Jeu de rôle basé sur les règles inventées par J.K. Rowling dans l'univers de Harry Potter.
 
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 L'ombre et la lumière [PV Choupinet]

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Elinor Redgrave
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MessageSujet: Re: L'ombre et la lumière [PV Choupinet]   Mer 29 Aoû 2007 - 9:51

Flash-Back...


Essoufflée. Encore sous le choc de ce qu'elle venait de vivre, le regard d'Elinor n'avait pas encore regagné la vie que son corps lui réclamait en tremblant. Tout son être tremblait: de peur, d'excitation, de frustration. Elle sentit la présence de Sacha tout d'abord. Entre mille elle aurait pu la reconnaître, un mélange unique de chaleur, d'inquiétude permanente et de douceur. Voilà physiquement ce qui décrivait Sacha pour Elinor. Elle en portait l'empreinte en elle, un souvenir d'une nuit pensait-elle encore.

Lorsque la voûte céleste commença à se dessiner sur ses rétines et que la constellation de la grande ourse brilla de mille feux, Elinor serra Sacha dans ses bras.

Belle soirée…

- Magnifique... Tu m'as déjà pelotée une fois, ça ne t'a pas suffi?

Fin du Flash-Back


Ce n'était pas de la moquerie qu'il y avait dans sa question, juste une pointe de jalousie. C'est très bête une jeune fille quand ça se fait du souci. Surtout Elinor. Eli ne se faisait pas de souci quant à Charlotte en elle même. Biensûr que non. Elle se faisait du souci car elle avait peur de perdre sa relation privilégiée avec Sacha si celui-ci restait définitivement avec une femme, et elle savait que c'était ce qui était en train d'arriver...
C'était bête, très bête quand on connaît les liens d'amitié qui les unissent tous les deux.

- C'est une très bonne idée que tu as eue... Mais je ne me rongerai pas un ongle.

Eli sortit un petit canif d'une des larges poches de sa robe de sorcière et se coupa une mèche de cheveux, celle que sa mèche avait remise derrière son oreille lors de son périple quelques mois avant. Elle en sépara quelques brins et les donna à Sacha. Les autres, elle les glissa entre deux pages de son journal.

- Tiens, lui dit-elle en lui tendant les quelques cheveux. Si tu as besoin d'aide pour préparer le polynectar, fais-moi signe.

Eli se remit à caresser les cheveux de son Choupinet. Il y avait tant que les gens ne savaient pas sur lui, sur la noblesse de son coeur et de ses sentiments. Personnellement, elle avait vu s'esquisser le vrai Sacha lors de leur soirée à l'Opéra...
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Sacha de Lansley
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MessageSujet: Re: L'ombre et la lumière [PV Choupinet]   Ven 31 Aoû 2007 - 21:29

Attention Warning : ce message peut déranger la sensibilité des Destiny Attention


Je prends les cheveux qu'elle me tend tandis qu'elle se met à tripatouiller les miens. Comme un gamin, je fais semblant de grogner, sous prétexte qu'elle me les emmêle. Je me recule doucement en faisant ma mijaurée. A la suite de quoi, d'un coup de baguette, je fais disparaître l'ingrédient essentiel pour le futur Polynectar qui me permettra de pénétrer dans le dortoir des filles pour en soustraire Charlotte.

Mon visage exagérément renfrogné finit par se transformer et lâcher un éclat de rire sonore quand je vois la tête qu'elle fait. Je me penche vers elle et l'embrasse affectueusement sur les lèvres. Elle comprend tout, Manoue. Pour le Polynectar, je veux dire. Elle a toujours un coup d'avance sur les autres. Elle me comprend sans que je m'explique... ça me fait sourire. Naguère, cela m'aurait probablement fais fuir, mis sur la défensive, que l'on me cerne aussi bien. Aussi vite. Pourtant le temps a fait une chaire à mon Alma Mater. Elinor Redgrave est mon Alma Mater métaphysique.

Popopop... Qu'est-ce que j'ai fait, là?


