Jeu de rôle basé sur les règles inventées par J.K. Rowling dans l'univers de Harry Potter.
 
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 Un Dernier Soir...

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Terence Orphens
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MessageSujet: Un Dernier Soir...   Mer 27 Juin 2007 - 21:22

Warning... Rolling Eyes




Ce n’était pas le premier. L’émotion n’était pas la même. Il avait une impression de déjà vu, déjà vécu. Quelque chose de semblable à un songe récurent mais agréable. Sauf qu’on n’y vivra rien d’exceptionnel. On le sait déjà au début du rêve.

Ce n’était pas le premier. Et l’émotion était pourtant comble. Son impression de déjà vu, déjà vécu, ce quelque chose semblable à un rêve qui revient sans cesse lui fendait le cœur. Il voulait que cette soirée soit exceptionnelle. N’avoir jamais rien vécu de comparable auparavant.

Alors depuis que le soleil s’était levé, il avait œuvré au meilleur. D’abord, il était allé voir Alexandrei et avait marchandé l’infirmerie contre rien d’autre qu’une infinie gratitude. Ensuite, il avait replongé son nez dans d’anciens grimoires, chose qu’il n’avait pas pris la peine de faire pour les examens. Dans les études, on trouve sa motivation dans le dépassement de soi ou la soif d’apprendre et dans sa vie intime, tout est une question de plaisir, de ce qu’on a envie de donner à l’autre. Il avait toujours été plus motivé par la satisfaction des besoins de Draconia que par l’ambition d’être le premier et de réussir. Réussir à un examen était bien plus aisé que de réussir à faire plaisir à Relou. Il avait consciencieusement parcouru les chapitres sur les métamorphoses et les enchantements les plus extravagants pour donner à cette pièce un décor féerique. Il voulait faire de cette pièce qui avait contenu une grande partie de ses souvenirs d’avec Draconia cette année, un endroit… magique.

Ce n’était pas le premier soir que Terence Orphens et Draconia Darkus passeraient ensemble à Poudlard, ni le premier bal, ni la première fête, ni la plus grande, ni la plus originale… mais c’était la dernière.

Vêtu d’un pantalon noir en flanelle et d’un simple T-shirt en coton de la même couleur, la journée était très vite passée. Dans la salle de divertissement, s’étaient déroulées les pièces de théâtre et la remise des diplômes. Dans leur infirmerie, quand les Shakespeare eurent fait tinté leur dernière réplique, Terence attendit Draconia à la sortie de la loge des filles. Quand elle sortit, il la prit aussi silencieusement que tendrement par la main pour l’entraîner en marchant sans un mot vers les étages supérieurs de Poudlard.

Devant la porte de l’infirmerie, il la prit dans ses bras, lui confia au creux de l’oreille qu’il l’aimait comme il pensait que cela était impossible d’aimer, il baisa son front puis se tourna légèrement vers la porte qu’il poussa d’une main. Il laissa entrer Draconia la première et referma derrière eux.

L’infirmerie était devenue un grand jardin où se mélangeaient des voiles, des tertres, des promontoires d’herbes et de jonquilles. Les dalles étaient tantôt les vieilles dalles qu’on connaît, tantôt des chemins de mousse menant jusqu’à une fontaine creusée dans le contre-cœur de la cheminée. Les lits étaient bel et bien là, et leurs draps étaient un métissage de lianes, de pousses de hêtres, de feuilles d’oliviers encore vertes et de fleurs étendues. Sur le bureau de madame Pomfresh, caché par un petit saule aux feuilles bleues et vertes qui poussait dans la pierre du sol, se tenait de quoi dîner et boire dans des coupelles de verre et d’argent. Au-dessus du bureau, la grande fenêtre ouverte qui donnait sur le parc, vomissait des filets de lierre en cascade, lesquels venaient terminer leur course dans une petite marre où aurait dû se trouver un autre lit.

Terence prit la main de Draconia et l’attira vers le lit dans lequel il avait passé le mois de décembre, passant à travers les voiles pendus au plafond et frétillant sous la brise légère. Il la fit s’asseoir sur le lit dont les quatre pieds avait été pris d’assaut par des racines s’entortillant autour et sortit sa baguette au-dessus de leurs têtes. La lumière s’éteint doucement. Durant quelques secondes, ils furent plongés dans le noir complet. Puis, petit à petit, une, deux, trois, puis plusieurs bougies et chandeliers apparurent et, comme ceux de la Grande Salle, ils vinrent briller suspendus dans les airs. A cela près que les bougies flottaient à l‘envers et que la pierre des voûtes d’ogives ruisselaient d’un fin rideau de brume qui restait suspendu au plafond et dont le voile opaque accueillait cette source de lumière qui se déplaçait lentement comme des petits radeaux lumineux.

Terence s’assit à côté de Draconia. Il soupira à la manière de dire "ben voilà, Relou, c’est pour nous…" puis il se tourna vers elle avec son sourire en coin – celui qui n’annonçait rien de bon pour la censure sur Destination Poudlard – et tandis qu’une de ses mains glissa dans le cou de Draconia, et que sa bouche accompagna son geste, avec le poids de son corps qu’il fit légèrement ployer sur elle, il la fit s’allonger et s’étendit à côté, sur son flanc, le visage calé sur l’épaule de Relou:


Nous ne sommes ni dedans, ni dehors.
Ni à l’infirmerie, ni dans la forêt interdite.
Nous sommes à Poudlard et nous sommes loin de Poudlard… nous sommes tous les deux et… hum… je ne sais pas…
Tu m’as manqué.


- Images -



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Dernière édition par le Mar 3 Juil 2007 - 16:37, édité 1 fois
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Draconia Darkus
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MessageSujet: Re: Un Dernier Soir...   Ven 29 Juin 2007 - 3:26

L’infirmerie…

Le lieu où tout commença…

Les premières larmes, les premiers sourires, les premières disputes, les premiers « je t’aime », les premiers soupirs, la première fois…

Draconia s’en souviendrait certainement comme du lieu où elle fut, d’une certaine façon, et sans doute un peu malgré elle, frappée du syndrome de Florence Nightingale. De plein fouet.

