Jeu de rôle basé sur les règles inventées par J.K. Rowling dans l'univers de Harry Potter.
 
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 Lettres secrètes

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Eleanor Moon
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MessageSujet: Lettres secrètes   Mer 24 Oct 2007 - 23:47

Une petite silhouette montait les degrés menant à la volière. Un pas après l'autre, une marche après l'autre. Le bout de ses doigts, blancs et fins, effleurait simplement la pierre, comme pour s'assurer de la route à suivre. Un chemin pavé de pierres douloureuses ou joyeuses, usées par les nouvelles aériennes. Parvenue au sommet, la jeune fille s'arrêta, une main sur le mur glacé, l'autre serrant sur son cœur un morceau de parchemin froissé.

Elle n'était pas une habituée de ce lieu, ne s'y étant aventurée qu'en de très rares occasions, au cours de sa scolarité. Jamais sans raison. Jamais, lorsqu'elle trouvait un moyen de passer outre. Elle n'aimait guère la volière ; trop nauséabonde, trop négligée, elle offrait au visiteur le parfum fétide et la couleur répugnante des souillures animales, tel un reflet de médiocrité, d'abandon. En endroit qu'il était préférable d'éviter, tant que possible.

Longuement, elle avait hésité, avant de venir en ce lieu. Se questionnant, encore et encore, sur la portée, et la pertinence, de son geste. Cherchant sans cesse les raisons qui la poussaient à le faire, et celles qui la retenaient. Se justifiant face à elle-même, cédant, et refusant tour à tour. Insatisfaite de chacune de ses décisions, de chacune de ses hésitations.

Pour, en fin de compte, laisser malgré elle sa main tracer ces mots tant redoutés, tant espérés. Rédiger avec assurance un pli où chaque lettre apposée était une écorchure supplémentaire à so être. Puis, ses pas l'avaient conduite ici. Et, immobile à l'entrée de la volière, elle s'apprétait à y pénétrer, prête à affirmer, par-là même, ses intentions. A confirmer la justesse de ses précéden,tes actions. Une fois ceci fait, aucun retour en arrière ne serait envisageable. Elle aurait d'elle-même fourni l'élan nécessaire à l'infernal engrenage, l'étincelle de ce feu de joie qui la paralysait de frayeur. Sans qu'elle ne puisse réellement en prévoir chaque conséquence. Chaque retombée. Chaque effet que cela aurait sur elle. Sur d'autres.

L'inconnu lui faisait peur. Tout autant que son silence. Elle ne pouvait rester dans l'ombre. Pas cette fois. Non, pas cette fois...

D'un pas ferme, enfin, elle entra. Se dirigea vers le premier volatile qui capta son regard. Ignorant tout de l'observation attentive dont elle faisait l'objet. Chacun de ses gestes, aussi lent fut-il, s'offrait à ces yeux dont elle ne percevait encore le poids sur sa nuque. Elle approcha une main frissonnante de l'oiseau, tendit le parchemin grisé de quelques mots, griffonnés d'une écriture fine, élégante. Stylisée. Impersonnelle.


~¤~ Allanah Raines ~¤~


La jeune Serdaigle reconnaîtrait-elle cette écriture ? Eleanor Moon l'ignorait. Elle n'avait non plus songé à cette possibilité. S'était focalisée sur le but à atteindre ; la vérité à dévoiler ; le mécanisme du mystère à enclencher.

Elle allait nouer la lettre à la patte de l'animal, lorsqu'elle se figea. Tourna lentement le regard vers l'entrée. Il y avait quelqu'un, derrière elle.

Cette fois, elle l'avait senti.




[HJ : je n'attends personne en particulier...]


Dernière édition par le Lun 5 Nov 2007 - 23:23, édité 1 fois
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Dean Hanigan
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MessageSujet: Re: Lettres secrètes   Sam 27 Oct 2007 - 17:43

Je montais les marches une à une. J'avais abandonner le décomptes apres 300. Je me dis que j'aurais tout le temps de les compter une autre fois, et c'était pas si important apres tout... Pourquoi faut il donc que je rapporte tout aux maths??, apres tout, le cours d'arithmancie n'est pas encore commencé et j'ai bien autre chose à faire.Pourquoi suis je vennu au fait? Ah oui il faut que je trouve ma chouette et que j'envoie cette lettre oà mes parents. En effet, j'avais oublié ma robe de soirée pour la soirée "pink", et il faut que ma mere m'envoie la mienne.

En arrivant en haut des marches, je sentis l'odeur caractéristique de la volière, et oui, y'a pas de doute, je suis bien arrivé....

Le spectacle était à la fois horrible et magnifique. Des dizaines d'oiseaux perches sur les barres de bois, qui chantent parfois, se disputtent, mangent...Et je me dis "j'adore poudlard!!!" C'était bien ler dernier endroit dans le quel j'aurais voulu me retrouver, mais tout compte fait, ca avait l'air magique!

Puis, je m'appercu que je n'était pas tout seul. Eleaonor était là. Je crois qu'elle appartient à Serpentard. Elle avait l'air perdu dans ses pensées. Je l'a laissait tranquil et entrprit de chercher ma chouette. JE cherchais à gauche, à droite, en haut , en bas mais rien, impossible de la trouver. Mais où était elle donc partis?? Puis d'un coup je me tournais vers eleaonar, elle vennait de mettre un parchemin sur un volatil, et d'un coup je la reconnu. C'était ma chouette. Je lui adressait donc la parôle :

Et, Salut! Alors t'es en panne de chouette? Je crois que tu utilises la mienne...

eleanor ne répondit pas, elle était toujours perdu dans ses pensées, mais loint de chez loint....

Puis, je m'avançais un peu plus vers elle, et il me vient à l'ésprit que je n'avais toujours pas de cavalière pour le bal. Peut être serait elle d'accord pour m'y accompagner, on ne sais jamais...

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Loevi Leroy
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MessageSujet: Re: Lettres secrètes   Lun 5 Nov 2007 - 23:22

En ce beau jour de fin octobre - on pouvait rêver un peu, même avec des nuages noirs au-dessus du crâne - la jeune préfète de Poufsouffle s'était réveillée de bonne heure. De très bonne heure. Ouais, ça lui arrivait. Pas souvent, mais ça lui arrivait. Cette fois encore, Muguet lui avait miaulé dans les pattes, furieux d'avoir été réveillé si tôt.

-La ferme, le chat, avait lancé Loevi, de fort méchante humeur.

C'était pas vraiment le fait de se lever à cette heure si incroyablement matinale qui l'agaçait, mais bien le pourquoi elle se levait à cette heure si incroyablement matinale. Voilà : elle devait anvoyer une lettre. Bon ok, ça avait pas l'air bien terrible et ça pouvait attendre quelques heures. Oui mais non. En fait, c'était la cata. Ou le nawak. Au choix.

Comprenons-nous bien : Loevi devait envoyer une lettre à ses parents, les Leroy qui comme les autres étaient si fiers d'être membres de cette fichue dynastie. Et pourquoi elle devait leur envoyer une lettre ? Pas pour les informer de sa santé, ou de sa réussite scolaire, oh non, par contre celles de Mark, ça les intéressait tout de suite plus. Elle savait pas trop s'ils s'inquiétaient pour lui ou s'ils le surveillaient, mais bon, elle s'était pas risquée à leur demander non plus. Ok, en fait, elle en avait strictement rien à faire.

Mais bon, il fallait pas qu'il soit au courant, quand même, alors elle devait prendre aucun risque, donc hop ! réveil à l'aube. Enfin presque. Génial. Tout ça pour un abruti qui confondait réveil et passoire... Elle allait quand même pas le croiser, hein ? Pas comme si à cette heure-ci la volière allait être pleine de monde ; et Mark était vraiment pas du genre matinal - elle non plus.