"Je prends les cheveux qu'elle me tend tandis qu'elle se met à tripatouiller les miens." OK, ça c'est bon...
"Comme un gamin, je fais semblant de grogner, sous prétexte qu'elle me les emmêle." OK, là je fais le cake. Normal.
"Je me recule doucement en faisant ma mijaurée." Très bien. De mieux en mieux... mais c'est pas ça... c'est où, déjà...
"A la suite de quoi, d'un coup de baguette, blablabla Polynectar" Ouais... Mais non, c'est pas ça... ça, ça va.
"Mon visage exagérément renfrogné blablabla un éclat de rire sonore etc." Tranquille... c'est bon aussi...
"Je me penche vers elle et l'embrasse affectueusement sur les lèvres." L'embrasse affectueusement...? Mm. Il faut que je contrôle mes pulsions pour Elinor. La première fois était la dernière fois. La dernière fois était l'unique fois.

Hum... Ce baiser était moins innocent que celui de tout à l'heure. Je les reconnais. Je les reconnais et je le sais parce qu'entre un baiser amical, même sur la bouche, et un baiser... euh... et ce baiser, il y a une différence toute légère mais qui prend de la place en le coeur: l'intention. Parce que c'est toujours l'intention qui compte.

...Pour atteindre ses lèvres, j'ai avancé son visage vers le mien en lui caressant la joue affectueusement. Avec tendresse. Parce que j'ai été dur et que j'ai repoussé une de ses affections. Non. D'habitude, je ne fais pas ça. Je me contente d'un picot gamin, à la Russe. Et je ris sans me sentir coupable de faire le singe... et j'avais envie de l'embrasser. Pas d'amour. Mon coeur est bel et bien possédé par Charlotte aujourd'hui. Mais j'en avais envie de... - c'est inexplicable - de 'protection', je dirais... d'Elle à protéger. Comme si j'avais ressenti un trésor en elle. Comme cette fois dans la Salle Verdi.

Oulà, je déraille. Je vous l'avais bien dit. Tout ce qui concerne ma relation avec Manoue est proche d'une métaphysique absconse. J'aime cette fille du plus profond de mon coeur. Et sans rien attendre d'elle en échange. Bien qu'autrefois, avant Charlotte, il m'a été donné de croire d'espérer le contraire à un moment de nos vies...



Flash-back – Sacha


C'est mon anniversaire.
Je ne les fête jamais. Toujours bien heureux d'être confiné dans mes cachots de Poudlard loin de mes parents. Ainsi, depuis mes onze ans, je passe d'année en année sans souffrir les cadeaux et les intentions qui me déplaisent ou me sont inutiles. Sans avoir à dire merci à qui que ce soit pour un geste dont je me fous.

Aujourd'hui, j'ai 18 ans. A la même époque, l'année dernière, je m'offrais mon permis de Transplanage à Poudlard. La Grande salle avait été aménagée en conséquence.

Aujourd'hui, j'ai 18 ans. Cela fait une année que je suis majeur et plus irresponsable en ces derniers 365 jours que durant toutes mes années mineures.

Aujourd'hui, j'ai 18 ans. Et ce soir, la nuit que je vis va changer le reste de ma vie. Dans neuf mois, je serai un papa. Un papa, pour définir le sens que j'y mets, est une des personnes qui est à l'origine de la vie de quelqu'un d'autre. C'est donc une personne qui est responsable de la vie qu'il a crée. En tout cas, dans l'idéal. Et je serai idéal, afin d'exprimer tout ce que je n'ai jamais entendu et d'être tout ce que je n'ai jamais su.

Ce soir, moi qui ne fête jamais mes anniversaires, j'ai eu envie de me servir de cette date pour sortir Elinor - ma 'goudou', comme je l'appelle des fois pour l'énerver - la rendre femme parce qu'elle ne se rend vraisemblablement pas compte qu'elle en est une et qu'on peut aimer une personne du même sexe sans foncièrement devenir asexuée ou masculine. Je dis 'la rendre femme' mais je ne pense pas à 'la rendre femme'... Enfin, vous comprenez.