Quelques jours plus tôt, elle avait reçu un hibou de la part de Terence l’invitant à l’attendre devant les loges juste après les représentations théâtrales. Cette dernière soirée, il avait choisi de la passer dans cet endroit témoin de leur affliction mais surtout de leur bonheur. Il lui avait juste précisée qu’il se chargerait de la robe et qu’elle n’aurait même pas à s’embarrasser de chaussures. Elle avait bien entendu cherché à connaître la nature des surprises qu’il avait laissé entendre qu’il lui réservait mais il s’était contenté de lui adresser un simple sourire évasif en réponse. Ni les regards implorants, ni les moues boudeuses et pas même les ‘baisers de Draconia’ ne le firent plier…


*Raah, comment je deviens soft, j’ai même pas pensé aux menaces ou à la torture !*



La Serpentard avait vu défiler la journée, puis le début de la soirée, à travers un relatif voile opaque si bien qu’il lui fallut attendre les premières acclamations à la fin de la dernière pièce pour que son esprit ne dissipe la brume qui l’avait encerclée et se reconnecte avec son corps. Elle s’était alors rendue sans perdre davantage de temps dans les loges où un paquet l’attendait. Elle s’était alors parée de l’étoffe que lui avait confectionnée Terence, non impatiente de pouvoir le retrouver. Il s’agissait d’une robe immaculée dont la blancheur n’avait d’égal que sa simplicité et la douceur du tissu. Elle était ornée d’une multitude de minuscules perles et brodée de fil d’argent. De part sa légèreté, elle laissait découverts ses bras, ses épaules et une bonne partie de son dos mais lui enserrait la taille avant de s’évaser et de lui arriver juste au dessus des genoux.

Suivant les recommandations du parchemin mais bien que quelque peu troublée face à la demande incongrue, elle laissa ses pieds nus et quitta la loge devant laquelle Terence l’attendait déjà. Ils gravirent silencieusement les quelques étages qui les séparaient de leur destination finale même si Draconia s’était tout de même plaint en marmonnant de la froideur du sol dallé et de sa relative propreté. *Encore un truc pour m’embêter ça, et après on dit que c’est moi la tordue… Tout compte fait, oui, je suis tordue, tordue de m’être pliée à sa volonté sans (trop) broncher…*.

Pourtant, à mesure que leurs pas les rapprochaient de l’infirmerie, Draconia ne pouvait empêcher une certaine appréhension de s’emparer d’elle. Il ne s’agissait pas de peur, loin de là mais de cette sensation étrange qui venait stagner au creux de son estomac et au niveau de ses cuisses. Un mélange d’indécision et d’exaltation. Elle avait l’impression de se rendre à un premier rendez-vous dont elle ne parvenait pas à en deviner ni le déroulement, ni l’issue. Elle espérait tout de même que Terence ne puisse pas percevoir une éventuelle moiteur au niveau de ses paumes… En fait, elle juste avait le sentiment d’être en train de gravir une montagne avant de devoir replonger vers l’inconnu. Parce que c’était ça être avec Terence, de continuels rebondissements, surprises et découvertes, un peu comme si, pour lui, rien n’était jamais vraiment acquis. Aucune stagnation mais un renouveau perpétuel. Et c’était ce qu’elle aimait chez lui : sa faculté à sans cesse la surprendre et la séduire un peu plus chaque jours même si elle n’imaginait pas cela possible et même si elle savait qu’il n’avait pas besoin de faire tout cela d’autant plus qu’elle se sentait indigne de tant d’attention. Il la faisait se sentir aimée, belle, désirable, unique et il ne lui suffisait bien souvent que d’un regard pour l’envelopper d’un tel sentiment.


Le cliquetis annonçant la fermeture de la porte de l’infirmerie sonna la perte de la jeune femme. On entendit juste la forte inspiration de la Serpentard. Elle resta là, magnétisée par le spectacle féérique qui s’offrait à ses yeux ébahis, sa bouche s’ouvrant, puis se fermant, incapable de produire le moindre son. Les mots restaient bloqués par la boule qui s’était formée au fond de sa gorge.


- Comment… mais…je… ouah… bafouilla-t-elle, la voix rauque par l’émotion, tout en portant sa main à sa bouche alors qu’elle luttait pour que ses yeux ne s’abandonnent pas aux larmes.

Après avoir ramassé sa mâchoire qui était tombée sur le sol, elle se laissa guider vers le lit sans parvenir à détacher les yeux du décor irréel pour lequel le couple sera les deux acteurs principaux sans figurants, ni personnages secondaires.

Transportée par le balancement apaisant des bougies et la chaleur réconfortante du corps de Terence contre le sien, la tension qui avait habité la jeune femme la quitta peu à peu et un soupir s’échappa de ses lèvres entrouvertes. Elle se positionna ensuite de façon à se trouver en face de Terence, un sourire timide graciant ses lèvres.


- Je t’ai déjà dit à quel point j’aimais voyager avec toi ? lui murmura-t-elle tendrement alors que sa main venait se glisser sous son T-shirt pour lui caresser brièvement le flanc.

Hésitante, elle se mordit la lèvre inférieure avant de laisser échapper en un souffle :


- Tu m’as manquée aussi…

Elle baissa un instant les yeux avant de les replonger dans ceux du Râleur.

- Je t’aime, Terence, affirma-t-elle sans ciller

Puis, son regard caresse la bouche du jeune homme, imitée aussitôt par les lèvres de Draconia. Baiser caresse. Sans doute le baiser le plus chaste parmi ceux qui suivront…

Enfin, elle se redresse et cette fois-ci, l’éclat de ses yeux rivalise sans conteste avec celui des bougies suspendues.

Sourire espiègle et ton badin s’entremêlent :


- Alors Monsieur Orphens quel est le programme de la soirée ?

*De Notre soirée* se répéta-t-elle avec conviction.

- Il me semble que vous aviez parlé de plusieurs surprises…
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Terence Orphens
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MessageSujet: Re: Un Dernier Soir...   Dim 1 Juil 2007 - 19:36

Hum… Miss Darkus, vous allez trop vite. Trop vite. Chaque chose en son temps, répondit Terence en approchant sa main de l’épaule de Draconia.

Il l’y posa délicatement et descendit le long de son bras nus, de ses flancs, de ses cuisses. Il se redressa à mesure que son geste avança jusqu’à sa cheville pour finalement se retrouver assis à côté d’elle. Il prit son pied entre ses paumes et sourit en voyant la fine pellicule de poussière qui lui servait désormais de semelle. Il embrassa le dessus de ce pied en se penchant vers elle puis d’une suite de gestes fluides et plus prestes, Draconia se retrouva assise sur ses genoux. De la main qui se trouvait dans le dos de la jeune fille, il remonta jusqu’à la nuque et dans le mouvement retour, il dézippa lentement la robe qui se retroussa d’elle-même sur ses hanches. Il retira son propre T-shirt et le laissa s’échouer sur le lit avant d’entourer Draconia d’une étreinte aussi chaste que son précédent baiser. Il ne s’agissait pas de faire l’amour. Il voulait imprimer son buste sur lui. Unir les battements de leur cœur dans un même débit de mots silencieux. Ca sonnait un peu fétichiste comme ça… hein? Rien de tout ça.