Ni une ni deux - ni même trois - elle prit son courage par les oreilles et le traîna dans l'escalier. Ouhlà, elle avait oublié qu'il y avait autant de marches. Galèèère... Enfin arrivée en haut après dix minutes de sport intensif et soufflant comme un dragon - le feu en moins - elle s'arrêta en se rendant compte qu'il y avait des gens, deux, pour être précis.

-Euh... Salut, je dérange ? bredouilla-t-elle, l'air gêné.

*Pas une heure pour envoyer des hiboux se faire frigorifier sur place* faillit-elle ajouter. Mais à défaut de reconnaître le petit bonhomme qui était là, elle avait reconnu la fille, et c'était elle qui se retrouvait frigorifiée sur place. Une lointaine cousine, allons donc. Manquait plus que Mark et c'était réunion de famille matinale dans la volière. Charmant. *Bonjour BloodDust, comment allez-vous ?* Ahem. Eleanor Moon. Merveilleux.

Loevi était pas trop famille, à la base. Quand on voyait la sienne, on comprenait vite pourquoi. Mais la Lea, c'était encore autre chose. Pire si c'était possible - et ça l'était, me demandez pas comment. Elle préférait encore parler à un mur ou à un Sombral, ce truc invisible là, qu'à cette fille. C'était dire. Elle faisait peur, Eleanor. Et c'était rien de le dire. Rien de rien.

Encore heureux, elle vivait pas au manoir. Brrr, rien que d'y penser...

-Bonjour, Eleanor... murmura-t-elle quand même.

Chaque fois qu'elle lui avait parlé, la fille aux cheveux gris l'avait fixée avec au mieux indifférence et au pire... mépris. Autant dire qu'avec ses yeux gris, c'était... Brrr. Alors en général, elle l'évitait. Mais là...

-La pêche ? Embarassed
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Eleanor Moon
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MessageSujet: Re: Lettres secrètes   Jeu 8 Nov 2007 - 21:49

Eleanor n'osait esquisser le moindre geste. Cet instant, elle avait redouté d'en connaître l'effroyable parfum ; une effluve de souffre, qui aiguisait ses sens à l"infini, à la douleur. Désuette volière, dédaignée des élèves. Elle avait espérer s'y trouver seule ; s'y trouvaient à présent deux personnes. Qui, toutes deux, n'avaient aucunement hésité à faire résonner leur voix entre ces murs courbes. C'était plus qu'elle n'avait imaginé. C'était trop.

Prise sur le fait. La lettre lui glissa des doigts, se posa en douceur sur la paille souillée répendue à leurs pieds. Comme une plume qu'un majestueux volatile aurait noblement abandonnée. Ses mains tremblaient, tremblaient si fort que nul ne pouvait l'ignorer. Ses yeux écarquillés, lunes rondes et claires, fixaient les deux nouveaux venus sans pouvoir s'en défaire. Ce n'était plus de la peur - nul n'aurait su dire ce que c'était. Tous deux l'avaient surprise en ces lieux ; tous deux pouvaient voir à présent, le destinataire de ce pli maudit.

Elle se baissa, frissonnante. Laissa courir sa main sur le sol infect, gardant son regard sur les deux élèves. Sa peau fragile ne rencontra d'abord que paille et salissure. Râcla le sol rêche, glacial. Avant de trouver, fébrile, le bord du parchemin portant le nom de sa demi-sœur. Vivement, s'en empara, la fit disparaître sous un pli de sa robe. A l'abri de tout regard. Comme pour nier son existence même.

L'avaient-ils vu ? Avaient-ils pu voir le nom ? Pouvaient-ils soupçonner... la vérité ? Elle n'osait l'envisager. Cette pensée même était insupportable. Le pire des châtiments, peut-être ; et elle savait le mériter, un millier de fois, et plus encore. Eleanor Moon, oui. Allanah Raines, non. La jeune fille avait droit au respect, au silence. Au secret. Nul ne devait savoir, ni même deviner, tant qu'Allanah ne l'avait décidé. Nul ne devait pouvoir retourner cette arme contre elle.

Elle n'avait pas reconnu le garçon. Pas encore. Serdaigle - le blason en témoignait pour lui. Mais son nom lui restait étranger. Son visage juvénile trahissait son jeune âge. Première année ? Ainsi donc, il ne pouvait savoir encore qui elle était, ne pouvait soupçonner ce dont on la croyait capable, ni même le malaise qu'elle créait sur son passage ; et elle, ne pouvait qu'ignorer son nom.

La jeune fille, en revanche, était de ceux dont Eleanor redoutait de croiser un jour la route. Plus encore en pareilles circonstances. Elle ne pouvait ignorer son nom ; cela lui était interdit. Elle ne pouvait ignorer son visage ; elle avait grandi en apprenant le respect qu'elle lui devait. Une personne qu'elle méprisait de tout son être, si cela était possible. Mais qui, en cet instant, l'effrayait plus que de raison. Loevi Leroy. Plus jeune descendante de la branche maîtresse de la dynastie. Mais surtout, honte de son sang. Héritière, s'il venait à arriver malheur à son cousin. Lequel n'avait guère meilleur aspect.


¤ Loevi... ¤ murmura-t-elle.

La Poufsouffle venait de voir ce que jamais elle n'aurait dû voir. Si elle devait un jour découvrir la vérité... qu'adviendrait-il ?


¤ Je... te laisse ta chouette ¤ dit-elle au jeune garçon, dans une hésitation tout juste perceptible.

Mais ses yeux, lunes pâles et rondes, restaient rivés à ceux de sa lointaine parente.
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Dean Hanigan
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MessageSujet: Re: Lettres secrètes   Sam 15 Déc 2007 - 17:40

Dean était troublé lorsque Eleanor lui rendit sa chouette. Dean avait l'air de la déranger. Elle se faisait discrete, elle ccahit même quelque chose, dean en était persuadé, mais quoi ?? Réfléchissions, elle allait lui prendre sa chouette pour faire quoi?? Et bien oui!! envoyer du courrier. Ca devait être super important pour qu'elle le fasse à cette heure de la journée. Dean se demandait vraiment ce qu'elle pouvait envoyer de si urgent et de plus secretement, car Dean avait très bien remarqué qu'elle dissimulait quelque chose. En plus, Loevi arriva, ce qui a eu l'air d'affliger encore plus Eleanor.

Dean ne savait plus quoi faire, il ne connaisait aucune d'entres elles, en plus elles n'étaient pas de Serdaigle. Ce qui ne facilitait pas les choses. Mias bon, Dean se lança, et parla à Loevi :

" Salut, je m'appelle Dean, je suis de Serdaigle. C'est pas une heure pour envoyer un hiboux, je pensais trouver personne mais là c'est la doule...."