Flash-back – Elinor


Grandiose ! Magnifique ! Bouleversant ! Renversant !

Un standing ovation inoubliable ponctua la fin de Peer Gynt.

Un flot d’émotions coule en moi et liquéfie mon enveloppe charnelle et mon coeur. En sortant de Covent Garden au milieu de la foule guindée je ne peux m’empêcher de laisser s’écouler le trop plein de ces sensations sur mes joues. Ballottée par le flux des gens, je pris la main de Sacha qui devint subitement le seul îlot de certitude au milieu des tourments de mon âme.

Pas un mot.

L’opéra et son histoire avaient éclairé une part de Sacha sous un jour nouveau. A tel point que je ne savais plus ce qui m’avait le plus émue depuis le début de la soirée. Lorsqu’il me proposa cette soirée, je fus surprise. Non par le type d’invitation, non par le type de la soirée, non, simplement par le choix de l’Opéra - Peer Gynt, j’en connaissais vaguement l’histoire et deux moments forts, le morceau sur la visite du paysan dans l’antre du roi de la montagne, et le prélude du quatrième acte. Mais alors que j’étais assise à ses côtés, mal à l’aise dans ma robe de soirée mais bien calée dans mon fauteuil de velours rouge, j’ai eu une révélation. La vérité de Sacha.

Jusqu’ici, nous n’étions qu’amis par reconnaissance, vanité, presque fraternellement et bien qu’il m’apparût toujours comme tel, j’eus l’impression de le découvrir enfin. Sacha n’est pas homme à se raconter et se dévoiler. Ce que je savais de lui, c’est ce qu’il m’avait dit, autrement dit, pas grand-chose.

Un homme cherchant la rédemption. De quoi ? Je ne pouvais dire. Le parallèle avec Peer Gynt me parut tellement évident que j’eus honte de ne pas y avoir songé plus tôt. La seule chose que je ne savais pas, c’était pour quelle faute ou quel malheur il cherchait la lumière.

Pas un mot.

Alors que nous nous marchions dans les rues de Covent Garden, je me sentis trembler. Je savais plus ou moins qu’il s’était rapproché de Charlotte. Je ne serai pas celle qui l’éclairera. Mais à ce moment précis, je me sentis aimer, l’aimer. Sentiment rare et pur. Je l’avais sur le bout de la langue. Quelques pas de plus et il était sur le bout de mes lèvres. Si je continuais il allait tomber… je ne pouvais pas lui faire ça, pauvre petite chose précieuse et sans défense. Il se serait abîmé, peut-être même cassé. Alors, moi, Elinor Redgrave, j’ai décidé d’oser.

Mais sans un mot.

Du fin fond de mes tripes je rassemblais quelques notes de courage pour écrire une nouvelle partition dans notre relation. Un souffle de basson, trois mouvements d’archers semblèrent m’accompagner. J’arrêtais notre marche silencieuse. Un pont plus tard, lorsque les flûtes traversières se turent, je lâchai sa main pour juste me hisser sur les talons.

Lorsqu’il m’avait demandé de l’embrasser dans la Salle Verdi, je ne pouvais pas en supporter l’idée. Mais aujourd’hui j’ai grandi, et c’est moi qui ai envie de le lui donner. J’ai envie de lui offrir quelque chose, de lui donner beaucoup, tant que je ne savais pas par où commencer. Sacha n’est pas vil, cruel, lâche ou laid comme il le pense. Ce soir il est beau. Assez pour transcender tout le reste.

Lorsque mes lèvres atteignirent la terre promise, je n’avais pas idée de ce qui se passerait après.



Flash-back – Sacha


Je ne sais pas comment j'ai pu lui faire ça. Mon cœur bat sans s'arrêter et ce n'est pas seulement le prix de l'effort car la promenade était douce comme nos silences, oblong comme son corps élancé et tendre comme mes gestes.