Si dans ce sujet, entre autre, il s’agit d’effeuiller la sensualité, les pensées, les réflexions et les souvenirs de l’apprentissage de deux corps, c’est avec un regard séant qu’il faudra lire pour ne rien retirer ou ne rien ajouter de trop à ce que cela représente réellement.

Il resta ainsi contre elle de longues minutes, concentré sur la musique du tamtam cardiaque, retraçant des journées passées, des rires, des larmes, des incompréhensions, des nuits égarées, des disputes où il la trouvait si belle qu’il avait toujours eu du mal à les prendre au sérieux, trop obnubilé par l’envie de lui dire qu’il aimait ses fossettes quand elle faisait la moue.

Après ces minutes, il se leva, en la gardant dans ses bras et se dirigea lentement vers le lit source d’eau. Il la déposa délicatement les pieds dans l’eau qui, une fois debout, ne lui arrivait qu’aux genoux. Il entra à son tour dans l’étrange bassin, sans prendre soin de retrousser son pantalon. Alors, il sourit en s’avançant vers elle; il l’entoura de son bras gauche tandis que l’autre sorti sa baguette. Il prononça à haute voix une formule qui fit tomber la pluie dans l’infirmerie. Une pluie qui semblait ne jamais vouloir atteindre le sol ou les meubles et qui se ressourçait d’elle-même pour tomber à nouveau.

Il avait peut-être un jour confié à Draconia. Il ne savait plus. Il lui avait peut-être dit ce que signifiait pour lui la pluie. C’était le toucher. C’était l’absolution. C’était la sensualité. C’était des choses qu’on ne peut écrire même sur un journal intime dont les feuilles en rougiraient si elles savaient. Face à face et entouré de toute ces eaux, il espérait que Draconia comprenne ce qu’il voulait ajouter à leurs secrets. Il l’interrogea du regard, son sourire espiègle parqué sur le coin de ses lèvres.


On a fait pire, murmura-t-il comme un sous-entendu lorsqu’il réalisa en regardant la lueur dans les yeux de sa Relou qu’elle avait sans doute comprit pourquoi il pleuvait dans l’infirmerie transformée en forêt. Je t’ai promis des surprises. Je crois que j’ai usurpé le terme. Il s’agirait plutôt de propositions…

Apparut alors, flottant dans les airs à la hauteur du visage de Relou, une de ces petites boîtes en bois dont elle connaissait le contenu. Terence la prit par la épaule pour la laisser saisir l’objet et l’ouvrir:


Si tu es d’accord, alors fais comme d’habitude: râle, panique, dis des trolleries, puis embrasse-moi. Si tu ne l'es pas, ben, tu refermes juste la boîte et tu me laisses râler, paniquer, dire des trolleries. Puis, quand j’aurais ravalé ma fierté, on réconciliera notre côté masculin et notre féminin… Le Enki poursuivit-il avec un large sourire avant de reprendre sur un autre ton:
2 personnes.
4 éléments…
6 sens,
9 … il faudra trouver neuf façons de mettre l’autre dans l’embarras. Par des questions, des actions, des révélations, des ce que tu veux… Avec la boîte, j’ai déjà commencé. Ca fait 1 sur 9. Tu joues, chicken? Il paraît que t’aimes les chiffres,
termina Terence avec un sourire mi-figue mi-‘raison’.

C’était un large programme. D’abord la boîte. Ensuite, passer en revue les yin et les yang au gré des quatre éléments, utilisant les six sens sur une partition triviale comportant neuf actions. Cela promettait peut-être de plus grandes surprises que prévues.

Il la laissa donc regarder, en la gardant contre lui pour sentir le moindre mouvement de recul...

"On ne sait jamais... si elle entreprend de taper un cent mètre pour s'enfuir en courant..."




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Draconia Darkus
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MessageSujet: Re: Un Dernier Soir...   Mar 3 Juil 2007 - 13:57

Draconia resta, ce qui lui sembla être une éternité, à contempler la petite boite qu’elle venait de refermer silencieusement. Elle la serrait si fermement que le sang avait déserté chacune de ses jointures, et ce, dans l’unique but d’apaiser le tremblement irrépressible de ses mains. Elle gardait les yeux résolument baissés sur sa surface sombre sans parvenir à formuler la moindre pensée cohérente, alors, elle garda le silence.

Il lui demandait de franchir un grand pas, de faire un plongeon dans l’inconnu, ce qui, elle devait bien se l’avouer, n’était pas évident considérant sa taille... et elle ne savait pas si elle se sentait la force suffisante.

Pourtant, Terence n’avait jamais manqué de la faire se sentir grande et capable de déplacer des montagnes. Il avait toujours été là pour elle : sa veste trouvait toujours sa place sur ses épaules lorsqu’elle avait froid, ses bras encerclaient toujours sa taille lorsqu’elle voulait baisser les siens et ses mains séchaient toujours ses larmes lorsqu’elle ne pouvait plus les retenir.

Alors, au final, elle se dit que cette distance, ils pourraient la franchir ensemble, comme ils l’avaient toujours fait.

Enfin, elle cligna doucement des yeux et prit conscience que Terence attendait certainement une réaction de sa part…


*Oui mais je dis quoi ?*

- Euh…

*Ah ben bravo, il a tout compris là*

Elle secoua la tête et consentit à laisser son regard se poser dans le sien. Elle s’humecta les lèvres avant de prendre une profonde inspiration :


- Ça t’arrive souvent de te regarder devant le miroir dans ce genre de tenue ? demanda-t-elle interloquée alors qu’un sourire moqueur prenait la place d’une moue confuse.

Pour bonne mesure, elle laissa une main glisser le long de son dos pour venir s’arrêter sur le contour de son fessier et s’assurer à l’aide d’une rapide pression qu’il ne portait pas un de ces sous vêtements qu’elle trouvait si peu affriolants sur un homme et ce, malgré la barrière noire qui les séparaient. Satisfaite de ce qu’elle put y découvrir, sa main vint se reposer sur sa hanche.

Puis, la Serpentard se hissa sur la pointe des pieds sans quitter Terence des yeux. Dans ses prunelles glacées, on pouvait y lire toute la détermination et la conviction avec laquelle elle livra ces quelques mots contre les lèvres du Serdaigle :


- Moi aussi, je le pourrai, garantit-t-elle pour réponse ultime juste avant de prendre possession de ses lèvres.

Elle concentra sur sa lèvre inférieure toute sa passion et son amour mais toute la volonté et l’assurance qu’elle avait de construire avec lui un avenir prochain.

*Du moment qu’il ne se met pas à se servir dans mon tiroir à lingerie…* songea-t-elle une fois que ses talons eurent retrouvé le sol.