Dean était content de se faire des nouvelles connaissances, des relations quoi, car avec sa très grande timidité, c'était plutôt compliqué.... Mais bon, il tenait le bon bout. C'est jamais facile d'être en premiere année, on arrive, on connait pas les proffs, les élèves.... Mais bon, j'adore Poudlard, pour rien au monde je ne raterais ça!!
Dean réfléchit...... Pourquiu était il là dejà???....... Ah oui!!, un hiboyux à envoyer, d'urgence en plus.....Il prit la chouette que Eleanor lui tendit, acrocha le parchemin plié sur la patte de l'oiseau, s'approcha du bord de la volière, et jeta la chouette en l'air afin qu'elle prenne son envol. C'était toujours très beau de voir un oiseau voler (bah oui, un oiseau ça nage pas.... se dit il dans sa tête...) Il me faut vraiment un jus de citrouille!!!! et d'urgence...
Dean se retourna, salua les deux jeunes filles, et pris les escaliers afin de descendre de la tour, cette fois, il allait essayer de les compter....[i]
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Loevi Leroy
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MessageSujet: Re: Lettres secrètes   Mer 9 Jan 2008 - 20:45

Allons bon. Les choses s'annonçaient bien ; ou à défaut de s'annoncer vraiment bien, elles s'annonçaient surtout un peu bizarres. Eleanor laissa tomber sa lettre dans un sursaut de gamin pris en faute et la rammassa en vitesse, l'air un paniqué - ce qui ne lui allait absolument pas au teint. Quant au garçon, impossible de savoir s'il avait senti la tension s'installer ou non. Il se présenta en vitesse, attacha sa lettre à la patte de sa chouette et fila avant que Loevi ait eu le temps de comprendre. Le regard rivé à celui d'Eleanor, elle mit un moment à réaliser qu'elles étaient désormais seules. Elle eut une brève envie de le rappeler, mais il devait déjà être trop loin pour l'entendre. Tant pis.

Elle adressa un nouveau sourire contrit à Eleanor et alla se chercher la très aimable bestiole de la famille qui était venue lui mordiller résolument le doigt la veille ; sur ordre express de son père, sans doute. Elle n'avait consenti à la laisser tranquille que lorsqu'elle avait été chassé de la salle de cours à grznds coups de détonations de baguette magique. Et ça faisait déjà trois jours que ça durait...

Bref, elle n'était montée là que contrainte et forcée par un stupide hibou très orgueilleux qui semblait considérer l'escorte de cette lettre comme sa mission suprême. Ses doigts meurtris prouvaient la ferme détermination de l'animal...

Eole était là, bien droit sur son bout de bâton, aussi hautain que Muguet était dingue, à attendre son message sauf que, curieusement, ce n'était pas Loevi qu'il regardait fixement. La Poufsouffle suivit lentement son regard, sachant déjà sur quoi elle allait tomber. Eleanor. Bein voyons.

-Eole, c'est par là qu'on regarde, marmonna-t-elle.

Eole n'esquissa pas le moindre mouvement vers elle. Il continuait de fixer Eleanor sans frémir. On aurait dit une chouette empaillée - très chouette, vraiment. Loevi s'impatienta.

-Eole, la voilà ma lettre, tu la veux plus ? insista-t-elle.

Mais Eole se contenta d'un hululement en direction d'Eleanor.

-Eole, espèce d'oiseau abruti ! s'exclama Loevi, à bout de nerfs ; elle voulait vite partir d'ici mais l'animal semblait décidé à l'ignorer au profit de la lointaine cousine muette. Amène ta patte que je te donne cette lettre ! Y'en a marre !

Eole leva la patte, oui. Mais pas vers Loevi, non. Une fois encore il préférait Eleanor. Mais c'était quoi ce trafic à la fin ? Loevi fit une bruyante grimace à la chouette et se redressa, bougonne.

-Grmlmlmlml j'vais t'en foutre des coups de bec moi, grommela-t-elle. Eleanor bouge-toi, ce stupide oiseau de malheur a décidé qu'il voulait plus de ma lettre... Euh...

Elle jeta un coup d'oeil en biais à la Serpentard, prenant conscience de la façon dont elle s'était adressée à elle. Elles se croisaient si peu à l'école et même et surtout en dehors que c'était comme si elles ne s'étaient jamais vues jamais parlé. Et connaissant la réputation de la demoiselle plus qu la demoiselle elle-même, elle avait l'impression d'avoir fait une grosse bourde.

Alors, qu'est-ce qui allait se passer ? Est-ce que'Eleanor allait se mettre en colère ? Faire la fière ? Partir en courant ? Non là, aucun risque. Même si en fait, Loevi préférait peut-être cette dernière solution.
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Eleanor Moon
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MessageSujet: Re: Lettres secrètes   Ven 18 Jan 2008 - 21:28

Eleanor resta de marbre. Du moins voulut-elle le croire. L'appréhension qui s'était emparée d'elle glissait dans ses veines tel un douloureux poison, répandant sur sa route les preuves frémissantes de ses peurs. Incertitude, doutes, glacial effroi. Elle n'avait imaginé en se rendant en ces lieux vivre pareille situation. N'avait pas même redouté un semblant d'accroc à cette mission personnelle, intime. Préférant reléguer ses craintes au rang de futiles superstitions. Croiser ici le chemin de la fausse héritière, dont le destin serait si étroitement lié à celui d'un cousin qu'elle exécrait ? Inimitié fraternelle dont nul n'ignorait l'existence. Honte sur une famille qui, jamais, n'avait connu un tel déshonneur ; par le fait d'enfants trop indignes d'une si noble ascendance.

Elle resta de marbre. Son visage pâle figé d'indifférence, autant qu'elle le pouvait. La main serrée sur son cœur ; étreignant à travers le sombre tissu de sa robe l'épais parchemin d'un trop grand secret. Son regard d'opale immobile, résolument rivé au visage, aux gestes, à l'existence même de Loevi. Elle observait. En silence. Sans un geste. Attendait l'impair qui trahirait l'indiscrétion de la jeune fille. Que faire, si elle avait connaissance du nom inscrit sur cette lettre ? Que faire, s'il s'avérait qu'elle puisse, non savoir, mais soupçonner la vérité dissimulée derrière le papier ?

Ignorant tout de ce dont pouvait se montrer capable la Poufsouffle, elle ne pouvait envisager telle possibilité sans une intense frayeur. Comment savoir de quel côté pencherait la balance de son âme ? Quel camp choisirait-elle ? Entre conscience et conscience, y avait-il la moindre chance de remporter cette bataille perdue d'avance ? Au cœur de cette tourmente qui bouleversait sa vie, Eleanor était la pécheresse. Loevi ne manquerait de le reconnaître ; et nul ne pouvait prédire ce qui risquait alors d'arriver. Excepté, peut-être, l'indéfinissable châtiment de ses erreurs. Le juste retour de ses actes.

Mais qui, sinon elle, pourrait avertir l'innocente enfant du danger ? De cette lame étincelante qui menaçait de s'abattre sur elle ? En brisant ses espoirs, déjà si ténus ? Elle ne pouvait permettre une telle chose d'arriver, et ne pouvait compter sur personne qu'elle-même. Elle, la cruelle femme du conte. La criminelle.

L'oiseau dédaignait Loevi. Avec une dignité insolente. La patte tendue vers la fille de la lune, il attendait non plus le pli de sa plus légitime propriétaire, mais celui d'un sang qui n'avait plus sa place dans l'univers d’orgueil de la famille. Eleanor hésita un long moment, indécise. Eole, messager des BloodDust, avait démontré son indéfectible force de caractère au cœur même de la Grande Salle. Trois matins. Hululant sans discontinuer, cueillant la Poufsouffle de son bec acéré. Tout cela pour abandonner à l'avènement d'une victoire ? Elle s'avança, lenteur personnifiée. Oubliant les prunelles brunes pour les orbes animales. Glissant sa main jusqu'à la toile manuscrite, la tirant de sa cachette, pour enfin la révéler au grand jour.

Qu'importe si Loevi pouvait dès à présent lire ce nom ? Tant que le message s'envolait vers sa destinée, dispensant ses paroles silencieuses à la vue du juvénile regard de sa demi-sœur.