Mais je me demande encore comment j'ai pu lui faire ça. Je me sens coupable. Comme en possession d'un bien qui ne m'appartient pas et que je ne peux lui rendre. Même si je le voulais. De tous les jardins et de toutes les espèces de fleurs, des trophées de roses blanches, des couronnes de ronces ou de Lilium Candidum, c'est celle qui protégeait le ventre d'Elinor que j'ai désiré cueillir. J'avais pourtant fait voeu de ne plus rien m'accorder jusqu'à la Saint Valentin...

Néanmoins, devant l'invitation candide de sa bouche sur ce pont enrobé de nuit, je n'ai pas su résister. Face à elle, je ne pouvais pas. Depuis le début, elle était mon Lys. Un lys rare car de toutes les fleurs du clos, elle était d'une espèce que les garçons ne peuvent pas saisir. Soit. Cela me rendait amer mais je m'étais fait à l'idée.


Pour un ado de mon âge, j'avoue que ces trois dernières années, j'en ai étendu beaucoup des corps. Sans faire attention aux personnes qui vivaient dedans. Mon appréciation allait de "potable" à "sexy comme un troll en string". Elégant n'est-il pas? Il y a bien Charlotte Leonhart que je fréquente parfois depuis novembre et qui se détache du lot car elle me ressemble un peu et ne s'attache à rien, surtout pas à moi...

Mais il y a Elinor. Là. La fille étendu sur mon coeur qui bat.

Je la prends dans mes bras. Pour la garder artificiellement enveloppée dans notre chaleur.
Je pense que je n'ai jamais été aussi doux avec une personne. Pleine conscience de ce que je lui prenais et, à l'inverse, de ce qu'elle me donnait. Il y avait un état d'osmose et sans étiologie volontaire, je dirais que malgré la vive impression d'avoir commis la pire des infractions, je suis heureux.



Tu crois que j'ai fait une bêtise?
Non... même moi, je ne crois pas avoir fait de bêtise.
Tu es bien?
Oui. Tu es encore tout chaud.
Toi aussi...
Tu colles.
Toi aussi.

On n'avait pas parlé depuis Waterloo Bridge. Je me suis laissé embrassé, hébété, puis conquis, je me suis abandonné. Oui. Comme une femme. Merci de le faire remarquer. Parce que voilà, le truc... c'est que je me suis abandonné. Elle m'a courbé de ses deux lèvres quand tant d'autres ont dû user de tant de cris et de subterfuges pour harponner mon attention, mes envies ou simplement résister pour finir par céder quelques nuits plus tard. Mettre à l'épreuve ma dissolution. Les royales tactiques féminines.

Elinor n'avait pas de tactique. Pure. Elle l'était. Emu. Je l'étais.

Dans ce lieu où nous sommes à présent, il fait noir autour de nous. Sa robe blanche et ocre est abandonnée sur le parquet du sol. A côté de mes affaires. Un costume sombre et ma cape de sorcier.

Un nouveau silence s'est emparé de nous. Je la dépose délicatement sur le rebord du lit. Ce lambeau du décor du plateau de théâtre. Un vieux théâtre sorcier abandonné. C'était le seul endroit (fréquentable) que je connaissais ici en dehors de la Mansion ou de Pré-au-Lard. Un peu de magie a fait le reste quand la pluie nous a chassé du pont. Transplanage. Séchage... une première caresse... sur ses cheveux mouillés. Un autre baiser... le mien cette fois-ci mais je... crois. Oui, je crois que je savais que j'y étais invité. Et voilà le reste. Religieusement enlacés sans se concerter... mais j'aurais dû refuser. Attendre que la pluie passe. Lui sourire. Faire le malin penseur. Le trublion littéraire qui embroche deux ou trois aphorismes en divaguant sur Peer Gynt et en lui tressant une analyse la plus biscornue qui soit pour faire de mon mieux afin d'éloigner de son esprit que, peut-être, le process de Peer Gynt est le process de Sacha. Qu'il y a un peu de lui dans une partie de moi.