- Avant que tu ne m’expliques comment réconcilier mon côté féminin avec mon côté masculin, parce que je suis certaine que tu dois avoir une bonne longueur d’avance sur moi, j’aimerais rajouter un chiffre à ton petit jeu… le 7, soutint-t-elle, sans développer, en attirant Terence par la main en dehors du bassin.

Elle l’incita à s’assoir sur un petit coin de verdure avant de prendre place sur ses cuisses de façon à se retrouver une nouvelle fois buste contre buste. Elle posa la boite à images à ses pieds avant d’enlacer amoureusement Terence. Cette position revêtait essentiellement un caractère pratique en ce sens qu’elle ne souhait pas que sa poitrine dévêtue soit source de distraction pour lui. Elle-même, il lui arrivait trop souvent, alors que Terence lui parlait, d’être davantage hypnotisée par le mouvement de ses lèvres que par les mots qui sortaient de sa bouche tentatrice. Alors, il lui était arrivé d’acquiescer à des propositions auxquelles elle n’avait porté aucune attention si bien qu’au final, elle se retrouvait dans une position inattendue ou même victime d’un sortilège sensuel.


- J’ai découvert que les Moldus parlaient de 7 Péchés Capitaux, commença-t-elle en un murmure au creux de son oreille. Elle trouvait plus aisé de lui dire ces quelques mots joue contre joue, les yeux clos que droit dans les yeux.

- Alors, moi, je vais te parler de mon péché capital mais je te demanderai de ne rien dire tant que je n’ai pas terminé, d’accord ?



Donc en gros, je vais te montrer comment que je suis qu’une grosse pêcheuse euh non pécheresse, enfin perverse, quoi …


Parce que…


Ce n’est qu’après avoir pris une profonde inspiration qu’elle poursuivit :


Avarice

Tu sais ce que je pense des démonstrations d’affection en public. Il ne s’agit pas moins de pudeur que du reflet de mon égoïsme. Cet amour égoïste que je te voue. Je ne souhaite ni le faire partager aux autres, ni le leur prouver. Pourtant, il m’est arrivé d’être prise de l’envie de graver sur les murs de Poudlard quelque chose d’aussi mièvre que « Draconia aime Terence ». Si ce n’est pour faire taire toutes ces siphonnés qui disent rêver que tu leur appartiens, au moins pour n’exprimer qu’une infime partie de mon amour pour toi.


Orgueil

Mon orgueil réside principalement dans toute l’admiration que je te porte. Je suis tellement fière de toi et de tout ce que tu accompli. Mais surtout, je suis infiniment fière d’être ta petite amie, d’être celle que tu as choisi, d’être celle que tu portes à ton bras. On est bons ensemble…

Mais quand t’es pas là, je me sens vide…

Tu te souviens de cette chemise bleue que tu m’avais dit avoir perdu ? Tu ne l’as pas oubliée sous le bureau de Rogue. Elle est dans ma chambre… Les soirs où tu n’es pas près de moi, je la porte et je n’ai plus qu’à fermer les yeux pour m’imaginer que tu es là, contre moi. J’aime respirer ton odeur sur ma peau, elle me rassure et est totalement enivrante. Je me plais à penser que la plus exquise des fragrances est un subtil mélange composé d’un peu de toi, d’un peu de moi, mais surtout de beaucoup de nous…


Paresse

Parce que lorsque je suis avec toi, j’aimerais capturer le temps et ne jamais le laisser glisser. Je pourrais rester une éternité dans tes bras sans jamais me lasser parce qu’il n’y a que lorsque je suis près de toi que je peux m’évader. Douce envolée d’ondes sensuelles jusqu’au point de non retour de la planète Désir. Si j’aime tant faire ce voyage, c’est parce que je sais que tu es le seul qui puisse m’y conduire et qu’il m’arrive de ne plus savoir où tu commences et où je finis. La caresse de ta voix est bien plus envoûtante que la caresse d’une main. Je suis sous ton charme mais crains toujours de devoir me réveiller pour réaliser que tout ce que je vis n’est qu’une douce illusion qui me conduirait à affronter la dure réalité.

Colère

J’ai constamment le sentiment de ne jamais parvenir à trouver les bons mots pour exprimer ce que je ressens et tu ne peux pas savoir à quel point cela me pèse. Peut être même n’existe-t-il pas de vocable suffisamment précis pour qualifier au mieux ce que j’éprouve ? J’aimerais créer avec toi ce langage qui ne soit propre qu’à nous deux et dont les mots soient les plus justes pour révéler ce que je me sens incapable de faire, sans faux-semblants, ni fioritures. J’aimerais te garder précieusement au creux de mes reins et en mon sein. J’aimerais être le pilier qui puisse te soutenir dans les moments difficiles, être celle qui apaise la moindre de tes souffrances et aspire chacun de tes cris.



Envie

Envie de toi perpétuelle.
Envie de toi et moi, en moi, tout le temps.
Je suis attirée vers toi tel l’aimant d’une boussole vers le nord.
Parce que sans toi, il n’y a pas de moi. Mon cœur a pris perpète et il ne veut pas s’échapper de cette douce prison que tu as bâtie avant même que ma tête ne baisse les armes.
Envie irrépressible de laisser les plus primitives des pulsions prendre le dessus sur toute rationalité. Je pourrai mourir cent fois, chaque jour, entre tes bras, de cette petite mort lente et agonisante qui me transporte toujours plus près des étoiles. Il n’y a que toi pour faire se briser la moindre de mes inhibitions, faire en sorte que j’en oublie jusqu’à mon propre nom pour que ne reste sur mes lèvres uniquement le tien.


Gourmandise

J’ai croqué la pomme et tu m’as conquise jusqu’au plus profond de mon être.
Je t’ai donné mon corps, mon cœur, mon âme, sans aucun regret, jamais…
J’ai faim de toi et cet appétit me parait être insatiable. J’ai toujours cru qu’au bout d’un certain temps la passion diminuait mais tu es tant ancré au plus profond de mon être que mon désir croit de façon exponentielle. Je voudrais réinventer sans cesse la partition de notre amour pour que jamais la symphonie de nos corps ne dépérisse. Mais je ne peux y parvenir que si tu es avec moi.