Non. Elle retira sa main, refusant à Eole le privilège de la missive. Elle ne pouvait le laisser faire. Dérober le nom aux yeux de sa parente, garder pour soi le plus futile de ses secrets. Il y avait des choses que l'on ne pouvait se permettre de dévoiler, ni même de souffler insidieusement. La jeune fille, devant elle, ne méritait que mépris - les paroles sèches de Natacha résonnaient encore en elle, tel l'ultime sentence contre laquelle il n'était aucune raison de s'élever.


¤ Sois digne de ton sang, et fais-toi obérir de cet animal. ¤

Le mot était jeté.
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Loevi Leroy
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MessageSujet: Re: Lettres secrètes   Jeu 24 Jan 2008 - 20:43

Eleanor s'avance, Eleanor recule. Ah ouais, quand même. Elle était venue envoyer une lettre, le premier oiseau qu'elle choisissait appartenait à quelqu'un qui était venu en même temps envoyer la sienne et le hibou familial qui auparavant s'amusait à becqueter joyeusement Loevi changeait soudain d'avis et lui tendait la patte, mais malgré ça, elle décidait finalement de garder la lettre pour elle. Il y avait des jours où il ne fallait pas trop chercher à comprendre. On lui avait dit qu'Eleanor était quelqu'un de très bizarre, eh bien là, elle pouvait s'en rendre compte par elle-même.

Cette attitude pseudo mystique à la Trelawney - nan, encore pire... - faisait peut-être beaucoup d'effet sur la jeune génération, mais au bout d'un moment, ça devenait lassant. Et là, en à peine cinq minutes, Loevi en avait déjà marre. Non mais c'était quoi ce comportement ? Avec ses manières de petite douillette inaccessible et faussement éthérée, ella avait l'air plus ridicule qu'autre chose. En fait, si Loevi avait eu peur sur le coup - et longtemps avant de la rencontrer ici - il fallait avouer que maintenant elle était plutôt agacée. Voire même franchement excédée.

Elle croisa les bras sur sa poitrine, affichant une expression des plus blasées en regardant la cousine s'éloigner d'Eole comme s'il avait la crève.

-Bon tu lui donnes oui ? s'exclama-t-elle, à bout de patience. On va pas y passer la journée.

Mais Eleanor se contenta d'une remarque acérée de Serpentard - quoique Loevi avait connu plus méchant en matière de réplique cinglante. Même en l'attaquant sur son abominable sang de BloodDust - et Merlin savait que c'était un point sensible - elle n'avait pas réussi à vexer sa cousine. A se demander si elle méritait vraiment son titre de Vert et Argent. Hmpf. Même Mark était plus virulent, et il faisait moins peur aux gens qu'Eleanor. Fallait vraiment pas chercher à comprendre.

-Bein voyons, c'est ma faute, maintenant, répondit-elle en levant les yeux au ciel. Tu as déjà essayé de le dresser, pour voir ? Tu aurais de drôles de surprises.

Cet oiseau, c'était la têtuttitude incarnée. Quand il avait une idée en tête, celui-là, il l'avait pas ailleurs. C'était pire que son père - et Patrick Leroy était connu ici et outre-manche pour son opiniâtreté excessive. C'était dire. Et alors les deux ensemble, valait mieux pas en parler, s'entendaient comme cul et chemise, et en général c'était Loevi qui en faisait les frais, comme ces derniers jours. Pas la peine d'essayer de dresser cet animal, il ne faisait jamais que ce qu'il avait décidé, que ça plaise ou non à ses maîtres - mais comme il avait une prestance digne de la famille et qu'il remplissait parfaitement les missions qu'on lui confiait, personne ne songeait à s'en plaindre.

Il y avait cette vieille folle de Martha, en revanche. Alors elle, elle n'avait jamais aimé Eole, depuis le jour où il était né. Il faut dire que la première chose qu'Eole ait trouvé à faire au moment de naître avait été de hurler de toute la force de sa voix dans les oreilles de la vieille femme. Et comme Martha BloodDust avait une mémoire vindicative, eh bien, elle ne pourrait plus jamais voir l'animal en peinture. Ca pouvait être une idée sympa d'organiser des retrouvailles aux prochaines vacances ; Eole aimait toujours autant hululer dans l'oreille de la chère vieille arrière-arrière, si Loevi se souvenait bien...

Bref, revenons à nos Fléreurs.

Quelque peu agacée par les manières très sainte nitouche de cette idiote de cousine, Loevi s'approcha d'elle et lui arracha brusquement la lettre des mains pour l'attacher avec la sienne à la patte du hibou, lequel sembla - avec son standing habituel - fort fier de lui - vous imaginez, deux missions accomplies en une seule fois ? Il prit sa pose la plus noble avant de s'envoler d'un coup d'ailes majestueux.

Pfiou. C'était fini. Tranquille... jusqu'à la prochaine fois.

Elle soupira et s'en retourna vers la sortie de la volière.
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Eleanor Moon
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MessageSujet: Re: Lettres secrètes   Dim 23 Mar 2008 - 11:34

Un silence suivit les dernières paroles de Loevi. La peur, l'appréhension, avaient quitté le regard de la jeune Poufsouffle, paré à présent d'une lueur de défi. L'enfant de la branche maîtresse reprenait possession de son pouvoir, face à une parente si lointaine qu'elle en devait respect et déférence à cette fausse héritière, promise à la servitude toute une vie durant. L'enfant oubliée mais non libre à genoux devant l'éternelle esclave. Une erreur dans les rôles et devoirs, obligeant l'être supérieur à ployer devant l'inférieure. L'insolence de Loevi envers Eleanor n'avait d'égal que l'épais manteau d'insouciance et d'orgueil dont elle se drapait. Une fausse note dans la mélodie familiale. Un horrible crissement venu détruire l'harmonie de l'ensemble. Elle et l'héritier... si indignes...

Dans l'esprit de la fille de la lune, les réplques tourbillonnaient sans fin. Sèches, tranchantes, plus terribles et blessantes que jamais, elles n'attendaient qu'un signe de leur maîtresse pour déverser leur interminable fiel, dans la douceur de l'art des mots. Mépris. Haine. Branche déchue d'un arbre déclinant, venue narguer la lointaine racine de ses moindres défauts. Confier l'héritage millénaire des BloodDust à ces enfants relevait de l'absurde. Signait la fin de la dynastie. Mais la fierté de Martha BloodDust, plus ancienne représentante de ce sang noble et pur, surpassait celle qu'avait pu ressentir, en son temps, son propre frère Gideon à l'évocation de son premier fils, lorsque celui-ci foulait encore la terre des vivants. Le bel Astar pouvait-il souffrir la comparaison avec Mark Resnald ? Loevi Leroy ? Plus aucun membre vivant de la dynastie ne portait ce nom perdu. Cela avait-il marqué une fin que tous refusaient ?

Le parchemin glissa de sa main, interrompant le flot de ses pensées. Vol momentanné de son secret, que Loevi lia attentivement à la patte tendue de l'oiseau déterminé. Le regard d'argent resta rivé sur les mains de sa cousine, observant chaque geste, le moindre frémissement. Son corps tremblait, de frayeur ou de rage, ou peut-être d'autre chose encore, tandis qu'elle regardait la lettre docilement se laisser apprêter pour le voyage, si court fut-il, comme s'il n'avait attendu que cet instant, sans se soucier de la main qui lui permettrait de remplir sa tâche. Le bruissement joyeux du parchemin alors que l'oiseau prenait son envol lui parut comme un ultime coup porté à son encontre. Indifférente au ressenti de la Serpentard, ignorant tout de la vérité, la Poufsouffle s'était chargée d'une part de cette mission sacrée. Avertir l'enfant du danger.

