la façon de se débarrasser de l'Aphrodite qu'il commençait à trouver envahissante. Il se laissa aller à penser à sa Jo. Le coquillage. Il se redressa immédiatement et regarda le cou de la jeune fille, puis la gratifia d'un sourire matois.


- Tu ne portes pas le coquillage que je t'ai offert?

La chose parut surprise et essaya d'éluder en l'embrassant, prétextant qu'elle l'avait laissé sur le rebord du bassin.

- C'est ballot.

La nymphe n'apprécia pas la nonchalance du Serpentard et elle se recula, maintenant sur ses gardes.

- Qui es-tu? Demanda Adel.

L'abomination ne répondit pas. Ses traits impeccables devinrent plus abstrus, son visage se modifia à nouveau et elle devint une autre personne. Mai-Lan. Adel roula des yeux.

- Ben voyons. Et après qui? Ma mère?

La chose se transforma en Ellen. Adel s'écroula de rire. Il mangeait toujours une pomme avec indolence et se détourna d'elle. Posture qu'elle n'apprécia pas puisqu'elle modifia la sienne pour revenir face à lui. Une idée lui vint.

- Et mon rat? Tu peux devenir mon rat?

La chose se métamorphosa en rat. Adel lui retourna la corbeille sur la tête et termina le reste des fruits avant de se lever avec satisfaction.

- Dispareo.

Et le panier disparu avec le rat qui était en dessous.

- Très ballot... commenta-t-il.

Le Serpentard dégagea son pendentif coquillage de son T-shirt, abandonna, près de l'arbre où il était, sa robe de sorcier dans un lamentable état et son pull mité et ensanglanté.

"Puce, je te vois partout. Ici, c'est génial. Des vacances. Il y a plein de monstres chelous qui voudraient te ressembler mais ils ont l'avantage de ne pas se casser la figure tous les dix mètres. Tu me manques horriblement."

Il ne savait pas si cela allait fonctionner mais il espérait de tout cœur qu'elle reçoive le message.

* Bon maintenant allons nous occuper de l'autre fanatique. *

Déterminé, il se leva, s'étira, leva sa baguette avec complaisance comme les mousquetaires levaient leur épée - un pour tous, tous pour moi-même - et se il dirigea vers l'endroit où il avait vu le groupe emmener Casey.


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MessageSujet: Re: Le Labyrinthe des Cancres (PV)   Sam 1 Mar 2008 - 0:18

Encore un pas supplémentaire et Casey était à présent au centre de la pièce, là où la Lumière abondait.

Les voix se brouillèrent instantanément et le jeune homme perdit son équilibre intérieur. Il tourbillonna dans les profondeurs sombres de l'inconscient et se retrouva étendu sur le dos. Quelques visages difformes se matérialisèrent dans son esprit, puis, le tout s'accéléra. Le Serpentard chutait inexorablement dans le noir.

Son corps s'éleva de quelques centimètres du sol et rayonna faiblement d'une lueur bleutée avant de redescendre lentement.

Le jeune homme ne put rouvrir les yeux que plusieurs jours plus tard, à l'infirmerie de l'école.
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MessageSujet: Re: Le Labyrinthe des Cancres (PV)   

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