Luxure

Par Merlin ! Mais quand suis-je devenue si dépravée ? Tu m’as totalement corrompue, peut être de façon inconsciente. C’est juste que je ne peux pas empêcher toutes sortes de pensées lascives de se bousculer dans mon esprit dès qu’il m’arrive de penser à toi, ce qui arrive de façon très récurrente. Et malgré le fait que cela survienne lorsque je suis en cours, je suis incapable de résister le pouvoir d’attraction de mon imagination. Au début, je me suis trouvée horrifiée de découvrir que de tels songes puissent me transpercer, le pire étant qu’il ne me suffit que d’un regard de ta part pour être prête à te laisser faire tout ce que tu veux. Tu m’as souvent répétée que j’étais tordue voire même psychologiquement déviée et je m’aperçois que tu as sans doute raison. Mais au fond, s’agit-il réellement de perversion ? Je ne vois rien de répréhensible dans ce que nous faisons du moment que c’est ce que nous voulons tous deux, que nous nous respectons et que nous ne faisons de mal à personne.



Mais surtout,

Parce que,

Mon péché à moi, c’est toi…
avoua-t-elle en se redressant sensiblement pour venir ancrer son regard dans celui de Terence, ses joues rougies par le long monologue qu’elle venait de formuler. Il était bien rare de l’entendre parler si longtemps…

You, my sweet, handsome, playful, stubborn, caustic, sensuous, awesome, smart, gorgeous, ingenious, mischievous, bad, grumpy, sexy, witty, addictive, seductive, naughty, funny, loving, intoxicating, teasing, charming, well-endowed, man…
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Terence Orphens
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MessageSujet: Re: Un Dernier Soir...   Mar 3 Juil 2007 - 16:03

Un silence est une réponse. Il ne savait pas parler après ce qu’il venait d’entendre. Il avait déjà lu des textes, des poèmes, obtenu de très jolies démonstrations amoureuses de Draconia. Mais la parole avait tout de même quelque chose de… Hum. Pas assez de mots. Oui. C’est colère de se sentir limité dans son vocabulaire, de ne plus savoir trouver les expressions de ses sentiments. Il connaissait cela. Il le ressentait souvent.

Il resserra ses bras autour d’elle pour parfaire leur étreinte et ne soupira en réponse qu’un sourire d’allégresse et de soulagement. De toute façon, il lui semblait que très peu de mots pouvaient riposter d’une belle manière à ces secrets. A peine un…


Je t’aime, toi.

Qui le fit frissonner.


Ce n’était pas de l’embarras quel avait provoqué, il était difficile que ces deux-là se sentent embarrassés par ce que l’autre puisse faire ou dire. Elle ajoutait cependant une pierre au neuf Façons.

« 2 sur neuf… A mon tour. »


La pluie avait cessé, il ne s’en était pas rendu compte. Terence recula son visage de celui de Draconia et regarda vers les voûtes le plafond de fumée et les bougies flottantes. L’une d’entre elles, posée sur un drôle de bougeoir au socle d’or, se dirigea vers eux et se mit à flotter au niveau de leur tête, comme l’avait fait la petite boîte en bois quelques instants plus tôt. Le Serdaigle détourna son visage vers celui de sa Relou, appuyant légèrement son nez sur son menton, puis le surélevant un peu pour atteindre ses lèvres. Un baiser.

C’est pour toi. Mets-le, affirma-t-il.

A bien y regarder, ce que l’on prenait pour un socle doré n’était rien d’autre qu’un bracelet qui avait été enfilé autour du bougeoir. Terence souffla la bougie pour que Draconia puisse prendre le bracelet et le mettre.



Rien dans ses gestes ne semblait laisser entrevoir une quelconque envie de la lâcher, de changer de position. Il la trouvait très bien là où elle était. Il se mouvait sans hâte et ce, même lorsqu’il profita qu’elle se saisisse du bracelet pour le passer, pour la rhabiller et la sécher d’un coup de baguette magique. Seuls leurs cheveux restaient humides.

« Rha, c’est tellement dommage que ce type de sortilège ne soit pas évalué aux examens » se dit-il amusé en constatant qu’il avait plus d’aisance pour ceux-ci que pour un sortilège de transfiguration.

Lorsque Draconia eut passé le bracelet, elle se mit instantanément à flotter dans les airs… comme si elle était en apesanteur. Terence tourna le bracelet de cuir qu’il portait lui-même autour du poignet et l’instant suivant, il était lui aussi à quelques mètres du sol, face à Draconia.

Il tendit sa main pour l’attirer vers lui en riant :

Tu crois quand même pas que tes requêtes tombent dans l’oreille d’un sourd… s’amusa-t-il.

Il poursuivit en la guidant dans l’apprentissage d’une discipline dont il espérait qu’elle ferait se courber les hélices du temps, de même que celle de Dragon.

Masculin. Féminin. Tout est question d’équilibre.
Donner. Recevoir. Recevoir. Donner. Pêle-mêle.
Ecouter et répondre.
C’est l’envers et l’endroit. L’endroit et l’envers.
C’est les bras autour d’un corps. Un corps encerclé mais libre.
Etre dedans et dehors.
Un murmure puis un cri.
L’accalmie. La tempête.
Les membres superposés. Une clé dans une serrure qui ouvre une porte dérobée.
C’est du temps qui passe sans qu’on puisse le décompter.
C’est le sucre qui devient salé.
Tous les goûts rassemblés dans une bouche gourmande,
Rejetés d’un coup dans un dernier souffle.
La tempête, puis l’accalmie.
Des exhortations, puis les murmures.
Des regards aveugles car on a déjà trop vu.
Des bruits qui se goûtent, des caresses qui s’écoutent.
C’est l’endroit et l’envers. L’envers et l’endroit.
Un pays sans lois.
Un masculin et un féminin. Les six sens emmêlés.


Flotter dans les airs. N'avoir plus aucune emprise sur le monde tel qu'on le connait, ni lui laisser en avoir une sur nous était une sensation destabilisante.

Les joues rouges de Terence miroitaient sous les lumières des bougeoirs suspendus. Allongé dans le vide, il tenait contre lui, Draconia dont les cheveux avaient perdu de leur discipline. Cheveux secs toutefois encore mouillés à la lisière du crâne et du front et sur les tempes. Dans quelques minutes leurs bracelets deviendraient de simples bracelets sans attraits magiques. Il fallait redescendre.



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Draconia Darkus
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MessageSujet: Re: Un Dernier Soir...   Jeu 5 Juil 2007 - 20:20

Après s’être élevé si haut dans les airs qu’on aurait juré pouvoir toucher les étoiles, il semblerait presque cruel de devoir redescendre si tôt, aussi douce que la descente fut. Mais pour Draconia, il ne s’agissait là que d’un prélude vers d’autres envolées plus miroitantes, la promesse d’une ascension plus lente pouvant même vous plonger dans une exquise agonie.


Draconia offrit à Terence un sourire radieux qui ne semblait pas vouloir la quitter mais qui se mariait pleinement avec le teint lumineux et les joues rosies qu’elle arborait. Elle passa une main dans ses cheveux mais renonça rapidement à leur redonner un semblant d’ordre tant la tâche paraissait vaine.