Elle repartait déjà, inconsciente des enjeux de cette imprévisible rencontre, des conséquences de son geste. Ravie d'avoir pu, enfin, confier son pli à l'oiseau, elle oubliait que chaque acte entraîne son lot d'événements, bons ou mauvais, voulus ou redoutés. Insoupçonnés. Pour Eleanor, l'histoire ne faisait que commencer, promesse d'un châtiment pour celle qui lui extorquait, malgré elle, un respect forcé. Ce n'était que le début. Elle ne laisserait pas l'acteur quitter la scène avant le seul vrai baisser de rideau. Avant la fin de l'acte encore à jouer.

Mouvement instinctif plus que prémédité, et la baguette d'Eleanor s'était dressée vers Loevi. Prête à décocher la flèche des premières hostilités.
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Loevi Leroy
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MessageSujet: Re: Lettres secrètes   Dim 13 Avr 2008 - 12:38

Elle avait cru pouvoir partir tranquille. Elle l'avait cru, oui, mais pas bien longtemps. Elle s'était bien doutée qu'Eleanor ne serait pas très ravie de la voir partir si vite après ce qu'elle venait de faire - lui arracher sa lettre de cette façon n'avait pas été sa plus brillante idée de la matinée - mais elle ne s'était pas vraiment attendue à ce qu'elle l'attaque. En fait ça ne faisait pas du tout partie du champ des possibilités. Aussi, quand elle avait senti siffler le sort à son oreille, elle avait compris que les choses allaient très vite se compliquer. Et que ce n'était pas forcément la plus douée en magie qui allait gagner, mais surtout la plus rapide. Réflexe avant tout - et Loevi n'en manquait pas.


<¤~¤~¤>



Le sort s'était échappé comme si la fine baguette de bois avait été douée d'une volonté propre. Sortilège inoffensif, destiné à ne faire qu'effrayer sa victime. Sifflement à l'oreille, léger mouvement d'air, et non blessure ou désarmement. L'avertissement avant la véritable attaque. Loevi s'était immobilisée. Court instant, frêle satisfaction. L'espace d'une fraction de seconde, Eleanor crut l'avoir à sa merci, faible et sans défense ; elle connaissait ses capacités, elle savait les difficultés dont souffrait sa magie, retenue à l'intérieur même de son corps par un trop puissant procédé. S'il advenait que Loevi songe à riposter, elle ne pouvait remporter la victoire.


<¤~¤~¤>



La baguette magique fut sortie en un éclair et la réplique fut fulgurante. Avant même qu'Eleanor ait le temps de réagir, Loevi avait dégainé sa baguette de saule, qu'elle avait pour une fois prise avec elle, et l'avait pointée vers sa cousine.

-Expelliarmus !

Le sort jaillit du bâton dans un flash orangé et fila vers Eleanor dans une ligne droite des plus imparfaites, crépitante, comme gênée par des arcs d'électricité. La baguette tressautait dans la main de Loevi qui, paniquée, comprit qu'une fois de plus, sa malchance allait leur jouer un tour pendable.


<¤~¤~¤>



Malgré tout, malgré ce qu'elle savait de ses propres pouvoirs, Loevi avait tenté une riposte, prenant le risque de voir le sort dévier de son but premier. Le sortilège de désarmement, aussi instable que possible, fusa dans sa direction, suivant une route qui, bien qu'approximative, ne manquerait pas sa cible. Nul besoin d'être expert pour le comprendre, Eleanor allait recevoir ce sortilège, que son effet soit un désarmement ou non. Quelque chose de bien pire pouvait arriver.

¤ Protego... ¤ murmura-t-elle.

A temps. Un parfait bouclier s'éleva autour de la Serpentard, sur lequel le sort s'écrasa, projetant une myriade d'étincelles qui firent fuir les volatiles.



<¤~¤~¤>



Mais ce qui arriva fut loin d'être prévu, même pas par les grands savants et leurs études magiques. Au lieu de simplement cogner la protection magique avec retour à l'envoyeur, comme ça arrive en temps normal, le sort se sépara en deux et continua à crépiter autour du bouclier tandis que le reflet allait faucher Loevi, l'envoyant percuter le mur derrière elle sous les craquements sonores des perchoirs en bois. Le choc lui coupa le souffle ; alors que ses yeux se fermaient, elle vit Eleanor, à l'autre bout de la volière vidée de ses occupants, glisser elle aussi le long du mur entre les perchoirs cassés. Puis elle s'évanouit.
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MessageSujet: Re: Lettres secrètes   Dim 13 Avr 2008 - 15:39

La douleur perça les ténèbres comme une aiguille à travers la soie. La conscience lui revint, rappelant un à un ses sens à la réalité. Ouïe ; odorat ; vue. Silence pesant ; parfum de poussière ; horizon en dégradé de gris. Autant d'erreurs, instinctives incohérences au souvenir des précédents instants. Quelque chose s'était produit ; quelque chose avait changé. Et jusqu'à la perception de l'air sur sa peau diaphane, chaque détail semblait étranger, presque incongru au décor. Le malaise s'emparait d'elle, à mesure que cette pensée s'intensifiait : quelque chose n'allait pas.

Doucement, elle releva la tête, promenant son regard d'argent sur le sol, puis sur les murs, autour d'elle. Gémissant alors que chaque muscle de son cou paraissait vouloir lui empêcher chaque infime mouvement. Mais elle n'y céderait pas, la douleur pouvait devenir insoutenable que ses yeux chercheraient encore la différence, la raison, et la preuve. Quelque chose n'allait pas. Cette certitude l'étouffait presque.

Le gris semblait avoir dévoré le moindre grain de couleur, plongeant la volière dans une étrange lueur de négation, comme éclairée par une lumière blanche si jalouse des variations qu'elle avait préféré les effacer, toutes, jusqu'à la dernière. Le sol, auparavant jonché de brins de paille et de salissures, était à présent nu et sans tache ; seuls quelques débris de bois noir s'éparpillaient encore sur sa surface polie. Nulle vie, nul souffle d'air. Nul cri d'oiseau venant du dehors, nul éclat de voix, nul bruit de pas. Rien que le silence insistant. Le vide sonore, visuel, olfactif. La volière de Poudlard était devenue page jaunie d'un vieux livre d'images oublié.

Dans un sursaut, ses pupilles trouvèrent enfin la silhouette inconsciente de sa parente ; effondrée contre le mur, au milieu de brindilles de bois brisé. Les yeux fermés, lèvres entrouvertes ; sa peau parée d'une inquiétante aura grisâtre, reflet de ce nouvel environnement qui les entourait ; ses cheveux, aussi noirs que la nuit, s'étaient répandus en vagues sur ses épaules, lui dessinant une pâle auréole nimbée d'obscurité. Elle ressemblait à l'ange qu'elle n'avait jamais été. Un ange déchu que la fin avait touché de son aile.


¤ Loevi... ¤

Elle se redressa, s'approcha, évoluant à quatre pattes, d'une démarche rendue féline par l'hésitation. L'immobilité parfaite de la jeune fille lui glaçait le sang... Quelle était cette sensation de froid intense qui envahissait sa tête ? Quelle était cette raideur qui paralysait son être ? La vision d'une Loevi si inerte était-elle en cause ? L'idée même de son corps privé de toute vie suffisait à créer de légers frémissements en Eleanor. Craignait-elle... sa perte ? Dans ce lieu si familier, si intimement hostile à la fois, elle ne pouvait admettre la pensée qu'on lui ôtât, aussi indigne fut-elle, sa précieuse cousine. Précieuse ?