"C'était peine perdu, je l'ai compris dans son baiser qu'elle avait déjà... hum...? Comment dire? Un coup d'avance."

Je dépose ma cape sur le dos dénudé d'Elinor et m'assois contre elle, sur mon flanc, en regardant songeur le souvenir vermillon qu'elle a laissé sur le drap. Un baiser sur sa paupière que recouvre une prunelle qui me dévisage.

Tu regrettes?
Troll...
Alors pourquoi ce visage?
J'ai peur de t'avoir blessé.
Non... je n'ai pas mal.
A l'intérieur. Pas dans le corps.
Je sais. C'est ce que je dis. Je n'ai pas mal.

Un autre silence.
Je me rallonge et la prends dans mes bras. On s'endort peu à peu comme les enfants imbéciles que nous sommes et dans une infrangible innocence. Elle passe une bonne partie de la nuit à me caresser les cheveux pour que je trouve le sommeil. Elle sait que j'aime ça. Ca me berce. Me rassure sans un mot. Elle a raison dans le fond... Et parce que je m'en rend compte, je suis heureux. Je n'ai plus mal moi non plus. En tout cas pas de ça et elle doit bien le voir.


Je lui dis. Je lui dis et je ne sais pas pourquoi je lui dis.
C'est juste avant de fermer les yeux définitivement.


Mes parents ne m'ont jamais dit qu'il m'aimait...
Moi, je t'aime. Casse pied comme t'es, je t'aime.

Un silence durant lequel une parti de mes barrières naturelles s'écrasent en grand fracas.

Je t'aime aussi... même si c'est totalement faux...
Je ne suis pas casse pied! Mefiant


Un temps. Sourires paresseux. Fatigués.

Mon père doit m'aimer un peu au moins.
Certainement...
Ma mère, non.
Sacha...
Je sais pas, je dis ça mais je sais pas.
J'aurais juste voulu qu'ils m'aiment et qu'ils me le disent.
Que quelqu'un sur terre m'aime et me le dise avant que je le dise.
C'est toujours les grandes gueules qui l'ouvrent en premier... je voudrais pourtant être toujours un peu comme ça...
Comme maintenant...
Aimé.


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MessageSujet: Re: L'ombre et la lumière [PV Choupinet]   Ven 31 Aoû 2007 - 22:07

Flash-Back

Tu regrettes?
Troll...
Alors pourquoi ce visage?
J'ai peur de t'avoir blessée.
Non... je n'ai pas mal.
A l'intérieur. Pas dans le corps.
Je sais. C'est ce que je dis. Je n'ai pas mal.


Non, je n’ai pas mal. Je me sentais juste envahie d’un lourd sentiment de peur. Je ne pensais pas que faire l’amour pouvait provoquer ce genre de sentiment…

Je ne le savais pas encore, mais je vais être maman. Ce sera sans doute pour Octobre. Une petite vie pousse dans mon ventre et je ne m’en serai pas rendue compte. Il naîtra le 4 Octobre 2007 et s’appellera Noah. Je serai maman. Une femme dont la tension monte à 20 quand un nez coule ou quand un genou est couronné. Une femme qui sait dire non et lâcher du leste quand il le faut, fière, forte, heureuse, responsable, aimante, sévère. Mais dans le théâtre cette nuit là, je ne ressentais que le prélude de l’inquiétude qui me hanterai cinq mois plus tard.

Pour le moment, impossible de trouver le sommeil. Lovée dans ses bras, je pensais glisser facilement vers ceux de Morphée et laissais mes troubles de côté. Mais impossible. Trop facile sinon.