Elle chercha alors du regard le saule pleureur qui dissimulait le bureau de Madame Pomfresh et une étincelle espiègle illumina ses prunelles assombries.


- J’ai faim… lui confia-t-elle sans malgré tout expliquer pourquoi elle glissa un bras autour de sa taille et l’entraîna en direction du lit qui avait été le sien pendant trop longtemps.

Si ses calculs s’avéraient exacts, ils en étaient à quatre sur neuf dans leur petit jeu et elle allait devoir tirer le cinquième coup… Ils avaient plutôt commencé fort et la Serpentard estimait qu’il était temps de s’accorder une petite pause au moins pour calmer les battements de son cœur emballé.


Arrivés à proximité du lit, Draconia se plaça face à Terence, posa ses mains sur ses hanches et l’incita à reculer graduellement jusqu’à ce que ses genoux entrent en contact avec le lit.


- Tu me fais confiance, n’est-ce pas ? lui demanda-t-elle candidement en cherchant dans le fond de ses yeux une réponse.

Une fois qu’elle eut trouvé ce qu’elle attendait, elle l’invita à s’allonger sur le dos tout en l’y accompagnant sans perdre le contact de son torse contre sa poitrine. C’est d’un baiser gourmand qu’elle s’empara de ses lèvres. On n’aurait sur déterminer s’il s’agissait là d’un futile stratagème pour le distraire ou d’une marque d’affection sans arrière pensée, si Draconia n’avait pas appartenu à la maison de Salazar Serpentard. Ses mains remontèrent le long de ses flancs avant de poursuivre leur paresseuse progression. Ses doigts qui s’emmêlent pour venir se reposer au dessus de leur tête. Des jambes qui se poussent pour se retrouver de part et d’autre du lit. Une main qui se dégage pour s’emparer d’une baguette. Un sortilège informulé pour que les lianes prennent vie et viennent s’enrouler autour des poignets et des chevilles d’un grand jeune homme. Le tout rythmé par une caresse de lippes qui s’arrête lorsque la baguette magique rejoint le sol en un bruit sourd étouffé par la mousse.

C’est d’un baiser faussement désolé déposé au coin des lèvres qu’une Draconia éclatante se redresse, les genoux revenant se positionner de chaque côté des flancs du Râleur et ses mains se tenant sagement sur ses cuisses.

- Ça va Râleur ? Je voulais juste savoir ce qui était mieux : ça ou les menottesempra… offrit-elle innocemment en guise d’explication. Elle le contempla un instant en emprisonnant sa lèvre inférieure entre ses dents avant d’hausser les épaules et de sauter du lit.


Sourire aux lèvres, elle se dirigea enfin vers le bureau de Pomfresh. Elle n’avait pas menti lorsqu’elle lui dit qu’elle avait faim. C’est juste qu’elle ne se sentait pas d’humeur de s’assoir à une table d’autre plus qu’elle avait trouvé un siège bien plus confortable qu’une simple chaise en bois.


Elle disposa sur un plateau d’argent deux verres, une bouteille et de quoi se restaurer avant de retourner auprès de son prisonnier même si elle avait parfaitement conscience qu’il pouvait se détacher s’il le souhaitait. Elle posa le plateau sur la table de chevet mais garda une assiette emplie d’un assortiment de fruits tels que des cerises, fraises, melons ou autres morceaux de figue de barbarie et une petite coupelle. Puis, elle reprit sa place sur son trône favori tout en croquant dans un raisin.

- Tu en veux ? lui proposa-t-elle en trempant une fraise dans la coupelle pleine de chocolat fondu. Ils n’avaient pas réellement eu l’occasion d’en profiter à la soirée de la Saint-Valentin mais il était toujours temps d’y remédier.

Très lentement, elle approcha la fraise chocolatée de la bouche du jeune homme en une invitation silencieuse à accepter le fruit. Elle porta alors son index à ses propres lèvres et le débarrassa des résidus de chocolat en un faible murmure.


- On va faire un jeu… reprit-elle en se repositionnant correctement.

- Je vais écrire un mot sur ton torse, commença-t-elle en imbibant une nouvelle fois son doigt de chocolat.

- Et sans regarder, au simple contact de ma main sur ta peau, poursuivit-elle en ébauchant la lettre « T ».

- Tu devras deviner ce que j’y ai inscrit… enchaina-t-elle en finalisant son dernier « A ».

- Avant qu’il ne reste plus une seule trace de chocolat…, termina-t-elle alors que ses lèvres empruntaient le même chemin que son index venait de suivre.
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Terence Orphens
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MessageSujet: Re: Un Dernier Soir...   Sam 7 Juil 2007 - 14:29

En se retrouvant allongé, les poings liés, Terence douta un instant de la façon dont la situation allait tourner. On ne pouvait pas dire de lui qu’il respirait la confiance en soi. Il hésitait encore entre râler ou laisser faire. Elle lui demandait s’il avait confiance en elle. Il ne s’était jamais posé la question. Pour ne rien cacher, il avait mis assez longtemps avant de lui céder sa confiance. Cela était peut-être idiot mais la façon dont ils s’étaient mis ensembles et la tournure que prenait leur relation jour après jour, n’était pas sans lui faire craindre de la perdre à tout moment pour une raison ou pour une autre.

Qu’est-ce qui disait qu’un jour, l’une de leur dispute ne serait pas la dernière avant la rupture? Qu’est-ce qui pouvait lui certifier qu’elle ne se laisserait jamais séduire par les regards des autres garçons qui la convoitaient et qui pouvaient lui offrir des choses dont lui se sentait incapable? Et elle n’était pas Serpentard pour rien. Non pas que les Serpentard soient tous voués à faire de grandes choses comme trahir, mentir ou manipuler… mais il fallait avouer qu’avec le temps (les siècles, même) leur réputation ne s’étaient certainement pas construite sur rien.

Alors quand on parle de confiance, il faut savoir à quel niveau on la place. Pour ne pas mentir, Terence avait confiance en lui. En son amour pour elle. En sa force de retrouver de nouvelles façons de la conquérir pour ne jamais laisser leurs sentiments s’enfouir dans une montagne de paresse sentimentale. Il ne supporterait pas de devoir vivre un amour transparent ou timide. Il avait confiance dans sa loyauté et n’émettait aucun « si » dans le portrait qu’il se faisait de sa Relou. Il ne l’aimerait pas plus ou pas moins si elle était plus ceci ou cela. Il l’aimait telle qu’elle. Avec le danger de ne jamais savoir si un jour elle ne s’en irait pas… avec l’incertitude de pouvoir lui faire confiance ou pas.