Sa main, tremblante, s'éleva vers le visage de Loevi. Elle semblait si sereine qu'il était facile de croire qu'elle dormait ; rêvait, peut-être, aux contes de fées que sa mère, le soir, avait dû lui lire lorsqu'elle était enfant. Peut-être même y voyait-elle ce merveilleux prince que l'on promettait aux songes juvéniles... N'ouvrirait-elle donc pas les yeux ? Proche, si proche à présent qu'elle pouvait sentir son souffle sur son propre visage. La vie... ne l'avait pas quittée. Les traits d'Eleanor se détendirent, imperceptiblement ; elle n'avait aucune conscience de la frayeur qui avait animé ses derniers gestes.

Elle s'en était prise à elle, certes oui. Mais elle n'avait cherché que l'intimidation, non une réelle attaque. Jamais elle n'avait souhaité la mort d'un membre de sa famille, aussi détestable fut-il. Aucunement de son fait. La Mort avait suffisamment marché sur ses pas...
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MessageSujet: Re: Lettres secrètes   Dim 11 Mai 2008 - 9:26

Elle avait mal ; ça c'était clair. Elle se sentait étourdie ; ça, c'était tout aussi clair. Ça n'avait rien de comparable avec un réveil, même après une très, très mauvaise nuit ou parce qu'elle aurait été malade. Allons bon, qu'est-ce qui c'était passé ? Quel était l'abruti qui avait osé la faire monter sur un balai... ? Elle ne se souvenait pas être tombée de balai mais, franchement, qu'est-ce que ça pouvait être d'autre ? Il ne lui arrivait pas des choses bizarres tous les mois quand même... si ?

Il fallait qu'elle voie ça de ses propres yeux. Alors, où était-elle ? Le stade de Quidditch ? L'infirmerie ? Le choix était très varié, c'était dingue. Avec tout ce qui arrivait dans cette fichue école, c'était à se demander comment il était possible que l'infirmerie n'affiche pas complet tous les jours de l'année. La poisse légendaire de la jeune fille atteignait décidément tout le monde - sauf l'infirmerie.

Elle avait l'impression de flotter en dehors de son corps ; elle ne sentait plus rien, n'entendait plus rien. Ah si, la douleur et... une respiration. Pas la sienne ; ses poumons s'étaient paralysés sous le choc. Accès de panique : ça voulait dire qu'elle ne respirait pas ? Elle allait mourir ! *Respire... Respire !* L'effort qu'elle fit pour se forcer à respirer réveilla l'ensemble de ses muscles mais raviva aussi la douleur. Elle grimaça et ouvrit les yeux.

-AAAAAAAH !!!

C'était quoi ça ?!

Bon en fait après coup, "ça" n'était rien d'autre que les yeux gris d'Eleanor qui s'était un peu trop rapprochée du visage de Loevi et se tenait maintenant à distance respectueuse - après le cri strident qu'elle s'était pris dans les oreilles ça se comprenait, cela dit. La main sur son cœur qui battait tellement fort qu'il semblait vouloir concurrencer la batteuse - de batterie, pas de Cognard - des Bizzar' Sisters, Loevi fixait la Serpentard avec des yeux exorbités.

-Failli avoir une crise cardiaque ! bredouilla-t-elle. T'es pas un peu folle ?

Ses yeux s'aggrandirent encore, elle regarda Eleanor comme si elle la voyait pour la première fois et elle la pointa du doigt.

-Tu... m'as attaquée... C'est bien ça ? Tu m'as attaquée, non ?

Elle se souvenait maintenant. Les sorts et le reste. Et... Il s'était passé quoi au juste ? Il y avait eu une réaction bizarre quand Eleanor s'était défendue et elles avaient toutes les deux été projetées contre le mur - aïe. Elle jeta un rapide coup d'œil à la volière ; plus de hibou et plein de bois par terre... Normal, jusque-là, sauf qu'elle avait l'impression que quelque chose clochait. Et puis, pourquoi Eleanor s'était autant approchée ?

Loevi attrapa un bout de bois au hasard et le brandit vers sa cousine en se levant d'un bond - re-aïe.

-Qu'est-ce que tu voulais, y'a pas deux minutes ? Encore m'attaquer, c'est ça ? On peut savoir pourquoi ? Peut-être que ça ferait du bien à la famille si je disparaissais, hein ?

Elle était nulle en magie, ça, tout le monde le disait. Mais ça ne voulait pas dire qu'elle allait se laisser faire sans réagir. Même si ça voulait dire qu'elle pouvait à tout moment réduire la volière en cendres... ? C'était brillant ça. Elles l'avaient échappé belle la fois précédente - bon, même si ça leur avait valu un bon mal de dos pour les semaines à venir. Ça aurait pu être pire.

En fait, c'était pire. Mais Loevi ne le savait pas encore.
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MessageSujet: Re: Lettres secrètes   Dim 11 Mai 2008 - 11:06

Loevi Leroy resta fort peu de temps inconsciente ; mais peut-être Eleanor elle-même avait-elle erré un long moment dans ce néant. Le temps n'existait plus, ou n'était plus que l'ombre d'un écoulement régulier, mais indéfiniment étiré, paralysé, effacé. Dans le bourdonnement incessant du silence, son cri parut telle une lame aiguisée, transperçant l'air d'une force inouïe. Prise de court, assourdie, Eleanor s'était écartée, mains sur les oreilles, son regard d'argent rivé à celui de sa lointaine cousine. Toujours si bruyante, si enflammée... L'inconscience de quelques instants n'avait su entamer son inépuisable énergie.

Elle sembla normale ; jusqu'à ce que la mémoire, enfin, lui revienne. Comment pouvait-on oublier des instants si récents ? Comment, d'une seconde à l'autre, était-il possible d'effacer de tels souvenirs ? Eleanor l'ignorait, mais Loevi, elle, le savait sans doute. La surprise qui se peignait sur son visage n'était aucunement feinte ; une lueur de colère, de ressentiment, assombrit ses traits, accusant Eleanor d'un simple regard. Oui, elle l'avait attaquée. Et oui, il était fort probable que sa mort se révélerait bénéfique à la dynastie BloodDust.

Mais non, elle n'était pas venue achever son œuvre ; elle n'avait fait que s'assurer que la vie animait encore le corps inconscient de Loevi, envers et contre tout. Malgré elle - ou parce qu'elle le désirait.

La Poufsouffle brandissait dans sa direction une dérisoire brindille de bois brisé, à jamais dépourvu de la moindre étincelle de magie. Misérable défense face au potentiel de la poupée de Serpentard ; Loevi s'était vue retirer la moindre chance d'un jour pouvoir rivaliser avec elle, alors même qu'elle venait de naître. Privation décidée avant même sa naissance, bien des décennies plus tôt, par les patriarches de cette famille au Sang Pur. L'une des trop nombreuses victimes d'une dynastie qu'Eleanor vénérait. Aujourd'hui, face à la volonté de cette enfant qui refusait de laisser sa vie dirigée par la perte vitale d'une part d'elle-même, la fille de Lune céda à un bref élan de compassion.

Un pas, un second ; ses genoux glissèrent sur le sol, sa main effleura la pierre et se saisit de la mince baguette de saule, avant de la tendre à sa légitime maîtresse.


¤ Prends-la. ¤ dit-elle simplement.

Leurs regards ne se quittaient plus, semblaient s'affronter en un silencieux combat aux éphémères causes disparues dans un tourbillon de magie. Loevi semblait peu pressée de reprendre son bien, dévisageant sa lointaine cousine comme pour déchiffrer sur ses traits l'ombre d'une trahison.