J’ai dû caresser ses cheveux pendant de longues minutes, des heures ? Peut-être. Je n’arrêtais pas de repasser le film de la soirée devant mes yeux. L’opéra bien sûr, toute l’émotion qui m’avait envahie à la fin, ma décision. LA décision qui marquerait ma vie pour toujours. Et puis… ses gestes. Chacune de ses caresses expertes et leur souvenir firent rougir mes joues. Plaisir ? Oui parce que c’était lui et parce que c’était ce que je voulais à cet instant. Dédain s’il avait été un autre.
Honte ? Non. Envie ? Appétit ? Oui, mais la prochaine fois j’en étais sûre, ce serait une femme qui m’accompagnerait pour une valse des sens et des émotions. Et cette fois, je pourrais prendre et donner au centuple puisque je savais à présent. Je savais. Je me connaissais, mes sens, mes désirs, ce qui me comblait, mon corps. Ce soir j’avais rencontré mon corps après avoir trop longtemps bataillé avec mon esprit. L’éducation sentimentale.


Mes parents ne m'ont jamais dit qu'ils m'aimaient...
Moi, je t'aime. Casse pied comme t'es, je t'aime.

Silence. Je comprends que j’ai provoqué quelque chose. Alors je continue à essayer de le rassurer par de douces caresses.

Je t'aime aussi... même si c'est totalement faux...
Je ne suis pas casse pied!


Toujours un mot, un sarcasme, une mauvaise foi. C'est aussi pour ça que je t'aime à ma manière.

Mon père doit m'aimer un peu au moins.
Certainement...
Ma mère, non.
Sacha...

Je sais pas, je dis ça mais je sais pas.
J'aurais juste voulu qu'ils m'aiment et qu'ils me le disent.
Que quelqu'un sur terre m'aime et me le dise avant que je le dise.
C'est toujours les grandes gueules qui l'ouvrent en premier... je voudrais pourtant être toujours un peu comme ça...
Comme maintenant...
Aimé.


Aimé, c’est sûr.

Fin Flash-Back

Chaque fois qu’il pose ses lèvres sur les siennes c’est le même sentiment qui l’étreint : l’émotion du souvenir laissé par cette nuit unique qu’ils avaient passé ensemble le 20 Janvier 2007. Mais là, c’était autre chose : un besoin d’affection, d’amour, de réconfort, de protection.
Leurs baisers ne reflètent que le sentiment profond qui les unit tous deux et non un amour physique et passionnel. Peu de personnes seraient capables de le comprendre, c’est pour quoi ils gardent ça pour eux, comme le plus précieux des secrets du monde. Est-ce que Charlotte pourrait le comprendre ? Rien n’était moins sûr.

Ensemble, Manoue et Choup’ forment un imbroglio improbable de couleurs et de lumières fluctuant au gré des évènements jalonnant leur vie personnelle. Ce qui touche l’un touche l’autre. Chaque joie est savourée, choyée, dégustée. Chaque peine est partagée. La sympathie les habite, au sens grec du terme. Linor ne parlerait pas d’Alma Mater métaphysique. D’ailleurs, à l’inverse de Sacha, elle n’arrivait pas à définir conceptuellement leur connexion. Elle y pensait en termes de ying et de yang, d’ombre et lumière.
Sacha n’était pas le seul à se retenir dans sa démonstration affective. Depuis leur moment, elle avait besoin de lui sans être capable de dire pourquoi.

« Souvent j’y repense. Jamais on n’en parle. Depuis le 20 février, nous ne sommes jamais revenus sur ce moment. Il y a quelque chose d’étrange dans ce qui s’est passé. Je n’ai absolument aucun regret sur ce qui s’est passé cette nuit-là. Au contraire. Nous n’avons jamais été aussi proches qu’à ce moment là. N’y voyez pas de mauvais jeu de mots ! C’était fusionnel. Il me semble que c’est le meilleur adjectif qui puisse décrire la relation qui nous a unis. Depuis, je sens que le charme agit encore sans savoir pourquoi. Un lien indéfectible semble nous unir. Souvent je sens que j’ai besoin de lui sans souffrir d’un mal apparent. Toujours il le sent et il pourvoie à mes besoins sans que j’aie besoin de parler. »

« Il était bien entendu qu’ils ne devaient pas s’appartenir. Cette convention, qui les garantissait du péril, facilitait leurs épanchements. »
Gustave Flaubert
L’éducation sentimentale
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