Il ne répondit pas quand elle le lui murmura. Il sourit sans partager ses pensées cartésiennes qui n’avaient rien à faire dans les événements de cette soirée. Elles étaient le genre de réflexion qu’on passe sous silence quand on aime, car l’on sait qu’elles seront à l’origine de déception, de déni ou de discussions ne menant à rien, blessant probablement l’autre dans son for intérieur, causant plus de dommage que de compréhension. "Elle n’a pas besoin de savoir que je doute… et que c’est plus fort que moi."

Pour lui faire plaisir, il se laissa faire en rassemblant le plus de sang froid possible.

"Oulà, qu’est-ce qu’elle fait? 'Ca' ou le menottesempra….?"

Elle était partie assez longtemps, en le laissant là. Il ne se sentait pas à l’aise, il se sentait séparé de sa masculinité, dépourvu de sa force. Encore, si elle était restée près de lui. Il aurait été rassuré et il aurait vu son visage et lu sur celui-ci les pensées qui la motivaient. Jamais pour un menottesempra ou tous les sortilèges amoureux, il ne l’avait laissé seule. Il imaginait le sentiment que cela devait être que de se sentir emprisonné et sans visibilité. Le corps humain n’est pas fait pour être lié et seul. Il s’en rendait bien compte à présent et réalisait que son intuition n’avait pas été mauvaise. C’était flippant. Mais il repoussa encore le moment de se plaindre. Il voulait savoir où elle voulait en venir.

Quand elle revint, il essaya d’afficher un regard le moins inquiet possible. Elle tenait un plateau de nourriture et de quoi boire. Il ne dit rien. Attendit encore.

Elle reprit possession de son corps en se mettant sur lui à califourchon. Encore proche de son angoisse, il ne comprit les règles du jeu qu’à demi mot.

Il eut besoin qu’elle en arrive à l’effacement total de la dernière lettre pour qu’il retrouve un semblant de calme. Il redressa alors légèrement la tête vers elle et murmura:


Tantra… ?

Il n’avait qu’une envie maintenant. Après avoir effacé le chocolat, il souhaitait seulement qu’elle se pose sur lui, qu’elle l’étreigne en silence pour effacer les débris du doute qui l’avait paralysé jusqu’ici.

« Tu me fais confiance, n’est-ce pas ? »
« Non… je ne sais pas… »
« Tu devrais. »
« Excuse-moi… »
« Je t’aime. »
« Je t’aime aussi. »
« Alors ne doute plus. »
« J’essayerai. »


Son cerveau parlait à une Draconia imaginaire à laquelle il avait pu confier le doute qu’il le complexait. Devant le jeu qu’elle proposait, il regretta amèrement d’avoir douté d’elle mais se rendit compte qu’il en serait ainsi souvent sans réellement savoir pourquoi.



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Draconia Darkus
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MessageSujet: Re: Un Dernier Soir...   Mar 10 Juil 2007 - 2:02

Terminé l’enchantement qui l’avait privé de sa liberté de se mouvoir à sa guise.
Oubliée la baguette qui avait roulé sous le lit.
Il ne restait que le silence.



Draconia venait de se blottir contre Terence, une jambe drapée paresseusement entre les siennes. Sur son torse, elle traçait tout aussi silencieusement des formes chimériques. Elle avait froid. Le silence du jeune homme associé à la raideur de ses muscles l’avait glacée si bien qu’elle préférait garder les yeux clos. Le chocolat, quant à lui, mêlé à peau du jeune homme, ne lui avait finalement pas laissé de goût sucré mais un arrière goût âcre dans la bouche.

Elle se risqua à ouvrir un œil en direction du jeune homme avant de le refermer. Elle laissa alors s’échapper un soupir las de ses lèvres alors que sa main avait commencé à jouer distraitement avec le bracelet de cuir inanimé qui habillait son poignet.



- Tu ne dis rien ? Je t’ai connu plus bavard… murmura-t-elle enfin pour briser le silence.


Elle se massa derrière l’épaule pour atténuer le nœud qui s’était formé à la base de son cou avant de rouler lentement pour se retrouver sur le dos. Dès le début, elle avait pu ressentir que Terence n’avait pas été aussi à l’aise qu’elle aurait pu l’imaginer. Mais elle avait pensé qu’il pourrait puiser de la force dans la familiarité de ses caresses. Confiante, elle avait gardé un toucher léger dénué de toute agressivité dans l’attente que son corps ne commence à se détendre contre le sien. De tout cela, rien ne se produit si bien que ce qu’elle percevait comme étant de la nervosité avait été totalement inattendu.

Il ne s’était pas plaint, il n’avait pas râlé, ni même chercher à montrer son mécontentement. Non. Il avait juste préféré se murer dans un silence impénétrable qu’elle ne parvenait pas à déchiffrer. La jeune femme, quant à elle, ne s’était jamais privée de marquer son déplaisir, d’afficher son irritation ou ni même de formuler ses désirs. Alors non, elle ne comprenait pas.

Sans un mot, elle se leva enfin et remit en place les bretelles de sa robe pour recouvrir sa poitrine. Puis, elle vint déboucher la bouteille oubliée sur la table de chevet et versa un liquide or pâle dans chacun des deux verres. Elle en prit un entre ses mains avant d’en avaler le contenu d’une traite. Inconsciemment, elle attrapa du bout de l’index une goutte solitaire oubliée sur sa lèvre inférieure et la contempla avant de la faire disparaître amèrement.



- Terence…
Qu’est ce que tu as ?
demanda-t-elle doucement enfin en s’asseyant au bord du lit en faisant tourner son verre vide entre ses deux mains.

- S’il te plait, parle-moi…
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Terence Orphens
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MessageSujet: Re: Un Dernier Soir...   Mar 10 Juil 2007 - 3:12

Terence resta allongé sur le dos et ferma les yeux même après qu’il retrouvât sa liberté.

Il ne la suivit pas du regard et ne s’occupa pas de savoir ce qui la tourmentait, car il savait très bien ce qui la préoccupait. Son silence. Quand il râlait, c’était presque bon signe, malgré l’ennui que cela pouvait causer. Mais, tout au contraire, lorsqu’il ne blaguait, ni ne parlait, c’était effectivement que quelque chose n’allait pas. Et Draconia l’avait senti.

Il entendit le son d’une liqueur qui coule dans un verre, des bulles frétiller, une gorgée descendre dans sa gorge. Encore un silence. C’était assez oppressant mais il ne trouvait rien à exprimer pour reconquérir la situation ou pour masquer ce désarroi. Il aurait aimé savoir mentir parce que les mensonges préservent beaucoup l’amour.