¤ Sans doute ta disparition serait-elle un soulagement pour nos pères ¤ murmura Eleanor. ¤ Qu'en est-il de toi ? Qu'en est-il de ce parent que tu aimes plus que de raison ? ¤

Que lui arrivait-il ? Se souciait-elle donc réellement du sort de Loevi Leroy ? Cette indigne descendante d'un si ancien et noble Sang Pur ? Inconcevable.

¤ Je ne sauverai pas ta vie ; non plus que je ne t'attaquerai. Les choses ont changé. ¤

La baguette, si inutile soit-elle entre les mains maladroites de Loevi, retourna à sa propriétaire. Récupérant son propre instrument magique, Eleanor se redressa. Douleur fulgurante, alors que l'une de ses chevilles cédait sous son poids. Faible gémissement, tandis qu'elle retombait au sol, le visage tendu. Sa main, effleurant sa peau, son regard, contemplant la cheville douloureuse, remontèrent à son attention les preuves de ses craintes. L'articulation, enflée, ne pourrait la porter bien loin.
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Loevi Leroy
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MessageSujet: Re: Lettres secrètes   Dim 11 Mai 2008 - 14:56

-Pardon ?! s'étrangla Loevi.

Elle venait de dire quoi au juste, l'abominable cousine ? Elle valait bien Mark, dans le genre, tiens. "... ce parent que tu aimes plus que de raison ..." De quoi elle parlait exactement ? Enfin plutôt, de quoi elle osait se mêler ? Qu'est-ce qu'elle savait des sentiments de Loevi à l'égard de son cousin - à l'égard de n'importe lequel de ses parents ? Eleanor parlait par énigmes. Enfin, c'était plus facile de croire ça que d'essayer de comprendre ce qu'elle cachait sous les mots. Non pas qu'elle n'était pas claire ; mais elle ne disait que le strict minimum et laissait les autres deviner le reste.

Loevi hésita, fixant sa parente avec une méfiance exacerbée – elle sentait toujours que quelque chose clochait, ici - mais elle lui arracha presque la baguette des mains quand Eleanor jura de la laisser crever (ni sauver ni attaquer, c'est bien ce que ça voulait dire, non ?). Et puis... Que voulait-elle dire avec "Les choses ont changé." C'était un truc à faire peur. Surtout avec son expression toujours si mortellement sérieuse - et sa peau cadavérique et ses yeux d'aveugle, n'en parlons même pas. Cette fille était glaçante.

Mais aussi parfaitement humaine, il ne fallait pas l'oublier. Elle était tellement différente qu'il n'était pas difficile de se la représenter inconsciemment comme... comme quoi ? Loevi ne savait pas du tout. Mais elle savait qu'elle avait instinctivement eu un élan vers elle quand Eleanor avait chuté après avoir essayé de se lever ; avant de s'immobiliser sans trop comprendre pourquoi elle avait bondi ni pourquoi elle s'arrêtait. La voir grimacer de douleur était quelque chose... d'extrêmement humain. Et Loevi s'en voulut d'avoir ce genre de pensée stupide. C'était une évidence, non ? Eleanor était aussi humaine qu'elle-même, ce n'était pas un monstre ou elle ne savait quelle créature magique venue d'on ne savait où. Elle était humaine. Elle ne devait pas l'oublier.

-Ca va ? demanda-t-elle vivement, ne prenant pas la peine de cacher l'inquiétude qu'elle éprouvait maintenant.

*Je suis trop gentille, pensa-t-elle. Mais je peux pas la laisser comme ça...*

Elle avait déjà assez fait de mal autour d'elle avec cette fichue poisse qui la poursuivait ; et puis, c'était tout de même de sa faute. Même si Eleanor lui avait lancé un sort, elle n'avait pas vraiment cherché à la blesser et pourtant la Poufsouffle avait réagi de façon excessive - que ne fait-on pas quand on se sent, même irraisonnablement, en danger. Elle n'aimait pas Eleanor. Elle aimait encore moins tout ce qui avait un lien avec sa propre famille. Mais elle avait quand même un coeur, elle, et si elle était responsable, eh bien, elle ferait ce qu'elle devait faire.

-Allez viens, je t'emmène à l'infirmerie, décréta-t-un d'un ton sans appel.

Il valait mieux qu'Eleanor n'essaye pas de protester, ou cette fois la mauvaise humeur de Loevi risquait de vraiment faire surface ; et avec une baguette à la main, ça risquait encore de faire très mal. Elle s'avança vers sa cousine et lui attrapa le bras pour la relever - Merlin qu'elle était légère ! Elle ne pesait rien du tout ! - se souciant bien peu de savoir si celle-ci serait d'accord ou non. Elle l'emmenait voir Zagora illico presto et elle était tranquille après - hop ! plus une seule trace de l'incident. Euh...

Oui, bon, sauf la volière. Elle était dans un triste état, et elle ne pouvait rien faire pour arranger ça. Pas vraiment envie de tout faire sauter, non plus. Demander à Eleanor de faire quelque chose ? Hm, à éviter. Oui, il allait falloir faire quelque chose pour ça. Quitte à se faire punir - et Eleanor avec, non d'un troll. Quelle poisse. Tout ça pour une lettre. Tout ça pour... *N'y pense plus...*

Et puis, dire que sa disparition plairait à la famille... Même si c'était la vérité... elle avait vraiment osé le dire ?
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Eleanor Moon
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MessageSujet: Re: Lettres secrètes   Sam 17 Mai 2008 - 11:15

A travers le silence oppressant qui les environnait, la voix de Loevi avait quelque chose de désagréable. Le crissement suraigu d'une craie sur un vieux tableau noir. Ou le sifflement chaleureux de la vapeur s'échappant de la théière. Aussi grinçante qu'elle parût aux oreilles d'Eleanor, cette voix était aussi et surtout un rappel à la réalité. Le seul lien qu'il restait entre elle et leur univers. La seule lueur familière dans cette obscurité blanche. A mesure qu'elle l'entendait, qu'elle la regardait, la Serpentard prenait conscience d'un décalage. D'une erreur au tableau naturel des choses. D'un soubresaut dans le tic tac régulier de l'horloge.

Tout cela n'était-il que le fruit de son imagination ? Loevi restait égale à elle-même, n'eut égard de sa légitime colère. Dissimulait-elle seulement ses propres craintes, ou n'y avait-il rien, aucune différence ? N'était-ce, alors, que pure imagination de sa part ?


¤ Tu ne comprends pas... ¤ murmura-t-elle. ¤ Les choses ont changé... Les choses ont bel et bien changé ! ¤

Ne cherchait-elle qu'à s'en convaincre elle-même ? Se convaincre qu'elle ne rêvait pas, qu'elle ne sombrait pas dans un mal déclenché par l'incident ? Ses impressions ne reposaient pas uniquement sur sa vision déformée, pâlie, décolorée. Elle voyait, oui. Mais elle entendait, aussi. Elle entendait, sentait et ressentait. Tout son corps lui envoyait le même message, la même alarme : Quelque chose ne va pas. L'indifférence marquée de Loevi face à ce cri d'instinct semblait presque menaçante. Tel le danger potentiel de qui ne prend pas garde à l'évidence. L'insouciance, l'ignorance, mères de tous les dangers.

¤ Ne vois-tu donc rien ? As-tu également été aveuglée de naissance ? ¤

Ressentirait-elle... de la peur ? Ce sentiment primaire, primal, qui ne l'avait jusqu'alors jamais touchée ? Jamais... Si, elle connaissait la peur. Et, ici, dans cette volière dévastée, irréelle, elle la ressentait de nouveau. Une peur différente de celle qu'elle avait alors éprouvée, quelques mois plus tôt. Différente, mais tout aussi puissante. Primale, oui. Viscérale. Accablée par sa propre frayeur, et par l'incompréhension à laquelle celle-ci donnait naissance, Eleanor ne pouvait empêcher son corps de trembler. Ses mains agrippaient le bras de Loevi, quand elle aurait voulu s'éloigner d'elle, et l'oublier. L'indifférence de sa lointaine parente la mettait dans le doute ; et elle ne savait plus ce qu'elle redoutait.

Que pouvait-il leur arriver, dans l’enceinte rassurante de cette école ? Quel malheur pouvait les atteindre, ici, dans ce lieu sécuritaire ? Ici… mais ici ressemblait-il vraiment à ici ? Toute la chaleur intrinsèque de cet endroit semblait avoir disparu, aspirée par le néant d’un froid d’indifférence. Elle se sentait glacée, comme plongée dans l’atmosphère froide et humide d’une plongée dans le lac, au cœur même de l’hiver. A la fois arrachée à son univers familier ; mais aussi revenue à un berceau rassurant… Rien de ce qu’elle ressentait ne la mettait à l’aise. Elle était au supplice, tiraillée entre envies de fuite et besoin d’exploration. Elle voulait s’évader. Elle voulait comprendre.

Mais avant toute chose, avant d’entreprendre l’un ou l’autre, elle devait s’assurer de l’entière coopération de Loevi. Coopération d’une parente dont elle aurait aimé, sa vie durant, rester éloignée, tant que possible. Elle ne pouvait se séparer d’elle, pourtant. Sous peine de sentir sa raison, si frêle soit-elle, l’abandonner. Sous peine de sentir le peu de courage qu’elle possédait encore la déserter sans appel. Loevi devait comprendre, réaliser. Voir ce qu’Eleanor voyait, percevoir ce qu’Eleanor percevait. Pour ne plus représenter le moindre danger dans son ignorance insolente.

Mais, indifférente aux protestations de son cousine, Loevi l’entrainait d’ores et déjà hors de la volière, à travers un escalier tout aussi froid et hostile. Plongé dans la grisaille d’un manque absolu de couleurs que seules les deux filles brisaient de la teinte marquée de leurs peaux, de leurs habits. Comme des personnages en surimpression sur les photos jaunies de la Gazette. Exécrable falsification d’une image somme toute bien peu naturelle.

Eleanor suivit, sans plus ajouter un mot. La descente s’effectuait non sans mal, sa cheville blessée refusant de la soutenir malgré ses fréquentes sollicitations, lesquelles ne lui tiraient rien autre que des gémissements. Mais quelle était cette douleur, face à celles qu’elle-même, durant sa courte vie, avaient fait naître chez d’autres ? Chez sa précieuse demi-sœur ? Précieuse… A mesure qu’elle évoluait à travers le château – marches polies, usées ; couloirs parcourus de courants d’airs… – l’ombre de Serpentard sentait, pressentait, que rien de tout cela n’était normal. Les choses n’étaient pas telles qu’elles auraient dû ; et Loevi, qu’elle y prenne garde ou non, finirait bien par, elle aussi, s’en rendre compte.
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Loevi Leroy
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MessageSujet: Re: Lettres secrètes   Sam 31 Mai 2008 - 12:24

Elle l'insultait. C'était-il Merlin possible ? Eleanor, en plus d'être hautaine, insupportable, mauvaise langue, et elle en passait, trouvait le moyen de l'insulter purement et simplement. Aveuglée de naissance, Loevi ? Ma parole, elle aurait préféré ! La Poufsouffle avait beau être d'un naturel calme - enfin tout dépendait avec qui - cette fois, elle perdait patience. Mais qu'importait : une fois la vipère abandonnée aux bons soins de l'infirmier en chef, elle ne l'aurait plus sur le dos. Elle prit donc une profonde inspiration et sortit de la volière.

A mesure qu'elle descendait les bien trop nombreuses marches en spirale de l'escalier, tout en empêchant complaisamment la Serpentard de tomber, Loevi se sentait envahie par la peur de celle-ci. Elle commençait à imaginer quelque chose surgissant d'un coup sur elles pour les attaquer, alors que rien ne laissait présager une bizarrerie pareille. Qu'est-ce qui pouvait bien les surprendre au milieu de l'école, à part un affreux plaisantin très matinal ? Mais elle savait pertinemment qu'Eleanor n'était pas du genre à avoir peur de tout et n'importe quoi et la sentir frissonner contre elle n'avait en fait rien de bien rassurant.

Elle commença à observer attentivement autour d'elle et fut surprise de constater qu'il y avait bel et bien quelque chose qui clochait ; cette fois, elle laissait parler son instinct, et celui-ci lui criait ~danger~ depuis un bon moment déjà. En revanche, elle était bien incapable de dire ce qui l'inquiétait exactement. C'était juste des petits trois fois rien qui la mettaient de plus en plus mal à l'aise ; et pourtant rien n'avait changé autour d'elle, elle était toujours au château, et Poudlard ressemblait toujours à Poudlard. C'était indescriptible.

Un bruit soudain sur sa gauche la fit sursauter - elle se rendit compte seulement à ce moment-là à quel point elle était tendue. Elle tourna vivement la tête de ce côté, mais à part une salle vide dont la porte entrouverte ne laissait deviner que des tables inoccupées, il n'y avait rien. Elle continua à avancer avec une Eleanor muette, en se demandant de quoi elle avait si peur. Les bruits bizarres étaient quelque chose de normal au château, et d'habitude ça ne l'effrayait pas. Mais elle avait l'impression assez vague d'être observée et ça, elle appréciait moyennement. Un autre bruit sur sa droite et elle poussa un grognement inarticulé en fixant les colonnes encadrant une fenêtre en ogive. Elles étaient quelque part au sixième étage, là. Personne ne pouvait décemment se trouver de l'autre côté de ce mur...

-Euh eh ! Y'a quelqu'un ? lança-t-elle pourtant.

Sa voix tremblante résonna bizarrement contre les pierres du couloir et Loevi ne put s'empêcher de frémir. Il y avait un drôle d'écho, ici... Ou est-ce que c'était son imagination qui lui jouait des tours ? Quoi qu'il en soit, Eleanor, elle, ne semblait toujours pas se remettre de sa propre frayeur. Loevi accéléra le pas et entra enfin dans l'infirmerie - où elle s'arrêta net, se demandant une fois encore ce qui clochait.

-Excusez-moi... bredouilla-t-elle. Il y a quelqu'un ? J'ai une blessée ici.

Personne ne lui répondit mais elle crut voir une ombre passer à l'autre bout de la pièce, preuve qu'il y avait effectivement quelqu'un. Mais l'ombre s'effaça en vitesse sans montrer le bout de son nez. Non mais oh, elle n'avait pas rêvé, l'infirmerie était bien occupée. Pas par des élèves malades et/ou blessés ni par l'infirmier, cependant. Ça semblait de plus en plus clair. Et ça n'avait rien de rassurant. Non non.

-Eh ! Montrez-vous !

Ce n'était peut-être pas le bon moyen de se faire remarquer par Zagora - il devait être quelque part pas loin, forcément - mais elle devait faire quelque chose pour son angoisse, quitte à brailler comme une abrutie pour attirer l'attention. Elle aurait l'air stupide, mais elle pourrait toujours remédier à ça quand elle se sentirait mieux. N'est-ce pas ?

-Euh... Elle est vraiment blessée, il faut la soigner d'urgence !
...
On a complètement détruit la volière, dites, il faudrait faire quelque chose !


Lamentable.

Mais le pire, c'était peut-être que même avec ça, elle n'obtenait strictement aucune réaction. Cette fois, il y avait peut-être vraiment quelque chose de pas normal à l'école des sorciers.
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