Le Serdaigle posa son bras sur visage et tourna la tête sur le côté. Quand Draconia lui demanda ce qui n’allait pas et le pria de lui parler, une fois encore, il ne sut rien faire pour la rassurer. Hors d’atteinte était son sentiment intérieur et il ne valait mieux pas pour elle, pour lui et pour leur soirée, qu’elle cherche à savoir ce qui le possédait.

"Ca passera," pensa-t-il pour lui répondre, comme si elle était capable de l’entendre.

La petite voix d’Ecko fit soudainement son apparition dans son cerveau. Elle braillait :

"Espèce de troll! T’es avec ta chérie et t’es même pas capable de gérer la soirée? C’est votre dernier soir, tu pourrais arrêter de faire la gueule, te relever, cesser de te poser des questions? Pas ce soir, en tout cas. Théo, tu la rends triste, là. Pour rien. Mets tes doutes de côté, ton ego en veilleuse et ta tête en Off. Tu te redemanderas dans 50 balais si tu as confiance ou pas. C’est des questions de vieux qui t’assassinent. Et puis, c’est bon le chocolat !" Et JT de rajouter, "Moi je dis pareil qu’Ecko."

star


Terence se releva doucement et pivota sur le lit. Si le silence... la distance durait encore deux minutes de plus, il était certain que Draconia allait se poser des questions. Peut-être même des questions plus graves que ce que la situation méritait. Il avança sur le lit et se plaça derrière elle, les jambes de part et d’autre de ses hanches, les pieds de nouveau sur le sol. Recroquevillé contre elle, il entoura sa taille de ses bras et posa sa tête contre la sienne. Contre sa joue.

Toujours rien à dire. Rien à expliquer.
Silence toujours.

Il prit lentement le verre de ses mains et le posa par terre; la tourna un peu, faisant le même effort de l’autre côté pour qu’elle se retrouve un peu plus face à lui. Un baiser timide sur le coin de sa bouche pressa sa lèvre inférieure d’une plume tendresse.

"Raviver."

Le baiser s’éternise, comme une promesse désolée puis grimpe sur le rouge baiser, jusqu’à tout posséder. Plus franc, abandonné, il en atteint son souffle alcoolisé et sa main vient l’aider. Caressant le visage de Draconia, s’excusant elles aussi de s’être éloignées d’elle.

"Promettre."

Comme il a toute sa bouche, c’est un peu ses excuses que sa salive recèle, et ses lèvres qui happent celles de sa Relou une dernière fois, gardent encore le silence quand il recule son visage pour la regarder doucement.

"Guérir le doute."

Et ce fieffé silence qui se joue de leur compagnie, reste encore un petit peu quand il la serre à nouveau dans ses bras. Terence respire lentement, ne cherche pas encore les mots qu’il pourrait prononcer. Il vient juste de décider que quoi qu’il arrive, il ne partagerait pas sa pensée avec elle. Tout ce qu’elle à tirer de cette accolade silencieuse est que quel que soit l’idée qui le tracasse, elle est moindre que ses sentiments. Et de cela, elle ne doit pas douter.


Rien. Je suis con et je t’aime, c’est tout.



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MessageSujet: Re: Un Dernier Soir...   Sam 14 Juil 2007 - 1:50

Un sourire vint éclairer, puis adoucir les traits de Draconia sans pour autant parvenir à atténuer l’étincelle pleine de tristesse qui avait pris place au fond de ses prunelles argent.

Trois petits mots sont murmurés au creux de l’oreille en réponse.

Draconia, sans se détacher des bras qui l’entourent, se lève doucement et vient parfaire l’étreinte où le silence est seul leitmotiv. Sa bouche trouve la jonction entre le cou et l’épaule de Râleur, ses mains viennent se poser sur ses flancs et ses yeux se ferment progressivement.

Tout ce qu’elle voulait retenir de cette étreinte n’était que l’accord parfait des battements de leur cœur et l’odeur si particulier de sa peau. Rien de plus. Rien de moins.

Elle ne chercha pas à l’assaillir de question au sujet de ce changement d’humeur tant l’entreprise semblait vaine. Son « Tu me le dirais si quelque chose n’allait pas... ? » mourut avant même d’atteindre le bout de sa langue. Parfois un silence vibrait comme la plus mélodieuse des musiques. Parfois, un silence devenait si oppressant qu’il nous donnait l’impression d’étouffer. Parfois, un silence s’avérait plus éloquent que le plus dense des discours. Parfois, un silence engendrait une multitude de questions. Ici, Draconia n’était pas certaine qu’elle aimerait entendre les réponses à ses interrogations, ni même qu’elle réussirait un jour à faire entièrement partie de lui. Alors, chut… silence.

Après une dernière inspiration, la Serpentard se recule précautionneusement. Elle ne sait pas combien de temps dura cette étreinte. Tout ce qu’elle sait est qu’elle ne lui fera pas partager ce soir le sentiment qui l’avait traversée ces dernières minutes. Sur ses lèvres qu’elle a, peut être inconsciemment, laissé vagabondé le long de son cou, elle a encore le goût de la peau de Terence. Elle esquisse un sourire en apercevant une petite marque enflammée en dessous du lobe de son oreille mais n’en dit rien.


- Tu colles, s’enquit-elle sans ciller même si le ton de sa voix était gentiment taquin.

Un sourcil arqué en signe de challenge, elle se détache aisément des bras qui l’emprisonnent. C’est d’un pas léger, presque sautillant qu’elle se dirige vers l’endroit où se trouvait une mare bordée de saules. Désormais, c’est une cascade d’eau claire qui venait s’échouer dans un petit bassin que l’on pouvait entrevoir.

Progressivement, la jeune femme s’avance dans le coin d’eau jusqu’à ce que seules ses épaules et sa tête se retrouvent au dessus de la surface. Sous ses pieds, la pierre est froide et glissante mais elle continue jusqu’à se trouver pleinement sous la cascade. L’eau ruisselait abondamment sur son visage, les remous laissaient glisser l’eau sur sa peau et se presser sur ses cuisses mais à cet instant, elle avait seulement envie de laver chacune de ses pensées asphyxiantes et de laisser l’eau l’inonder de tranquillité.

A chaque nouvelle vague, l’apaisement se réaffirme.
A chaque nouveau courant, la caresse d’un renouveau meilleur.


- Tu ne viens pas ? lance-t-elle par-dessus son épaule alors qu’elle balayait d’une main une nouvelle ondée.

Elle n’avait pas cherché à savoir s’il l’avait suivie ou s’il était resté assis sur ce lit assassin, immergé dans son silence. Après tout, ce soir ne devait être consacré qu’à l’évasion, une envolée sauvage pour partir à la recherche de terres mystérieuses, à la consécration du corps et de l’esprit…
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